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EspagnePartager sur FacebookAuteur Jean-Michel S. Voir ses carnets Ce carnet a été réalisé pendant : ETOILES ET VOLCANS DES CANARIES Les carnets du même auteur : |
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Le ciel des Canaries,
Ténérife. En arrivant à l’aéroport, rien d’excitant. Comme attendu, des barres d’hôtels du tourisme de masse aux couleurs criardes et laides nous accueillent. Je fais la moue…
Pourtant, quelques kilomètres plus loin, une petite station balnéaire, son port, sa promenade et son agréable plage de sable noir nous ouvre les bras. Nous logeons dans de spacieux appartements, vue sur la mer et grande terrasse pour notre petit groupe.
A la première balade, les préjugés et à priori tombent d’un coup.
Le béton a disparu, pour faire place à des villages sympas et colorés et à un paysage à couper le souffle de canyons volcaniques profonds et sauvages. Une flore inconnue nous interpelle à chaque détour du sentier : plantes succulentes de toutes sortes, euphorbes étonnantes, palmiers, cactus et figuiers de barbarie en fleurs.
Notre cheminement vagabond nous fait passer à l'intérieur d'un tunnel de 1km de long à travers la montagne. Celui ci servait autrefois à amener l’eau d’une gorge à l’autre. Travail de titans avec pelles et pioches. Descente stupéfiante jusqu’à la mer au pied de falaises mauves et ocres. Retour en bateau, dauphins qui jouent avec les embarcations, le vent et les vagues.
Le dépaysement est total et je n’ai toujours pas parlé du volcan du Teide, plus haute montagne d’Espagne (3726m). Surgit de la mer tel l’œil de la terre, son énorme caldeira nous fait pénétrer dans un univers de science fiction. Coulées noires et puissantes d’éruptions, blocs de laves brûlés et calcinés, cônes secondaires témoignant de l’activité présente et passée. Pourtant dans ce gigantesque chaudron de sorcières, des vipérines géantes, des pensées, des genêts éclatants de fleurs blanches. Le ciel à cette altitude y est plus pur qu’ailleurs. Le soleil est éclatant et s’il frappe très fort à cette latitude presque tropicale, il n’est jamais étouffant, car les alizés veillent à nous rafraîchir.
Peu de randonneurs, les touristes sont massés sur les plages et dans les hôtels autour de l’aéroport. Oui, Ténérife est tout simplement grandiose et pour le coup inattendu.
Quelques jours plus tard, 3 ou 4 heures de bateau nous conduisent sur l’île plus confidentielle de La Palma. Un peu plus petite et pourtant là encore ses volcans vont nous stupéfier.
Une magnifique balade en crête sous les merveilleux pins canariens lumineux et légers nous fait arriver en fin de journée au sommet. A notre stupéfaction, juste au dessous de nous, surgissent les observatoires astronomiques des programmes européens.
A 2250 m au dessus de la mer et des nuages cotonneux de l’Atlantique, les coupoles argentées et blanches tels des navires interplanétaires scrutent le ciel de leurs yeux de cyclopes. Nous sommes sans voix. Le soir tombe, le soleil plonge somptueux dans la mer, les observatoires sans un seul être humain visible se mettent à vivre, à vibrer, à orienter leurs miroirs, à bouger, à pointer leurs regards de voyants vers des galaxies lointaines peut être déjà disparues. L’effet est saisissant. Nous parlons, échangeons et regardons les étoiles tard dans la nuit cristalline. Les années lumières défilent à l’intérieur de nous, l’univers s’étend infini, avec pour seule limite la faiblesse de notre imagination. Le temps et l’espace s’annihilent, se fondent dans une interrogation sans fin sur le sens de notre présence sur la terre. Méditation sur la place que l’on occupe. Retour à l’hôtel silencieux.
Et si tout n’était qu’un rêve ?
Les balades des jours suivants se suivent étranges, différentes. Aucune ne ressemble à une autre. La mer, le ciel et les "merveilleux nuages" dialoguent à chaque détour de chemin et les nuits chatoyantes des Canaries invitent au voyage.
Ce carnet a été lu 760 fois depuis le 03 juillet 09
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