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> Auteur
Alain M.
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SUR LA ROUTE DE LA SOIE
Bonjour, comment ça va ?
Non, nous ne rêvons pas, ce sont bien ces bergers descendant du col de Takhra Karatcha, qui s'adressent à notre petit groupe dans une langue qui nous est familière. Inattendu en ce lieu, mais pas si étonnant malgré tout, car depuis le début de notre circuit, nous avons pu constater l'attachement des Ouzbeks à la langue française, qui est enseignée dans les écoles secondaires et à l'université. Bon, ce n'est pas l'essentiel de notre voyage, mais cela fait plaisir un peu de douceur dans un monde anglo-saxon.
D'autres surprises de ce type nous allons en rencontrer beaucoup lors de notre périple sur cette mythique « Route de la Soie ». A commencer par la facilité des contacts, l'énorme gentillesse et l'extraordinaire curiosité de tous les gens rencontrés. » Pourquoi êtes vous venu en Ouzbékistan ? Connaissiez vous notre pays avant ? »Les questions fusent, les dialogues se mettent en place, en français hésitant (voir plus haut) ou en anglais (eh oui !) tout aussi balbutiant. Les demandes de photos sont réciproques et les plus demandeurs ne sont pas nécessairement ceux que l'on croit. Les femmes de tous ages nous adressent leur plus beau sourire ou nous laissent jouer avec leurs enfants. Et tout ceci en échange de..rien, si ce n'est le plaisir de la rencontre. Des gens authentiques, un pays vrai, pas encore perverti par le tourisme de masse et ses tristes a coté.
Autre surprise, la présence de l'eau. Certes une grande partie du pays est couverte de steppes ou de déserts et nous en avons eu l'expérience, mais du superbe lac Hayardakul au Syr Daria en passant par nombre de vallées, nous avons eu maintes fois l'occasion de nous rafraîchir, dans l'eau claire ou sous les arbres. Car la présence de cette eau permet les cultures maraîchères et fruitières, et nous ne nous sommes pas privé, avec l'autorisation des propriétaires bien sur, de nous régaler de pommes, abricots, prunes ou raisins succulents.
L'abondance de tous ces produits a pour effet une autre (bonne) surprise pour nous : la qualité de la cuisine ouzbek. Et de restaurants en tables d'hôte, de pique niques en repas chez l'habitant, nous avons pu savourer plov (pilaf) et bitcheks, raviolis et ratatouille (si, si), poulets dorés et agneaux parfumés. Et pas besoin de campagne publicitaire pour nos « 5 fruits et légumes par jour » ! Tomates, courgettes, poivrons, concombres, melons et autres pastèques abondaient sur toutes les tables.
Enfin, pour à la partie culturelle, si cela n'a pas été une surprise complète, l'émerveillement a été au rendez vous. Khiva, Boukhara et Samarkand méritent bien leur classement au patrimoine mondial. Madrasas animées, mausolées monumentaux, caravansérails raffinés, mosquées majestueuses ou minarets élancés, les influences arabes, perses ou ottomanes se retrouvent dans l'architecture. Et c'est une explosion de bleu, de vert ou de turquoise dans les mosaïques, zelliges ou majoliques, avec en point d'orgue, la somptueuse place du Registan à Samarcande.
Si l'on ajoute l'humour de notre guide Caramon, les douches « Allibert » dans les villages, la variété des paysages (un peu desséchés quand même en ce mois de juillet), nous nous disons que nous aurons beaucoup de choses à raconter en France à notre entourage étonné de nous avoir vu partir dans ce pays qui mérite que l'on s'y attache.
Ce carnet a été lu 362 fois depuis le 01/09/2008 à 09h10