



![]() |
> Auteur
Claude H.
/ Voir ses carnets
|
Cette très belle semaine de randonnée glaciaire était pour moi une préparation idéale pour deux projets à venir (le Citlaltépetl dans un 1er temps - gravi le 2 novembre 2008 -, et éventuellement le Cotopaxi dans un 2ème temps).
Lundi 21 juillet 2008 > L'Argentière-Les Ecrins - vallon de Celse-Nière - refuge du Sélé (2 511 m)
Rendez-vous à 10h devant la gare de l'Argentière-les Ecrins.
La convocation disait en lettres capitales : SOYEZ PONCTUEL. Le guide n'avait pas dû recevoir la même convocation que nous : il est arrivé un peu en retard, dans une vieille Espace fatiguée (batterie morte, turbo-diesel mort), aux sièges disparaissant sous les poils de chien... Transfert dans la vielle Espace pour 3 des participants, et dans la voiture d'un des participants pour les 3 autres. Pas de chance, j'ai dû m'asseoir dans les poils de chien !
Transfert donc à Ailefroide. Pique-nique.
Marche d'approche. Départ en début d'après-midi sous les mélèzes par le vallon de Celse-Nière, dominé par le Pelvoux. En final, montée en rocher.
4 h de marche, + 950 m.
Mardi 22 juillet > Refuge du Sélé - col du Sélé (3 291 m) - cirque de la Pilatte - refuge de la Pilatte (2 572 m)
Lever 3h. Bouchons d'oreille obligatoires pour pouvoir dormir dans les refuges.
Petit déjeuner un peu juste ce matin-là, en tous cas sans rapport avec l'effort qui allait suivre, d'où une sérieuse alerte d'hypoglycémie à 11h - malgré les vivres de course, pas parfaitement adéquates. Hypoglycémie également ressentie au même moment par Pascal, notre athlète franco-belge.
Départ 4h, petite marche d'approche avant encordage et chaussage des crampons. Dans l'ordre de la cordée : Bruno notre guide, puis Françoise notre infirmière, notre doyen, Marie, Jean-Claude, moi-même, et enfin Pascal notre athlète belge.
Montée par le glacier du Sélé jusqu'au col qui ouvre sur le cirque glaciaire de la Pilatte. Nombreux incidents de crampons pour notre doyen.
Une fois le col franchi, renversement de la cordée : Pascal ouvrait la marche, j'étais second. Sur l'ensemble de la semaine, en cordée, Pascal et moi allions former un assez bon tandem. Descente abrupte par le glacier de la Pilatte.
Glissade de notre doyen, qui allait entraîner la moitié de la cordée. Retenue par le guide à un bout, par Pascal à l'autre, la cordée allait finir par retrouver son équilibre.
Bien longue descente, ponctuée de rares pauses.
Montée au refuge sur rocher. Arrivée 13h pour le pique-nique du midi.
9 h de marche, + 900 m, - 700 m.
Mercredi 23 juillet > Refuge de la Pilatte - col de Gioberney (3 238 m) - refuge Temple-Ecrins (2 410 m).
Lever 5h (et cette fois, nous avions fait une sieste). Montée au col de Gioberney en aller-retour [départ 6 h, retour 11 h]. Glacier en final.
Retour au refuge de la Pilatte. Descente dans le vallon du Vénéon, puis remontée (+ 400 m) sur le versant opposé.
Montée en début d'après-midi, en plein cagnard. Supportant mal cette chaleur, j'ai décroché et laissé les autres partir devant. Françoise avait décroché bien avant moi. Avisant une belle ombre, sous un Pin à crochets, j'ai voulu prendre pied sur une belle dalle rocheuse pour me poser un moment. Les aiguilles du Pin à crochets ont roulé les unes sur les autres, j'ai perdu l'équilibre et glissé sur le dos, tête en bas, sur deux à trois mètres. Etant alors bras nus - c'est interdit sur les glaciers, pas sur les chemins -, j'y ai laissé pas mal d'épiderme, de l'avant bras à l'épaule droite. J'ai épousseté mes plaies, et suis reparti doucement. Arrivé au refuge, j'ai nettoyé à l'eau et au savon, comme je l'avais appris il y a longtemps en cours de secourisme !
Excellent repas au refuge Temple-Ecrins, digne d'un restaurant : vin d'orange maison en apéritif, soupe maison aux herbes, superbe pot au feu maison - enfin des légumes ! -, fromage, et glace maison à la Chartreuse ! Et le refuge est proche d'une belle pelouse à orchidées.
7 h de marche, + 1 100 m, - 1 250 m.
Jeudi 24 juillet > Refuge Temple-Ecrins - glacier de la Temple - glacier Noir - glacier Blanc - refuge Cézanne (1 874 m).
Excellent petit déjeuner. J'ai chargé au maximum - pain maison, céréales - pour éviter une nouvelle hypoglycémie.
Montée vers un col. Parcours par le glacier de la Temple et le glacier Noir et passage au pied des grandes faces nord de l'Oisans - Ailefroide, Coup de Sabre, pic Sans-Nom. Joli spectacle d'une petite avalanche suite à la cassure d'un glacier suspendu.
Bien longue descente par la crête d'une moraine.
Arrivée enfin au pré de Mme Carles. Première douche chaude depuis le lundi matin.
8 h de marche, + 900 m, - 1 450 m.
Vendredi 25 juillet > Refuge Cézanne - refuge du glacier Blanc - refuge des Ecrins (3 175 m)
Grasse matinée : lever 7h. Marche d'approche en prenant pied un moment sur le dos du glacier Blanc. Groupes d'Italiens et d'Espagnols au refuge. Heureusement, j'avais mes bouchons d'oreilles. J'ai chargé au maximum au dîner - spaghetti à la Bolognaise en grandes quantités. Malgré les plâtrées de riz, pâtes, semoule, et les monstrueuses portions de terrine, charcuterie, et fromages bien gras, j'allais perdre 2 kg en 6 jours !
5 h de marche, + 1 300 m.
Samedi 26 juillet > Refuge des Ecrins - dôme de neige des Ecrins (4 015 m) - L'Argentière-Les Ecrins
Lever 3h, départ 4h, sommet atteint à 8h pour la première cordée, arrivée au refuge du glacier Blanc à 11h - toujours pour la première cordée.
Ascension du dôme des Ecrins, en deux cordées. Nous avions, pour ce jour-là, un second guide. Plus jeune, plus carré. Notre guide de la semaine allait emmener les deux femmes, le guide du jour les quatre hommes. Avec lui, notre doyen n'allait avoir qu'un seul incident de crampons de toute la journée, et marcher bien plus droit qu'à l'ordinaire, sans les innombrables à-coups qui pénalisaient toute la cordée les jours précédents...
Petit changement d'ordre. Pascal est passé avant-dernier, et moi dernier. Du coup, dans la descente, j'ai ouvert la marche. Sensation finalement plaisante, avec conscience d'une certaine responsabilité - donner un bon rythme à la cordée tout en étant très attentif au moindre signe de fatigue pouvant venir des autres, information se traduisant immédiatement par plus ou moins de tension dans la corde. Le tandem formé avec Pascal a encore une fois bien fonctionné. Dans un passage sans risque, avec l'aval du guide, nous avions commencé à nous détendre - et à détendre les jambes - en faisant de courtes glissades. Détente de courte durée : notre doyen n'allait pas suivre longtemps ce rythme, et il a vite fallu revenir à une fastidieuse progression pas à pas...
Longue attente au refuge du glacier Blanc. La seconde cordée, physiquement moins forte, nous a rejoints 4 h plus tard. Attente pendant laquelle les nuages - parfaitement absents jusque là - allaient s'amonceler, pour crever sur nous pendant les 2 h de descente vers le Pré-de-Madame-Carle.
9 h de marche, + 950 m, - 2 150 m
Route coupée par une coulée de boue - suite à la cassure d'un névé - entre le pré de Mme Carles et Ailefroide. Descente en voiture jusqu'à la coulée de boue. Contournement de la coulée à pied - toujours sous la pluie. Et encore 2 km de marche pour Ailefroide. Enfin, route d'Ailefroide à l'Argentière-les Écrins.
Au lieu de la séparation à L'Argentière-Les Ecrins vers 16h, ce sera peu avant 20h - les 4 h d'attente de la seconde cordée. Faute de couverture téléphonique dans les montagnes, je n'avais pu prévenir ma sœur et mon beau-frère qui étaient venus me chercher. Au bout de 3 h 30 d'attente, ils étaient repartis. J'ai enfin pu les joindre grâce à un téléphone mobile qu'on m'a prêté - celui de Marie d'abord, et enfin celui du patron de l'Hôtel de la Gare. Couché vers 1h le dimanche 27, soit 22 h après le lever précédent !
Ce carnet a été lu 357 fois depuis le 01/08/2008 à 23h08