Socotra, Elle fût nommée par les Grecs et les Romains l'Ile du Bonheur… Depuis plusieurs années, j'avais un rêve … aller à Socotra, des lectures, des reportages avaient aiguisé ma curiosité. Avec un petit groupe d'amis, nous y sommes allés en août 2007. Après quelques jours à parcourir les djebels de l'est de Sana'a, nous embarquons sur le vol de Socotra. L'enregistrement des bagages est sérieux, mais c'est assez folklo, tout ce qui est nécessaire à la vie sur l'île est embarqué –machine à laver, poste TV, couvertures,… il est vrai que l'île n'est relié que par deux vols hebdomadaires au continent. Un peu plus d'une heure de vol, et nous débarquons à Hadibo, la capitale. Une belle route goudronnée relie l'aéroport à la "ville" et finit quelques kilomètres plus loin au milieu de nulle part. Le vent souffle fort, très fort, des nuages de poussière volent autour de nous, il fait chaud, très chaud ; nous longeons la mer au pied d'une colline aride et desséchée. Est-ce une bonne idée de venir marcher ici ? De toute façon, l'avion est reparti, nous sommes là pour une semaine. Nous sommes accueillis dans un petit hôtel, simple, mais très propre. Ouf, il y a une clim ! le vent souffle si fort que les portes et les fenêtres claquent. Le temps d'une douche, et nous reprenons nos véhicules pour quelques kilomètres. Nous voilà sur une plage de coquillages et de coraux, puis du sable blanc, la mer est bleu turquoise, une barque de pêcheurs longe le rivage ; derrière nous, des tours de granit s'élancent dans un ciel d'un bleu intense - image de rêve… l'eau est chaude, juste ce qu'il faut, le bonheur. Bel après midi. Ce soir balade dans Hadibo, une grande rue et quelques ruelles adjacentes, quelques commerces, un café où l'on peut déguster une excellente citronnade, il fait doux, le vent est tombé, c'est bon ! Bonne nuit ! Ce matin, nous retrouvons notre équipe de guide et chameliers pour une traversée nord sud de l'île. Si les chameliers ont l'habitude de charger leurs animaux pour faire des "livraisons" dans différents coins de l'île, nos bagages de touriste sont nouveaux pour eux et le départ prend un certain temps, mais nous ne sommes pas pressés, l'étape n'est pas longue. Finalement tout est prêt et nous partons par un large chemin qui grimpe doucement, avec de belles vues sur la mer. Nous débouchons bientôt sur une pelouse vert tendre, des vaches paissent tranquillement au milieu des champignons, et nous sommes accompagnés de dromadaires… c'est à perdre tous les repères que nous avons ! Chaque jour, ce sera un nouvelle découverte, un enchantement ! ici un wadi limpide qui serpente à l'ombre des palmiers, là de belles vasques d'eau transparente. Un peu plus loin, cet immense plateau à l'allure de causse cévenol, en partie recouvert d'une forêt de sang-dragonniers. Quelques familles y ont élu domicile, dans de petites maisons de pierre enserrées dans des enclos fermés par une porte de bambou. Nous sommess chaleureusement reçus dans une pièce attenante à la maison réservée aux hôtes. Nous partageons notre pique nique et nous goûtons aux bananes et aux papayes qui poussent ici ; les femmes sont heureuses de voir d'autres femmes et nous emmènent découvrir leur cuisine en plein air. Tout a une fin, et nous devons continuer notre chemin ; les filles de la maison en robe colorée rouge, orange nous accompagnent un moment, elles sont superbes sous le vert des sang dragonniers. Un autre jour, ce sont de magnifiques et grandes dalles calcaires où poussent des adeniums, ces plantes aux formes étonnantes, voire étranges, aux superbes fleurs roses ; isolés, à tronc double ou multiples, c'est un vrai monde de gnomes qui semble se déplacer, se rendre visite,… Que c'est beau ! Le vent souffle sur ce plateau, nous prendrons notre pique nique à l'abri derrière un mur qui protège une petite habitation de pierre sèche. Nous avons un sentiment d'être au milieu de nulle part, seulement surveillés par trois percnoptères (petits vautours)… et puis tout d'un coup, trois hommes arrivent avec un âne chargé d'un bidon de lait ; c'est leur maison et leurs vaches sont tout près d'ici… Et puis encore des gorges profondes, des petits villages, des gens,… des plateaux, des arbres à encens éparpillés de ci, de là, ces grottes parfois habitées -tous les ustensiles de cuisine sont là prêts pour le retour de la famille-… nos cinq jours de trek sont passés à toute vitesse, … nous retrouvons Hadibo qui nous paraît maintenant une grande ville bien achalandée ! Une belle semaine. Reviendrons-nous ? je ne sais pas, mais j'en garde l'envie.
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