Pour Jacques et Henri disparus au Ladakh

Que devait-il se passer dans cette nuit du 5 au 6 août 2010 ?

Certains étaient déjà endormis dans les humbles demeures dédiées aux réfugiés tibétains ; d’autres, des Ladakhis, marchaient encore, revenant de lointaines quêtes, d’autres discutaient de leur journée ou du lendemain, en compagnie de touristes à travers les vallées arides. Quels signes les démons avaient-ils lancés sur cette terre bouddhiste ? Y avait-il eu moins de prières autour des temples ? Les moulins à prières s’étaient-ils arrêtés sur leurs pivots grinçants millénaires ? En silence, dans cette fin de journée, surchauffant le plateau d’altitude, se préparaient d’immenses nuages d’orage. Une main invisible précipita leur masse d’eau en quelques instants sur les hautes pentes himalayennes dominant ces villages, ces vallées hier assoupies, ces campements paisibles. Aucun dieu n’eut alors assez de force pour arrêter ce que le destin avait décidé. Le flot recouvrit des villages, s’étendit sur les cultures, repoussa les murs, condamna des innocents. Il atteint votre camp. Le souffle fit tout vibrer, la vague envahit l’espace. A la terre se substitua la boue, la roche et le malheur.
Henri, tu l’aimais tellement cette terre. Tu l’avais si bien parcourue du pôle Nord à l’Everest, du Mexique au Liban. Guide attentif, formateur passionné, homme, mari, père. Jacques, tu parcourais depuis si longtemps, chaque année, ces pâturages d’altitude, du Pérou au Népal, en appréciant la gentillesse des villageois.

Vos familles sauront vous retrouver là-haut. L’équipe Allibert vous y saluera partout.

Jef Tripard


 

 Jacques Hellot, grand voyageur

 

Henri Augareils, guide de haute montagne