Allibert - Montagnes et déserts

 
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11/05/2008 à 09h45 - Clairette-Génépi: la Reco...


> Auteur Gérard G. / Voir ses carnets
> Ce carnet a été réalisé pendant : RAID DIE - GUILLESTRE


Diaporama (28)
Chamois Amousières
Gentiane de Cluse
Vallon de Combeau
Caltha Palustris
Vallon de Combeau
Pas du Gris
Pas du Gris
Jardin du Roi
Pré Mouret
Falaises Orientales
La Montagnette Le devoluy en arrière plan
Mont Aiguille
Parcours du 2° Jour Le Mont Barral, le Jocou, etc.
Pas du Loup Terrain à chamois
Arrivée à l'auberge
Falaises de Praorzel
Pulsatille des Alpes
Vers le col de Menée
Crêts du Mont Barral
Drê dans l'pentu
Col de Seysse Paroi verticale ou illusion d'optique?
...
Pulsatille de Haller
chamois, Amousières
Sucettes de Borne
Col de Jiboui
Vers col de lachau
...

Clairette-Génépi, la reco…


L’accompagnateur, c’est bien connu, est un être à part, un véritable professionnel !
    - Il ne marche pas : il compte ses pas.
    - Il ne s’égare pas : il prospecte
    - Il ne mange ni ne fait la sieste : il ajuste son métabolisme.
    - etc.
Et naturellement, il ne part pas en week-end et ne fait pas les ponts du mois de mai : il part en  reconnaissance !


C’est ainsi que je me suis retrouvé, le 8 mai, dans le vallon de Combeau (Sud Vercors), avec mon épouse, pardon ma cliente-test. Avec ma « chum de fille », aucun risque, malgré le bout de corde et les sangles en fond de sac, de dépasser les prérogatives de l’accompagnateur en moyenne* montagne. « Tu es sûr qu’on a pris la bonne direction ? », « Je ne vois plus les cairns », « C’est bien trop raide » figurent parmi ses expressions favorites.

* c'est elle qui insiste 


L’objectif de cette sortie, pardon, reconnaissance est de repérer les deux premiers segments du raid Die-Guillestre.  A l’origine, ce raid avait été baptisé Clairette-Die… Mais les experts de la Com Allibert ont rapidement corrigé le tir. « Faudrait quand même pas que Allibert récupère tous les poivrots de la montagne ! ». Des poivrots sur ce raid ? S’ils sont capables de parcourir, chaque jour, quelque  20 km et 1500 mètres de dénivelée, sur du terrain à chamois, pourquoi pas ?

Pas du Gris ou Pas du Loup ?


La première journée du raid consiste donc à rejoindre Combeau depuis Die en traversant la partie la plus sauvage des Hauts Plateaux du Vercors : Le Jardin du Roi : un vaste espace accidenté et paumatoire, avec ou sans brouillard. Notre première journée de reconnaissance consiste ainsi à explorer les « Pas » nous permettant d’arriver directement sur l’auberge de Combau et à choisir le plus intéressant. Je repère rapidement deux possibilités: le Pas du Gris et le Pas du Loup, parcourus par les seuls gardes du parcs et rares locaux.

Nous partons donc au petit matin et dénichons rapidement une vague sente qui monte droit dans la pente. Bientôt quelques cairns nous emmènent au travers d’une petite barre rocheuse où les anciens ont taillé le rocher pour rendre le passage plus commode. Nous atteignons alors le pas dominé par des falaises ocre. Je constate après une rapide visée que la position est erronée sur  la carte IGN. Cela est rare, mais guère étonnant car l’endroit est sauvage à souhait. Alors que nous nous engageons dans les Marcéchaumes, une longue dépression boisée, un grand cerf, tête nue, s’enfuit à notre vue. Un col haut perché nous offre maintenant une superbe vue sur le vallon enneigé du Jardin du Roi. Prévoyants nous enfilons nos raquettes et nous nous laissons glisser vers la nouvelle bergerie, puis bientôt vers les ruines de la vieille jasse. Nous abandonnons alors la présence rassurante des cairns pour nous diriger à la boussole pendant une bonne demi-heure dans un terrain lapiazé pour atteindre les ruines des Echelles.

La fatigue commence à se faire sentir après près de quatre heures de marche. Nous nous engageons néanmoins dans un long vallon montant pour rejoindre la plaine annonçant la barrière Orientale du Vercors. Après le pique-nique sieste, il est tentant de redescendre par les voies classiques vers le val Combeau. Mais le devoir (et le plaisir), l’emporte. Nous grimpons facilement au Sommet de la Montagnette qui nous régale d’une vue panoramique sur le Mont Aiguille, le Grand Veymont. Le parcours d’arête est de toute beauté, entrecoupé par quelques pas vertigineux. Pas question de faire passer un groupe par le « Grand Pas », vaste toboggan qui plonge vers le Val Combeau ! Un troupeau de biches détale à notre approche et nous indique la direction du Pas du Loup. Après quelques hésitations, nous nous engageons dans une vaste rampe de plus en plus raide, sans jamais être exposée. Ici, plus de sente, ni de cairn… Nous sommes dans un authentique terrain à chamois. D’ailleurs un vieux mâle détale devant moi, les poils de l’échine redressés ! Nous descendons au mieux et finalement retrouvons une vieille sente de chasseurs qui nous amène à quelques mètres de l’auberge. Ce splendide itinéraire (Les Echelles-La Montagnette-Le Pas du Loup), sera évidemment le notre, à condition, naturellement que la météo s’y prête et que le groupe ait la condition physique et le pied suffisamment sûr. Mais un niveau 6, cela se mérite !

Marathon des cimes

Le lendemain, nous partons aux aurores pour une belle journée où nous prévoyons de parcourir toutes les crêtes du Combeau au Jocou! La première montée vers les crêtes de Praorzel est débonnaire. Avec le printemps, les alpages retrouvent quelques couleurs: crocus, anémones, gentianes, orchidées… Nous essayons, quitte à dédaigner quelques sentiers,   de rester au plus près de la crête en gardant à notre droite les falaises d’Archiane et de Combau et à notre gauche les crêtes enneigées de l’Oisans, du Devoluy et de la Montagne de Burle. Le sommet du Barral est vite atteint par une belle arête rocheuse. De ce Paroi verticale ou illusion d'optique?belvédère, nous découvrons le parcours jusqu’au Jocou. Birgit soudain ne trouve plus du tout le paysage aimable et printanier. Son sourire se glace à la vue de la Montée de Seysse : 300 mètres de dénivelée presque verticale  et dans l’ombre! Je la rassure en la mettant en garde contre cette illusion d’optique. C’est, malgré mes paroles rassurantes, nerveusement qu’elle parcourt la crête nous menant jusqu’au col de Seysse, sans prêter attention aux multiples pulsatiles qui poussent entre les blocs de calcaire. Peu à peu son angoisse s’apaise. C’est raide, certes, mais pas plus que ce qu’elle a l’habitude de faire. Après un premier névé, nous montons ainsi « drê dans l’pentu » en une seule traite pour déboucher sur un merveilleux promontoire entre miroirs de pierre et névés verticaux. Arrivés au sommet du Jocou, nous faisons l’inventaire des sommets environnants. Non loin, le col de Grimone puis le village de Lus la Croix-Haute,  point d’arrivée de cette deuxième étape. Nous abandonnons alors le trajet du raid pour descendre, hors-piste, la crête des Amousières. Alors que j’observe la couche d’un chamois située à l’ombre d’un pin à crochet, Birgit me montre du doigt le chamois, un jeune mâle, que nous avons dérangé, à quelques mètres de nous. Lentement, je dégage mon appareil photo, juste à temps pour saisir le bond de l’animal qui décide soudain de mettre un peu de distance entre lui et nous.

Il est alors temps d’entamer le chemin du retour qui nous mènera au col de Lachau puis aux sucettes de Borne au col de Jiboui, etc.  Bilan de la journée 25 Km et 1800 mètres de dénivelée. Avant le départ du 20 juillet, il me reste encore à valider une belle étape de « hors-piste » dans le Valgaudemar. Encore un week-end de prospection à compter ses pas, régler son métabolisme, photographier les chamois, prélever quelques brins de génépi à but évidemment scientifique… Quand je vous dis que c’est du boulot !




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