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Alpinisme niveau 4
(en moyenne) marche de 6 heures par jour sur sentier et hors sentier et/ou 700 à 1 000 mètres de dénivelée positive environ et/ou 15 à 18  kilomètres. Passages en altitude. Pour une découverte des techniques de haute montagne.
Alpinisme niveau 5
(en moyenne) marche de 6 à 7 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté et/ou plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Passages en altitude. Nécessite une connaissance basique des techniques de haute montagne : niveau F (facile).
Alpinisme niveau 6
(en moyenne) marche engagée de 7 à 8 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté et/ou plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Passages en altitude. Nécessite une maîtrise des techniques d’alpinisme : niveaux PD et AD. Evolution en cordée autonome ou avec un guide.
Alpinisme niveau 7
Marche très engagée de 8 heures par jour et plus hors sentier ou sur terrain accidenté et/ou plus de 1 000 mètres de dénivelée positive. Passages en altitude. Nécessite une maîtrise des techniques d’alpinisme : niveaux AD à D. Evolution en cordée autonome ou avec un guide.
Alpinisme niveau 8
Marche très engagée en très haute altitude de 8 heures par jour et plus hors sentier ou sur terrain accidenté et/ou plus de 1 000 mètres de dénivelée positive. Nécessite impérativement une maîtrise des techniques d’alpinisme : niveaux AD à D. Evolution en cordée autonome ou avec un guide.
Canyoning niveau 1
Accessible à toute personne en bonne forme physique.
Canyoning niveau 2
Pour toute personne ayant une première pratique de l’activité.
Canyoning niveau 3
Pour toute personne ayant une bonne pratique de l’activité.
Canyoning niveau 4
Pour toute personne ayant une pratique régulière de l’activité.
Découverte niveau 1
Marche de moins de 4 heures les jours de randonnée, sur chemin, piste, ou sentier, accessible à toute personne aimant la marche et en bonne forme physique.  
Découverte niveau 2
Marche de 4 à 5 heures les jours de randonnée, sur chemin, piste, sentier ou parcours vallonné.
Multiactivités niveau 1
Accessible à toute personne en bonne forme physique.
Multiactivités niveau 2
Pour toute personne ayant une première pratique de l’activité.
Multiactivités niveau 3
Pour toute personne ayant une bonne pratique de l’activité.
Multiactivités niveau 4
Pour toute personne ayant une pratique régulière de l’activité.
Rando-kayak niveau 1
Accessible à toute personne en bonne forme physique.
Rando-kayak niveau 2
Pour toute personne ayant une première pratique de l’activité.
Rando-kayak niveau 3
Pour toute personne ayant une bonne pratique de l’activité.
Rando-kayak niveau 4
Pour toute personne ayant une pratique régulière de l’activité.
Randonnée niveau 2
Marche de 4 à 5 heures les jours de randonnée, sur chemin, piste, sentier ou parcours vallonné.
Randonnée niveau 3
(en moyenne) marche de 5 heures par jour sur sentier et/ou 600 à 800 mètres de dénivelée positive environ et/ou 15 kilomètres.
Randonnée niveau 4
(en moyenne) marche de 6 heures par jour sur sentier et hors sentier et/ou 700 à 1 000 mètres de dénivelée positive environ et/ou 15 à 18 kilomètres. Possibilité de passages en altitude.
Randonnée niveau 5
Marche de plus 6 heures hors sentier ou en terrain accidenté, avec plus de 1000 mètres de dénivelée positive (et/ou 20 km). Possibilité de passages en altitude.
Randonnée niveau 6
(en moyenne) marche engagée de 7 à 8 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté, avec plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Possibilité de passages en altitude.
Randonnée d'altitude niveau 4
(en moyenne) marche de 6 heures par jour sur sentier et hors sentier et/ou 700 à 1 000 mètres de dénivelée positive environ et/ou 15 à 18  kilomètres. Passages en altitude. Pour une découverte des techniques de haute montagne.
Randonnée d'altitude niveau 5
(en moyenne) marche de 6 à 7 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté et/ou plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Passages en altitude. Nécessite une connaissance basique des techniques de haute montagne : niveau F (facile).
Randonnée du vertige niveau 3
(en moyenne) marche de 5 heures par jour sur sentier et/ou 600 à 800 mètres de dénivelée positive environ et/ou 15 kilomètres. Passages aériens.
Randonnée du vertige niveau 4
(en moyenne) marche de 6 heures par jour sur sentier et hors sentier et/ou 700 à 1 000 mètres de dénivelée positive environ et/ou 15 à 18 kilomètres. Passages aériens.
Randonnée du vertige niveau 5
(en moyenne) marche de plus de 6 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté, avec plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Passages aériens.
Raquette niveau 1
Marche de moins de 4 heures par jour accessible à toute personne aimant la marche et en bonne forme physique.
Raquette niveau 2
(en moyenne) marche de 4 à 5 heures par jour sur  parcours vallonné.
Raquette niveau 3
(en moyenne) marche de 5 heures par jour sur sentier et hors sentier et/ou 600 mètres de dénivelée positive et/ou 15 kilomètres.
Raquette niveau 4
(en moyenne) marche de 6 heures par jour sur sentier et hors sentier et/ou 700 à 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 15 à 18 kilomètres. Possibilité de passages en altitude.
Raquette niveau 5
(en moyenne) marche de plus de 6 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté avec plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Possibilité de passages en altitude ou sur glacier. Nécessite une connaissance basique des techniques de haute montagne : niveau F (facile).
Ski de randonnée niveau 2
4 à 5 heures de ski de randonnée par jour et 400 à 800 m de dénivelée. Accessible aux bons skieurs à l’aise sur piste noire ayant une première expérience du ski hors piste et sachant skier avec un sac à dos léger. Pentes larges, régulières et peu raides.  
Ski de randonnée niveau 3
5 à 6 heures de ski de randonnée par jour et 500 à 900 m de dénivelée. Accessible aux bons skieurs toute neige ayant une première expérience du ski de randonnée et sachant skier avec un sac à dos de 6 à 8 kg. La connaissance de la technique de conversion (en montée) est nécessaire. Quelques passages techniques sur des pentes dépassant parfois 30°.     
Ski de randonnée niveau 4
6 à 7 heures de ski de randonnée par jour et 800 à 1 200 mètres de dénivelée. Accessible aux très bons skieurs sachant évoluer sur neige difficile avec un sac à dos de 8 à 12 kg et pratiquant régulièrement le ski de randonnée. Quelques passages techniques sur des pentes pouvant aller jusqu’à 35°.  
Ski de randonnée niveau 5
6 à 8 heures de ski de randonnée par jour et 1 000 à 1 500 mètres de dénivelée. Accessible aux très bons skieurs sachant évoluer sur neige difficile en altitude et sur glaciers, sur des parcours engagés, avec un sac à dos de 8 à 12 kg. Quelques passages techniques et/ou raides sur des pentes pouvant aller jusqu’à 35°.
Ski de randonnée niveau 6
6 à 8 heures de ski de randonnée par jour et 1 000 à 1 500 mètres de dénivelée, voire 1 800 certains jours. Accessible aux très bons skieurs entraînés sachant évoluer sur neige difficile en altitude et sur glaciers, sur des parcours engagés, avec un sac à dos de 8 à 12 kg et possédant des connaissances de base en alpinisme. Passages techniques et aériens avec portage des skis sur des pentes pouvant aller jusqu'à 40°.
Ski hors piste niveau 3
Pour bon skieur en toute neige voulant s’initier et progresser en ski hors-piste.
Ski hors piste niveau 4
Pour très bon skieur en toute neige ayant déjà une expérience du ski hors-piste. Très bon contrôle des virages et des arrêts. Descentes sur des pentes de 35 degrés environ.
Ski hors piste niveau 5
: pour excellent skieur en toute neige ayant déjà une expérience du ski hors-piste. Très bon contrôle des virages et des arrêts. Descentes sur des pentes de 35 degrés et plus.
Ski nordique niveau 3
(en moyenne) étapes de 5 heures par jour nécessitant la maîtrise du pas glissé et du pas tournant à la descente. Itinéraires au relief doux, en général damés.
Ski nordique niveau 4
(en moyenne) étape de 6 heures par jour nécessitant une bonne maîtrise technique sur terrain montagneux sans trace académique.
Ski nordique niveau 5
(en moyenne) étape de plus de 6 heures par jour nécessitant une bonne maîtrise technique sur terrain montagneux sans trace académique.
Trail niveau 6
En moyenne, rando-course de 6 heures par jour sur sentier et/ou 1 200 à 1 500 mètres de dénivelée positive (journée possible à plus de 2000 m) et/ou 20 à 25 kilomètres par jour.
Trail niveau 7
En moyenne, rando-course de 6 à 8 heures par jour sur sentier et/ou 1 500 à 1 800 mètres de dénivelée positive (journée possible à plus de 2200 m) et/ou 25 à 35 kilomètres par jour.
Trail niveau 8
En moyenne, rando-course de 8 à 10 heures par jour sur sentier et/ou 1 800 à 2 200 mètres de dénivelée positive (journée possible à plus de 2500 m) et/ou 35 à 45 kilomètres par jour.
Traîneau à chiens niveau 1
Accessible à toute personne en bonne forme physique.
Traîneau à chiens niveau 2
Pour toute personne ayant une première pratique de l’activité.
Traîneau à chiens niveau 3
Pour toute personne ayant une bonne pratique de l’activité.
Trekking niveau 2
(en moyenne) marche de 4 à 5 heures par jour sur chemin, piste, sentier ou parcours vallonné.
Trekking niveau 3
(en moyenne) marche de 5 heures par jour sur sentier et/ou 600 à 800 mètres de dénivelée positive environ et/ou 15 kilomètres.
Trekking niveau 4
(en moyenne) marche de 6 heures par jour sur sentier et hors sentier et/ou 700 à 1 000 mètres de dénivelée positive environ et/ou 15 à 18 kilomètres. Possibilité de passages en altitude.
Trekking niveau 5
(en moyenne) marche de plus de 6 à 7 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté, avec plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Possibilité de passages en altitude.
Trekking niveau 6
(en moyenne) marche engagée de 7 à 8 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté, avec plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Possibilité de passages en altitude.
Trekking niveau 7
Marche très engagée de plus de 8 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté, avec plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Possibilité de passages en altitude.
Trekking-alpinisme niveau 4
(en moyenne) marche de 6 heures par jour sur sentier et hors sentier et/ou 700 à 1 000 mètres de dénivelée positive environ et/ou 15 à 18  kilomètres. Passages en altitude. Pour une découverte des techniques de haute montagne.
Trekking-alpinisme niveau 5
(en moyenne) marche de 6 à 7 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté et/ou plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Passages en altitude. Nécessite une connaissance basique des techniques de haute montagne : niveau F (facile).
Trekking-alpinisme niveau 6
: (en moyenne) marche engagée de 7 à 8 heures par jour hors sentier ou sur terrain accidenté et/ou plus de 1 000 mètres de dénivelée positive et/ou 20 kilomètres. Passages en altitude. Nécessite une maîtrise des techniques d’alpinisme : niveaux PD et AD. Evolution en cordée autonome ou avec un guide.
Trekking-alpinisme niveau 7
Marche très engagée de 8 heures par jour et plus hors sentier ou sur terrain accidenté et/ou plus de 1 000 mètres de dénivelée positive. Passages en altitude. Nécessite une maîtrise des techniques d’alpinisme : niveaux AD à D. Evolution en cordée autonome ou avec un guide.
Vélo niveau 1
2 à 4 heures de vélo par jour (soit 20 à 40 kilomètres) sur routes ou chemins généralement plats ; 200 mètres de dénivelée positive maximum. Accessible à toute personne ayant une bonne forme physique.
Vélo niveau 2
3 à 5 heures de vélo par jour (soit 30 à 50 kilomètres) sur chemins ou routes vallonnés ; 500 mètres de dénivelée positive maximum avec des montées toujours courtes. Accessible à toute personne pratiquant une activité physique régulière.
Vélo niveau 3
4 à 6 heures de vélo par jour (soit 40 à 70 kilomètres) sur chemins ou routes vallonnés ; 800 mètres de dénivelée positive maximum ; côtes pouvant atteindre un kilomètre et/ou distances longues sur terrain plat (jusqu'à 70 kilomètres). Accessible à toute personne ayant une pratique régulière du vélo sur terrain vallonné.
Vélo niveau 4
5 à 7 heures de vélo par jour (soit 40 à 70 kilomètres) sur terrain très vallonné à montagneux ; plus de 1 000 mètres de dénivelée positive ; côtes ou passages de cols de plusieurs kilomètres. Accessible à toute personne sportive ayant une pratique régulière du vélo avec dénivelée.
Label
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Confort
Par rapport au standard du pays, hébergement très confortable et transports privés.
Sommet
Sommets prestigieux de 3 000 à 6 000 mètres : un volcan ou un pic glaciaire, des ascensions plus ou moins difficiles au cœur des plus belles montagnes du globe.
Voyage d'exception
Sites mythiques, régions sauvages et reculées, grandes traversées, treks extraordinaires autour du monde, des voyages uniques où l’aventure est intense.
Expé
Des voyages qui nécessitent un minimum d’expérience des techniques d’alpinisme (cramponnage, descente en rappel, etc.), destinés aux personnes autonomes dans des conditions extrêmes, capables de vivre en petit groupe, loin de toute civilisation. Une expérience forte où l’engagement est réel. 
Photo
Des voyages adaptés à la prise de vue pour des passionnés d’images et d’espaces sauvages, encadrés par des guides ou accompagnateurs photographes.
Bon plan
Des voyages au prix réduit grâce à des prestations simplifiées par rapport au standard Allibert : par exemple, hébergement chez l’habitant, hôtel de catégorie inférieure, transports en commun, équipe logistique ajustée, dîners libres, etc.
Essentiel
Les voyages ou sites incontournables du pays ou de la région.
Autotour
Circuit dont les déplacements sont effectués avec un véhicule conduit par le client
Safari
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Autonomie : lire le balisage et s’orienter avec une carte et/ou suivre un tracé GPS dans un environnement international ou un milieu isolé ; sur certaines étapes, prendre en compte la spécificité du terrain et la météo.

 
  • Alpes, uniques et plurielles

  Aux sources du Rhône

Le Rhône prend sa source en Suisse dans le massif du Saint-Gothard…
Du souvenir géographique d’école primaire à une escapade dans le haut Valais, il n’y a qu'un long fleuve devenu tranquille à remonter.

Un reportage d’Alpes magazine. Textes : Philippe Vouillon. Photos : Julien Dorol.

A lire aussi : Pays de Fribourg : une douce escapade>    Val d’Hérens : au-delà du folklore>





Son front blanc dans la nuit semble une aube éternelle », écrivait Victor Hugo en mai 1829 dans son poème, Dicté en présence du glacier du Rhône. Hélas, si les poésies sont éternelles, les glaciers ne le sont plus. Et il faut vous dépêcher d’aller voir celui de notre grand fleuve des Alpes. En 2100, rideau, le spectacle sera terminé ! Vous trouverez la star en fin de carrière en Suisse, aux confins du canton du Valais, à la frontière de ceux de Berne et d’Uri. Fameux témoin du changement climatique en Europe, le glacier du Rhône fournit le but d’une escapade qui ouvre à d’autres paysages grandioses nés du mariage des patrimoines, entre espaces naturels et territoires habités par les hommes. Retour aux sources de la montagne. Destination, le très haut Valais.

Un monde menacé

En attendant la fin du monde (glaciaire !), la famille Carlen pose des bâches sur « son » glacier, à la manière de Christo, ce couple d’artistes américains auteur de célèbres empaquetages. Les Carlen emballent eux aussi « la géographie et l’histoire », pour limiter tant que bien que mal la fonte estivale de la grotte de glace qu’ils exploitent sur la route du col de la Furka. « C’est une affaire de famille fondée par mon arrière-grand-père en 1870 », raconte Philipp Carlen, avocat de 54 ans en charge de la gestion du lourd héritage. Sauf qu’à l’époque, la grotte en question se trouvait plus de deux kilomètres en aval, 500 m plus bas en altitude, sur le front du glacier étendu au fond de la plaine de Gletsch. Ce n’est qu’en 1894 que cette attraction fut creusée à deux pas de l’hôtel-pension Belvédère. Tellement pittoresque. « Il y a trente ans, on faisait une vingtaine de mètres pour s’y rendre. Désormais, il faut marcher dix minutes à pied jusqu’à l’entrée de la grotte », constate l’héritier. En effet, depuis notre dernier passage en 2008, la situation a évolué à la vitesse grand V. Un lac s’est formé, un peu glauque - au sens de vert grisâtre, mais aussi pour son ambiance étrange, voire sinistre. « Le glacier vêle maintenant dans ce lac où il largue des icebergs. D’où un recul et un délitement accélérés du front du glacier qui est plus fracturé », explique Christian Vincent, ingénieur de recherche au Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (LGGE), à Grenoble. Les chercheurs de l’université de Zurich annoncent pour 2025 un plan d’eau long de 600 mètres par 125 mètres de profondeur. « Nous avons pensé à une exploitation touristique du lac, mais le site présenterait trop de risques », précise Philipp Carlen. « L’avenir de la grotte dépendra de la rapidité du recul, des investissements nécessaires pour maintenir l’activité, de la reprise ou non de l’affaire par un neveu... On ne peut qu’attendre et voir ce qui se passe. » Un nouveau chemin d’accès sera inauguré cet été, de même qu’un sentier Kneipp, à parcourir pieds nus dans l’eau fraîche. Est-ce que l’attraction plaira à la clientèle étrangère des tour-opérateurs qui s’arrête ici le temps d’une photo avant de remonter dans l’autocar ? Let’s see. « J’aime bien les Japonais ! », confie Sophie Carlen, 86 ans, parente de Philipp. Bon pied bon œil, elle est assise derrière la caisse de l’accès à la grotte, parmi les marmottes en peluche du magasin de souvenirs. « On reçoit aussi beaucoup de groupes de Brésiliens et des visiteurs russes », ajoute-t-elle. Dans tous les cas, le business est en train de fondre. Car dans l’hypothèse très probable d’une augmentation de la température de 3 °C, le glacier aura disparu en 2100. Selon que vous êtes pessimiste ou optimiste, l’issue fatale arrivera plus ou moins vite. En fait, c’est depuis Gletsch qu’on prend toute la mesure du recul entamé à partir de 1850.

Aux sources du passé

Sur le sentier d’interprétation bordant le Rhône naissant, torrent aux eaux laiteuses, un poteau en bois fiché d’une plaque « 1856 » indique la position du front cette année-là. Et aujourd’hui, où est-il ? Disparu, retiré là-haut derrière son verrou glaciaire ! Vous avez beau avoir vu des gravures ou des clichés anciens — comme la vue stéréoscopique du photographe Alexandre-Pierre Bertrand datée de cette époque ou une image rare de 1849 —, un passage sur le terrain est stupéfiant. Nul besoin de vous offrir un voyage à l’autre bout du monde pour photographier un ours polaire à la dérive sur son morceau de banquise. Le changement climatique est là ! Gletsch — glacier en allemand — est un drôle de hameau hôtelier structuré par le tourisme de la Belle Époque et l’ancien spectacle naturel du glacier du Rhône, dont l’hôtel éponyme rappelle l’emplacement de jadis. Un hôtel presque en front de neige en quelque sorte, dont la grande dépendance dite « Blauhaus », destinée au personnel et à une petite centrale hydroélectrique, permit à ce lieu d’être parmi les premiers électrifiés du Valais en 1899. La modernité d’alors venait des sommets et la famille Seiler, pionniers de l’hôtellerie suisse et promoteurs de Zermatt, avait vu grand en construisant ce caravansérail de plus de 100 lits en pleine montagne. Il y a même une chapelle anglicane néogothique de 1907-1908 avec trois fenêtres derrière l’autel pour admirer le glacier quand... il était encore là ! Les chambres sont restées « dans leur jus » avec miroirs Arts déco, lavabos d’époque et de rares baignoires en fonte émaillée. Malheureusement, l’endroit n’est plus guère qu’un point de passage, un carrefour routier en direction des cols de la Furka et du Grimsel.

Dix-neuf scénarios

Maya Belzer-Hallenbarter, jeune manager dynamique revenue au pays après un tour du monde des Ritz-Carlton, tente l’impossible. « Mon grand-père fut ici factotum et ma grand-tante, gouvernante. Je ressens une fierté et une émotion toutes particulières à diriger cet hôtel depuis cinq ans. Je ferai tout mon possible pour prendre soin de l’établissement et conserver l’esprit des lieux. Je souhaite que Gletsch ne meure pas. » Mais qu’en faire ? Et pourquoi l’État du Valais, actuel propriétaire, continuerait-il à y investir de l’argent public ? Pour quels projets ? L’an dernier, des étudiants de l’École polytechnique fédérale de Zurich ont élaboré dix-neuf scénarios pour dessiner l’avenir de Gletsch. Leurs travaux ont été exposés dans les anciennes écuries, lieu de ravitaillement des diligences. Si certains futurs architectes ont renforcé sans surprise le projet hôtelier à travers de belles réalisations, d’autres ont revisité la fonction du site : des bassins piscicoles, une laverie géante, un cloître, une prison de haute sécurité, un centre culturel théâtral, etc. La dernière famille de projets a travaillé autour de la situation de carrefour, en imaginant par exemple un viaduc de contournement ou une aire de repos pour amateurs de conduite. Ah, ces lacets et ces belles rampes des cols alpins suisses à gravir au volant d’une puissante berline décapotable... Grisant !

Un patrimoine d’avenir

Grisant aussi, le train à vapeur qui circule ici durant les trois mois d’été. Surtout pour qui a eu la chance, comme nous, de traverser la montagne au cœur de la machine, entre la chaudière et le charbon. Un vrai petit ramoneur...

D’Oberalp à Realp, soit 18 km avec un passage culminant à 2 165 m d’altitude, l’histoire de la construction de la ligne ferroviaire sommitale de la Furka fut un défi technique du début du XXe siècle. Et sa résurrection, une époustouflante aventure humaine. À la suite du percement du tunnel de base de la Furka en 1982, l’abandon du tracé d’altitude inauguré en 1926 semblait en effet inéluctable. C’était compter sans le soutien de passionnés des chemins de fer du monde entier qui ont œuvré à la sauvegarde de ce patrimoine, support d’une expérience touristique unique en son genre. Ils sont encore plus d’un millier de bénévoles actifs. Il a fallu trouver les fonds, réunir les autorisations, restaurer le matériel roulant, inventer des solutions techniques inédites pour rouvrir cette ligne condamnée à l’abandon. Un travail de presque vingt ans.Depuis août 2010, des trains à vapeur circulent sur tout le trajet que nous empruntons en compagnie de Daniel Burri, mécanicien, et Stephan Stauber, chauffeur, chargé d’alimenter la chaudière en eau et le foyer en charbon. Nous y rencontrons aussi Tobias, tout juste dix-huit ans, apprenti en mécanique qui espère devenir prochainement conducteur. Et Elsbeth, chargée du guichet de la gare de Realp, tandis que son mari s’occupe des trains : « Il a trouvé ici un bon passe-temps pour sa retraite, sinon il resterait à la maison devant la télé. Moi, je vends les billets. On vient ici environ une semaine par an, plus trois week-ends. » Avec eux, des professions libérales, des artisans, des anciens des CFF — la SNCF du pays. Ce petit monde de passionnés s’amuse et nous avec eux. 

Vallée heureuse, tourisme doux

Sur le parcours, Daniel me fait découvrir une incroyable série de dispositifs modernes : une crémaillère escamotable à un passage à niveau, un pont repliable en hiver pour le protéger des avalanches, un système d’aspersion d’eau pour éviter les incendies au passage du train. Plus des ouvrages d’art du siècle dernier comme ce tunnel hélicoïdal de 340 ° ou les rutilantes locomotives HG 3/4 sauvées d’une rouille certaine, ramenées du Vietnam où elles étaient parties jouer au train de montagne. Deux nouvelles locomotives sont prévues pour 2016, histoire d’embarquer un peu plus que 28 000 passagers dans la saison. Car certains week-ends, les convois affichent complet. La Dampfbahn Furka-Bergstrecke AG manque de places. Ce n’est pas qu’il y ait foule dans la région. Ce bout de vallée heureux d’avoir échappé au ski alpin des stations de sports d’hiver coule des jours paisibles entre pistes de fond et sentiers de randonnées. Ceux qui s’étirent d’Oberwald à Niederwald, le long du jeune Rhône pour les cyclistes ou à travers les forêts et alpages pour les marcheurs, sont une occasion d’aller tranquillement à la rencontre de ce monde resté assez isolé jusque dans les années 1950. À Oberwald, un chapelet de petits musées des traditions populaires dans une vallée ô combien religieuse. À Obergesteln, une incroyable mosaïque de parcelles de pommes de terre, qu’une association maintient en culture. À Niederwald, des chalets, greniers et maisons en mélèze, bijoux de bois sauvegardés grâce à des règles de rénovation strictes. Sans compter soixante-dix chapelles baroques ; plus qu’un curé pourrait en bénir. Partout un accueil fidèle à l’hôtelier César Ritz (1850-1918), paysan natif de ce dernier village et dont la philosophie de l’hospitalité fit le succès que l’on sait. « Mais l’hospitalité, c’est un devoir aussi », aurait rappelé Victor Hugo.

 

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