









![]() |
JordaniePartager sur FacebookAuteur Jean-Michel S. Voir ses carnets Ce carnet a été réalisé pendant : BEDOUINS, CANYONS ET DUNES Les carnets du même auteur : |
![]() |
|
Aéroport d’Amman 21 :00. Nuit noire. Nous sortons à toute vitesse pris en charge par le correspondant Allibert sur place qui s’occupe de tout : bagages, visas, bus etc…. En un rien de temps, nous voici à Madaba, petite ville voisine et enclave chrétienne.
Un petit hôtel sympathique nous attend. Les chambres sont distribuées rapidement et nous voilà tranquilles, installés pour un dîner avec notre premier vin de Palestine : le Mont Nébo (diversement apprécié soit !). Un narguilé et quelques bavards dans le salon de l’hôtel, on est dans l’ambiance.
Une bonne nuit plus tard, nous voilà partis à pied pour une visite de l’église orthodoxe saint Georges. Circulation orientale, pâtisseries appétissantes sur le chemin, femmes voilées ou pas, rires timides et malicieux. La carte en mosaïque colorée de la Palestine nous attend. Merveille ! Tous les lieux saints indiqués, représentés pour l’édification des pèlerins. L’ombre de Moïse et de ses pérégrinations nous enveloppe un court instant.
Plus tard, descente à la mer morte – 400 m en dessous du niveau de la mer et ça continue à descendre tous les ans. Le Jourdain qui l’alimente ressemble plus à un vulgaire ruisseau qu’à un fleuve digne de ce nom. Bientôt rendez vous aux enfers, c’est sûr !
Etrange baignade dans l’eau saumâtre. On patauge en flottant comme des bouchons ou même des culbutaux tant l’équilibre est précaire. On s’enduit de boues noires ayant toutes les vertus : argiles souveraines contre les rhumatismes, l’arthrite, la gale, les dermatoses diverses et variées, les bronchites, la perte des cheveux, les maux d’estomacs, les gratouillements, les chatouillements, le scorbut, le béribéri, le choléra, la peste, la perte du pouvoir d’achat, le chômage, les divorces, les chagrins d’amour…Que sais-je encore !
En fin de journée, on remonte sur le plateau à 1200 m : réserve de Dana. Village ruiné abandonné en partie, en cours de restauration. Petit gîte adorable, thé brûlant, vue plongeante sur le profond canyon que nous emprunterons demain. Balade tranquille au coucher du soleil somptueux embrasant l’horizon. Au loin Israël, les enfants jouent dans l’eau, silence et paix au bord de la source.
Les 3 jours suivants nous mènent au cœur d’une montagne torturée par les événements géologiques. Nous voilà au bord du grand rift qui sépare l’Europe de l’Afrique et l’Asie. Donc petit cours de mouvements tectoniques en passant, histoire de ne pas mourir idiot.
Peu à peu, ayant au passage échappé à quantité de dangers épouvantables : nuages chargés des orages d’Allah, vipères endormies sous les pierres, scorpions déboussolés mais affectueux et recherchant la compagnie, notre petite troupe se rapproche chaque jour davantage de Petra : ville ayant nourri des dizaines d’années durant l’imaginaire de tous les voyageurs de cette partie du monde. L’or, l’encens, les épices, la myrrhe, la soie. Ah ! les beaux voyages. Petra : le mauve et le violet des pierres, le soufre et l’indigo, les vieux rouges, ses temples et ses tombeaux, les défilés cachés, la flûte aigre d’un berger, le genévrier odorant, l’armoise, les lauriers roses, quelques chèvres… Balades sur de longues crêtes, route des caravanes du temps jadis, plongées dans de profondes failles, longues pauses, thés trop sucrés, villages nabatéens perdus, oubliés. Nos pas lents désirent la ville rêvée.
La déception est impossible. Trois autres jours à l’intérieur du site proprement dit raviront nos âmes voyageuses et curieuses où se mélangent les rois et les dates, les styles et les évènements, les façades et les couleurs, les marchands et les passants, les escaliers et les passages secrets.
Dernier soir, un hôtel, une douche, un « mensef » plat local cuit dans le lait. Le lendemain matin nous transporte dans le Wadi Rum le désert rouge.
Trois nuits encore de bivouacs sous la lune, sous les étoiles éternelles, du moins à notre échelle de temps. Encore et encore les formes et les couleurs, les îles du désert, le feu le soir, les perles dans le ciel nocturne, le luth d’un bédouin de passage. Chansons d’amour, chansons de guerres.
Aqaba demain, la mer, les boutiques du souk, quelques souvenirs. 2000 ans depuis notre départ de Roissy il y a quinze jours, quelques amitiés, quelques sourires en plus, novembre attendra.
Merci pour les photos à : Catherine Ravet, Didier Bodin, Michel Vibert, Pascal Gaudin, Patrick Boucherand
Ce carnet a été lu 2763 fois depuis le 05 décembre 08
Les commentaires
Commentaire n° 1
Par Aurélie M. le 06 octobre 09
C'est bientôt la saison en plus...
Commentaire n° 2
Par Susete Da Conceic T. le 11 janvier 10
J'ai participé à ce voyage, avec un guide fabuleux (Anne Cuzin).
Malgré les nombreuses heures de marche, sous une chaleur intense et un sol rocheux, je garde un merveilleux souvenir de ce voyage.
Au fond de ma mémoire, je garde l'image d'un groupe soudé, super sympa, qu'il fût bon de partager cette quinzaine de jours. Merci à tous !
Avis à tous les voyageurs : il vaut vraiment la peine de visiter la Jordanie. un pays tout simplement MAGNIFIQUE.
Susy
Pour rédiger un commentaire, une identification est nécessaire