vendredi 8 juillet : jour 1
C?est le grand départ vers ce lointain pays la Mongolie. Cela fait des mois que nous attendons ce moment. Aéroport de Roissy tôt le matin, le brouhaha, le stress des voyageurs, les informations qui fusent sur les écrans et dans des hauts parleurs inaudibles et nous le regard incertain qui cherchons notre guichet. Air France a tout mis en ?uvre pour nous faciliter l?enregistrement des bagages, notre interlocuteur prendra même un grand soin à emmailloter nos bagages.
Première étape passée voici la fouille, des files immenses de gens qui patientent hagards, scrutant les panneaux lumineux, nous prenons une file au hasard que nous quitterons quelques minutes plus tard sous les injonctions d?un employé de l?aéroport « vous avez un billet classe affaires ? » « euh bah non », « alors c?est l?autre file » « vous rigolez ça fait vingt minutes que nous attendons fallait prévenir avant ! », bref nous nous infiltrons entre deux personnes sur les files d?à côté. Passage fouille, puis salle d?embarquement où nous essayons de trouver au hasard nous futurs compagnons de route, peut-être le jeune couple déjà vu à l?enregistrement des bagages ou ce vieux couple équipé en randonneurs.
Décollage pour Moscou puis transfert pour un vol pour Oulan baator.
9 juillet : jour 2
Arrivée sur la capitale, vus du ciel les toits sont colorés, pas toujours de très bon goût avec du rouge, du bleu, du vert, du jaune, en fait une espèce de palette de peintre ou les gouaches auraient été mal rangées. Autour des habitations une vision étrange, comme ci les maisons étaient dans un espace découpé, en fait nous découvrirons que ce sont des clôtures en bais qui découpent la terre en parcelles dans un alignement régulier. Atterrissage, puis rencontre avec Sylvain notre contact pour le séjour. Retrouvailles avec notre jeune couple, Marie et Arnault et nos deux anciens Marie Jeanne et Pierre. Sylvain nous informe que le reste du groupe arrive cet après-midi par le vol de Pékin. Présentation de notre accompagnateur pour la journée puis départ en van russe.
Comme toutes les capitales d?Asie Oulan Baator ne déroge pas à la règle, cité bruyante ou la règle du chacun pour soi est une évidence. Concert de klaxons, voitures délabrées ou des familles entières s?entassent sur des sièges défoncés, chaussées défoncées et inondées. Le trajet aéroport / hôtel nous paraît interminable dans ce tumulte où malgré tout les Mongoles restent souriants ou étonnés de nous voir. Hôtel, petite douche puis départ vers le monastère de Gandang pour faire « bénir » le voyage. Boudha, moulins à prières, Stupa, c?est une histoire découverte au Népal quelques années auparavant. Après avoir échangé des euros en devises mongoles le guide nous a conduits jusqu?à un self pour nous permettre de déjeuner. Là, des cuistots jongleurs nous ont fait cuire viandes et légumes que nous avons préalablement sélectionnés dans divers plats. Ils maniaient avec deux grandes pelles effilées des ?ufs qu?ils faisaient tournoyer avant de les casser en omelette, comme des jongleurs dans un cirque.
Après le repas, nous sommes retournés à l?hôtel pour récupérer le reste du groupe venu de Pékin. Découverte du reste du groupe : Claudine, l?infirmière marseillaise en transit à Villefranche de Rouergue ; Monique la secrétaire de direction ex professeur d?anglais, originaire des Bouches du Rhône, expatriée en Angleterre ; Brigitte le médecin généraliste parisienne, que je ne remercierai jamais assez, la suite vous dira pourquoi ?, Marc le gars de Renault originaire de la région parisienne ; Christine, parisienne ; Marie Jeanne et Pierre nos retraités de l?Aveyron qui ont élu domicile dans l?Oise et enfin notre jeune couple Marie la jeune kiné handballeuse et Arnaud le prof de gym rugbymen résidant à côté de Calais. Nous partons alors pour un nouveau trajet en bus qui nous conduit vers une usine de cachemire, l?une des principales activités du pays. Quelques emplettes rapides par les deux Brigitte et hop ! retour vers le guide pour le musée d?histoire. Pour terminer cette première journée avant le diner, petit tour au théâtre pour un spectacle typiquement Mongole, instruments originaux aux sons particuliers, chanteurs de « gorges » comme on pourrait dire avec ces voix tout droit du ventre. Malgré la beauté du spectacle, les paupières sont lourdes pour beaucoup d?entres nous. Notre guide nous emmène ensuite dans un restaurant pour le dîner, c?est là que s?arrête sa mission, il nous prévient que notre chauffeur nous ramènera à l?hôtel?.Repas tranquille avec nos premières impressions, puis nous rejoignons notre véhicule?.. dehors, il tombe des hallebardes et?..pas de chauffeur ni de camionnette. Discussion, appel à Allibert, possibilité de rejoindre l?hôtel à pieds, bref vers 21h30 notre chauffeur arrive enfin l?air un peu pantois mais bon, direction le dodo.
10 juillet : jour 3
Départ pour le treck, nous prenons place dans chacun des véhicules, qui nous conduisent dans les locaux de notre agence où Sylvain le responsable d?agence et notre guide nous attendent pour un « breafing » sur le séjour. Présentation du séjour, de l?itinéraire, des traditions et de la culture du pays, de notre guide Jargal, jeune femme au sourire permanent, notre cuistot Sarole, discrète mais efficace et de nos deux chauffeurs, Lalla le mari de Jargal et Souké le roi du volant mais ça je vous en reparlerai.
L?aventure commence, pas celle de la marche mais l?autre celle du transport en camionnette russe. La circulation, le tumulte, les klaxons se rappellent à notre souvenir de la veille mis à part la dextérité et le grain de folie de Souké que nous ne soupçonnions pas. Dans un flux de voitures effréné Souké joue des « coudes » enfin du pare choc, dépassements de voitures à la limite du hors jeu et à l?aveugle ou carrément sur le bas côté droit ou??.gauche de la route à double sens, rabattements au millimètre, moi qui suis assis à la place avec une vue directe sur la route je fais les commentaires des circonstances de route et nous partons dans des éclats de rire qui mettent en joie notre chauffeur.
Aux émotions de la route suivront celles de la piste où nos chauffeurs doivent faire preuves de dextérité pour éviter trous, ornières, yacks, moutons, brebis, chevaux et parfois piétons, dans certains conditions nous sommes même étonnés de nous retrouver en pente sur un talus à la limite du retournement.
Six heures de route plus tard nous arrivons à Karkorin, ancienne capitale de la Mongolie où les maisons ressemblent et s?alignent pareilles à celles de la capitale. Contrairement au Népal, les Mongoles ne sont pas agrippés aux touristes, s?ils vous proposent des souvenirs, une photo surprise avec un milan ils n?insistent jamais et gardent toujours un sourire radieux. Pas non plus de mendicité de la part des adultes ou des enfants. Visite du monastère avec les explications de Jargal concernant la transformation de la Mongolie, puis visite du monastère puis direction la vallée de l?Orkon avec toujours la course folle entre Lalla et Souké. Premier campement près de la rivière avec montage des tentes, explications pratiques de Jargal « pour la douche nous avons une espèce de tente ressemblant à une guérite de militaire, à l?intérieur une bombonne comme pour désherbage, vous remplissez d?eau, pompage et douche », original nous pensons. Et pour les toilettes interpellent certains « bah c?est la même guérite donc c?est ou douche ou wc, dans le deuxième cas Souké ou Lalla creuse un trou, vous allez faire vos besoin et vous jetez une pelletée de terre par-dessus ». Ah c?est rudimentaire disent certains, c?est vrai mais c?est pratique. Notre nuit sera bercée par les hurlements d?un campement fêtant le Naadam, installé à quelques encablures de nous, heureusement que le matin ce sont des chevaux qui viendront gentiment se repaître près des tentes.
11 juillet : jour 4
Départ à pieds jusqu?au village pour visiter le Monastère d?Erdene Zuu construir en 1586 par un prince nomade. Départ en camionnette pour rejoindre notre destination, puis, en route, visite du monastère de Sankh et des chutes d?Orkon, site volcanique où la rivière vient se jeter. Arrivée dans la première famille dans la région dite d?Ongoistiin Guur, c?est là que nous allons être confrontés aux traditions Mongole et au rituel des coutumes et c?est là que commence les péripéties plus ou moins dramatiques.
Entrée dans une belle yourte blanche d?une vingtaine de mètres carré, structure en bois assemblée en treillis, coiffée d ?une toiture constitué de plusieurs dizaines de barres rondes posées sur l?ossature telle une toile d?araignée avec au centre une ouverture servant à la fois de puits de lumière et de ventilation haute décoration sobre mais très colorée. A côté un poêle à bois, sur le pourtour des lits métalliques sous lesquels trône la viande??du repas, quelques meubles en bois aux peintures flamboyantes, une grosse jarre contenant le breuvage tant attendu?..Nous voilà tous installés prêt pour la coutume??la maîtresse de maison nous offre d?abord un morceau de fromage de chèvre assez goûteux quoique relativement dur, pour moi tout va bien , vient ensuite le premier breuvage que je redoute un peu et oui je n?aime pas le lait c?est dire que la suite va sûrement être épique, je n?imaginais pas à quel point??un verre de thé au lait de jument salé. Première gorgée, bah rien de désagréable en soi mais pas non plus du niveau d?un petit bourgogne. Rassuré je rebois une gorgée, glou glou.
Commence alors un processus étonnant, mon nez se met à couler, donc mouchage, puis mes yeux pleurent, donc essuyage, le visage me chauffe, donc rien ma femme et Claudine « que t?arrive t-il » « j?sais pas une p?tite allergie peut-être mais ça va passer » « c?est bizarre » dit ma femme « ton visage est tout rouge » moi qui pleure comme une madeleine « j?ai un peu le feu mais bon ». Ma femme s?inquiète et dit à Claudine, qu?elle s?étonne et que ça ressemble à une allergie qu?elle a déjà connue. Claudine interpelle notre médecin Brigitte « tu devrais examiner René il a une réaction allergique étonnante, il gonfle » Ok fait-elle et nous voilà à l?extérieur de la yourte.
Très rapidement Brigitte diagnostique « ?dème de Quincke » aux grands maux les grands remèdes
« cortisone en urgence, tu n?a pas la sensation d?étouffer » « si depuis peu j?ai du mal à respirer mais je pensais plus à l?inquiétude qu?à ton Quincke?..d?abord c?est qui celui là et ça donne quoi au final » deux cachets de cortisone plus tard « euh disons la mort par étouffement assez rapidement » « a quand même dis-je un peu assommé par la réponse, la cortisone c?est bien dans ce cas là » « c?est parfait répond Brigitte, en plus tu as de la chance au départ je ne l?avais pas pris car elle est périmée puis finalement je me suis dit que cela pourrait être utile » « t?as bien fait car le je sens que je gonfle de partout, j?ai les lèvres à Angélina Jolie et c?est pas pratique pour parler, bon bah on monte les tentes et je vais aller me détendre un peu, Arnaud et Marie nous donnerons un gros coup de main car j?ai bien la bouche sous le nez mais pas les yeux assez ouverts pour un montage de « guitoune ».
Les premiers symptômes passés ma femme viendra me chercher pour que je rejoigne le groupe dans la yourte pour grignoter un bout de pain et rassurer la guide et tout le monde. Enfin belle frayeur pour moi mais tout rentrera dans l?ordre mise à part une nuit blanche, inconsciemment l?idée de dormir me contrariait un peu, m?entendre respirer me rassurait et en plus les aboiements des chiens ont agrémenté le clair de lune.
Le lendemain matin nous faisons la connaissance de notre premier guide que Souké est allé chercher dans la soirée. Un grand gaillard au visage carré et buriné tout droit sorti d?une bande dessinée, sous son chapeau de « cow-boy » des yeux rieurs et malgré des traits rudes l?impression d?une grande douceur et d?un calme olympien??.
Après le pliage de tentes et le déjeuner départ en camionnette vers le lieu du début de l?aventure.
12 juillet : jour 5
Le treck débute à travers la chaine du Khangaï, par une montée douce dans la prairie à flans de coteaux qui nous mènera à un premier col. Côté végétation rien de surprenant, une herbe grasse où sévit une faune assez particulière. Des sauterelles au bruit d?ailes sonores comme un hydravion, des rampants ballonnés à la queue en forme de sabre de cavaliers mongoles et bien sur le début des mouches, ah les mouches on en reparlera. Petite pose au col, descente vers notre coin de déjeuner au pied de la colline d?Ondor Shireil. Repas préparé par Sarole dans une yourte touristique. Préparation à base de légumes, de viande bouillie et petit dessert en paquet. Après-midi montée en plein soleil au monastère de Ouklor. Coup de chaud pour Christine qui est montée sur le cheval du guide. Visite du monastère qui sera ponctuée par une grimpette dans les rochers où des mongoles inconscients montent en sandalettes avec des enfants dans les bras. Particularité une partie du site est interdite aux?..femmes, ben voyons dira Claudine qui a fait l?effort de grimper. Retour vers le campement, la fin du parcours se fera en camionnette orage oblige, montage de tente pendant une éclaircie, repas et une partie de volley avec les enfants des familles et nos deux chauffeurs puis dodo, pour moi ce sera la première bonne nuit.
13 juillet : jour 6
Comme dirait Jargal, déjeuner 8 h, départ 9 h, en route pour la deuxième étape du trek, longue traversée du vallon du bas Khangaï, quelques campements de nomades nous accompagnent au gré d?un soleil brulant. Repas pris au milieu de nulle part, la chaleur aidant il est bien difficile de manger son plat sans enlever ça et là des mouches qui attirées par la bonne cuisine prennent un malin plaisirs à se noyer dans nos bols. Après-midi de marche tranquille, notre guide gaillard veille sur sa tribu prenant soin de vérifier l?ensemble du groupe. Notre campement sera établi près de la colline aux condors??que nous ne verrons pas ce soir là?.Une partie du groupe fera une partie de carte style Mongole avec gages à la clé ce qui vaudra des situations cocasses pour certains et de belles photos pour d?autres. Le summum de la soirée sera après le repas ou nous entonnerons le répertoire des chansons françaises face au folklore mongole, Claudine ira même jusqu?à copier les paroles d?une chanson de chez eux que nous apprendrons bien sur. Vers les 10h au milieu de la Mongolie nous danserons à la fraîcheur de la nuit, puis nous ferons une farandole, le délire en somme mais quel bonheur.
14 juillet : jour 7
Nuit correcte sans plus, nous voilà repartis dans notre vallée, ah tient un condor, Arnaud et moi-même armés de nos appareils photos nous nous approchons pour essayer de le faire envoler, un condor au sol c?est quand même moins beau qu?un condor en vol. Raté la bête est maligne ou fainéante et elle choisie de remonter à pied la colline. Bon bah nous verrons plus tard. Un petit passage de rivière viendra accompagner cette journée. Passage à pied pour certains, à cheval pour d?autres et sur le dos de Lalla pour Jargal. Un peu plus loin nous établirons notre campement près de la rivière, baignade en eau froide, brrrrrrrrrr, à deux pas des yacks. Ce soir inauguration des toilettes champêtres, comme dirait l?autre ça peut le faire. Rencontres avec un groupe d?enfants venus du campement d?à côté pour nous faire un petit coucou, séance photos qui les ravis, ce revoir sur un écran leur paraît magique. Après le repas nos amis Mongoles ont préparés une surprise, aujourd?hui 14 juillet c?est mon anniversaire et c?est avec beaucoup d?émotions que je j?écouterais les chants mongoles, boirait rosé, vodka et soufflerait mon « allumette » sur un gâteau d?anniversaire improvisé.
15 juillet : jour 8
Randonnée du jour vers le campement de « touristes » près des sources chaudes de Tsenkher, déjeuner 8h, départ 9h, ok Zargal?., où nous auront droit aux massages et à la nuit en yourte. Toujours sous de fortes chaleurs nous continuons notre périples. Arrêt déjeuner au bord de la rivière où comme tous les midi Lalla et Souké nous attendent. Après le repas traversée de rivière pour tous, à pied, à cheval, à dos d?homme. Contact assez original avec un « soustik », c?est le nom donné par les Mongoles à un petit animal « né du croisement entre une marmotte et un écureuil »??.pour moi ce sera « sous slip » à cause des poils??.Toujours est-il que sans effrayer l?animal j?arrive à le prendre dans ma main et le caresser, ce qui est très rare paraît-il. Le paysage s?agrémente de quelques roches granitiques, la végétation basse est toujours aussi colorée et ça et là des arbres morts isolés envoient leur silhouette sèche et rugueuse vers le ciel comme un défi à être toujours debout. Vers la fin de la randonnée nous perdrons un peu de vu Marc ce qui nous inquiètera un peu, mais nous le retrouverons au camp. Effectivement camp de « touristes », bains de pieds en eau très chaude, 1ère douche chaude depuis longtemps, petit massage « back side » pour moi, dîner au resto puis dégustation d?un gâteau au chocolat avec une partie du groupe, Lalla, zargal sous un auvent. Bien sur quelques chansons de notre répertoire et la chanson mongole que nous commençons à bien « tenir » comme on dit.
16 juillet : jour 9
Nuit de me? comme on dit, ce qui devait être considéré comme une pose récupération à tourné au cauchemar, un zouzou dans un autre camp a chanté et joué du tambour jusqu?à point d?heure arrrrggghhhhh. Départ 9h, après le déjeuner 8h en camionnette pour un transfert vers la deuxième partie du treck et notre camp de base où nous devons retrouver une famille et notre deuxième guide. Sur le parcours nous faisons un arrêt ravitaillement à Tsetserleg, eau, provisions, banque, poste et etc. Une visite du marché est prévue mais comme c?est la fête du Naadam en Mongolie pas de commerçant sauf???..les bouchers ambulants. ça c?est à voir, 2 camionnettes bâchées espacées de 3m , une toile tendue entre les 2 et??..de la viande à vendre dans les 2 véhicules et sous la tente. Visuellement rien à dire c?est de la viande et par miracle pas une mouche mais question conservation, hum, disons très très moyen puisqu?il fait environ 35° à l?ombre. Nous voilà repartis pour notre destination le trajet est toujours aussi sportif et joyeux. Nous aurons même droit à une traversée de rivière très sportive, de l?eau jusqu?aux phares et des encouragements pour Souké et Lalla, en aparté ceux-ci nous dirons que s?il venait à pleuvoir le retour serait plus sportif??.
Arrivée dans l?après-midi au campement de la famille nomade avec un accueil toujours aussi chaleureux, le traditionnel bol de lait, le fromage blanc et toujours un « joker » pour moi. Présentation de notre guide qui nous accompagnera avec les 3 yacks, les charrettes et ses 2 enfants. Avant notre hôte nous présentera sa moto 150cm3, flambant recouverte d?un feutre, nous serons 2 à avoir droit à l?essai sous le regard complice des membres de la famille. Repas sous la yourte, une extraordinaire partie de volley avec toute la famille. Nous sommes impressionnés par la rapidité avec laquelle ils comprennent la technique pour frapper la balle, encore une belle soirée au c?ur de la Mongolie.
17 juillet : jour 10
Départ pour le deuxième trek dans le parc national de Khukh Nuur, Souké reste au campement avec les camionnette.Nuit très moyenne et oui les chiens gardent les troupeaux qui se ballades autour des tentes et donc aboient à la moindre occasion, plus les yacks qui très tôt viennent manger un brin d?herbe juste au ras de votre toile de tente, plus Bibi ma femme qui apparemment a chopé un truc disons « chi?? ». Bref levé, déjeuner 8h, départ 9h ?.ok Zargal, euh sauf que là c?est départ 10h, ouf. Cette journée sera marquée par l?arrivée des orages et la cape de pluie prendra l?air. Pieds trempés, passages de rivières bref un temps pourri mais une ambiance hilarante. Montage de la tente sous l?averse, dîner à genoux, couchage humide du guerrier en sommes. Après le repas la plupart vont se coucher de bonne heure, Arnaud et moi entamons une discussion avec Zargal et Lalla concernant nos impressions. Lalla au vu de l?expérience des premiers pense qu?il faudrait avoir une espèce de camping car pour transporter le ravitaillement et faire la cuisine, Arnaud et moi ne semblons pas gênés par les conditions de conservations des denrées même si celles-ci sont très limites , néanmoins d?autres personnes du groupe pensent le contraire et notamment bibi qui est malade et supporte de moins en moins la viande.
18 juillet : jour 11
Départ à la fraîche comme d?hab, déjeuner 8h, départ 9h, ok,ok ok. Journée qui va s?avérer difficile avec les orages aussi par les 2 traversées qui vont s?avérer plus délicates que prévu. La première pas trop mal malgré un fort courant mais heureusement quelques pierres providentielles. La deuxième plus délicates notamment pour certains, le courant est fort, la rivière large, bref tous les ingrédients pour pimenter la journée. Tout se passera bien avec seulement quelques fesses dans l?eau. Concernant le repas du midi préparation difficile au vu de la présence de milliers de mouches et réparation d?une charrette par notre guide. A propos des mouches, des taons et des moustiques certaines des femmes garderont un souvenir épique et souvent mal placé des joies de faire ces besoins dans la nature. La marche se poursuit en grimpant dans la forêt de mélèzes, nous établirons le camp à flan de colline. Une montée au lac de Khukh Nuur est prévue, certains resteront au camp pour récupérer les autres feront la ballade jusqu?à un magnifique lac d?altitude avec le tradition l?ovoo, monticule de pierres entassées agrémentés de drapeaux souvent bleus ou blancs, chez nous cela s?appelle un « kern ». Retour aux tentes, très gros orage et pluie battante, notre tente prend l?eau et nous ne serons pas les seuls. Passée la pluie, repas du soir sous la toile, pour certains les « momos », petites ravioles au mouton mais le vrai mouton, 20ans d?âge conservé à la dure ou au soleil comme on veut, ne passeront pas surtout pour bibi qui en plus est nauséeuse.
Coucher assez tôt sous l?orage qui persiste et nouvelle petite nuit de sommeil.
19 juillet : jour 12
Ciel de traîne ce matin, les mines sont un peu en papier mâché, petit déjeuner, préparatifs pour le départ nous remballons les tentes trempées. A mon goût et celui d?Arnaud nous partons trop tôt par rapport aux yacks. Traversée de rivière, puis passage groupé près d?un campement où les chiens sont réputés peu commodes. Nous marchons à pas cadencés et le groupe s?étire, en jetant un regard loin derrière sur l?horizon, pas de caravane de yacks en vue. Petit questionnement à Zargal « nous mangeons ce midi » « là où nous avons dormi hier » « bah ce n?est pas si loin d?ici, pourquoi va t-on si vite ». Bref arrivés près du lieu de pose, pas d?arrêt, nous continuons et pour cause pas de yacks en vue. Arrêt enfin près d?une étable nomade où Arnaud et moi-même avons eu une explication avec une personne du groupe concernant le rythme endiablé et inutile de ce matin. Repas du midi pris au bord de la rivière, poursuite du chemin avec des traversées de rivières grossies par les pluies de la veille. En aparté grosse crise de rire, en effet j?ai pris un soin minutieux à faire sécher mes baskets sur mon sac à dos pendant toutes la matinée, donc je les mets après le repas tout heureux de les retrouver bien sèche et crac 5 minutes plus tard en traversant une rivière je glisse sur une pierre et vlan les 2 pieds dans l?eau. Vous imaginez bien mes compagnons de routes en train de me charrier à juste titre d?ailleurs. La pluie redouble et soudain surprise nous apercevons Souké alias « Sébastien Loeb »qui arrive avec sa camionnette. Le téléphone ne passe pas dans cette région mais les mongoles ont l?art et la manière de faire passer les infos pour nous sortir du pétrin.
Au vu du nombre de places une partie monte dans le véhicule et l?autre décide de continuer à pied sous la pluie. Nouveau passage de rivière très délicat où tous les marcheurs passent comme moi directement dans l?eau, gamelle de Marc qui nous fait un salto arrière. Souké inquiet par le débit des rivières propose à Jargal de monter tout le monde dans la camionnette et de faire un détour pour emprunter un pont qui permet de passer la rivière.
Ok pour tout le monde et entassement de 17 personnes dans le véhicules, c?est le grand délire à l?intérieur et certainement des moments inoubliables. Arrivée au pont de bois que n?aurait pas renié Yves Duteil??Notre virtuose Souké fera encore des merveilles et finalement nous finirons le trajet dans le camion jusqu?au camp de base, Jargal ayant décidé avec notre accord de ne pas planter les tentes sous la pluie et de faire les 10km qui nous séparent du camp de nomades. Le temps se remettant au beau nous décidons dès notre arrivée de monter les guitounes pour les sécher et éventuellement dormir.
20 juillet : jour 13
Pas de consigne puisque nous resterons au campement, certains iront balader avec le guide, les autres resteront au camp pour se ressourcer. Repas du midi en extérieur, les « momos » sont toujours là. Le temps du départ approche et là c?est des instants qui vous marquent une vie. Brigitte mon médecin attitré, s?enquiert de la santé d?une dame qui a le bras en écharpe et lui donne quelques conseil, sur ce Marie la Kiné en profite pour lui prodiguer quelques soulagements, bibi propose aux enfants du camp de regarder une revue haute en couleur et les voilà, une dizaine autour d?elle à regarder et écouter ses explications. Et puis cette autre personne qui à un problème de tyroïde, ce bébé avec sa « diarrhée de 5 jours, cet ancien chauffeur qui à mal au bras et Brigitte et Marie qui diagnostiquent, écoutent et prodiguent leur soins. Bel exemple de générosité mesdames et beaucoup d?amour à donner surtout, je pense que ces personnes vous en seront toujours reconnaissantes. L?heure des adieux approche, Brigitte « médecin de campagne » fait l?andouille et s?atèle à la charrette, nous offrons les traditionnels cadeaux à la famille, ah oui j?oubliais en Mongolie quand une famille vous accueille la tradition c?est d?offrir simplement quelques présents, de préférence des choses qu?ils ne peuvent s?offrir facilement. J?offrirais pour ma part un beau tee-shirt technique. Photo du groupe et de la famille et puis départ le c?ur gros de quitter ces nomades. La route sera longue, nos 2 chauffeurs seront inquiets lorsque nous approcherons de la rivière traversée les jours précédents. Et oui le débit a nettement augmenté. Arrêt au bord, Lalla et Souké scrutent le cours d?eau et Souké « on y va »et nous « c?est parti ». Aussi malin que bon chauffeur Souké fera un petit détour dans la rivière pour éviter la force du courant. Arrivé sur l?autre rive il sortira du camion et touchant son c?ur il imitera le mouvement du battement rapide, il a eu un peu la frousse quand même. Nous assisterons à la traversée de Lalla qui sera tout aussi spectaculaire. Bravo messieurs. Direction maintenant le campement de tipis dans les rocheuses de de Khogno Khaan avec visite du monastère de d?Erdène Khambiin Hiid. Prise de possession des tipis, énooormmme douche, puis repas au resto du camp non sans avoir bu avant un peu de bière.
Nuit moyenne bibi est malade.
21 juillet : jour 14
Dernière journée sur la route, ça sent la fin du trek mais les esprits sont toujours joyeux. L?entrée sur la ville d?Oulan Batoor sera moins cahotique qu?à l?aller. Retour à notre hôtel, puis départ vers la ville pour faire les emplettes de rigueur. Retour à l?hôtel où finalement nous dînerons. C?est là que se feront certains adieux car nous n?avons pas le même vol. Beaucoup d?émotions pour cet au revoir à Brigitte, Monique, Claudine, Marc et Christine. Pour Arnaud, Marie, Marie Jeanne et Pierre on se retrouvera demain.
Ce voyage laissera un bon souvenir même si les paysages nous ont semblés monotones. Le?entente dans le groupe a été formidable et nous sommes plusieurs à rester en contact. Au prochain récit.
Brigitte M. (Elle l'a fait) : posté le 14/08/11 à 20:46
C?est le grand départ vers ce lointain pays la Mongolie. Cela fait des mois que nous attendons ce moment. Aéroport de Roissy tôt le matin, le brouhaha, le stress des voyageurs, les informations qui fusent sur les écrans et dans des hauts parleurs inaudibles et nous le regard incertain qui cherchons notre guichet. Air France a tout mis en ?uvre pour nous faciliter l?enregistrement des bagages, notre interlocuteur prendra même un grand soin à emmailloter nos bagages.
Première étape passée voici la fouille, des files immenses de gens qui patientent hagards, scrutant les panneaux lumineux, nous prenons une file au hasard que nous quitterons quelques minutes plus tard sous les injonctions d?un employé de l?aéroport « vous avez un billet classe affaires ? » « euh bah non », « alors c?est l?autre file » « vous rigolez ça fait vingt minutes que nous attendons fallait prévenir avant ! », bref nous nous infiltrons entre deux personnes sur les files d?à côté. Passage fouille, puis salle d?embarquement où nous essayons de trouver au hasard nous futurs compagnons de route, peut-être le jeune couple déjà vu à l?enregistrement des bagages ou ce vieux couple équipé en randonneurs.
Décollage pour Moscou puis transfert pour un vol pour Oulan baator.
9 juillet : jour 2
Arrivée sur la capitale, vus du ciel les toits sont colorés, pas toujours de très bon goût avec du rouge, du bleu, du vert, du jaune, en fait une espèce de palette de peintre ou les gouaches auraient été mal rangées. Autour des habitations une vision étrange, comme ci les maisons étaient dans un espace découpé, en fait nous découvrirons que ce sont des clôtures en bais qui découpent la terre en parcelles dans un alignement régulier. Atterrissage, puis rencontre avec Sylvain notre contact pour le séjour. Retrouvailles avec notre jeune couple, Marie et Arnault et nos deux anciens Marie Jeanne et Pierre. Sylvain nous informe que le reste du groupe arrive cet après-midi par le vol de Pékin. Présentation de notre accompagnateur pour la journée puis départ en van russe.
Comme toutes les capitales d?Asie Oulan Baator ne déroge pas à la règle, cité bruyante ou la règle du chacun pour soi est une évidence. Concert de klaxons, voitures délabrées ou des familles entières s?entassent sur des sièges défoncés, chaussées défoncées et inondées. Le trajet aéroport / hôtel nous paraît interminable dans ce tumulte où malgré tout les Mongoles restent souriants ou étonnés de nous voir. Hôtel, petite douche puis départ vers le monastère de Gandang pour faire « bénir » le voyage. Boudha, moulins à prières, Stupa, c?est une histoire découverte au Népal quelques années auparavant. Après avoir échangé des euros en devises mongoles le guide nous a conduits jusqu?à un self pour nous permettre de déjeuner. Là, des cuistots jongleurs nous ont fait cuire viandes et légumes que nous avons préalablement sélectionnés dans divers plats. Ils maniaient avec deux grandes pelles effilées des ?ufs qu?ils faisaient tournoyer avant de les casser en omelette, comme des jongleurs dans un cirque.
Après le repas, nous sommes retournés à l?hôtel pour récupérer le reste du groupe venu de Pékin. Découverte du reste du groupe : Claudine, l?infirmière marseillaise en transit à Villefranche de Rouergue ; Monique la secrétaire de direction ex professeur d?anglais, originaire des Bouches du Rhône, expatriée en Angleterre ; Brigitte le médecin généraliste parisienne, que je ne remercierai jamais assez, la suite vous dira pourquoi ?, Marc le gars de Renault originaire de la région parisienne ; Christine, parisienne ; Marie Jeanne et Pierre nos retraités de l?Aveyron qui ont élu domicile dans l?Oise et enfin notre jeune couple Marie la jeune kiné handballeuse et Arnaud le prof de gym rugbymen résidant à côté de Calais. Nous partons alors pour un nouveau trajet en bus qui nous conduit vers une usine de cachemire, l?une des principales activités du pays. Quelques emplettes rapides par les deux Brigitte et hop ! retour vers le guide pour le musée d?histoire. Pour terminer cette première journée avant le diner, petit tour au théâtre pour un spectacle typiquement Mongole, instruments originaux aux sons particuliers, chanteurs de « gorges » comme on pourrait dire avec ces voix tout droit du ventre. Malgré la beauté du spectacle, les paupières sont lourdes pour beaucoup d?entres nous. Notre guide nous emmène ensuite dans un restaurant pour le dîner, c?est là que s?arrête sa mission, il nous prévient que notre chauffeur nous ramènera à l?hôtel?.Repas tranquille avec nos premières impressions, puis nous rejoignons notre véhicule?.. dehors, il tombe des hallebardes et?..pas de chauffeur ni de camionnette. Discussion, appel à Allibert, possibilité de rejoindre l?hôtel à pieds, bref vers 21h30 notre chauffeur arrive enfin l?air un peu pantois mais bon, direction le dodo.
10 juillet : jour 3
Départ pour le treck, nous prenons place dans chacun des véhicules, qui nous conduisent dans les locaux de notre agence où Sylvain le responsable d?agence et notre guide nous attendent pour un « breafing » sur le séjour. Présentation du séjour, de l?itinéraire, des traditions et de la culture du pays, de notre guide Jargal, jeune femme au sourire permanent, notre cuistot Sarole, discrète mais efficace et de nos deux chauffeurs, Lalla le mari de Jargal et Souké le roi du volant mais ça je vous en reparlerai.
L?aventure commence, pas celle de la marche mais l?autre celle du transport en camionnette russe. La circulation, le tumulte, les klaxons se rappellent à notre souvenir de la veille mis à part la dextérité et le grain de folie de Souké que nous ne soupçonnions pas. Dans un flux de voitures effréné Souké joue des « coudes » enfin du pare choc, dépassements de voitures à la limite du hors jeu et à l?aveugle ou carrément sur le bas côté droit ou??.gauche de la route à double sens, rabattements au millimètre, moi qui suis assis à la place avec une vue directe sur la route je fais les commentaires des circonstances de route et nous partons dans des éclats de rire qui mettent en joie notre chauffeur.
Aux émotions de la route suivront celles de la piste où nos chauffeurs doivent faire preuves de dextérité pour éviter trous, ornières, yacks, moutons, brebis, chevaux et parfois piétons, dans certains conditions nous sommes même étonnés de nous retrouver en pente sur un talus à la limite du retournement.
Six heures de route plus tard nous arrivons à Karkorin, ancienne capitale de la Mongolie où les maisons ressemblent et s?alignent pareilles à celles de la capitale. Contrairement au Népal, les Mongoles ne sont pas agrippés aux touristes, s?ils vous proposent des souvenirs, une photo surprise avec un milan ils n?insistent jamais et gardent toujours un sourire radieux. Pas non plus de mendicité de la part des adultes ou des enfants. Visite du monastère avec les explications de Jargal concernant la transformation de la Mongolie, puis visite du monastère puis direction la vallée de l?Orkon avec toujours la course folle entre Lalla et Souké. Premier campement près de la rivière avec montage des tentes, explications pratiques de Jargal « pour la douche nous avons une espèce de tente ressemblant à une guérite de militaire, à l?intérieur une bombonne comme pour désherbage, vous remplissez d?eau, pompage et douche », original nous pensons. Et pour les toilettes interpellent certains « bah c?est la même guérite donc c?est ou douche ou wc, dans le deuxième cas Souké ou Lalla creuse un trou, vous allez faire vos besoin et vous jetez une pelletée de terre par-dessus ». Ah c?est rudimentaire disent certains, c?est vrai mais c?est pratique. Notre nuit sera bercée par les hurlements d?un campement fêtant le Naadam, installé à quelques encablures de nous, heureusement que le matin ce sont des chevaux qui viendront gentiment se repaître près des tentes.
11 juillet : jour 4
Départ à pieds jusqu?au village pour visiter le Monastère d?Erdene Zuu construir en 1586 par un prince nomade. Départ en camionnette pour rejoindre notre destination, puis, en route, visite du monastère de Sankh et des chutes d?Orkon, site volcanique où la rivière vient se jeter. Arrivée dans la première famille dans la région dite d?Ongoistiin Guur, c?est là que nous allons être confrontés aux traditions Mongole et au rituel des coutumes et c?est là que commence les péripéties plus ou moins dramatiques.
Entrée dans une belle yourte blanche d?une vingtaine de mètres carré, structure en bois assemblée en treillis, coiffée d ?une toiture constitué de plusieurs dizaines de barres rondes posées sur l?ossature telle une toile d?araignée avec au centre une ouverture servant à la fois de puits de lumière et de ventilation haute décoration sobre mais très colorée. A côté un poêle à bois, sur le pourtour des lits métalliques sous lesquels trône la viande??du repas, quelques meubles en bois aux peintures flamboyantes, une grosse jarre contenant le breuvage tant attendu?..Nous voilà tous installés prêt pour la coutume??la maîtresse de maison nous offre d?abord un morceau de fromage de chèvre assez goûteux quoique relativement dur, pour moi tout va bien , vient ensuite le premier breuvage que je redoute un peu et oui je n?aime pas le lait c?est dire que la suite va sûrement être épique, je n?imaginais pas à quel point??un verre de thé au lait de jument salé. Première gorgée, bah rien de désagréable en soi mais pas non plus du niveau d?un petit bourgogne. Rassuré je rebois une gorgée, glou glou.
Commence alors un processus étonnant, mon nez se met à couler, donc mouchage, puis mes yeux pleurent, donc essuyage, le visage me chauffe, donc rien ma femme et Claudine « que t?arrive t-il » « j?sais pas une p?tite allergie peut-être mais ça va passer » « c?est bizarre » dit ma femme « ton visage est tout rouge » moi qui pleure comme une madeleine « j?ai un peu le feu mais bon ». Ma femme s?inquiète et dit à Claudine, qu?elle s?étonne et que ça ressemble à une allergie qu?elle a déjà connue. Claudine interpelle notre médecin Brigitte « tu devrais examiner René il a une réaction allergique étonnante, il gonfle » Ok fait-elle et nous voilà à l?extérieur de la yourte.
Très rapidement Brigitte diagnostique « ?dème de Quincke » aux grands maux les grands remèdes
« cortisone en urgence, tu n?a pas la sensation d?étouffer » « si depuis peu j?ai du mal à respirer mais je pensais plus à l?inquiétude qu?à ton Quincke?..d?abord c?est qui celui là et ça donne quoi au final » deux cachets de cortisone plus tard « euh disons la mort par étouffement assez rapidement » « a quand même dis-je un peu assommé par la réponse, la cortisone c?est bien dans ce cas là » « c?est parfait répond Brigitte, en plus tu as de la chance au départ je ne l?avais pas pris car elle est périmée puis finalement je me suis dit que cela pourrait être utile » « t?as bien fait car le je sens que je gonfle de partout, j?ai les lèvres à Angélina Jolie et c?est pas pratique pour parler, bon bah on monte les tentes et je vais aller me détendre un peu, Arnaud et Marie nous donnerons un gros coup de main car j?ai bien la bouche sous le nez mais pas les yeux assez ouverts pour un montage de « guitoune ».
Les premiers symptômes passés ma femme viendra me chercher pour que je rejoigne le groupe dans la yourte pour grignoter un bout de pain et rassurer la guide et tout le monde. Enfin belle frayeur pour moi mais tout rentrera dans l?ordre mise à part une nuit blanche, inconsciemment l?idée de dormir me contrariait un peu, m?entendre respirer me rassurait et en plus les aboiements des chiens ont agrémenté le clair de lune.
Le lendemain matin nous faisons la connaissance de notre premier guide que Souké est allé chercher dans la soirée. Un grand gaillard au visage carré et buriné tout droit sorti d?une bande dessinée, sous son chapeau de « cow-boy » des yeux rieurs et malgré des traits rudes l?impression d?une grande douceur et d?un calme olympien??.
Après le pliage de tentes et le déjeuner départ en camionnette vers le lieu du début de l?aventure.
12 juillet : jour 5
Le treck débute à travers la chaine du Khangaï, par une montée douce dans la prairie à flans de coteaux qui nous mènera à un premier col. Côté végétation rien de surprenant, une herbe grasse où sévit une faune assez particulière. Des sauterelles au bruit d?ailes sonores comme un hydravion, des rampants ballonnés à la queue en forme de sabre de cavaliers mongoles et bien sur le début des mouches, ah les mouches on en reparlera. Petite pose au col, descente vers notre coin de déjeuner au pied de la colline d?Ondor Shireil. Repas préparé par Sarole dans une yourte touristique. Préparation à base de légumes, de viande bouillie et petit dessert en paquet. Après-midi montée en plein soleil au monastère de Ouklor. Coup de chaud pour Christine qui est montée sur le cheval du guide. Visite du monastère qui sera ponctuée par une grimpette dans les rochers où des mongoles inconscients montent en sandalettes avec des enfants dans les bras. Particularité une partie du site est interdite aux?..femmes, ben voyons dira Claudine qui a fait l?effort de grimper. Retour vers le campement, la fin du parcours se fera en camionnette orage oblige, montage de tente pendant une éclaircie, repas et une partie de volley avec les enfants des familles et nos deux chauffeurs puis dodo, pour moi ce sera la première bonne nuit.
13 juillet : jour 6
Comme dirait Jargal, déjeuner 8 h, départ 9 h, en route pour la deuxième étape du trek, longue traversée du vallon du bas Khangaï, quelques campements de nomades nous accompagnent au gré d?un soleil brulant. Repas pris au milieu de nulle part, la chaleur aidant il est bien difficile de manger son plat sans enlever ça et là des mouches qui attirées par la bonne cuisine prennent un malin plaisirs à se noyer dans nos bols. Après-midi de marche tranquille, notre guide gaillard veille sur sa tribu prenant soin de vérifier l?ensemble du groupe. Notre campement sera établi près de la colline aux condors??que nous ne verrons pas ce soir là?.Une partie du groupe fera une partie de carte style Mongole avec gages à la clé ce qui vaudra des situations cocasses pour certains et de belles photos pour d?autres. Le summum de la soirée sera après le repas ou nous entonnerons le répertoire des chansons françaises face au folklore mongole, Claudine ira même jusqu?à copier les paroles d?une chanson de chez eux que nous apprendrons bien sur. Vers les 10h au milieu de la Mongolie nous danserons à la fraîcheur de la nuit, puis nous ferons une farandole, le délire en somme mais quel bonheur.
14 juillet : jour 7
Nuit correcte sans plus, nous voilà repartis dans notre vallée, ah tient un condor, Arnaud et moi-même armés de nos appareils photos nous nous approchons pour essayer de le faire envoler, un condor au sol c?est quand même moins beau qu?un condor en vol. Raté la bête est maligne ou fainéante et elle choisie de remonter à pied la colline. Bon bah nous verrons plus tard. Un petit passage de rivière viendra accompagner cette journée. Passage à pied pour certains, à cheval pour d?autres et sur le dos de Lalla pour Jargal. Un peu plus loin nous établirons notre campement près de la rivière, baignade en eau froide, brrrrrrrrrr, à deux pas des yacks. Ce soir inauguration des toilettes champêtres, comme dirait l?autre ça peut le faire. Rencontres avec un groupe d?enfants venus du campement d?à côté pour nous faire un petit coucou, séance photos qui les ravis, ce revoir sur un écran leur paraît magique. Après le repas nos amis Mongoles ont préparés une surprise, aujourd?hui 14 juillet c?est mon anniversaire et c?est avec beaucoup d?émotions que je j?écouterais les chants mongoles, boirait rosé, vodka et soufflerait mon « allumette » sur un gâteau d?anniversaire improvisé.
15 juillet : jour 8
Randonnée du jour vers le campement de « touristes » près des sources chaudes de Tsenkher, déjeuner 8h, départ 9h, ok Zargal?., où nous auront droit aux massages et à la nuit en yourte. Toujours sous de fortes chaleurs nous continuons notre périples. Arrêt déjeuner au bord de la rivière où comme tous les midi Lalla et Souké nous attendent. Après le repas traversée de rivière pour tous, à pied, à cheval, à dos d?homme. Contact assez original avec un « soustik », c?est le nom donné par les Mongoles à un petit animal « né du croisement entre une marmotte et un écureuil »??.pour moi ce sera « sous slip » à cause des poils??.Toujours est-il que sans effrayer l?animal j?arrive à le prendre dans ma main et le caresser, ce qui est très rare paraît-il. Le paysage s?agrémente de quelques roches granitiques, la végétation basse est toujours aussi colorée et ça et là des arbres morts isolés envoient leur silhouette sèche et rugueuse vers le ciel comme un défi à être toujours debout. Vers la fin de la randonnée nous perdrons un peu de vu Marc ce qui nous inquiètera un peu, mais nous le retrouverons au camp. Effectivement camp de « touristes », bains de pieds en eau très chaude, 1ère douche chaude depuis longtemps, petit massage « back side » pour moi, dîner au resto puis dégustation d?un gâteau au chocolat avec une partie du groupe, Lalla, zargal sous un auvent. Bien sur quelques chansons de notre répertoire et la chanson mongole que nous commençons à bien « tenir » comme on dit.
16 juillet : jour 9
Nuit de me? comme on dit, ce qui devait être considéré comme une pose récupération à tourné au cauchemar, un zouzou dans un autre camp a chanté et joué du tambour jusqu?à point d?heure arrrrggghhhhh. Départ 9h, après le déjeuner 8h en camionnette pour un transfert vers la deuxième partie du treck et notre camp de base où nous devons retrouver une famille et notre deuxième guide. Sur le parcours nous faisons un arrêt ravitaillement à Tsetserleg, eau, provisions, banque, poste et etc. Une visite du marché est prévue mais comme c?est la fête du Naadam en Mongolie pas de commerçant sauf???..les bouchers ambulants. ça c?est à voir, 2 camionnettes bâchées espacées de 3m , une toile tendue entre les 2 et??..de la viande à vendre dans les 2 véhicules et sous la tente. Visuellement rien à dire c?est de la viande et par miracle pas une mouche mais question conservation, hum, disons très très moyen puisqu?il fait environ 35° à l?ombre. Nous voilà repartis pour notre destination le trajet est toujours aussi sportif et joyeux. Nous aurons même droit à une traversée de rivière très sportive, de l?eau jusqu?aux phares et des encouragements pour Souké et Lalla, en aparté ceux-ci nous dirons que s?il venait à pleuvoir le retour serait plus sportif??.
Arrivée dans l?après-midi au campement de la famille nomade avec un accueil toujours aussi chaleureux, le traditionnel bol de lait, le fromage blanc et toujours un « joker » pour moi. Présentation de notre guide qui nous accompagnera avec les 3 yacks, les charrettes et ses 2 enfants. Avant notre hôte nous présentera sa moto 150cm3, flambant recouverte d?un feutre, nous serons 2 à avoir droit à l?essai sous le regard complice des membres de la famille. Repas sous la yourte, une extraordinaire partie de volley avec toute la famille. Nous sommes impressionnés par la rapidité avec laquelle ils comprennent la technique pour frapper la balle, encore une belle soirée au c?ur de la Mongolie.
17 juillet : jour 10
Départ pour le deuxième trek dans le parc national de Khukh Nuur, Souké reste au campement avec les camionnette.Nuit très moyenne et oui les chiens gardent les troupeaux qui se ballades autour des tentes et donc aboient à la moindre occasion, plus les yacks qui très tôt viennent manger un brin d?herbe juste au ras de votre toile de tente, plus Bibi ma femme qui apparemment a chopé un truc disons « chi?? ». Bref levé, déjeuner 8h, départ 9h ?.ok Zargal, euh sauf que là c?est départ 10h, ouf. Cette journée sera marquée par l?arrivée des orages et la cape de pluie prendra l?air. Pieds trempés, passages de rivières bref un temps pourri mais une ambiance hilarante. Montage de la tente sous l?averse, dîner à genoux, couchage humide du guerrier en sommes. Après le repas la plupart vont se coucher de bonne heure, Arnaud et moi entamons une discussion avec Zargal et Lalla concernant nos impressions. Lalla au vu de l?expérience des premiers pense qu?il faudrait avoir une espèce de camping car pour transporter le ravitaillement et faire la cuisine, Arnaud et moi ne semblons pas gênés par les conditions de conservations des denrées même si celles-ci sont très limites , néanmoins d?autres personnes du groupe pensent le contraire et notamment bibi qui est malade et supporte de moins en moins la viande.
18 juillet : jour 11
Départ à la fraîche comme d?hab, déjeuner 8h, départ 9h, ok,ok ok. Journée qui va s?avérer difficile avec les orages aussi par les 2 traversées qui vont s?avérer plus délicates que prévu. La première pas trop mal malgré un fort courant mais heureusement quelques pierres providentielles. La deuxième plus délicates notamment pour certains, le courant est fort, la rivière large, bref tous les ingrédients pour pimenter la journée. Tout se passera bien avec seulement quelques fesses dans l?eau. Concernant le repas du midi préparation difficile au vu de la présence de milliers de mouches et réparation d?une charrette par notre guide. A propos des mouches, des taons et des moustiques certaines des femmes garderont un souvenir épique et souvent mal placé des joies de faire ces besoins dans la nature. La marche se poursuit en grimpant dans la forêt de mélèzes, nous établirons le camp à flan de colline. Une montée au lac de Khukh Nuur est prévue, certains resteront au camp pour récupérer les autres feront la ballade jusqu?à un magnifique lac d?altitude avec le tradition l?ovoo, monticule de pierres entassées agrémentés de drapeaux souvent bleus ou blancs, chez nous cela s?appelle un « kern ». Retour aux tentes, très gros orage et pluie battante, notre tente prend l?eau et nous ne serons pas les seuls. Passée la pluie, repas du soir sous la toile, pour certains les « momos », petites ravioles au mouton mais le vrai mouton, 20ans d?âge conservé à la dure ou au soleil comme on veut, ne passeront pas surtout pour bibi qui en plus est nauséeuse.
Coucher assez tôt sous l?orage qui persiste et nouvelle petite nuit de sommeil.
19 juillet : jour 12
Ciel de traîne ce matin, les mines sont un peu en papier mâché, petit déjeuner, préparatifs pour le départ nous remballons les tentes trempées. A mon goût et celui d?Arnaud nous partons trop tôt par rapport aux yacks. Traversée de rivière, puis passage groupé près d?un campement où les chiens sont réputés peu commodes. Nous marchons à pas cadencés et le groupe s?étire, en jetant un regard loin derrière sur l?horizon, pas de caravane de yacks en vue. Petit questionnement à Zargal « nous mangeons ce midi » « là où nous avons dormi hier » « bah ce n?est pas si loin d?ici, pourquoi va t-on si vite ». Bref arrivés près du lieu de pose, pas d?arrêt, nous continuons et pour cause pas de yacks en vue. Arrêt enfin près d?une étable nomade où Arnaud et moi-même avons eu une explication avec une personne du groupe concernant le rythme endiablé et inutile de ce matin. Repas du midi pris au bord de la rivière, poursuite du chemin avec des traversées de rivières grossies par les pluies de la veille. En aparté grosse crise de rire, en effet j?ai pris un soin minutieux à faire sécher mes baskets sur mon sac à dos pendant toutes la matinée, donc je les mets après le repas tout heureux de les retrouver bien sèche et crac 5 minutes plus tard en traversant une rivière je glisse sur une pierre et vlan les 2 pieds dans l?eau. Vous imaginez bien mes compagnons de routes en train de me charrier à juste titre d?ailleurs. La pluie redouble et soudain surprise nous apercevons Souké alias « Sébastien Loeb »qui arrive avec sa camionnette. Le téléphone ne passe pas dans cette région mais les mongoles ont l?art et la manière de faire passer les infos pour nous sortir du pétrin.
Au vu du nombre de places une partie monte dans le véhicule et l?autre décide de continuer à pied sous la pluie. Nouveau passage de rivière très délicat où tous les marcheurs passent comme moi directement dans l?eau, gamelle de Marc qui nous fait un salto arrière. Souké inquiet par le débit des rivières propose à Jargal de monter tout le monde dans la camionnette et de faire un détour pour emprunter un pont qui permet de passer la rivière.
Ok pour tout le monde et entassement de 17 personnes dans le véhicules, c?est le grand délire à l?intérieur et certainement des moments inoubliables. Arrivée au pont de bois que n?aurait pas renié Yves Duteil??Notre virtuose Souké fera encore des merveilles et finalement nous finirons le trajet dans le camion jusqu?au camp de base, Jargal ayant décidé avec notre accord de ne pas planter les tentes sous la pluie et de faire les 10km qui nous séparent du camp de nomades. Le temps se remettant au beau nous décidons dès notre arrivée de monter les guitounes pour les sécher et éventuellement dormir.
20 juillet : jour 13
Pas de consigne puisque nous resterons au campement, certains iront balader avec le guide, les autres resteront au camp pour se ressourcer. Repas du midi en extérieur, les « momos » sont toujours là. Le temps du départ approche et là c?est des instants qui vous marquent une vie. Brigitte mon médecin attitré, s?enquiert de la santé d?une dame qui a le bras en écharpe et lui donne quelques conseil, sur ce Marie la Kiné en profite pour lui prodiguer quelques soulagements, bibi propose aux enfants du camp de regarder une revue haute en couleur et les voilà, une dizaine autour d?elle à regarder et écouter ses explications. Et puis cette autre personne qui à un problème de tyroïde, ce bébé avec sa « diarrhée de 5 jours, cet ancien chauffeur qui à mal au bras et Brigitte et Marie qui diagnostiquent, écoutent et prodiguent leur soins. Bel exemple de générosité mesdames et beaucoup d?amour à donner surtout, je pense que ces personnes vous en seront toujours reconnaissantes. L?heure des adieux approche, Brigitte « médecin de campagne » fait l?andouille et s?atèle à la charrette, nous offrons les traditionnels cadeaux à la famille, ah oui j?oubliais en Mongolie quand une famille vous accueille la tradition c?est d?offrir simplement quelques présents, de préférence des choses qu?ils ne peuvent s?offrir facilement. J?offrirais pour ma part un beau tee-shirt technique. Photo du groupe et de la famille et puis départ le c?ur gros de quitter ces nomades. La route sera longue, nos 2 chauffeurs seront inquiets lorsque nous approcherons de la rivière traversée les jours précédents. Et oui le débit a nettement augmenté. Arrêt au bord, Lalla et Souké scrutent le cours d?eau et Souké « on y va »et nous « c?est parti ». Aussi malin que bon chauffeur Souké fera un petit détour dans la rivière pour éviter la force du courant. Arrivé sur l?autre rive il sortira du camion et touchant son c?ur il imitera le mouvement du battement rapide, il a eu un peu la frousse quand même. Nous assisterons à la traversée de Lalla qui sera tout aussi spectaculaire. Bravo messieurs. Direction maintenant le campement de tipis dans les rocheuses de de Khogno Khaan avec visite du monastère de d?Erdène Khambiin Hiid. Prise de possession des tipis, énooormmme douche, puis repas au resto du camp non sans avoir bu avant un peu de bière.
Nuit moyenne bibi est malade.
21 juillet : jour 14
Dernière journée sur la route, ça sent la fin du trek mais les esprits sont toujours joyeux. L?entrée sur la ville d?Oulan Batoor sera moins cahotique qu?à l?aller. Retour à notre hôtel, puis départ vers la ville pour faire les emplettes de rigueur. Retour à l?hôtel où finalement nous dînerons. C?est là que se feront certains adieux car nous n?avons pas le même vol. Beaucoup d?émotions pour cet au revoir à Brigitte, Monique, Claudine, Marc et Christine. Pour Arnaud, Marie, Marie Jeanne et Pierre on se retrouvera demain.
Ce voyage laissera un bon souvenir même si les paysages nous ont semblés monotones. Le?entente dans le groupe a été formidable et nous sommes plusieurs à rester en contact. Au prochain récit.