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Nadine P.
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Superbe trek dans la région du Solu Khumbu, loin des sentiers battus, sur le chemin traditionnel qui mène de Jiri à Lukla, vers le camp de base de l'Everest, dans des paysages grandioses et des forêts de rhododendrons.
Katmandou : ce nom me faisait rêver lorsque j'étais ado, dans les années soixante dix, c'était l'époque baba cool, je portais des robes indiennes à fleurs orange et des sandales, je ne suis jamais partie en stop depuis la porte d'Orléans avec des copains, je n'ai jamais traversé la Turquie en 2 CV, ni cherché le bonheur dans des paradis artificiels, je me contentais d'écouter Bob Dylan et Cat Stevens ...
Le Katmandou que j'ai découvert il y quelques semaines n'a rien à voir avec mes rêves de jeunesse. Dans la capitale du trekking un des points de passage obligé vers les grands sommets, j'ai découvert une ville certes bruyante et animée mais attachante.
J'ai découvert cette magnifique vallée en restant quelques jours de plus après le trek, je me suis imprégnée de l'ambiance étrange de Pashupatinath, j'ai rêvé devant le magnifique stupa de Bodnath, j'ai grimpé les nombreuses marches pour accéder au stupa de Swayambunath et j'ai visité tranquillement les superbes cités de Patan et Bhaktapur.
Mais avant de vous décrire ces merveilles, laisser moi d'abord vous conter ce beau trek en Solu Khumbu.
22 Avril 2008
Nous nous sommes envolés un beau matin vers Phaplu (prononcer définitivement : Faplu)
Le petit Twin Otter DHC 6-300 d'une vingtaine de place de Yeti Airlines ayant fait le plein sur la piste, la cargaison de vivres pour le trek - sans oublier les cartons alvéolés pour les œufs frais - nous voici déjà dans les nuages.
Nuages qui ne nous ont pas quittés pendant le vol, nuages et brume à l'arrivée à Phaplu, nous empêchant de voir les superbes sommets enneigés. Mais une trekkeuse ne se plaint jamais et garde toujours l'espoir de jours meilleurs et ensoleillés.
Nous marchons jusqu'à Salleri et traversons le village, jusqu'au premier monastère. Je ne suis pas spécialement fan de monastères, mais lors de ce trek nous avons été particulièrement gâtés par la beauté et surtout l'authenticité de tous ceux que nous avons visités.
Nous avons aussi assisté à une inoubliable puja (cérémonie) que je vous raconterai plus loin tant elle a été mémorable.
Plus loin sur le chemin, nous nous arrêtons bouche bée devant un vieux monastère lové dans son écrin de pommiers en fleurs. De belles maisons anciennes jalonnent notre promenade.
Nous nous installons près du camp de réfugiés tibétains de Jyalsa. La communauté nous propose un spectacle de danses et chants traditionnels. Leurs revenus étant plus que modestes, nous participons bien sûr aux frais. Et puis nous. les trekkeurs, pour leur faire plaisir, sans trop nous connaître les uns les autres, improvisons une chorale : les fausses notes pleuvent, les sourires se font rires, on s'est bien amusés ce soir là : rien de tel pour souder un nouveau groupe !
23 Avril
Après la visite de l'école tibétaine, nous reprenons notre chemin vers les crêtes. Le brouillard est tenace. Nous nous contentons d'admirer les superbes rhododendrons, ce sont des arbres gigantesques qui peuvent atteindre jusqu'à vingt mètres de hauteur. Ces arbres robustes résistent à toutes les températures et poussent sur les pentes les plus raides. Le rhododendron est la fleur nationale du Népal.
Après avoir traversé une magnifique forêt, nous arrivons à la Gompa de Chiwong. Une puja est déjà commencée : cymbales, tambours, clochettes, énorme trompe tibétaine, nous sommes plongés dans un autre monde, d'autres sensations, qui nous donnent la chair de poule. Nous sommes dans un autre temps : hypnotisés, nous oublions notre fatigue.
24 Avril
Nous descendons une quantité incroyable de marches pour rejoindre Taksindo et arrivons au Namasté Hôtel Janbuk, endroit bucolique, quelques vaches paissent dans la cour.
Des porteurs s'arrêtent pour boire un thé, leur lourde charge posée sur un muret. Ils s'approvisionnent à Giri et marchent jusqu'à Namché Bazar, près du camp de base de l'Everest.
Dans leur grand panier d'osier, il y a toutes sortes de denrées alimentaires et autres matériaux ; leur charge peut aller jusqu'à 90 ou 100 kg, cela paraît incroyable. Le corps plié en avant, un bandeau sur le front, ils s'appuient lors des arrêts sur leur bâton en forme de T. Vieillis avant l'âge, on n'ose même pas imaginer l'état de leur colonne vertébrale ! Pauvres diables, je ne peux m'empêcher de penser que ce sont "des bêtes de somme". Mon coeur se serre à chaque fois que je les aperçois.
25 Avril
Nous quittons notre campement en descendant un escalier de pierre, sur un stupa, la faucille et le marteau ! Oups !
Puis nous traversons un pont suspendu en métal sur la Beni khola. Nous remontons ensuite vers la forêt dans les rhodos. Superbe remontée vers la crête.
Le campement se fera au col du Singeri-La à 3475 m, en plein vent. Les tentes sont bien arrimées, l'air est frais. Avant la nuit, un troupeau de dzos rentre au bercail, belles bêtes !
26 Avril
Des cris de joie me sortent de mon duvet douillet et chaud : le Numbur (6959 m) sort enfin de la brume matinale, il est photographié sur toutes les coutures et sur tous les angles comme une star.
Nous quittons le campement habillés comme des ours. En chemin nous croisons notre troupeau de naks paissant gentiment. Les petits suivent leur mère de très près, les mères sont sur leurs gardes. Nous passons notre chemin tout en essayant tout de même de les photographier en restant sur nos gardes nous aussi car leurs cornes sont impressionnantes.
Nous grimpons jusqu'à Yasa Peak, là-haut, de nouveaux cris de joie, le Mt Numbur est encore plus déshabillé, la brume s'est dégagée, les photographes se défoulent.
Notre guide nous indique la direction de l'Everest, il est là à 40 petits kilomètres. Il ne sortira pas des nuages. J'en conclus qu'il faudra que je revienne au Népal.
Longue descente vers Mopung pour visiter le monastère et le village où logent 400 lamas. Une partie du village est dédié aux nonnes et une autre aux moines. Les nonnes nous saluent sur notre passage, les toits des modestes maisons sont faits de planches de bois retenues par d'énormes pierres.
Nous visitons l'immense salle pour les prières et les cérémonies, elle est impressionnante tant en volume qu'en couleurs. Nous nous installons près du village sur l'héliport.
27 Avril
Nous montons à la gompa de Pungmuche, l'école flambant neuve a été financée par des donateurs japonais et allemands. Puis nous visitons une fabrique de papier artisanale.
28 Avril
Nous quittons Mopung pour Junbesi, beau bourg hymalayen, les ruelles sont pavées, il y a quelques groupes de touristes, les premiers que nous rencontrions.
En arrivant près de la gompa, nous entendons les sonorités d'une puja, nous quittons nos chaussures et entrons. La cérémonie vient de commencer : nous voici à nouveau subjugués et muets de béatitude : prières, psaumes, cymbales, tambours, clochettes et trompe tibétaine, c'est reparti, on adore !
Puis c'est le silence. Un des plus jeunes moines revient avec des gâteaux secs. Il en distribue à chaque moine.
Puis il revient vers nous. Il en distribue. Nous remercions gentiment. Les moines mangent tranquillement leurs gâteaux en silence. Nous faisons de même. Silence total.
Il repart et revient avec des petites bananes, il sert tranquillement les moines un à un, nous sert aussi un à un, nous remercions gentiment.
Il repart et revient avec des petits beignets, il sert tranquillement les moines un à un, nous sert aussi un à un, nous remercions gentiment.
Il repart et revient avec des boulettes de tsampa, il sert tranquillement les moines un à un, nous sert aussi un à un, nous remercions gentiment.
Il repart et revient avec des bonbons, il sert tranquillement les moines un à un, nous sert aussi un à un, nous remercions gentiment.
Enfin (ouf ! ) notre guide nous fait signe, nous demande de le rejoindre dehors car il est temps de rejoindre le campement avant le dîner ...
Mes poches sont pleines, je n'ai pas osé refuser. Ce que nous ignorions c'est que cette cérémonie était dédiée à un défunt. Les familles endeuillées commandent des cérémonies afin d'honorer leurs proches disparus, ces offrandes sont toujours partagées.
29 avril
Nous quittons le bourg de Junbesi après une nuit d'orage, traversons le village et grimpons vers la gompa de Thumbuk, une grande partie est en construction, des ouvriers s'activent.
Vue magnifique depuis le stupa avec en arrière plan le Mt Numbur, une de mes photos préférées.
Nous grimpons jusqu'au col de Lamjura où nous accueille le drapeau rouge avec la faucille et le marteau.
Le brouillard tombe vite, nous voici déjà dans les nuages, 'humidité tombe. Va-t-il pleuvoir ce soir se demandent les trekkeurs ? Non réponds l'un deux, il ne pleut jamais lorsque l'on est dans le brouillard ! M'enfin ... !
30 avril
Après une nuit fraîche, nous partons dans la rosée du matin, entre les pierres du chemin, des coccinelles. Puis des tapis de fleurs jaunes, on se croirait presque en Bretagne !
Au sommet de Phambuk, la vue est magnifique ! Le Mt Numbur et le massif du Rolwaling se laissent volontiers photographier, mais nous avons déjà des photos d'eux. La déception est là, l'Everest reste sournoisement caché derrière les nuages, d''énormes cumulus...
1er mai
Dernier jour, belle descente vers Phaplu, le temps est magnifique. Nous admirons les cultures en terrasse, sculptées par la main de homme. Sur ces champs minuscules poussent l'orge, les lentilles, la moutarde, les pousses de soja, beaux dégradés de couleurs des terres cultivées.
Enfin une dernière volée de 240 marches et nous cheminons tranquilles afin de rejoindre notre premier lieu de campement près de Phaplu.
Avant de repartir, nous rencontrons dans le village, l'oncle de notre Sirdar, Mr Ang Sarki Tsering, il nous évoque avec émotion les expéditions auxquelles il a participé dans les années soixante-dix vers L'Everest. Mais malheureusement, il nous faut le quitter, notre avion nous attend, j'aurais bien écouté plus longuement les récits du vieil homme.
Nadine Pinon
Ce carnet a été lu 684 fois depuis le 20/05/2008 à 21h06