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Camille O.
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En mai 2004, Louis-Marie Blanchard, guide-accompagnateur, photographe et cinéaste est parti avec 9 trekkeurs pour la grande traversée du Tibet oriental, de l’Amdo au Kham. Cette aventure de 6 mois, traverse l’intégralité de l’ancien territoire du Tibet, tel qu’il existait autrefois. Cette traversée se réalise en six étapes de Xining à Kunming, réalisant plusieurs Khora* autour des grandes montagnes sacrées du Tibet oriental. En voici la deuxième étape :
Récit et photos de Christophe Raylat, rédacteur en chef Trek Magazine, parti sur cette étape.
Après un rapide passage à Chengdu, toute l’équipe de la deuxième étape a pris la route des hauts plateaux vers Aba. Malgré un bus agonisant (et quatre heures de panne), nous avons pu rejoindre le point de départ de la khora du Nympo Yurtse au lac Chumgtso. Nous étions attendus par l’équipe de quatre yachmen qui avait accompagné Louis-Marie lors du repérage de l’itinéraire l’automne dernier. Ces quatre Goloks se sont révélés des compagnons de trek très joyeux et agréables avec qui nous avons partagé des parties de cartes endiablées. Les 12 étapes du trek nous ont permis de boucler le tour du massif en faisant quelques incursions exploratoires au coeur de ces montagnes encore méconnues. Mis à part le point culminant, aucune de ces aiguilles vertigineuses ne porte de nom, ni n’a été gravie (il semble que le sommet du Nympo Yurtse ait été gravi, car j’ai pu voir des cairns jusqu’à environ 4950 m d’altitude sur sa voie normale). Il faut savoir que sur cet itinéraire les sentiers sont presque inexistants ainsi que les ponts ou toutes sortes d’infrastructures facilitant la marche. Nous sommes dans un pays de cavaliers.
Tout au long de la khora, nous avons pu régulièrement installer nos campements à proximité de nomades (drokpas) Goloks qui restent dans ces hautes vallées tout l’été avec des centaines de yacks. Nous étions un peu tôt en saison et la présence de ces nomades n’était pas encore à son maximum. Ceux qui pourront venir sur cet itinéraire en été auront encore un meilleur contact avec les chaleureux Goloks. La météo a été à la hauteur de la réputation de ces territoires, mitigée et changeante. Après un début bien humide avec 24 h de pluie non-stop et inondation du camp, nous avons pu confirmer l’adage qui dit qu’au Tibet il peut neiger toute l’année. Dix bons centimètres de neige sur le camp, un passage à gué pour le moins rafraîchissant et une sixième étape aux couleurs hivernales. Nous aurons encore à plusieurs reprises des passages de cols ou des bivouacs dans des ambiances neigeuses. Nous avons eu aussi quelques très belles journées de chaud soleil. Au final, il faut ici souligner le caractère unique de ces itinéraires ainsi que la culture et le charisme de celui qui les a conçus. Personnage tout droit sorti d’un roman d’Hemingway filmé par John Huston (si, si), Louis Marie Blanchard n’a de cesse de transmettre ses immenses connaissances et de faire partager son amour du Tibet. Voyager avec lui est une chance, rare, à vivre (au moins) une fois dans sa vie de trekkeur.
Découvrez le livre Tibet, les Cavaliers du Vent d'Elise, Louis-Marie et Thomas Blanchard
Ce carnet a été lu 657 fois depuis le 05/07/2007 à 11h54