Allibert - Montagnes et déserts
 
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01/02/2007 à 11h08 - Jambo, jambo bwana ! Tanzanie et Kenya

Le Kilimandjaro

> Auteur Olivier L. / Voir ses carnets
> Ce carnet a été réalisé pendant : LES CAPITALES DECOUVERTES


Diaporama (10)
Le Kilimandjaro Le Kilimandjaro
Ascension Lenana Ascension pointe Lenana
Au sommet Au sommet
Des fleurs Des fleurs
Route Kilimandjaro En route pour le Kilimandjaro
Kilimandjaro Kilimandjaro
Mont kenya Mont kenya
Mont kenya Mont kenya
Sommet Kilimandjaro Sommet Kilimandjaro
Sommet pointe lenana Sommet pointe lenana

 

Jambo, jambo bwana !


C’est en swahili que l’on souhaite le bonjour en Afrique de l’Est.  Ce bonjour se chante, se danse, se dit out au long des chemins.
Alors, avant de livrer mes impressions sur une belle aventure, à vous qui me lisez : Jambo !

 

VENDREDI 4 AOUT 2006, 17h 40

Montpellier, le Puech d’Argent. Georges, kiki et Gala arrivent. Mon sac est prêt depuis longtemps. Guy, notre chauffeur, se fait attendre.
17h50 : Guy arrivé, les embrassades de l’au-revoir accomplies, nous roulons vers Marignane d’où nous devons décoller demain de bonne heure.

Nous mangeons tous trois, en parlant de nos exploits passés et à venir. Tartares de saumon et de bœuf accompagnent nos propos. Fin du repas : Guy, qui préfère les felouques égyptiennes à l’effort de la conquête de sommets majestueux, rentre à

Montpellier, nous laissant à nos rêves.
Première nuit, calme, avec Geogeo…

SAMEDI 5 AOUT

Lever 3h 50. « Alibert » nous avait fixé rendez-vous à 4 heures  à l’aéroport. Nous y arrivons à 4h 15, pratiquement seuls dans les halls.

Début de l’enregistrement à 5h 10 (nous sommes les premiers). La tante (Georges est présent) commence et enfin, nous décollons pour atterrir à Amsterdam à 9 heures où, peu de temps après, nous retrouvons Marc. Auparavant (chinois), mon anglais parlé m’aura permis de demander aux douaniers des Pays Bas :  « c’est par où pour aller où on va ? ». Et, ainsi, de trouver dans cet immense aéroport « our gate ».

10h 15 : départ pour Nairobi pour 8 heures d’avion. Mais, à peine décollé, panique dans l’aéroplane : Georges ouvre tous les casiers : il a perdu son sac à dos …  qu’i retrouvera dans le casier où il l’avait rangé… Arrivée à Nairobi à 19 heures (heure locale, soit + 1h. par rapport à « chez nous »). Georges voit le Pic Saint Loup ( !), me dit une grossièreté que la décence m’interdit de rapporter ici et rit ! Il fait nuit et 19° C..

Nous nous rendons à l’hôtel, bien protégé par fils de fer barbelé et vigiles que Georges contemple hâtif.
Je laisse, déjà, 1$ de pourboire, nous mangeons un morceau au restaurant de l’hôtel où nous rencontrons Quentin et Francis, puis Sylvain que Jacques rejoindra sans sa chambre durant la nuit.

Bonne première nuit en Afrique. La moitié de l’équipe est présente, à demain pour les « 8 autres »….

I.    Au KENYA : La pointe LENANA : 5985m , dans le Mont Kenya.

 

Ascension pointe Lenana


DIMANCHE 6 AOUT

Après un bon et copieux petit déjeuner, le point fait avec les responsables locaux de notre trek, nous partons à 10h 30 en minibus, vers « Mountain Rock lodge » sous un temps gris.

5 heures de route aux nombreux « nids d’autruche », bordée de caféiers, théiers, bananiers, anananiers….. etc, et de quelques originaux et pauvres villages grouillant de monde et aux nombreux étals et échoppes remplis de fruits, légumes, vêtements, et plein d’autres choses aussi diverses telles  que charbon de bois, roseaux, pierres taillées, etc…

15h 30 : nous découvrons notre premier « camp » : Mountain rock lodge. A 1950 mètres d’altitude et situé en pleine savane, au bord d’une modeste rivière . Tentes et logements spartiates cohabitent dans un ensemble fleuri et accueillant. Mais, en cours de route,  on a « sauté » un repas…. Nous râlons, un peu,  mais nous nous rattraperons le soir même.

En attendant, chacun passe le temps, en se baladant pour la plupart d’entre nous. Avec Georges, nous nous aventurons audacieusement hors du camp, traversons une petite forêt (plus vierge) et, ô agréable surprise ! nous nous retrouvons nez à nez avec des babouins : des gros et des petits et des mamans portant leur bébé sur le dos. Beau spectacle qui sera complété au retour avec des singes plus sauvages, noir avec une longue queue blanche touffue…

19h : repas. En self service : nous en profitons…. Le thé ou café bu, nous allons voir les danses traditionnelles  interprétées  par quelques hommes et femmes d’une tribu locale accompagnés d’ un fougueux pygmée sur le rythme de djambés puis, surprise, une bourrée (et oui !) et des « tubes » des étés passés (en France) s’enchaînent. Les danseurs invitent alors les vacanciers présents, cela devient (un peu) ridicule. Alors, discrètement, nous rejoignons nos lits.

LUNDI 7 AOUT

Nous attendons le reste de notre troupe qui arrive un jour après nous. Avec Quentin (notre benjamin, 41 ans plus jeune que moi), nous spéculons sur le nombre de femmes qui seront présentes. Lui dit 2, moi 4… elles seront 5, les « 2 » Dominique, Ketty, Anne Marie et Sophie, la femme de Lionel, qui sera pour moi, une dévouée secrétaire malgré qu’elle soit une mauvaise joueuse de coinche… 11h, le minibus arrive…. Nous regardons. Ennio, le plus dynamique, descend le premier, suivi du reste de la troupe. En plus des femmes sus-citées et de Lionel, Jean Luc nous rejoint et complète ainsi notre fabuleuse équipe.

En route maintenant pour « Old Moses Camp » à 3280 m. En cours de route, nous passons l’équateur. Arrêt pour découvrir le « phénomène de Coriolis ». Selon que l’on se trouve au nord ou au sud de l’équateur, même à très, très  peu de distance, un bout de bois pris dans un tourbillon d’eau tourne dans un sens ou dans l’autre. Et sur la ligne précise du parallèle, le bout de bois reste immobile… Etonnant.

Descente du minibus, sac à dos et en route pour l’aventure…. sous la pluie, pour l’essentiel du chemin. Nous traversons une luxuriante forêt qui cesse vers 3000 mètres pour laisser la place à la savane.

Le refuge, sommaire, nous accueille enfin et, comme cela va être le cas les 13 prochains jours, « nos » cuisiniers s’occupent fort bien de nous.

Nous accompagneront durant ce trek : 15 porteurs (minimum), 3 cuisiniers, 1 guide chef et 2 à 4 guides assistants. Il y aura ainsi jusqu’à 35 personnes pour nous aider dans nos exploits à venir…
Nous aurons marché près de 4h. cette première journée avec un dénivelé de 1000 mètres environ.

MARDI 8  AOUT

Lever à 6h 30. Il fait (presque) beau. Une immense mer de nuages couvre la vallée. Les pointes effilées de Batian et Nelon, à plus de 5 000 m., (sommets du Mont Kenya) sont visibles.

7h 50 : départ. Nous découvrons la savane, végétation basse, dans laquelle poussent -entre autres- les « obélies », drôle de jolie plante-fleur que nous voyons à tous les stades de son cycle. Nous montons « polé, polé » sous un ciel gris à travers une végétation très différente de « ma » garrigue ! Nous croisons quelques « marmottes » et « chicken ». A 13 heures, nous sommes à 3 900 mètres et soudain, au milieu d’un tapis de mousse… une nappe est posée, couvert dressé !!!! Et oui, c’est ainsi ici…. Repas cependant frugal et abrégé par la pluie, qui ne nous quittera plus de la journée, mais nous avons nos ponchos, bonne humeur et courage Et c’est si beau…

Le paysage est fantastique. Malgré la pluie et la boue, les « séneçons (- ?- ) nous accompagnent de leurs formes originales et parfois fantasmagoriques. Je suis bien, j’ai un réel plaisir de marcher, seul pendant plus d’une heure, à plus de 4000 mètres, sur ce sentier détrempé et boueux qui traverse ce plateau. J’arrive, ravi, au sommaire refuge qui nous attend. Nous sommes à 4200 mètres, il est 15h., 7 heures de marche et 1100 mètres de dénivelé pour aujourd’hui, mais tout va bien. Très bien. Je suis heureux. Mais je pense à Roland et sa promesse non tenue de nos courses à venir en montagne et à ce couillon d’Antoine et à tous nos projets qui ne se réaliseront pas. Mourir ! Quel manque de savoir vivre…
Je pose mon sac et retourne au petit col avant le refuge pour prendre en photos Geogeo et les copains qui grimpent la dernière petite côte. (3ème catégorie comme dirait Francis…)

Il y a moins de place que prévu dans les « chambres » du refuge : 20 « lits » ! sur 2 étages. Cela ne nous empêchera pas de bien dormir après ce qui deviendra un rituel : thé, coinche ou tarot, repas (vers 19 h.), coinche ou tarot (pas toujours) et couchés de bonne heure…

Nous découvrirons, Georges et moi, deux joueuses de coinche : une débutante qui fera de très rapides progrès, Anne Maire et une professionnelle, Sophie, que, tout au long du séjour, nous battrons sévèrement… enfin… quelques fois, lorsque Geogeo ne leur donnera pas la victoire.

MERCREDI 9 AOUT

Lever 6h 30. Nuit agitée : il nous semble que « certains » ont fait des imprécations bizarres et la danse du soleil durant la nuit… Cela a peut-être servi car le ciel est bleu ; mais il faut froid (-5° C). Juste au-dessus de nous, devant le refuge et près de 1000 mètres plus haut, bien visibles, les sommets du Mont Kenya.
Départ 8h 30 pour plus de 5 h. de marche à plus de 4200 mètres dont 2 cols à 4500 et 4400 mètres et un « sommet » à 4591 m. .

Le soleil, hélas, nous quittera après une heure d’une « belle grimpette » qui nous aura cependant permis de découvrir notre chemin de la veille et lacs et vallées environnants. Le temps se met réellement au gris au col « Hausbnerg » à 4500 m. Quelques-uns uns d’entre nous profitent d’un arrêt au col pour faire un tour sur les crêtes toutes proches. Je fais ainsi un « sommet » à 4591 m. .

Un pierrier magnifique nous attend pour la descente vers les lacs annoncés « turquoises » ! Avec ce temps, ils sont d’un beau gris, sombre, et  le brouillard ou les nuages  se marient parfois à l’eau. Ce qui n’empêche pas les photos et le fait que j’aie toujours autant de plaisir à être là…
Re-montée, re-descente, re-re-montée et re-re-descente qui nous font traverser des rochers couverts de lichens, passer au bord de lacs et arriver au « confortable !? » refuge  de « Teleki hut » à 4200 m.  Après 5 heures de bonne marche, nous voici donc au refuge. Dîner puis coinche ; Georges rêve un peu, les « Georges… » de Sophie se font plus fréquents pendant qu’Anne Marie lit et relit ses notes et vérifie que as, roi, dame et 10 ne sont pas un cinquante… On perd ! Sieste une heure puis goûter : chocolat et beignets… hummm. Puis re-coinche. Nous gagnons !
Il est 19h. souper puis dodo, demain est un grand jour….

Sommet pointe lenana


JEUDI 10 AOUT

Lever 2 heures ! Le ciel est extraordinairement étoilé malgré la pleine lune. Il fait –2° C. La voie lactée est superbe, rien à voir avec « notre ciel à nous »…

Départ pour une « belle et passionnante étape » -dixit le guide- de 33 km et 2600 m. de dénivelé cumulé !
La lune nous permet d’économiser nos frontales. Bien couverts, nous montons à l’assaut de la pointe LENANA. C’est superbe. Encore quelques efforts sur un sentier glacé, sur quelques névés et un peu d’escalade et c’est le grand bonheur : nous sommes à 4985 mètres à 6h 30, il fait – 9° C.

Le lever du soleil sous le regard de la lune est somptueux, le  panorama exceptionnel : que de la joie et du bonheur. Nous savourons ce sommet. Il fait beau, je suis heureux.

La descente s’annonce longue, mais diversifiée et,  sous le soleil, très  belle : lacs, cascades, gorges profondes, somptueux panoramas : nous aurons droit à tout. Même aux fleurs. Nous cheminons « polé-polé », guidés, Geogeo et moi, au final,  par Anne Maire qui, la première, a vu tout au loin nos tentes oranges… Les mêmes que nous avions en Patagonie. Il manquerait que cela que nos autres camarades «  Patacons » nous attendent…

Après 10heures de marche, nous sommes heureux de prendre possession de nos « logements », certes spartiates mais si bien situés. Goûter, coinche, puis sieste. Et grand coup de chapeau à Ketty qui a réussi, elle aussi, le sommet et nous rejoint souriante, accueillie par notre « ola », plus de deux heures après notre arrivée.
Repas « africain » (heu !), chants avec les porteurs, et à 20h 30, gros dodo…

Des fleurs


VENDREDI 11 AOUT


Levers 6h. Le ciel est bleu, au loin le soleil force à percer, encore,  une immense mer de nuages. Au-dessus de nous, au loin et tout proche à la fois, la lune, énorme, semble rouler sur les sommets du Mont Kenya. C’est très très beau…
Déjeuner, départ…

Une jolie petite cascade nous attend au passage. Séance photos. Nous descendons doucement vers « Meru Mt Kenya Bandas ». La végétation est superbe, nous croisons –au loin- un éléphant, et plus proches : antilopes, aigles… et quelques fleurs. Nous arrivons radieux au point de rendez-vous avec nos 4x4. Nous apprenons alors que 10 km…. à pied nous attendent : nos 4x4 sont embourbés ! Effectivement, c’est (presque) l’enfer que nous découvrons, avec bonne humeur cependant… La piste n’est que boue et ornières. Nous commençons à l’emprunter, évitant de glisser et cherchant au mieux notre passage. Nous croisons 2 « 4x4 » embourbés  « profond » malgré…. leurs chaines ! Nous arrivons, enfin, au lieu où nous pouvons grimper dans nos véhicules… Ah lala ! Indescriptible, cette descente. Pire qu’à la foire. Nous sommes ballotés dans tous les sens. On saute, ça tangue, on s’embourbe, nous nous cognons entre nous, contre la paroi du « 4x4 »… Mais nous gardons espoir de survivre… Après une heure intensément  vécue, nous arrivons sur la « bonne route » : une piste sèche sur laquelle notre chauffeur joue à Fangio…

Séparation avec notre équipe kenyenne (rien à voir avec Keynes, donc je ferai donc je ferai l’économie de parler de ce monsieur) avec la « cérémonie » de remise des pourboires. Chacun de nous a donné 60 dollars à notre dynamique intendante, Dominique, qui remet la somme totale collectée au « guide-chef » qui attribuera à chacun le pourboire qui lui revient en fonction de son rôle dans l’équipe… remerciements, serrements de mains, au revoir et surtout : merci.
Et nous repartons . Théiers, caféiers, etc, etc… vont ensuite nous accompagner jusqu’à Nairobi. Avec un « rapide » arrêt pour achet quelques timbres (j’en prends 208) pour nos cartes postales, le modeste bureau de poste de ce village provincial n’avait jamais eu autant de succès…
Hôtel à Nairobi.

La douche du soir (bof, je ne sentais pas si mauvais que cela…), une petite lessive et le bon repas du soir sont très appréciés. J’en profite (merci Marc) pour téléphoner à Lolo. Après 4 tentatives, j’arrive à la joindre : elle est chez les Barthès. Et moi qui la croyais pleurant mon absence avec Socrate à la maison…

 

Demain, nous quittons le Kenya pour la Tanzanie. Dommage car Kenya pour 2, y en a pour 3… (je sais, depuis la Patagonie, j’ai peu progressé…)

Bonne nuit. Mais, Georges m’énerve avec son « pschitt-pschitt » pharmaceutique pour dormir. Ce n’est  pas bon à avaler (il m’a forcé à en prendre), et il ronfle quand même.

SAMEDI 12 AOUT

Nos affaires lavées sont (presque) sèches. Tant pis, on partira avec. Copieux petit-déjeuner anglais accompagné de melon vert, fruit de la passion, mangue, banane, ananas, papaye, etc…
J’écris mes cartes postales (28) et une lettre « super-timbrée » (20) pour Lolo.

Départ 11 h. C’est parti mon kiki pour le Kili ! (et non pas l’inverse…)

13h. Adieu le goudron, vive la poussière… Et de la poussière, « on va en bouffer »… Et pas qu’un peu !

Arrêt chez un « marchand de souvenirs typiques et Massaï » !! Un « vendeur » s’occupe de moi (sic !). Bien que parlant parfaitement Anglais (mais non le Swahili), je ne comprends pas toujours ce qu’il me dit. L’aide de Quentin et Sylvain m’est utiles. Le « vendeur » me dit de choisir tout ce qui me plait, on s’arrangera ensuite. Il n’y a pas de prix « à la pièce »…. Je fais donc… Et attends… Sur le bout de papier, il me présente la facture : 420 dollars !!! Je dis non, « I’m poor, me » « not américan »… Nous discutons. Je lui propose 150 dollars le tout… Il m’en demande 350. Au bout de 10 mn, nous tombons d’accord à… 240 $. ! No comment….
4 heures de piste très sèche et plus que très poussiéreuse nous attendent… Quel changement de temps et de décor avec la semaine précédente…

Nous apercevons girafes, zèbres, antilopes mais aussi quelques fiers guerriers Massaï dans la savane. Et puis, tout au loin, perçant difficilement des nuages, pour la première fois, nous voyons le Kilimandjaro.
Nous atteignons, enfin, Kibo slopes cottages, où je prends une douche tout habillé… L’eau qui coule au sol est d’une belle couleur marron…
Avant de souper, fort bien et gentiment servis, nous jetons un regard sur le « Kili » qu’un dernier rayon de soleil éclaire…

II.    En TANZANIE : UHURI Peak : 5895m. , Kilimandjaro.

Sommet Kilimandjaro

DIMANCHE 13 AOUT

7h 30. Grand beau temps. Petit déjeuner et départ en minibus, poussière comprise, vers la Tanzanie. Et le Kili.
Village de Rongaï, en Tanzanie. Frontière = 50 $ pour le visa… Soupir. Mais du bonheur nous attend.
Autour de nous, une vingtaine de gamins de 3 à 15 ans (environ) joue au foot avec une vieille balle peu gonflée. Nous nous joignons à eux. Puis, idée de génie, Lionel propose d’aller jouer sur le « champ », de l’autre côté de la piste… C’est alors pas loin de 50 gamins (dont une fille, en robe, de 7 ou 8 ans) qui se trouvent opposés à Quentin, Lionel, Francis et moi-même pour un match international…. Avec un public nombreux, les habitants du village se groupant près du terrain et « nos » supporters, appareils de photos en bandoulière, nous encouragent. Quelle joie partagée avec ces enfants qui n’ont rien si ce n’est cette balle… Quel plaisir dans leurs yeux et larmes de joie dans les nôtres. Nous avons vécu, ce matin là, un grand et fort bel instant d’échanges. Trop bref. Et plein de regrets car nous ne pourrons remettre, hélas,  à ces gamins le ballon que nous leur avions acheté.

On repart en minibus jusqu’à la lisière de la forêt et des champs (vers 2000 m.) de maïs où nous attendent porteurs, cuisiniers, guides, etc… 35 personnes au total…. Ouf.

Sac à dos, poussière de partout, nous attaquons la montée jusqu’à notre campement vers 2800 m. 3 heures plus loin.
Nous voici donc à notre campement, planté en pleine savane mais, ô joie, en bordure d’un ruisseau. Malgré l’eau froide et les (la) sangsue(s), je me lave presque tout… même la tête. Faut dire que je n’ai pas hésité à charger la poussière….
En montant, j’ai demandé à mes amis s’ils avaient déjà mangé des mets locaux. Ils m’ont tous répondu non !!! Comme dirait Georges : ils sont Kikuyou… Puis, toujours, tarot et rami pour certains,  coinche pour nous.
Souper : « fish and ships » , succulent ! avec soupe , salade et fruits frais. Puis, soirées « blagues », regard longtemps fixé sur un ciel extraordinairement étoilé (jamais vu autant d’étoiles, la voie lactée aussi large, aussi belle !!) et bonne nuit à 2 700m.

LUNDI 14 AOUT

Lever 6h. 30 . Il a gelé mais le soleil est présent. Toujours un peu de poussière sur ce chemin qui traverse la savane sans fin au pied du Kili. Tout en marchant, nous apprenons que le sommet du volcan magnifique coiffé d’un béret de glace n’est pas le sommet…  UHURU peak, 5 895 m. n’est pas visible d’où nous sommes et il nous faudra attendre longtemps encore avant, enfin, de l’apercevoir. Grâce à Jean Luc nous goûtons l’armoise, crue. Sur les conseils de notre guide-sorcier il a mangé une bonne poignée d’armoise et, ma foi (ou plutôt son foie), son mal au ventre s’atténue..  alors  nous aussi, pour la forme nous goûtons. Et c’est vrai, je n’ai plus mal au ventre. C’est aussi vrai que je n’avais pas mal avant…
Midi. Nous arrivons à la « 2 éme cave », baume naturelle nichée sous un énorme plissement d’une coulée de lave. On coinche-cacahuètes vite fait et repas. Toujours aussi copieux et bien préparé par nos cuisiniers-porteurs.

Après 5 heures de marche nous atteignons notre campement installé à 3850 m. dans un site aussi désertique que volcanique, avec, au loin le Mawenzi.

Ce soir encore (car la nuit , je dors bien pendant que Georges a froid) un ciel toujours aussi extraordinairement étoilé veille sur nous.

Sommet Kilimandjaro


MARDI 15 AOUT

6h.30. Grand beau temps, -3°C.. Le panorama, (au risque de me répéter mais je ne m’en lasse pas), est toujours grandiose et magnifique, avec toujours, la mer de nuages.
Et c’est parti, toujours surveillé par le Mawenzi (5149m) et discutant montagne avec Lionel.
Je repense à Roland et Antoine…

Après 3h. de marche dans le paysage désertique du  «saddle », terrain recouvert de scories et de pouzzolane et sous un soleil éclatant, nous arrivons à « School hut », refuge sommaire mais bien protégé à 4 600m. d’altitude. (ce qui veut dire que demain, 1 300 m. de dénivelé nous attendent…pour monter..).
Dîner, coinche, petite balade avec Abey, le seul de nos guides qui parle Français, sur le chemin que nous emprunterons sous peu.

17h30 : Souper. 18h 30 : Coucher. Sylvain et Chouchou s’agitent un peu… Ah, l’amour. Coincé entre Georges et Marc je ne peux bouger, donc je choisis de dormir. Un peu…
23 h., Lever. Ouf.  23h30 : petit déjeuner, léger.
24h., précises : C’est parti !


MERCREDI 16 AOUT

0h. C’est vraiment parti mon kili…Le sommet de l’Afrique nous attend !

Hakuna matata. Je me sens bien, m’accroche au « groupe de tête » et, polé – polé nous avançons à la lumière de nos frontales. 5 000m. . Je les passe toujours bien. Malgré la nuit (il est 3h. environ) je devine la montagne, vois des formes, les copains qui grimpent devant.

5 500 mètres. Depuis quelques minutes je peine. Titube un peu mais avance. Le groupe, devant, me distance légèrement. Je les rejoins et paye aussi sec mon effort. Je m’arrête, souffle, repars, seul, doucement. Jean Luc, puis Lionel et Sophie me rejoignent. Sophie a été malade en montant mais continue courageusement et souriante à grimper. Ils me prennent avec eux, m’encouragent, me proposent pâte d’amande (merci Jean Luc) et thé (merci Lionel). Je m’arrête a bout de souffle. Lionel et Sophie restent avec moi. Sous les encouragements de Lionel je repars, titubant vraiment. J’aurai du être filmé, certains auraient bien dit que j’étais saoul…  Guilman’s point (5685m) est passé. Péniblement  je monte le long de l’arête puis de l’épaule qui conduit au sommet où j’arrive plus que titubant, 15 mn seulement après les premiers. Merci Lionel et Sophie. Sans eux je ne serai pas encore là. Je tombe plus que je ne m’assieds sur une pierre à 5 895m ! Je vais, doucement, m’endormir… Quentin, alors,  me bouscule. Je me relève. Et je me sens bien, en forme. Très grande forme même. Très conscient. Mes problèmes de la montée ? Oubliés ! Je suis heureux. M’approche de Lionel qui vomit…  et me propose de redescendre. Je suis malheureux pour lui qui m’a tant aidé et qui ne pourra rester jusqu’au lever du soleil vu depuis le sommet…

Photos . C’est si beau, si émouvant. Je tourne, vais et viens de la glace au bord du cratère, multiplie les prises de vue : le plus jeune (Quentin) et  le plus vieux (moi), avec Francis, avec Dominique, seul… Et j’attends Georges en regardant, doucement le soleil se lever…e, buvant un peu de champagne proposé par Francis. Le bonheur.

Presque 2 heures déjà que je suis au sommet. J’en abuse. Un guide nous propose de descendre, je lui réponds que, sur un becquet,  j’attends Godot. Francis reste avec moi. Le temps passe nous décidons, à contre cœur de descendre… 10mn que nous descendons lorsque Anne Marie, Marc et Ennio arrivent…  Plus loin, épuisé mais souriant : Geogeo… Nous remontons. « Faire » deux fois le sommet est un bonheur inespéré d’autant plus que le soleil levant change en permanence les couleurs de ce fastueux décor. Re-photos. Avec Marc, avec Geogeo, avec Ennio (lui aussi de « 48 » mais du mois d’août)….Photo, aussi, pour Yonel, mon journaliste préféré : après le Sptizberg en juillet, la NVO est lue au sommet du Kilimandjaro..Quel scoop ! Georges pleure de joie et de fatigue sue mon épaule : « c’est pour  Marie Christine, mes enfants et pour toi que je suis monté ». J’apprends ainsi que, fatigué en cours de route, le guide –qui ne l’a pas quitté et ne le quittera qu’arrivé au campement- lui avait déconseillé de monter. Mais il L’a fait, courageux et têtu . Où est-il passé au fait  ? Je le  vois, soudain,  raide étendu par terre. C’est sa première syncope. Il en aura 4 en tout dont une, un peu longue et qui m’inquiétera, me conduira à lui filer des baffes…

 

Au sommet


« Merci » cependant, Georges, qui m’aura permis d’être celui qui est reste le plus longtemps au sommet : 3 heures ! MMais ,maintenant,  il faut descendre vite… façon de parler. Je prends son  sac à dos . Avec le mien, jusqu’à Guilman’s  point  je porterai plus de 15 kg sur le dos durant une heure à plus de 5500 m. . Mais plus préoccupé de sa santé que du poids des sacs. Heureusement plusieurs guides sont là qui permettront à Georges (qui ne perdra jamais moral et humour lorsqu’il est lucide) d’arriver à Guilmans’point…  et… de se faire gaiement ce magnifique pierrier de 800 m. de dénivelé, soutenu à sa gauche par son guide préféré et, à sa droite, son ami de 30 ans…Ne dors pas Geogeo, on arrive.. ne dors pas…Après de nombreuses haltes et ces mots cinquante fois répétés et, ouf, qu’il est lourd ,  nous sommes arrivés en bas où, Quentin, brave garçon, me remplace jusqu’au camp : « Kibo hut », un des  camp de base du Kilimandjaro

Où, après que Dominique (notre médecin) lui eût donné du glucose et quelques minutes de repos, nous repartirons pour 3 h de marche (Georges sans son sac à dos : bien joué !) vers  Horombo hut, à , 3720m., en  traversant à nouveau le « saddle » sous le regard toujours bienveillant de l’autre face du Mawenzi avant de « retomber » dans la savane.

15 heures que nous sommes levés, 13h. que nous marchons lorsque, toujours avec Georges, nous arrivons au camping… où la bière « Kilimandjaro » (en bouteille de 50cl) sera la bienvenue.

Au repas du soir, ô surprise, « nos » cuisiniers nous offrent une pastèque représentant le Kili, avec Guilman’s point et Uhuru peak et nous servent un gateau sur lequel on lit : « Congratulations »… Vraiment sympathiques…
La nuit sera bonne ; ce fut une si belle et mémorable journée !

JEUDI 17 AOUT

Bizarre mais en forme ce matin. Aucune douleur ni courbature… Cela rajoute du plaisir à regarder, au loin dans le ciel bleu le Kilimandjaro… Il fait beau, tout le monde est de joyeuse humeur. Petit déjeuner pris nous quittons notre dernier camping africain.

Avec Francis et Dominique nous cheminons tranquillement, nous retournant souvent pour apercevoir, une dernière fois le Kili. « Concours » de photos entre nous : qui aura le meilleur angle de vue, qui, originalement,  prendra (en photo) l’autre ?
La savane quittée voici la forêt équatoriale.. Dense et « velue » souvent tant les lichens sont nombreux et longs. Nous croisons quelques singes, admirons petites fleurs et grands arbres et j’arrive, en ralentissant le pas, à Marangu Gate. Où l’on nous remet notre certificat attestant notre réussite. C’est très officiel ; pas la remise du diplôme que nous donnera Dominique ce soir, mais  le certificat.

Mini-bus, poussière, bananiers, caféiers etc…  petits villages pauvres, le chemin vers Kibo slopes cottage est long.
Nous retrouvons notre gîte et la douche bienvenue. Puis apéritif, repas arrosé aux vins blanc et rouge sud africain (je crois), petite fête animée par la monitrice Sophie au cours de laquelle chacun hérite d’un surnom que Sophie et moi avions cherché, parfois longuement lors de précédentes et secrètes soirées. Sophie me donnera , ce n’était pas prévu, le surnom de «   Ourang outang tchatcheur » (allez savoir pourquoi), et moi, le la surnommerai « Tétard-sangsue-frileuse ». (voie en pièce jointe les autres surnoms).

Et puis, dernier regard vers le ciel africain et dernière nuit ici… Soupir…

 

En route pour le Kilimandjaro



VENDREDI 18 AOUT

Lever 6h. Petit déjeuner à 6h30, un peu tendu : il y a un problème d’organisation, il manque un mini bus et « on » veut séparer notre groupe. Heureusement Dominique est là. Discussion vive, insistance…et nous restons ensemble.

Tout va bien, sauf qu’un sac oublié (par qui) contraint un des mini-bus à faire demi-tour. Le groupe ne se reformera qu’au repas de midi, dans un superbe lodge.

Mini-bus, poussière et direction le parc d’Amboseli. Au pied du gigantesque Kilimandjaro nous allons pouvoir admirer : gnous, phacochères, zèbres, chacals, guépards, éléphants, buffles, lions, gazelles, hippopotames, casoars, ibis, oies d’Egypte,  et j’en oublie….

La visite se termine par une rencontre (un peu touristique) avec de  vrais Massaï, dans leur village. Danses d’accueil, prière, visite du village et de huttes en bouses d ‘éléphants ou de ruminants, sincèrement intéressant, jusqu’à  la « place du marché » où souvenirs Massaï de tout genre sont en vente mais… nous ne sommes pas des Américains…
Le repas en libre service, fort bien achalandé, est pris dans un lodge magnifique, petit paradis en pleine brousse. Le café bu tous ensemble sera gentiment perturbé par des singes.

Et voilà !  Faut se quitter. Nous sommes 7 à prendre l’avion ce soir, les 8 autres demain. Ce n’est pas sans émotion que nous nous disons au-revoir. L’aventure fut belle et solidaire, l’ambiance conviviale et joyeuse. Nous parlons d’échanges de photos,  et pourquoi pas, de retrouvailles à venir…

L’avenir nous appartient, n’est-il pas ?
7 heures de route (dont 4 de piste). Ouf .

L’aéroport. Du monde.  A cause des « attentats » de Londres la sécurité est renforcée. Georges se fait, presque, mettre nu et, grand rire de l’autre côté de la vitre où nous sommes, le douanier l’oblige à goûter son produit anti-ronflement…  Serait-ce une arme secrète ?

On se change sans pudeur dans le hall (nous étions couverts d’un peu de poussière..), et puis, à 22 h., au revoir Kenya et Tanzanie…  Direction Amsterdam.

C’était un beau voyage. Très beau voyage…

SAMEDI 19 AOUT

5h. Arrivée à Amsterdam. Georges et moi qui allons sur Marseille saluons ceux qui partent, immédiatement sur Paris.  Nous ? Il nous reste 9 heures à attendre…

Petit déjeuner, lectures de journaux, repos, visite en tout sens de cet immense aéroport, dégustation de poissions fumés… Le temps passe lentement…

Nous embarquons. Dormons. Marseille où Kiki et Vincent nous attendent. Direction Montpellier où Lolo a préparé bon repas avec bon vin…. On raconte déjà nos exploits…

 

 

C’était vraiment un beau voyage. Je l’ai déjà dit ? Ah bon…  Tant pis, je le redirais probablement.



 

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Voyages Désert
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