![]() |
> Auteur Camille O. / Voir ses carnets |
Cette histoire c'est un roman, une fiction que je veux inscrire dans la réalité physique et humaine d'une région.
Je souhaite faire passer cette route par des lieux insolites, des lieux qui méritent d'être connus pour leurs intérêts dans divers domaines (géographique, sociaux, industriels, historique, religieux, folkloriques, etc... ) peu importe qu'il y ai ou non des traces de l'ambre bleu, ces traces, je me propose de les y laisser moi-même. Ne visite-t-on pas la maison de Michel Strogoff?
En ce qui concerne l'hébergement, je souhaite aller au maximum chez l'habitant mais je serai autonome et à même de camper.
Pour ce qui est des dates, je connais enfin ma date de départ:
Vol Paris/Almaty le 26 mai
Train Almaty/Aralsk, arrivée à Aralsk le 29 mai (32h de trajet!)
Début effectif de la marche le 30 ou 31 mai
La terre est plate !!!
Bonjour,
A ce jour, tout va pour le mieux, je suis a Qostanay pour 3 jours, un peu de repos et le roman de la route de l’ambre bleu prend une tournure qui me semble sympathique, le carnet de voyage aussi.
1) La steppe et l’hospitalité Kazakhe
Les savants de l’antiquité qui avaient décrété la terre plate comme une assiette étaient Kazakhes, c’est certain. Pendant plus de 1000 km, autant de fois que vous tournez sur vous même, vous découvrez la ligne d’horizon tirée a la règle: pas une herbe ne dépasse l’autre.
Et malgré tout, entre le ciel et la steppe se crée une complicité: ils s’inventent des reliefs. Qui plante ici une colline mauve au levant, qui aligne la une rangée d’arbres au bord des ozeros, ces lacs plus ou moins permanents, traits verts bouteille tranchant sur le bleu argente des jousannes, ces herbes au parfum stupéfiant qui sature l’air. Tous les 50 a 100 km, un village d’éleveurs, petite boursouflure, bulle sur la croûte du pain, sur la peau de cette steppe cuite par le soleil. Pas une seule ombre au bord de la route, où plutôt de la piste car le goudron n’est jamais arrive jusqu’ici. L’approche d’un village se manifeste d’abord par le trait noir des troupeaux, soit de chèvres et moutons parfois gardes, soit de vaches, chameaux ou chevaux en liberté. Viennent ensuite les constructions des cimetières, village a 2 ou 3 km avant le village, pointant vers le ciel le croissant de l’islam sur leurs piques. Et enfin les premières maisons basses, blanches, précédées par les enclose des bêtes réalisés avec les matériaux les plus hétéroclites. L’extérieur est saisissant, tout semble sur le point de s’écrouler, a l’abandon, et lorsque l’on vous introduit a l’intérieur de ces modesties demeures, dans ces salons au sol et au murs tapisses, c’est a dire recouverts de tapis, fraîcheur, calme et sérénité vous tombent dessus comme un bonheur indicible. Et lorsque toute la famille et les proches sont réunis en votre honneur pour la cérémonie du thé autour de la table basse, vous mesurez alors la profondeur de l’humanité. La maîtresse de maison préside, prépare les petits bols, une larme de lait, un trait de thé très fort de la théière maintenue au chaud sur le brasero, et un grand trait d’eau chaude venant de la bouilloire ou du samovar. Suffit de faire passer son bol vide pour qu’elle vous le remplisse a nouveau. La table est garnie de pain, beurre et crème, biscuits sec et bonbons: c’est la fête et la joie d’accueillir l’étranger et pour lui, l’impression d’être attendu, une disponibilité complète. Le temps a la valeur de ce que l’on y met. Combien de cadeaux ai-je refuse prétextant la lourdeur de mon sac (bonnet traditionnel, couteau, petite cravache de cavalier, …) Il semblerait que lorsque la possibilité d'accueillir se pressente, plus rien d’autre ne compte que l’accueil.
Gilbert, sur la route de l’ambre bleu, le 2 juin 2007
2) Des villages d’éleveurs aux villages de cultivateurs
Après la ville d’Aral dont le centre autour de l’ex port est une immense friche industrielle et la périphérie des maisons d’éleveurs, les villages que je traverse ensuite sont exclusivement des villages d’éleveurs. Les maisons se tournent le dos de chaque cote des larges rues de terre ravines et défoncées. L’entrée se fait par les ruelles parallèles , d’abord un sas ou l’on se déchausse, puis une grande pièce avec la table basse et les salons/chambres ou l’on déplie le soir nattes, coussins et couvertures pour la nuit. De l’autre cote de la ruelle se trouve la cuisine, quand elle n’est pas en plein air, le stockage et les enclos du bétail. La vie s’organise autour du troupeau, la traite du matin et la conduite des bêtes vers l’extérieur du village où elles sont rassemblées et confiées pour la journée a un berger commun qui les mène sur la steppe. Chez mon hôte a Tausch, la traite de 3 vaches donne 15 litres de lait, transforme dans chaque famille en crème et beurre excellent pour le lait de vache, en fromage et lait fume pour le lait de jument, en kéfir et nature pour le lait de chamelle: bio garanti. Mouton et chèvres ne sont élevés que pour la viande. Pain, pâtes, viande et laitages sont l’ordinaire invariable dans tous ces villages. Aucun légume, aucun jardin, le climat est trop rude. Un oignon cru grossièrement tranche avec le bichbarmak, (littéralement 5 doigts), plat traditionnel national de pâte sur laquelle on découpe des morceaux de viande de cheval ou de mouton bouillie avec lequel on boit le bouillon de cuisson. Chacun de ces villages s’enorgueillit de parvenir a faire pousser et a maintenir en vie quelques arbres, avec quelle patience. Entre Amantofay et Arkalik, j’ai rencontre le premier champ de céréale et quel champ: aussi long que la route, aussi large que la steppe, infini… En 150 km, je passais de la steppe des éleveurs à la steppe des cultivateurs. Mon hôte a Tasti Taldy, Toran Nourachev, est maire du village: 6000 habitants il y a 10 ans, 1134 aujourd’hui, terrible exode rural. Ils sont tous partis a Astana la capitale gagner plus d’argent. Le cinquième du village est en ruine. Je vois les premiers jardins, a la mi-juin, les premières plantations et fin septembre, tout est fini. L’été Tardif et sec, hiver précoce, température de +35 a – 40, font des rendements aléatoires. Valentina surveille ses fraises et framboises justes fleuries, ses concombres courgettes, betteraves rouges, radis, oignons justes sortis, ses tomates repiquées d’une semaine, dans huit jours elle plantera choux et pomme de terre. Il faut arroser chaque jour copieusement. Toran est agronome. Il m’explique que le rendement des céréales – blés et orges sortent tout juste de terre- est lie a la pluie de l’été. Le blé sans pluie donne 10 quintaux/h, le double s’il pleut et l’orge 25q/h, 35 avec la pluie. Vous ne pouvez trouver plus bio que ces céréales la. Jusqu’a Qostanay, 500 km, je vais suivre le champ, itinéraire ponctue tous les 30 km par les monstrueux silos au bord de la voie ferrée, entourée de leur village au ¾ en ruine. Qu’il soient éleveurs ou cultivateurs les Kazakhes sont aussi accueillants. Toran débouchera en l’honneur du Français un magnum d’excellent vin de Moldavie: a votre santé
Gilbert sur la route de l’ambre bleu, le 15 juin 2207
3) Les villes moyennes du Kazakhstan
Arqualiq et Derzhavinsk sont les 2 premières villes moyennes, environ 6000 habitants, que je traverse. S’il est plus difficile de se faire héberger chez l’habitant – elles ont chacune un hôtel et invariablement on vous y conduit – la curiosité chaleureuse des Kazakhes y est intacte: impossible de régler son thé ou sa bière dans un café Les hôtels sont sans eau chaude, parfois sans eau du tout et la nuit coûte 8 a 10 euros. Elles ont réussies a force de travail et de persévérance a faire pousser quantité d’arbres et a réaliser de vastes parcs. L’essentiel des habitations sont des maisons individuelles. L’espace ne manqué pas donc les rues sont des avenues et les distances telles qu’une armée de taxi proposent leur service notamment vers le centre ou sont les magasins importants, les étals permanents des marches ainsi que les administrations . Il y règne une atmosphère de sérénité. Aucun geste déplacé, pas d’agressivité, les gens devisent et se baladent ou se déplacent vers leurs activités tranquillement. Les enfants sont d’un sérieux troublant. Evidemment, le français attire tous les regards mais tout cela est souriant et bienveillant. Je me suis toujours senti en par faute sécurité. Quand un policier m’aborde, c’est pour me serer la main et me souhaiter la bienvenue et bonne chance: jamais au Kazakhstan on ne m’a demander mes papiers pour vérification et ce que je faisait la. Une curiosité que l’adduction d’eau du chauffage collectif, elles sont aériennes. D’énormes tuyaux, car si la conduite elle même est petite, l’isolation est conséquente, suivent les contres allées, enjambent les rues, sautent par dessus les squares, contournent les immeubles et sont a intervalle régulier surmonte d’un système de vannes et de robinets certainement inventes par Jules Vernes dans 20000 lieues sous les mers. Partout de nombreuses et vastes places a la dimension du pays et l’inévitable lieu de mémoire 1941 / 1945. Jusque dans les villages les plus modestes, les monuments aux morts de la “dernière’ guerre alignent des séries impressionnantes de noms.
Ce carnet a été lu 783 fois depuis le 06/07/2007 à 15h11