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IndonésiePartager sur FacebookAuteur Sébastien F. Voir ses carnets Ce carnet a été réalisé pendant : LA TRANSBALINAISE Les carnets du même auteur : |
LA TRANS-BALINAISE - ENTRE MER, VOLCANS, SOURIRES ET RIZIERES - JUILLET 2009
PHOTOS de François G., Jacky B et Sébastien F.
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« J'ai vu des archipels sidéraux, et des iles dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur. »
- RIMBAUD -
« Une ile paresseuse ou la nature donne, des arbres singuliers et des fruits savoureux. Des hommes dont le corps est mince et vigoureux, et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne. »
« L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs, est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine? Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs, et l'animer encore d'une voix argentine, l'innocent paradis des plaisirs furtifs ? »
- BAUDELAIRE - Les fleurs du mal: «Parfum exotique»
« La vie de Bali défilait devant leurs yeux. Des rizières, échelonnées en terrasses arrondies, s'ouvraient devant eux, puis se repliaient et glissaient vers les gorges profondes ou des fleuves coulaient en cascade. Des palmeraies couronnaient les crêtes de montagnes, qui se succédaient, chaine après chaine, jusqu'à la Grande Montagne dont deux longs nuages blancs masquaient le sommet. Les gigantesques et sombres couronnes des varingas se détachaient sur le vert émeraude des champs, et des portiques de temples gris rose s'érigeaient dans leur ombre. Des sources jaillissaient de terre, guidées par des tuyaux de bambou, allaient irriguer les sawah. Des bois de bambou se rejoignaient en de belles voutes au-dessus d'étroites rivières et il y régnait une ombre fraiche et mystérieuse. Des buffles gris dormaient dans les fosses plein d'eau, derrière les villages. Des enfants nus, coiffes de grands chapeaux, poussaient des troupeaux de canards à travers champs. Des bottes de paille déambulaient, si grandes qu'on ne voyait pas les hommes qui les portaient. Des vieillards dont le visage étaient pareils a des masques de danseurs, marchaient, appuyés sur leurs cannes, la blague de sirih suspendue al a ceinture. Des femmes revenaient du marche ; elles portaient sur leurs têtes des paniers, ou des gerbes de riz, ou des tours de noix de cocos, ou d'immenses charges de cruches en grès. Leur démarche était devenue raide et égale, par l'habitude de porter, leurs seins et leurs épaules étaient à la fois gracieux et rigoureux. Derrière elles marchaient leurs filles, portant des charge de plus en plus petites, et les enfants de six ans ne balançaient qu'une demi-noix de coco pleine d'eau, au dessus de leurs petits fronts graves, pour apprendre a porter. Sur les lisières des champs, des paysans accroupis se reposaient de leur travail ; dans les rivières, d'autres se baignaient ou lavaient les vaches. Et tous ces hommes étaient beaux, vigoureux, bien proportionnes, leurs visages exprimaient la douceur, la confiance et l'aménité. Le paysage devenait de plus en plus beau a mesure qu'ils montaient, avec les mille miroirs des rizières inondées dans les vallées et les pentes soyeuses d'herbe alang-alang qui semblaient une eau agitée lorsque le vent les parcourait, avec les lignes adorables des collines et des montagnes, avec les petites iles qui se détachaient dans la plaine, couronnées chacune d'un temple sous un varinga. Des oiseaux sans nombre chantaient, des perroquets des montagnes a gorge rouge voletaient, croisant la route des deux cavaliers. Des faucons blancs aux ailes brunes planaient très haut, et la foret, avec ses ténèbres, avec l'épaisseur de ses lianes, avec le roucoulement des grands ramiers sauvages, succédait au village ou les hommes étaient accroupis devant leurs portes, regardant de tous leurs yeux les cavaliers étrangers. Au-dessus des routes vertes de villages, les arbres a pain et les palmiers croisaient leurs cimes ; aux carrefours se dressaient les statues en pierre des démons qui protègent les voyageurs. Et partout, partout, on entendait la voix de l'eau, voix bénie qui inondait l'ile de fécondité. De champ en champ, c'était un ruissellement, un chantonnement, un murmure, un écoulement, un bourdonnement qui venait des hautes montagnes, qui se déversait dans les vallées profondes, qui faisait pousser le riz pour chacun jusqu'à ce que cette eau, devenue fleuve nonchalant, se jetât dans la mer. Car telle était la volonté des Dieux : que l'ile leur appartint, qu'elle ne fut que prêtée aux hommes, afin qu'ils rendissent la terre fertile et assez riche pour nourrir les uns et les autres, et pour que l'on put célébrer des fêtes et se réjouir de la vie. »
- VICKI BRAUM - Sang et volupté a Bali
Ce carnet a été lu 611 fois depuis le 25 janvier 10
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