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Patrick B.
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Takakakatak !
D'un seul coup, le crépitement des armes à feu vient de déchirer l'air. Tandis que le groupe se jette au sol, je suis confronté à une dure réalité. Un groupe de rebelles vient d'attaquer le convoi. Mais l'image se fige et de nouveau mes oreilles reconnaissent la voix du cockpit, il faut redresser sons siège et se préparer à l'arrivée à Addis Abeba. Bon, je verrais la fin de ce film d'action dans 15 jours, au retour...
À'y'est, nous sommes posés, dans les files tranquilles de la douane, du visa, des bagages. Tiens, 2 sacs ne sont pas livrés. Ben oui, on perd du temps en formalités et autres négociations pour localiser nos chères affaires, tout notre « merdier », comme le dit Roland Magdane, dans un de ses sketchs, que l'on récupèrera plus ou moins vite...
Ensuite, s'enchaînent la route, la piste, quelques gazelles, quelques sources d'eaux chaudes, des galettes de céréales et des bouteilles d'eau minérale et nous voilà déjà au pied d'un volcan si loin que l'on se demande s'il n'est pas minuscule. Et puis non ! Les pas n'en finissent pas de se dérouler sur la lave noircie et nous arrivons devant une caldeira immense et un lac de lave stupéfiant. Il faudra bien une pleine journée et une courte nuit pour nous arracher à notre contemplation. Et de nouveau la piste avec nos 4x4 (climatisés). À l'intérieur, une musique religieuse copte, plus proche de Manu Dibango que des cantiques occidentaux, nous berce dans une douce fraîcheur. Derrière les vitres, fournaise, vent torride et poussières balaient la piste devant nous. Sous les roues, une croûte salée nous rappelle que nous sommes sous le niveau de la mer et que l'évaporation est certaine avec au-dessus du toit, un soleil implacable. Plus loin, nous suivons de longues-longues caravanes de chameaux qui rejoignent au milieu de nulle part, une véritable fourmilière occupée à découper le sol en briques de sel. Quelques photos échauffent nos appareils, qui plus loin vont chauffer davantage sur le volcan Dallol où les couleurs incroyables nous sautent aux yeux et aux narines. On sent bien tout le volcanisme de la région...
Ensuite, quoi ? Des geysers, des paysages, des pistes, des églises, des gens, beaucoup de gens, beaucoup de pistes, beaucoup d'églises, beaucoup de paysages.
Et puis finalement, tant de choses à voir, tant de rencontres à faire que je n'aurai pas lu une seule page de mon livre et qu'au retour, bof, un voyage pas si simple, presque au bout du monde, déjà un peu en dessous mais tellement magnifique que les films à disposition devant mon siège n'auront pas raison de mon sommeil.
Ce carnet a été lu 1470 fois depuis le 14/03/2008 à 11h35