Allibert - Montagnes et déserts
 
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17/05/2008 à 10h12 - De monastère en monastère

Avant de quitter la vallée

> Auteur Jean-François B. / Voir ses carnets
> Ce carnet a été réalisé pendant : LES MONASTERES DU SOLU KHUMBU


Diaporama (12)
Jumbesi Avant de quitter la vallée
Chemin de Chiwong L'enfant et la poule
Transport local Le portage, seule moyen de transport depuis Jiri
Ah les rodhodendrons Notre table de salle a manger
Ferveur et tantras Jyalsa
Avant les prières Chiwong gompa
Tumbten Choling Les visiteurs les laissent indifférent
Le Numbur Seul sommet proche. 7000 mètres
Tumbten Choling En entrant dans le temple principal
Arrivée au col 4200 mètres. Début de mal des montagne
Vallée de Mopung La vendeuse de fromage de yak
Jumbesi Le plus beau boudha

22 Avril 2008

Retour an Népal 13 ans après. Kathmandou trépigne mais finalement, seule la circulation a changé pour le visiteur de retour, même informé des vicissitudes politiques du pays depuis quelques années. La royauté agonise en douceur dans une certaine indifférence.

 

Aéroport, terminal des lignes intérieures 8 heures.  Touristes trekkers fatigués mais prêts à toutes les conquetes se pressent aux comptoirs incertains au milieu des ballots et des sacs divers, la polaire avachie et le sac à dos approximatif.

Formidable, le vol de la Yeti Airlines pour Pahplu est bien prévu à l’heure. Le Twin Otter, la jeep des airs, nous attend sur le tarmac. Onze places…plus une pour une ravissante hôtesse. Onze places genre strapontins. Décollage, moteurs hurlants. Les collines couvertes de cultures en terrasse défilent à travers une brume ouatée. Enfin, un léger choc sur la piste en terre. Nous y sommes. Que la piste est courte et étroite.

Quelques sherpas, puisque nous sommes dans leur pays attendent avec d’improbables ballots. Quatre vols par semaine et aucune route pour venir ici. Quelques militaires désoeuvrés au milieu des barbelés encore en place malgré la fin des troubles.

Présentation de l’équipe : le sirdar et les porteurs. Les porteurs chargent les sacs dans leurs hottes. Toujours impressionnant ces petits bonshommes ajustant leurs 30 à 40 Kgs sur leur dos grâce à la sangle frontale.

En début d’après midi, Salleri, la capitale régionale. Une rue, de belles maisons en bois, des portefaix de tous cotés et bien sur, pas un véhicule. Petites échoppes bien achalandées.

Après deux heures de marche au milieu des champs en terrasse et des pommiers en fleur, arrivée au monastère (gompa) de Chialsa. Le temple, entouré de multiples dépendances et surtout deux écoles. La première, laïque,  rassemble  des gamins en uniforme (cravate SVP !). La seconde, lamaïque, que nous verrons en action demain matin à la reprise des cours. Adorables bambins mi rigolards mi sérieux.

Ce soir, danses tibétaines. Nous sommes réticents (coté un peu trop touriste ?). Finalement, très nature. Un vieux sage joue d’une cithare à 6 cordes et toutes les femmes du village dansent avec sérieux et application mais éclatent de rire toutes les cinq minutes. Alors, pour les remercier, nous chantons nos chansons : mon beau sapin, Santiano etc… Visages ébahis. Ces femmes ont un joli visage ovale au teint cuivré  Longues nattes denses. Peu de sourires mais une drôle de manière de nous dévisager avec sérieux et attention.

 

23 Avril 2008

 

Le réveil est sonore car les moines sont matinaux et portés à cette heure sur trompes et tambours. Nous observons de nouveau les jeunes moines studieux dans leur classe, récitants les tantras. Si concentrés apparemment qu’ils ne lèvent pas les yeux sur nous.

Après une longue marche sur un sentier en balcon, nous aperçevons au loin, sur son piton, le monastère de Chiwong. La bonne forme aidant, nous arrivons avec une heure d’avance sur la groupe dans l’enceinte du monastère. Nous sommes seuls dans le cloître et, du temple, une longue litanie se répand dans le calme de la montagne brumeuse. Nous n’oublierons pas cette heure passée à nous imprégner de cette atmosphère mystique.

Le campement, installé dans une annexe du monastère, particulièrement confortable, permet à nos cuisiniers de se surpasser.

 

24 Avril 2008

 

Départ de Chiwong gompa, perché à 2 700 mètres. Enfin un vrai soleil. La vallée apparaît. Assez large, tapissée de champs d’orge en terrasse. Petites maisons blanches et bleues aux jolies tuiles de bois. Au fur et à mesure de notre progression, je comprends pourquoi la légende de Shangri La est née par ici. Vraiment, ces paysans souriants sont ils déshérités ? Ces vertes terrasses sont elles des caches misère ? Nous ne restons malheureusement pas assez longtemps pour nous faire une véritable idée là-dessus. Déjeuner à Ringmo. Le ciel se couvre mais espoir, les fanions du stupa indiquent que le vent souffle du bon coté. Depuis trois jours, pas un bruit de moteur ! La vallée heureuse se termine à Ringmo. Un déjeuner frugal mais délicieux et commence la montée vers le col de Taksindo. Raide, très raide. Au col, dans les nuages (3 000 mètres), passage de nombreuses mules. Bistrots pour porteurs et passants en tout genre (moines, étudiants, commerçants etc…). Courte visite au monastère de Taksindo sous le col versant est (encore 300 mètres de dénivelé !). Rude nuit dans l’humidité. Genre de nuit ou on se demande ce qu’on fait là. Le dîner a été un peu anarchique car la cuisine est à 50 mètres. Mais les cuisiniers, toujours aussi efficaces, nous préparent un superbe gâteau (genre génoise !).

 

25 Avril 2008

 

Descente du col de Taksindo sur Ringmo puis traversée de la rivière sur un pont suspendu neuf. Heureusement car le précédent était large de 30 cms et fait de corde et de bois !

Puis un mélange de merveilles et d’effort soutenu. C’est vraiment raide. Raide sans palier ! Mais la récompense est là : la foret de rhododendrons en fleur. Toutes les nuances de rouge au blanc suivant la maturité de la fleur. Ensuite, foret tropicale dense d’altitude d’une étonnante verticalité, moussue et fleurie. Vers 3 000 mètres, la foret s’estompe pour faire place aux alpages. Enfin le campement installé sur un col venteux. Pas de brume, c’est déjà ça. Mais le froid ! Une soirée où l’on sait qu’on se prendra dix fois les pieds dans les tendeurs de la tente.

 

26 Avril 2008

 

Merveille ! ciel clair. On devine l’Everest. Par contre, le Numbur (7 000m) voisin étincelle. Un troupeau de yaks à la tignasse lisse et dense passe. Débat : monter ou pas au Yasa Peak pour voir les sommets, Everest, Makalu, Kanchenjunga. OK, on pense que c’est jouable, le temps semble se maintenir. Belle foret puis steppe caillouteuse. Surprise, j’ai un léger mal des montagnes : nausée, tête prise en étau etc … Christian m’encourage. Enfin le sommet. Ouf !   4 200 mètres. Et le Numbur dégagé, majestueux. Pour terminer, descente diabolique : raide, pierres roulantes, poussière. Enfin tout. Mais l’arrivée à Thupten Choling !!

Localité bouddhiste tibétaine importante : 500 moines et nonnes. Petites rues groupées autour du gompa, fanions innombrables, allongés bleus, blancs, rouges, verts (ciel, air, feu, terre). Une clinique de médecine tibétaine (recherche sur les plantes médicinales). Sonorités lourdes des gongs. Nous passons la nuit sur l’aire d’atterrissage d’hélicoptère, seule concession au monde extérieur. Jiri, terminus de la route de Kathmandou est à deux jours de marche.

 

27 Avril 2008

 

Tiens,  on est Dimanche. Lever 30 minutes plus tard !   Le soleil descend doucement sur le monastère et enfin nous réchauffe. Ah, le petit déjeuner : omelette, porridge.

Départ pour Pungmuche gompa, dans la falaise. Superbe moulin utilisant le courant de la Beni Khola. Ecole bouddhiste. Adorables bambins.

Retour pour déjeuner et départ pour Jumbesi en suivant la vallée de Mopung. Belles prairies d’orge. Beaucoup de murs de prière (passer à gauche !) couverts d’antiques sculptures de bouddhas et de bodhisattvas. Vers 17 heures…. l’orage à la sortie du temple de Jumbesi.  Le crépitement de la pluie couvre les lancinantes mélopées d’une cérémonie funéraire. Offrandes. Y compris pour nous visiteurs : tsampa, bananes, bonbons ( !)

La tente pourra t elle supporter le véritable déluge qui s’abat sur nous ? Oui. Bon matériel.

Jumbesi : beaucoup de charme, vieilles maisons séparées par des champs lilliputiens.

 

28 Avril 2008

 

Pas un nuage !  Réveil au son des trompes des lamas…a 5 heures. Nous retournons au temple ou les moines psalmodient devant une tasse de thé. Que les rues de Jumbesi sont jolies au petit matin : champs verts vif, bâtons d’encens aux carrefours, ouvertures des échoppes. Petit déjeuner devant un stupa. Montée au gompa de Thumbuck. Très actif.

Déjeuner au hameau de Trugdobuk dans un petit lodge plein de charme. Christian se fait un copain du petit garçon de la maison. Fini la sieste, il faut attaquer la grimpette pour arriver au col de Lampuja (3 500 mètres). Campement austère et toujours la brume qui monte. Miracle, qui devient habituel d’ailleurs, les cuisiniers nous préparent un vrai festin.

 

29 Avril 2008

 

Comme toujours au réveil, pas un nuage. Départ très tôt (6heures) pour aller sur une montagne avoisinante pour observer les sommets du coté de l’Everest. Deux heures de montée raide…..pour constater que l’horizon est bouché.  Enfin, on aperçoit l’Everest, l’Ama Dablam et le Kanchen Junga. Mais très belle apparition du massif du Rowaling.

Une belle descente : 1000 mètres ! A travers alpages et forets.  Dans une ‘’vallée heureuse’’ comme nous en avons déjà parcouru. Villages et champs harmonieux. Murs de prières et jolis petits gompas. Campement près d’une école couverte de graffitis maoïstes. Surréaliste dans cette vallée. Bien sur, l’orage du soir est là. Il tourne et revient presque toute la nuit.

 

30 Avril 2008

 

Ce matin, je constate que notre matériel commence à s’user. Mes chaussures par exemple : presque plus de relief sur les semelles. Les chaussettes sont percées. Christian fait de gros efforts pour se laver dans le torrent glacial. Moi je préfère les lingettes pour bébé (Pas très écolo !), c’est plus efficace. Aujourd’hui, je repense à l’extrême gentillesse de nos sherpas, porteurs et guides. Au-delà du simple professionnalisme. Sourires et rigolades (surtout les deux filles).

Nous sommes surpris de l’absence de jeunes dans ces villages. Pour eux ces vertes vallées ne sont pas le paradis que nous imaginons en contemplant cette harmonie. A moins d’être moine  dans un gompa !

Dernier jour de trekking. Nous quittons cette vallée heureuse et le village de Loding Ma. Descente le   long de la Loding Khola. Ici les récoltes commenceront dans un mois. Au fond de la vallée, un pont suspendu assez spectaculaire, mais pas de vertige, pas de balancement.

Cote très raide pour arriver à Phaplu. Notre point de départ et notre dernier campement. Et, bien sur l’orage.

 

1 Mai 2008

 

La pluie nocturne a lavé l’atmosphère. Le Numbur brille dans le ciel bleu azur. C’est beau mais la grande affaire du jour, c’est le Twin Otter de Yeti Airline. Oui, il est à l’heure. Adieu Phaplu et le Solu Khumbu après un virage serré entre les flancs des montagnes.

Kathmandou. Ah le Yak and Yeti et sa salle de bain ! Première douche chaude depuis neuf jours.

Demain nous arpenterons la vallée, Baktapur, Bodnath, Swayambunat, Patan, Pashupatinath. Mais c’est une autre histoire.

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