Quelle(s) feuille(s) de route pour s’orienter ?
Pour le randonneur, savoir s’orienter relève avant tout… du bon sens : “D’abord, ce sont les yeux qui travaillent. Savoir s’orienter, c’est — beaucoup— faire appel à sa jugeote et observer le terrain”, rappelle Jef Tripard, guide de haute montagne.
Observation des ombres du soleil, des versants nord et sud, de la mousse sur les arbres, du sens du vent, ou encore… d’une constellation d’étoiles : ne négligez pas ces indices naturels, qui vous seront d’une aide précieuse le jour où votre sac à dos, abritant boussole, carte et autres GPS, aura été égaré. Cela arrive, même aux plus aguerris !
Les professionnels vous le diront sans relâche : il faut s’exercer seul, sans les outils. Ensuite, la carte (à l’échelle 1/25 000e ou 1/50 000e) reste une précieuse alliée. Elle vous permet de préparer votre itinéraire et créer des points (balises) en visualisant précisément versants, talwegs, zones de forêt, de clairière ou d’habitation et de constituer un schéma en 3 D. Vos outils (carte, boussole, altimètre…) différeront forcément en fonction de la nature du terrain, montagneux ou plat (lire encadré). Mais en cas de doute, gardez cette règle à l’esprit : privilégiez une prise de risque minimale (demi-tour obligatoire) si votre seul outil à disposition est le bon sens et octroyez-vous la possibilité de passer un cran au-dessus si vous êtes solidement équipé.

Trois questions à Jef Tripard, guide de haute montagne Allibert
Pour s’orienter, la carte est-elle indispensable ?
En France, oui. Mais savoir projeter la lecture de cette carte sur le relief peut demander une certaine culture. Pour ancrer cette visualisation, les internautes peuvent se préparer avec Google Earth, qui leur permettra de suivre le sentier, le visualiser en 3 D et le comparer à la carte. On peut également avoir recours aux stages de formation et s’inscrire à un club de courses d’orientation. Dans tous les cas, il est indispensable de s’entraîner à lire sa carte avant de se retrouver sur le terrain. Il faut avoir l’essentiel de son itinéraire dans la tête : être capable de retrouver les points sans avoir la carte sous le nez !