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> Auteur Nadine P. / Voir ses carnets |
Welcome to Beijing !
5 août
Arrivée à Pékin (Beijing) en fin de soirée, deux heures de vol depuis Oulan Bator.
Le nouvel aéroport de Beijing est immense et ultramoderne, tapis roulants géants, écrans plasma, publicités gigantesques vantant les prochains Jeux Olympiques de 2008. Nous récupérons nos bagages en un temps record, ils sont quasiment arrivés avant nous. Il y a un nombre impressionnant de guichets pour la douane. Après un "good evening" du policier (je rêve !), on vous propose de voter sur un petit clavier pour dire si vous trouvez le service performant !
Sur les affiches, impossible d'échapper à Beibei, Jingjing, Huanhuan, Yingying, Nini, les cinq mascottes des J.O. (les fuwas : "enfants de bonne fortune") Les premières syllabes des cinq prénoms forment la phrase " Beijing Huanying Ni : Bienvenue à Beijing".
6 aout
Nous fonçons illico vers la place Tian'Anmen, en ayant une pensée émue pour les terribles évènements de 1989.
Une foule de touristes sortant des bouches de métro et des immenses passages souterrain se presse vers la célèbre place, sous la surveillance imperturbable de la police omniprésente : groupes, familles, badauds, revendeurs à la sauvette de copies illégales de tee-shirts et casquettes des J.O., de montres de pacotilles avec portrait du grand timonier, etc..
Devant le Monument aux Héros du Peuple, les touristes Chinois se font tirer le portrait sans modération, les couples photographient l'enfant unique, ce dernier étant l'objet d'une adoration toute particulière.
Puis nous traversons cette immense place, pour nous approcher du musée d'Histoire et de la Révolution, devant lequel trône le décompte des J.O. Encore 368 jours ! Autant dire que les séances photos ici redoublent de plus belle !
Puis nous nous dirigeons vers la Cité Interdite, sur le mur d'entrée, impossible de louper la célèbre photo de Mao devant laquelle les Chinois se font encore et encore photographier sous tous les angles. Une foule compacte s'agglutine devant le magnifique palais, mais malgré tout il n'y a pas trop d'attente pour l'achat des billets, l'organisation est parfaite.
Un brouillard tenace enveloppe toujours la ville, les brumes de chaleurs auxquelles il faut ajouter la pollution, c'est pas gagné pour les photos ! Le style sera très « David Hamilton »
Au cœur de la ville, la Cité Interdite, classée au patrimoine mondial depuis 1987 est l'ancienne demeure des empereurs et de la cour. Joyau de l'architecture chinoise, cet immense ensemble est protégé par une enceinte de couleur pourpre de sept mètres de hauteur et de douves. C'est une succession de palais majestueux, de résidences des épouses et des concubines, mais ils ne se visitent pas de l'intérieur. Quelques temples cependant accueillent des expositions. Ces nombreux bâtiments sont précédés d'immenses cours qui servaient autrefois aux grandes cérémonies. On imagine aisément la puissance de ces empereurs devant tant de majesté et d'harmonie se dégageant de ces lieux.
Il faut compter une journée pour visiter l'ensemble, mais au bout de quatre heures sous la chaleur écrasante, la fatigue vous gagne. L'été n'est pas la période idéale pour visiter Pékin et il y a beaucoup beaucoup de monde, des foules de touristes ... Chinois.
Nous terminons la visite par de petits temples et les jardins de la Cité Interdite, puis l'orage menace, il fait de plus en plus sombre et entendons des sortes de déflagrations, il ne pleut pas sur la ville.
Nous quittons ces lieux magiques pour traverser l'immense avenue, pénétrer dans le parc de la Colline au Charbon, dénommée aussi Montagne de la Contemplation, édifiée avec la terre des douves de la Cité Impériale et des différents lacs de la ville. De là-haut on est censés admirer la Cité pourpre mais le brouillard ne s'est pas levé, c'est très frustrant.
Notre hôtel est situé dans le vieux Pékin, près de la tour du Tambour. Ce quartier est un labyrinthe de ruelles, les hutongs. Dans ces ruelles, des porches mènent à des siheyuans, ces anciennes maisons à cours carrées, cachant des petits jardins tranquilles. Ce vieux quartier est semble-t-il protégé de la destruction. Mais il faut espérer que la plupart des autres quartiers populaires ne deviendront pas des usines à touristes car on rénove à tour de bras, on transforme les habitations en restaurants, en bars, chassant les habitants vers des banlieues éloignées où ils vivront dans des tours ...
Car ici la vraie vie bat son plein ; on croise sur les trottoirs animés, des joueurs de majong ou d'échecs, installés sur une table improvisée. Des mamies discutent assises sur leur chaise un éventail à la main, de vieux messieurs font leur gymnastique ... et toujours des vélos qui vous frôlent et vous klaxonnent du son aigu de leur sonnettes, dans un mouvement incessant, ici le meilleur moyen de locomotion est la bicyclette qui s'adapte en fonction de ce que l'on transporte.
Nous visitons la tour du Tambour, un bel édifice, très imposant de trois étages de toitures, en escaladant l'escalier intérieur dont la pente d'un seul bloc est d'une raideur incroyable. Une petite démonstration est organisée toutes les demi-heures, les énormes tambours résonnent alors comme autrefois, c'est très impressionnant.
En rentrant à l'hôtel nous passons près d'un grand portail devant lequel des gardes sont en faction, nous ralentissons le pas, attirés par ce qui se passe dans cette grande cour : des jeunes en tenue militaire, garçons et filles semblent s'exercer à une parade ... Mais aboiement brutal des deux gardes : même si nous ne comprenons pas le Chinois... on nous prie expressément et sans discussion... de dégager le terrain ! L'ambiance bon-enfant de la rue nous avait presque fait oublier que nous étions en Chine : « dictature démocratique populaire socialiste » comme écrit dans mon guide préféré.
7 août
Visite du temple des Lamas, c'est un temple important car il fut offert aux moines tibétains en 1732, il échappa aux destructions perpétrées sous le régime communiste. Grande ferveur dans les prières des fidèles qui font brûler de l'encens.
Grande promenade dans le parc Beihai qui était autrefois réservé à l'usage des empereurs, puis ensuite exclusivement pour les dignitaires du parti communiste, il n'a été ouvert au public qu'en 1976. Agréable promenade autour du lac où flottent des lotus. On peut y admirer un superbe dagoba (stupa) népalais qui domine la colline.
8 aout :
Nous prenons un minibus depuis la gare de Dongzhimen pour nous rendre à Mutianyu, à environ 90 km au nord afin d'admirer la Grande Muraille de Chine. Il fait une chaleur absolument torride ce jour là, pas un nuage à l'horizon, pas un souffle d'air sur les hautes collines, la grimpette en est d'autant plus pénible. Nous choisissons le côté où ça monte le plus afin d'être surs d'y croiser le moins de touristes possible.
Chemin de ronde, tours de guets, nous arpentons la partie rénovée sur quelques kilomètres, ensuite ce sont des éboulis et à moins d'être équipés pour l'escalade, l'accès est impossible. En dehors des sites touristes, la grande muraille, cet ensemble de fortifications construites au cour des siècles, sur 6700 km de longueur, n'est malheureusement pas en très bon état.
Le soir sortie en ville : mais aucun taxi ne veut nous emmener Place Tien'Anmen, nous finissons par comprendre que la place est fermée. Mais pourquoi ? Dans notre grande ignorance et notre entêtement, nous finissons par prendre un rickshaw qui accepte de nous conduire, en quelques coups de pédales, à la destination désirée ... mais arrivés près des murs pourpres de la Cité Interdite, nous sommes arrêtés par des policiers, ils empêchent tout accès à la fameuse place. Des clameurs, des chants, puis un feu d'artifice et nous réalisons ... que nos sommes le 8 aout, un an pile poil avant date magique du 08-08-08 ! Bien évidemment, comme la majorité des pékinois, nous n'avons pas été conviés. Il aurait probablement fallu montrer patte blanche et carte du Parti pour participer à cet évènement organisé pour le Comité Olympique. Aussi nous tordrons nous le coup pour admirer la fumée du feu d'artifice que nous apercevons derrière les arbres depuis le bord du canal ...
9 août
Visite du Temple du Ciel sous une chaleur torride.
« Le temple du ciel est la transposition spatiale d'un concept d'organisation de l'univers cosmogonique et politique sur lequel reposait la légitimité impériale » lis-je sur mon guide ... Ah !
Je retiens surtout que dans ce temple, de grandes cérémonies étaient célébrées par les empereurs à l'occasion de rituels liés au cosmos, aux saisons et aux évènements familiaux, accessions au trône. Puis nous nous approchons du Temple pour les Bonnes Moissons, bel édifice au toit bleu dont le dôme est en or. Dans une des annexes, une rétrospective intéressante de la rénovation de l'édifice, des photos des empereurs, de Mao en visite en 1949, des présidents Ho Chi Minh, Nixon, Pompidou...
Nous cherchons l'ombre sous les arbres centenaires du parc. Des musiciens sont installés sur des bancs, accordéonistes, joueurs de flûte, violons chinois, chacun jouant sa partition dans une drôle de cacophonie, mais ils ne semblent pas se gêner outre mesure. Un peu plus loin quatre dames âgées chantent un air d'opéra, l'une d'elles s'égosille d'une voix particulièrement aigrelette, nous passons donc notre chemin ...
Plus loin, dans un léger jeu de jambe, un couple joue avec une sorte de volant (ce jeu est parait-il, l'ancêtre du badmington), ils sont agiles comme des chats ... A côté, un masseur s'active avec application sur le cuir chevelu d'une dame.
Balade dans les ruelles commerçantes, vers la rue Dazhalan, pour s'approvisionner en thé, nous admirons quelques magasins de soieries. La curiosité nous emmène dans une pharmacie chinoise où l'on peut trouver son bonheur à savoir diverses sortes de plantes et racines pour soigner tous les maux et dans des bocaux de verre, des animaux séchés : serpents, hippocampes, crapauds, vers, etc ..
Puis retour vers la place Tian'Anmen où le décompte affiche aujourd'hui J-365 ! C'est l'occasion de faire une nouvelle série de photos.
10 aout
Dernier jour à Pékin. Balade sur les bords du lac Houhai : nous longeons la berge où des pêcheurs taquinent tranquillement le goujon chinois puis nous nous dirigeons sur l'autre rive vers un espace réservé semble-t-il aux nageurs, uniquement des hommes. Près de la berge, sous les arbres, une aire de sport avec agrès, sorte de parcours de santé : les citadins peuvent s'ils le souhaitent se maintenir en forme et pratiquer ainsi toutes sortes d'exercices (héritage du maoisme) rameur, musculation des bras, des jambes, ping-pong. Sur une des tables un gardien de la paix censé assurer la sécurité de chacun, dort comme un loir !
Visite du palais du Prince Gong dont le jardin était considéré autrefois comme le plus beau jardin de la ville.
* * *
Le voyage est terminé, une semaine c'est un peu juste pour découvrir toutes les merveilles de cette cité millénaire, devenue une ville gigantesque en pleine modernisation. Pékin, ce n'est qu'une petite approche de la Chine, cet immense pays de 1,3 milliards de citoyens, avec ses nombreuses richesses architecturales et historiques, à découvrir dans les campagnes, dans les cités de l'intérieur du pays.
La capitale Chinoise est prête à accueillir des millions de visiteurs, ce sera une vitrine sur le monde, alors petite lueur d'espoir, il faut espérer, qu'à cette occasion. une amélioration soit apportée notamment en matière de droits de l'homme.
En tous cas, à cause de la pollution les usines de la région de Pékin seront obligées de stopper leurs activités, on arrêtera aussi la circulation des véhicules pour que les athlètes puissent respirer un air plus pur ! Et on commandera le beau temps :
Plus de 7000 « canons à pluie » Afin de contrôler le courroux des cieux durant les Jeux, les chinois font jouer les faiseurs de pluie : le mois d'août est celui de la saison des pluies et il s'agit d'éviter que des trombes d'eau ne viennent gâcher la fête. Les brigades du programme de « modification météorologique » sont déjà à pied d'œuvre et répètent des actions consistant à bombarder le ciel de paillettes d'iodures d'argent. Celles-ci condensant l'humidité, feront pleuvoir à loisir à l'écart des sites olympiques et devraient permettre aux organisateurs de ne pas être à la merci d'un orage intempestif. Pékin n'a pas lésiné sur les moyens : 32 000 personnes disposant de 7 100 « canons » sont employées pour ce programme dont le coût est compris entre 60 et 80 millions de dollars. - (Corresp.) Bruno Philip - Le Monde - 9 août 07
Nadine Pinon
Ce carnet a été lu 1214 fois depuis le 03/09/2007 à 18h56