La préservation de l’environnement
Une véritable culture écologique existe dans ce pays, partagée par l’ensemble de la population, ceci malgré les pressions économiques (projet de complexes hôteliers, recherche pétrolière, etc.).
Environ 30 % du territoire sont classés en zones protégées : parcs nationaux, réserves biologiques publiques ou privées. Les premiers parcs nationaux ont été créés en 1955 et un véritable système a été mis en place dès les années 1970 pour protéger un patrimoine naturel exceptionnel, rassemblant plus de 5 % des espèces de la flore et de la faune mondiale sur un territoire à peine équivalent à un dixième de la France. Environ un tiers du pays est recouvert par la forêt. Le pays a connu une déforestation galopante (au début du XXe siècle, les forêts couvraient 95 % du pays). A l’heure actuelle, la tendance semble s’inverser et des mesures restrictives ont été prises : une loi interdit par exemple l’abattage de tout arbre sans l’approbation du gouvernement.
Quelques animaux à voir, entendre, sentir, imaginer
• Les singes, seigneurs visibles de la forêt. Il en existe quatre espèces :
- le singe hurleur, le Pavarotti des forêts tendance rugissante, donne concert tous les jours à l’aube, frissons garantis…
- le singe-araignée ou atèle, un acrobate de haut vol mais du genre susceptible ; il lui arrive de brandir un bâton pour mettre en déroute les admirateurs ;
- le capucin moine, intelligent en diable, capable d’utiliser des outils à l’égal des primates plus évolués ;
- le saïmiri, singe-écureuil ou
mono titi, mignon comme un cœur, mais chasseur aussi impitoyable que les fourmis soldats.
Les félins, seigneurs invisibles de la forêt
Voici, par ordre croissant de taille : l’oncille (
tigrillo), de la taille d’un petit chat, le margay, le jaguarondi, l’ocelot, le puma et le jaguar (ce dernier pouvant atteindre 200 kg). Ils ont besoin d’un vaste territoire (jusqu’à 100 km2), et sont très menacés par l’homme, qu’ils évitent comme la peste. Les félins sont là, mais on ne les voit pas, sauf cas exceptionnels : il arrive parfois, dit-on, qu’un homme soit suivi par un jaguar qui se montre curieux, mais non agressif. Des groupes Allibert ont pu observer des félins à deux reprises : un jaguarondi littéralement tombé d’un arbre dans un grand feulement de mécontentement, et un puma entrevu en bordure d’un chemin.
• Autres mammifères
- le tapir, plus gros mammifère d’Amérique tropicale, est un herbivore de 300 kg à la beauté étrange d’un éléphant à courte trompe et à petites oreilles, capable d’évoluer avec la discrétion la plus totale sur ses pattes à trois doigts, dont on voit parfois les empreintes ;
- l’agouti et le paca, rongeurs impénitents de fruits au sol, l’un est diurne et le second nocturne ;
- le coati : imaginez
grosso modo un corps de singe avec une tête de chien, qui se déplace en bande à la queue leu leu sur les arbres et sur le sol ;
- le raton laveur, cousin du coati, spécialiste du vol par effraction de tout ce qui est en boîte : crabes, œufs de tortue, graines, détritus…
- le tatou, affairé, bruyant et miro au point de heurter vos pieds si vous êtes immobile ;
- le fourmilier : genre petit ours vêtu d’un élégant gilet noir et orange, crochets au bout des pattes, tire une langue interminable de son museau en entonnoir, même comportement que le tatou, en fin de compte rien à voir avec un ours…
- le petit fourmilier, minuscule et nocturne, quand il dort, il ressemble à une balle de tennis jaune coincée dans les branches d’un arbre ;
- le paresseux, très bien adapté à la vie arboricole ; arrimé de ses deux ou trois doigts (selon l’espèce), il vit la tête en bas, a le poil vert et le sens du poil à l’envers, accélère le mouvement une fois par semaine quand il s’agit de faire ses besoins… au sol, moment où il est le plus vulnérable ;
- le coyote, aussi à l’aise en forêt qu’en ville (comme à San José), on le voit parfois trotter sur les routes la nuit (peut faire du 50 km/heure sur de bonnes distances), mais quelle émotion d’écouter le chant des meutes au crépuscule ;
- le pécari, sorte de petit sanglier qui se détecte plus à l’odeur qu’à la vue, redouté ou redoutable ; vit en grandes meutes sans craindre grand chose, sauf les hommes, à qui il montre les dents (impressionnantes) ;
- le kinkajou, petit fantôme de la forêt dont on entend le cri la nuit quand il explore son territoire arboricole ; c’est un carnivore qui…mange des fruits ; on peut voir ses grands yeux à la lumière des frontales ;
- les chauves-souris : la nuit leur appartient, et il y a 105 espèces de ces mammifères ; certaines sont frugivores, d’autres nectarivores ou piscivores (des serres pour capturer les poissons), ou encore carnivores comme les fameux vampires qui sucent le sang du bétail (pas des humains) ; ils sont capables d’altruisme en s’alimentant mutuellement pour survivre.
• Les amphibiens
Si le crapaud doré de Monteverde semble disparu à jamais, il est possible d’admirer :
- le crapaud marin, de fait un honnête terrien chasseur d’insectes dont le poids peut atteindre 1,5 kg, la grenouille blue jeans, petite (2 cm), mais célèbre pour ses belles couleurs rouge et bleue et sa réputation sulfureuse. Hautement toxique, les Indiens l’utilisaient pour empoisonner leurs flèches ;
- la grenouille de verre, si transparente qu’on voit ses organes, ou encore le
sapo borracho, littéralement le “crapaud bourré ”, qui sort (rarement) pour pousser un redoutable cri d’amour qui ne laisse aucun doute sur l’origine de son nom.
• Les reptiles
- les tortues marines : au Costa Rica, on trouve six espèces, dont la tortue verte de l’Atlantique (Tortuguero est le spot mondial de reproduction, pontes de juillet à octobre ) ; la gigantesque tortue luth (mars à juillet à Tortuguero) et la caret ;
- les
lagartos : c’est ainsi que les Costariciens nomment les lézards, du gecko nain grand comme une moitié d’allumette au vénérable crocodile de 6 m de long : sachez bien interpréter les panneaux qui indiquent au bord des rivières
Cuidado ! Lagartos ! Cette famille a pour représentant célèbre le lézard Jésus-Christ, star de cinéma (a servi de modèle pour
Jurassic Park) capable de courir à la surface de l’eau sur 20 m avant de piquer une tête et foncer comme un hors-bord. L’iguane vert peut mesurer jusqu’à deux mètres, vit placidement sur les arbres et se laisse tomber dans l’eau pour échapper aux importuns (il est parfois braconné pour sa viande). Son cousin terrestre le cnetosaure, pas méchant non plus, secoue la tête en signe d’indignation quand vous êtes sur son territoire.
Et les serpents dans tout ça ? Il y a au Costa Rica 127 espèces de serpents, dont la majorité sont inoffensifs (plus de 100 espèces de couleuvres). Quelques spécimens sont dangereux, comme le serpent corail, le fer-de-lance, le crotale et autres vipères, mais, cela dit, les cas de morsure mortelle sont rares au Costa Rica (on trouve un sérum efficace dans tous les centres de soin du pays). En fait, les serpents sont peu nombreux à l’état naturel, discrets, nocturnes pour la plupart, ils évitent la présence de l’homme. Les rencontres sont donc fugaces, rares ou inexistantes, comme chez nous.
• Les insectes
Au Costa Rica, on estime qu’il y a plus de 500 000 espèces (dont une petite partie est connue actuellement). Voici une (très petite) sélection :
- les fourmis parasols, capables de découper toutes les feuilles d’un arbre respectable en une nuit qu’elles transportent le long d’impeccables autoroutes…
- les fourmis soldats opèrent en colonnes militaires et nomades pour capturer tout ce qui traîne au sol inférieur à la taille d’un scorpion. Nettoient les forêts, les habitations… Insecticide irrésistible et bruyant, car accompagné par un cortège d’oiseaux qui profitent de l’aubaine ;
- le morpho, grand papillon bleu métallisé, ondule négligemment dans l’air mais disparaît au regard dès il se pose et replie ses ailes ;
- l’esperanza, sauterelle imitant à la perfection une feuille posée à terre ;
- le chapulin, traduire “tracteur” en français, énorme cricket mesurant jusqu’à 25 cm d’envergure ;
- les dermestes lucioles à l’éclairage puissant, feux d’artifice des nuits du Costa Rica.
• Les oiseaux
850 espèces, dont beaucoup sont faciles à voir dans un territoire à peine plus grand que la Belgique… Même si le
birdwatching n’est pas votre tasse de thé, cela ne peut pas vous laisser indifférent. En vrac, voici quelques-uns des représentants :
- les vautours et urubus, omniprésents dans le ciel du Costa Rica ;
- le tinamou, tout en rondeur, arpente le sol des forêts en sifflant une mélodie plaintive et flûtée ;
- le milan à queue fourchue, grand planeur à la forme d’une immense hirondelle blanche et noire ;
- les perruches et perroquets, toujours en couples, à la fois unis et chamailleurs, ils se déplacent en grandes troupes piaillantes et bigarrées (dorment parfois en ville) ;
- les colibris : une trentaine d’espèces, avions de chasse vrombissants – à ne pas confondre avec des coléoptères, parfois plus gros qu’eux –, spécialistes du ravitaillement en vol avec leur bec adapté au format des fleurs visitées ;
- les trogons, espèces tropicales (dont l’illustre quetzal) reconnaissables à leurs belles couleurs et leur comportement, souvent immobiles et perchés sur des branches en hauteur ;
- le motmot, bel oiseau très coloré avec une queue en forme de raquette de tennis ;
- les oiseaux fourmis, insectivores forestiers et paresseux ; escortent les fourmis soldats pour capturer tout ce qui dépasse (une trentaine d’espèces) ;
- les toucans, surnommés ici les “bananes volantes” ; six espèces aux couleurs et à l’allure très spectaculaires, avec leur vol un peu déséquilibré par le poids du bec, au demeurant creux et très léger ;
- les tyrans : nombreuse famille de gobeurs d’insectes aériens toujours postés sur le bord des routes, les fils, les antennes…
- l’oropendole, massif oiseau brun au bec noir, orange et bleu qui construit des nids tissés en forme de longues chaussettes qui pendent des arbres ;
- les tangaras : famille de petits passereaux des lisières et jardins aux couleurs très vives.
Quelques curiosités à plumes :
- le faucon rieur, un mangeur de serpents dont le chant est semblable à un fou rire hystérique qui monte crescendo ;
- le jacana, superbe oiseau des marais ; la femelle règne sur un harem de mâles qui couvent patiemment les œufs et s’occupent des nichées ;
- le héron à dos vert, inventeur de la pêche à la mouche, capable de balancer des appâts vivants pour gober les poissons ;
- le potou, rapace nocturne déguisé le jour en branche morte (quasi impossible à voir) ;
- l’oiseau cloche, dont le chant évoque à peu près la résonance d’une cloche en bronze ;
- les manakins, oiseaux danseurs et joueurs de claquettes (avec les ailes) : que ne ferait-on pas pour se faire remarquer des femelles…
- le toledo, calotte rouge, robe noire et bleu céleste avec deux longs filets du plus bel effet, est capable d’énoncer 5 000 fois par jour les syllabes magiques de son nom : to-le-do.
Et enfin, le quetzal, éblouissement des yeux quand on le voit en vol, longues plumes d’un vert iridescent (pour le mâle en saison amoureuse). Cet oiseau, symbole des rois aztèques, vit en altitude. Il n’aime pas être dérangé, et ne chante qu’en présence de son avocat : il migre en fonction de la maturité de son fruit favori, l’
avocatillo. Il suffit donc d’identifier l’arbre pour voir l’oiseau. Plus facile à dire qu’à faire… Mais nos nombreux groupes qui l’ont vu sont là pour témoigner que, avec l’aide de nos guides, c’est possible !
Pour conserver ce patrimoine naturel d’exception, essayons d’être des voyageurs responsables :
- Laissons les espaces naturels que nous traversons aussi propres que possible, y compris nos campements.
- Consommons de l’eau naturelle traitée avec des pastilles (type micropur) afin d’éviter les bouteilles plastiques et de minimiser la pollution.
- Evitons la cuisine au feu de bois, et évitons les feux d’agrément.
- Evitons de laisser les déchets de nos voyages dans les zones rurales, les villes petites et moyennes. Et rapatrions les déchets difficilement triables et recyclable (piles, plastiques, lingettes…) dans les grandes villes.
- Evitons de trop nous approcher de la faune, il ne faut surtout pas oublier que nous sommes seulement invités dans son propre territoire.
- Préservons la flore car celle-ci est la source de vie des animaux et des hommes.
- Evitons de prélever des objets archéologiques ou culturels à valeur historique ou symbolique unique.
- Economisons l’eau et évitons de souiller les points d’eau notamment avec les produits d’hygiène (savon, gel douche, etc.).
- Evitons de rapporter des souvenirs qui font partie du patrimoine naturel.
- Economisons l’énergie en logeant chez l’habitant car quand nous bénéficions de l’électricité, c’est souvent une chance.
- Utilisons les toilettes parfois prévues dans les campements ; s’il n’y en a pas, éloignons-nous absolument des sources d’eau. Dans la nature, brûlons, sans risque d’incendie, notre papier hygiénique après usage.
- Respectons les règles des parcs nationaux.
Nous vous invitons par ailleurs à télécharger la charte éthique du voyageur :
http://www.allibert-trekking.com/320-environnement-responsable-durable.htm.
Commentaires
Marie-Françoise C. (Elle l'a fait) : posté le 22/05/12 à 11:28
J'ai visité le Costa Rica en février 2009.
Je suis du même avis que Laurent H.
Laurent H. (Il l'a fait) : posté le 14/05/12 à 19:47
Annie A. (Elle veut le faire) : posté le 14/05/12 à 15:45
A quelle période as-tu fait ce voyage?
Merci de ta réponse, cordialement