Allibert - Montagnes et déserts
 
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04/02/2008 à 21h39 - Sur les traces des caravanes; Opération de nettoyage des sites de Tidri et Ouled Driss, novembre 2007

Pour un désert toujours plus beau et propre...

> Auteur Pauline Q. / Voir ses carnets
> Ce carnet a été réalisé pendant : SUR LA TRACE DES CARAVANES


Diaporama (30)
Nettoyage du désert Pour un désert toujours plus beau et propre...
Photo 1 Tout le monde s’organise pour un ramassage efficace. Les chameaux, eux aussi, s’y collent et ont « troqué » nos sacs de rando contre des panières qui contiendront les sacs de déchets.
Photo 2 C'est parti pour une journée de nettoyage ! Non non, Oumar, on a rien oublié !
Photo 3 En plus des chameaux, un quatre-quatre assure notre suivi et récolte lui aussi des sacs.
Photo 4 L’équipement du parfait nettoyeur : de grands sacs plastiques et des gants, et en avant !
Photo 5 Une fois les sacs remplis, on organise le tri des déchets pour que les bleus ne contiennent plus que le verre et métal et les noirs le plastique et le carton. Ces derniers sont brûlés sur place tandis que les premiers seront acheminés près d’Agadir.
Photo 7 Les chameaux, fidèles porteurs et compagnons de route…
Photo 8 L’espoir d’un désert plus propre et respecté, pour ne pas mettre en péril la beauté et la pureté de ces dunes (1).
Photo 9 L’espoir d’un désert plus propre et respecté, pour ne pas mettre en péril la beauté et la pureté de ces dunes (2).
Photo 10 Notre chauffeur nous conduit sur de vastes étendues pour concentrer nos efforts sur les sites de bivouac où des déchets sont régulièrement abandonnés par les touristes.
Photo 11 Un exemple de site de bivouac où les déchets ont été brûlés puis abandonnés sur place : si je vous dis que la boîte de conserve résiste au feu, je ne vous apprends rien, non ?!!!
Photo 12 Pause pique nique conviviale bien méritée à l’ombre des rares arbres parmi les dunes : sandwich crudités, sardines, fromage, oranges… nous redonne de l’énergie pour notre après – midi.
Photo 13 Parfois, des trouvailles originales : on trouve tout dans le désert, même des sous – vêtements. Ici, en exclusivité: le string !!
Photo 14 Les déchets partent en fumée…
Photo 15 Récréation avec notre compagnon qui se confond avec le sable… et exhibe son cou bleu (1).
Photo 16 Récréation avec notre compagnon qui se confond avec le sable… et exhibe son cou bleu (2).
Photo 17 Bientôt la tombée de la nuit, l’ombre de notre quatre-quatre se profile sur le chemin du retour vers le camp de base.
Photo 18 Le soir du premier jour de nettoyage, un camp est installé en plein désert. Bienvenue dans la tente «restaurant » pour déguster un délicieux couscous !
Photo 19 Deuxième journée de nettoyage. La poussière soulevée lors du ramassage fait que Seb n’a plus besoin de gel pour faire tenir ses cheveux !!
Photo 20 Les alentours des villages du sud marocain prennent l’allure de décharges, faute de structures adaptées à la collecte et au ramassage des déchets des habitants.
Photo 21 Nettoyage d’une palmeraie. Les palmeraies ne sont pas épargnées ; le plastique, porté par le vent, s’accroche aux palmes.
Photo 22 Une petite pause : chacun discute de sa collecte, les déchets sont triés en différentes catégories : verre et métal d’un côté, plastique et carton de l’autre.
Photo 23 Une fois les déchets triés, on brûle le plastique, le carton et les tissus sur place. Même si ces feux engendrent une pollution locale, celle-ci est de courte durée ; les autres déchets seront transportés dans un centre de retraitement.
Photo 24 La nuit tombe sur la palmeraie. Les berbères nous réservent une surprise, au terme de notre voyage…
Photo 25 Un beau moment de convivialité ! Tous les participants rassemblés autour d’un délicieux repas marocain.
Photo 26 Pour l’occasion, la soupe de fin du Ramadan a été préparée et nous réchauffe, en plein milieu du désert…
Photo 27 Succulente tajine… Hum !
Photo 28 Un mouton est cuisiné pour l’occasion : bravo au chef !
Photo 29 La plus belle des récompenses pour avoir aidé au nettoyage : une surprise préparée par toute l’équipe marocaine. Rassemblés autour du feu, concert berbère privé, un moment fort !
Photo 30 La photo souvenir du groupe des « nettoyeurs du désert » ! Les participants reçoivent un cheich en cadeau : blanc pour les femmes,  indigo pour les hommes. Tout un symbole…

 

Sur les traces des caravanes - Opération de nettoyage des sites de Tidri et Ouled Driss, novembre 2007

Récit d'une belle aventure...

Après 6 jours de marche dans le désert sud marocain « sur les traces des caravanes », nous sommes cinq français - Sébastien, Christophe, Estelle, Fabrice, Catherine et moi-même - à prolonger ce dépaysement quelque temps pour participer à une opération « nettoyage du désert »... Belle façon de se rendre « utile » en restant encore quelques jours dans ce cadre féerique que l'on se doit de préserver.

« Nettoyage du désert »... Un nom ambitieux pour un projet avant tout symbolique mais néanmoins efficace. « Ambitieux » car la charge de déchets dans le désert reste importante, comme dans le sud du pays en général. Elle est la conséquence de plusieurs négligences. D'une part, du non respect d'une poignée de personnes, comme certains guides et leurs touristes qui abandonnent leurs déchets sur leurs sites de bivouac, dans certains cas après les avoir brûlés et/ou enfouis (il n'en reste pas moins que le verre et la boîte de conserve, ça ne brûle pas !!!). Il est presque possible de suivre leurs déplacements car ils sèment derrière eux, comme le petit poucet, leurs amas de déchets... D'autre part, les déchets abondent aux abords des villages et des routes. Force est de constater qu'il existe un manque cruel de moyens de collecte et de traitement des déchets pour les populations locales. Enfin, soulignons l'introduction du sac plastique au Maroc, il y a maintenant quelques années, qui a fait beaucoup de mal aux paysages et écosystèmes marocains...

Pourquoi nous investir dans ce projet? Pour aider ces gens qui nous ont réservé un accueil chaleureux, pour leur témoigner notre reconnaissance et notre amour partagé du désert ainsi que le respect nourri pour leur habitat. Un grand merci à Mohammed, notre guide, qui, tout au long du trek, a su effacer nos traces de passage et même celles d'autres groupes qui nous avaient précédés, en ramassant systématiquement les déchets. Pourquoi témoigner ? Pour montrer qu'il existe bel et bien des façons respectueuses de voyager, en soutenant les populations locales et en préservant leurs ressources. Ce projet a été une belle expérience écologique et avant tout humaine, partagée avec les guides, les chameliers et les cuisiniers berbères ainsi que les populations locales.

La veille de cette entreprise, nous rencontrons tous les participants autour d'un petit thé à la menthe, indispensable boisson à nos discussions ! Parfumé et sirupeux, il est le symbole de la sociabilité au Maroc. Alex et Zubeyde, travaillant tous deux à l'agence Allibert de Chapareillan, nous ont rejoint pour l'occasion. La plupart des guides Allibert Maroc sont présents, de même que les chameliers qui conduisent les caravanes à travers le désert et les cuisiniers qui nous régalent chaque jour de couscous, tajines, pain des sables... L'assemblée est impressionnante et c'est déjà un moment fort de croiser le regard de chacun lors des présentations ! Hassan, responsable Allibert Maroc, nous donne tour à tour la parole et nous livrons notre prénom et notre ville d'origine. Puis viennent quelques conseils pour que, dès le lendemain, nous rentrons en piste le plus efficacement possible. Une bonne nuit nous attend, rendue très animée par les braiements des ânes et le chant des coqs. Un véritable concert nocturne qui ne nous empêche pas de nous réveiller de bonne humeur, prêts pour le départ !

Au premier jour, Hassan nous explique patiemment comment nous allons devoir procéder lors du ramassage. De grands sacs bleus et noirs sont à notre disposition. Nous devons répartir le verre et la ferraille dans les premiers et le plastique (sacs, bouteilles, jerricanes...), le papier ainsi que les tissus dans les seconds. Les déchets des sacs bleus sont collectés pour être ensuite acheminés dans un centre de tri d'Agadir en vue de leur recyclage. Les déchets des sacs noirs, incinérables, sont brûlés sur place. Nous resterons près des feux jusqu'à leur extinction. Cette incinération engendre, certes, une pollution locale mais ponctuelle et évite ainsi la dispersion de ces déchets dans la nature, nuisance pour l'environnement. Deux équipes sont constituées. Sébastien et moi-même partons en quatre-quatre pour nous rendre sur le premier site de nettoyage, un peu éloigné de notre camp de base. Nous quittons le village et déjà, à ses abords, constatons l'omniprésence des déchets le long de la route, dans les fossés, accrochés aux palmiers... Le but est aujourd'hui de se concentrer sur le désert avoisinant, site de passage de nombreux treks d'Allibert. Lors du trajet, les discussions vont bon train avec Hassan alors que les guides et chameliers, installés sur le toit du véhicule, se mettent à chanter. L'appel d'un des leurs nous invite à nous arrêter : une roue est crevée ! Pas grave, pour ne pas perdre de temps, nous poursuivons notre chemin à pied. En moins de vingt minutes, la roue est changée ! L'assistance technique en plein milieu du désert est bien plus rapide et efficace que sur la bande d'arrêt d'urgence de nos autoroutes ! Nous repartons et le désert défile sous nos yeux, de toute beauté...

Arrivés au point de départ, nos mains protégées par des gants de vaisselle rose (et heureusement, hein Zubeyde, car on peut tomber sur des scorpions dans des boîtes de conserve !), nous commençons par petits groupes à sillonner les courbes des dunes, à la recherche des déchets. La « pêche » ne tarde pas à être fructueuse : çà et là, des boîtes de conserve et du verre calcinés, des sacs plastiques pris dans les buissons, des restes d'ampoules... On trouve de tout dans le désert : de la boîte de sardines aux piles en passant par, comble de la surprise, le string ou la semelle de chaussure !! Nos sacs se remplissent rapidement et il faut bientôt brûler des tas de déchets... La fumée qui s'élève nous permet de repérer les positions de chacun et de nous rassembler pour le pique nique, à l'ombre des acacias. Pain, crudités, sardines à l'huile, oranges juteuses et on repart ! Nous nous déplaçons vers un puits, point de passage des caravanes qui viennent se recharger en eau et faire boire leurs chameaux. Beaucoup de déchets y sont accumulés, du fait d'une circulation importante, l'eau est rare et précieuse dans le désert. L'après midi s'écoule, on charge des sacs, on brûle le contenu des sacs noirs, on monte les sacs bleus dans les panières des chameaux... jusqu'au coucher du soleil, toujours magique. Celui-ci se cache derrière les dunes, signe qu'il nous faut rejoindre le campement. L'autre groupe y est déjà arrivé et les Berbères chantent autour du feu tandis que d'autres s'activent en cuisine. Ici, pas besoin de grand-chose pour faire un concert réussi : des bidons d'eau en guise de tam tam, les sardines des tentes comme percussions, le tintement des verres à thé sur le plateau métallique et le chant. Le repas nous rassemble, assis en tailleur, sous la grande tente, et nous savourons un couscous bien mérité ! « Rincés », nous ne tardons pas aller nous coucher en repensant à notre journée bien remplie...

... Au deuxième jour, nous changeons d'environnement et d'équipe. Je pars cette fois - ci avec Christophe. Du camp de base, nous balayons de nouveau une portion de désert puis le lit du fleuve, complètement à sec. Pas une goutte d'eau tombée du ciel depuis le mois d'avril, les villageois attendent la pluie avec impatience. Nous atteignons les abords des villages et leurs palmeraies. Ces endroits peuvent être de véritables décharges à ciel ouvert ! On y retrouve des poubelles éparpillées : pots de yaourt, couches, boîtes de sardine, de conserve de tomates ou encore des ossements d'animaux et surtout, une quantité indescriptible de plastique qui vient étouffer les palmiers. Nous devons nous faufiler sous leurs palmes pour dénicher sacs et boîtes de conserve. Les fossés sont combles d'ordures. Il faut parfois en laisser sur place pour ne pas se limiter au nettoyage de quelques mètres carrés, mais continuer à balayer une plus large surface et si possible, être aperçus des villageois... Pour rappeler qu'il est du devoir de tous de respecter le désert, devoir de ses habitants comme devoir de ses visiteurs...

Au terme de ces deux jours, nos efforts sont récompensés par le rapide calcul du volume de déchets ramassés : une soixantaine de sacs plastiques d'une contenance de 150 litres ont été brûlés sur place. Un camion passera chercher le reste, soit une tonne de déchets recyclables, pour l'apporter au centre de traitement. Nous aurons parcouru en tout 40 kilomètres de désert. Fatigués, incrustés de la poussière soulevée pendant le ramassage, mais ô combien heureux ! Et l'aventure n'est pas finie... Les Berbères nous réservent une surprise qui restera longtemps gravée dans nos cœurs et nos mémoires... Une des meilleures adresses de restaurant que je connaisse... Où ça ? Tout au bout de la dernière route qui conduit au désert, à Mahamid, où les chameliers ont tout mis en place pour nous offrir une soirée inoubliable. J'aurais un certain mal à vous y conduire ! Nous nous y rendons de nuit, par des pistes sur lesquelles les quatre-quatre roulent de manière chaotique. On aperçoit dans l'ombre, çà et là, quelques habitations et les silhouettes des palmiers. Notre curiosité se fait de plus en plus grande... Ça y est, notre chauffeur nous dépose enfin ! En pleine nuit, sous un plafond d'étoiles, nous sommes conviés à prendre place sous de grandes tentes où des tables ont été dressées avec soin. C'est le grand soir : nappes, vaisselles, bougies... comme au restaurant ! Le désormais incontournable thé à la menthe nous attend, accompagné de biscuits et de fruits secs. Nous prenons place autour de la table, se mélangeant avec les guides, les cuistos et les chameliers. Les discussions vont bon train : chacun parle de ce qu'il a ressenti pendant ces quelques jours, des projets à venir, de voyages... Des plats typiquement marocains, riches en épices, senteurs et couleurs se succèdent. D'abord une soupe spécialement cuisinée pour l'occasion : la soupe de fin de Ramadan. Puis le tajine et, clou du repas, un mouton rôti, viande délicieuse à la peau toute grillée, cuite selon la coutume locale, dans un four à méchoui en terre. Lors de notre trek, il nous est arrivé de tomber sur ces fours en plein milieu du désert, point de rencontre des Berbères. Le repas se clôture par un panier de fruits variés : melon, orange, pommes, bananes. Après ce régal, la surprise continue : un concert nous est réservé autour d'un grand feu de camp. La voix du chanteur est envoûtante et nous transporte dans des rythmes berbères. On chante, danse, frappe des mains... Et même une touche d'humour : le musicien gratte sur sa guitare quelques notes d'Eagles, Hotel California ! Il faut bientôt partir, à regret, car demain, c'est le grand  départ. Cette soirée reste pour nous tous un moment fort de notre voyage.

Le lendemain, après un dernier petit déjeuner marocain (délicieux pain tartiné de confiture de fraise et de figue), c'est l'heure de la photo de groupe et des « au revoir ». Le portrait du groupe immortalise l'esprit d'équipe et d'amitié qui nous a soudés pendant le séjour. Dur dur de quitter ces gens avec lesquels nous avons tant partagé. Encore un cadeau en témoignage de leur reconnaissance : un cheich est offert à chacun, blanc pour les femmes, indigo pour les hommes. L'enroulage du cheich autour de nos visages est encore une bonne occasion de se sourire. Avec leur technique, ça tient toujours ! On se dit au revoir et on sait que, même si on ne se revoit pas de si tôt, on ne s'oubliera pas.

 

De retour en France

Quelques jours de nettoyage dans le désert, c'est bien, mais j'ai peine à vouloir en rester là ! Déjà, à l'aéroport de Casablanca, pendant l'attente de notre vol pour Paris, nous apprenons par de larges panneaux d'affichage l'existence de la fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement (http://www.fm6e.org/fr/accueil.htm). En quelques lignes est résumée son action. Le travail du gouvernement se concentre sur les plages du littoral et les villes impériales, là ou le tourisme est le plus concentré et par conséquent, là où le pays doit dégager une image de propreté. Aucune action ne fait allusion au désert. Un peu agaçant quand on vient de voir de nos propres yeux l'état des paysages du sud !! La route qui nous a conduits d'Ouarzazate au point de départ de notre trek offre un paysage grandiose mais souillé de sacs plastiques. La touristique route de Zagora est aujourd'hui tristement célèbre, accueillant les visiteurs avec une multitude de sacs. Mais les visiteurs ne seront- ils pas écœurés, à terme, de l'accumulation de ces déchets ? Comment intervenir au niveau des villageois ? L'enjeu est à la fois environnemental et social. Avant l'introduction du plastique, l'emballage papier permettait aux villageois de faire du feu et d'emballer leurs produits alimentaires sans risques de toxicité. Aujourd'hui, le sac plastique sert transitoirement et est abandonné dans la nature...

J'ai donc pris mon stylo et dépeint ce que j'avais vu au travers d'une lettre à la Fondation, en attendant une réponse. Pour que le désert reste le plus pur possible... puisque c'est la plus belle des images qu'il dégage... Ce séjour a été l'occasion d'une bonne piqûre de rappel pour nous autres qui disposons de moyens importants pour trier et retraiter nos déchets. Faire l'effort de tri, utiliser un cabas recyclable pour faire ses courses, refuser le sac plastique quand on achète un objet et que l'on a son sac à main ou son sac à dos. Des gestes simples qui doivent rentrer dans nos habitudes ! J'ai aussi fait quelques recherches sur le sac plastique au Maroc, pour ma culture personnelle. Je voulais vous les faire partager.

 

Gros plan sur le sac plastique au Maroc

Nous avons ramassé toutes sortes de déchets dans le désert mais le plastique représente l'une des plus importantes sources de pollution, tout particulièrement aux abords des villages. Le Maroc est un gros consommateur de sac plastique, avec une consommation moyenne de l'ordre de 9 kg par habitant et par an. Au total, 1.5 milliards de sacs en plastique sont consommés chaque année. Ces sacs, non biodégradables, ont tout le temps de nuire à l'environnement avant de se décomposer (des centaines d'années voir plus). Ils représentent un véritable problème écologique, générant des impacts négatifs sur la santé humaine, animale et végétale et une pollution visuelle des paysages marocains. Aux bords des routes, dans les rues et places des villages, accrochés aux palmiers, le sac plastique envahit le territoire. L'absence de décharges contrôlées et clôturées explique l'éparpillement de ces sacs en pleine nature. L'impact environnemental est considérable : pollution des cours d'eau, dégradation de l'esthétique des paysages, bouchage des égouts, étouffement des animaux par absorption, propagation de substances toxiques... S'ajoutent les effets néfastes sur l'air et la santé des populations de la combustion de ce plastique : l'incinération des sacs émet du dioxyde de carbone, gaz à effet de serre bien connu de tous. Les sacs en plastique noir représentent le plus grand danger, non pas en raison de leur composition mais parce qu'ils sont plus denses, plus lourds et donc plus difficiles à éliminer. Une prise de conscience et des solutions alternatives commencent à se profiler : plan d'action relatif à la fabrication et à la consommation du sac plastique, retour à l'utilisation du panier, utilisation de sacs en plastique biodégradable et même projet de loi visant à interdire les « fameux » sacs plastiques noirs, les plus polluants. Une organisation de collecte des déchets est nécessaire ainsi que leur envoi vers des incinérateurs où ils seront traités.

 

Le mot de la fin

La chasse au plastique est ouverte ! Partout au Maroc, face à une prise de conscience grandissante des risques écologiques, des initiatives locales se multiplient. Notre collecte de déchets sur les sites de Tidri et Ouled Driss en fait partie.

Ce séjour a été un bon moyen d'associer pendant des vacances découverte et aide au développement durable. Ce fût cette année ma première expérience et j'espère pouvoir participer à d'autres de ces actions. Il y a tant à faire, alors à nous de jouer !

Je ne résiste pas à la tentation de te citer, Théodore, passionné de désert, tu en es l'un de ses plus grands explorateurs. A travers la lecture de tes livres, tu as suscité en moi cette curiosité, ce désir de découvrir le désert tout en le préservant. Merci à toi...

« Le désert est beau, ne ment pas, il est propre », Théodore Monod (1902 - 2000).

A nous de ne pas trahir sa pensée...

 

Ma batterie d'appareil photo m'ayant laissée tomber à la fin de la semaine de rando, j'emprunte ces photos à Fabrice et Sébastien qui ont eux aussi participé au nettoyage : merci à eux !

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