![]() |
> Auteur
Emmanuel V.
/ Voir ses carnets
|
Carnet de route Ruwenzori
Si votre enfance a été bercée par les épopées de Stanley et Livingstone, si l'aventurier qui sommeille en vous rêve de suivre les pas du Duc des Abruzzes au coeur de l'Afrique, alors le trek du Ruwenzori est pour vous...
Point n'est besoin d'aller acheter les dernières nouveautés en matière de chaussures de randonnée, allez plutôt chercher vos bonnes vieilles bottes en caoutchouc, votre équipement classique de trekking, et en route pour La grande aventure au coeur d'une nature superbe et très préservée.
C'est ainsi qu'en ce mois de juin nous nous retrouvâmes 6 à l'aéroport d'Entebbe, au bord du lac Victoria en Ouganda.
Une petite journée de voiture au milieu des plantations de bananes et de thé et nous voici à l'entrée du parc du Ruwenzori, tout près de la frontière avec le Congo Démocratique.
Une agence très bien structurée met à notre service trois guides et une douzaine de porteurs tous aussi chaleureux que sympathiques ; Ezra, le cuisinier, s'est occupé d'acheter la nourriture pour huit jours, et en route pour la première étape qui nous conduira au refuge de Nyabitaba. Dès l'entrée dans le parc national, nous quittons les zones habitées et pénétrons dans la forêt vierge. Impossible cependant de se perdre : hors du chemin bien marqué, la forêt est inextricable.
Les étapes ne sont pas très longues (4 à 5 heures en moyenne) mais le chemin est souvent raide et glissant et requiert un bon équilibre.
Tous les campements consistent en une série de 3 ou 4 petits refuges en bois en excellent état avec matelas mousse, tables, bancs , toilettes sèches...
Dès le deuxième jour il nous faudra ranger les chaussures de randonnée pour chausser les bottes. En effet, le chemin qui nous conduit en quatre étapes de 1600 à 4500m, traverse tous les étages de la végétation et le sentier est souvent boueux voire marécageux. C'est ainsi que nous allons découvrir les joies du « bigo bog » dans lequel nous pataugerons au moins un moment au cours de chacune des étapes.
- Késako le « bigo bog »?
- Une zone marécageuse parsemée de touffes d'herbes et de mousses diverses. Dans de nombreux endroits, de bonnes âmes ont posé à terre des rondins de bois ou des branches qui évitent de s'enfoncer dans une boue qui peut atteindre 40 cm de profondeur.
La progression est un peu surprenante au début mais rapidement nous parvenons à distinguer tel type d'herbe qui fait comme de petits ilôts au milieu de la boue, ou tel type de mousse qui semble flotter et laisse s'enfoncer le pied du malheureux trekkeur qui l'aura choisie comme appui. A l'étape les pantalons sont plus ou moins crottés selon les aptitudes et la chance de chacun. Seuls nos trois guides ougandais semblent touver toujours le bon appui et ne jamais maculer leurs vêtements de boue...
Après la forêt tropicale primaire dense, luxuriante mais inextricable, nous traversons la zone des bambous qui fait rapidement place à l'étage des fougères arborescentes de plusieurs mètres de haut. Ensuite vient la zone des lobélies et séneçons géants. Si certains d'entre nous avaient déjà vu des exemplaires de cette fameuse plante sur les flancs du Kilimandjaro ou du mont Kenya, ici nous cheminons dans une véritable forêt de ce lointain cousin de la petite fleur jaune de nos Alpes.
Les lacs ne sont pas absents de ce périple et chacun d'entre nous gardera un souvenir idyllique d'une soirée autour d'un immense feu de bois à déguster de délicieuses brochettes de poulet grillé au bord du lac Kitandara.
- Et le Ruwenzori, me direz-vous?
- Cerise sur le gateau de cet extraordinaire périple, il offre un vaste et débonnaire plateau glaciaire que l'on atteind par un cheminement pas facile dans des rochers plutôt glissants. Le sommet en tant que tel nécessite, après la remontée de la vaste pente neigeuse, une escalade mixte peu difficile mais tout de même exigeante pour atteindre le point culminant de ce massif et le troisième plus haut sommet du continent africain à 5108 mètes.
Le trek de retour se fait par la vallée de la rivière M'Buku avec une fois encore succession de paysages extraordinaires dont la vue d'un sommet enneigé depuis une clairière en plein coeur de la jungle n'est pas des moindres.
Pour compléter ce fabuleux périple, nous nous rendons ensuite dans le parc Queen Elizabeth au bord du lac Edouard pour un safari au cours duquel nous aurons la chance d'observer un léopard, une lionne et ses petits ainsi que de nombreux buffles, cobes, éléphants, phacochères, antilopes... Une balade en bateau sur le canal qui relie le lac Edouard et le lac Albert est enfin l'occasion d'approcher à quelques mètres quantité d'hippopotames et d'oiseaux en tous genres.
Une dernière nuit dans un campement digne d' »Out of Africa » et c'est le retour vers Kampala.
« Oui, mais il pleut tout le temps! » dans ce massif dénommé par Ptolémée « les montagnes de la lune ».
Il existe en effet deux saisons très humides mais aussi deux saisons sèches. Pour ce qui concerne notre aventure, il n'a quasiment pas plu au cours des huit journées que nous avons passé dans ce massif et nous n'avons pas marché une seule minute sous la pluie, presque déçus de ne pouvoir utiliser ponchos et sursacs que quelques récits plutôt apocalyptiques glanés çà et là sur internet nous avaient fait acheter avant le départ.
Quant à la fréquentation du massif du Ruwenzori, c'est bien simple : hormis un groupe croisé deux heures après le départ et un autre trois heures avant l'arrivée, nous n'avons vu que des singes, des duikers (sorte de chevreuils) et une multitude d'oiseaux.
Vous aimez sortir des sentiers battus? Vous rêvez d'une aventure empreinte d'Histoire que peu de gens ont eu la chance de vivre? Vous aimez le contact avec des gens simples et chaleureux? L'Ouganda vous attend et il mérite votre visite.
Ce carnet a été lu 251 fois depuis le 12/07/2008 à 10h35