Le 24/09/2008 | Jean Michel SANDOZ
Quelques jours trop courts en Islande
Tout de même, l’arrivée en Islande à l’aéroport de Reykjavik a de quoi déconcerter :
D’abord, traversée des nuages dans un grand virage sur l’aile au dessus de l’eau. L’avion se pose au milieu d’un champ de lave solidifié. Pas de doute, on est tout de suite dans le vif du sujet. Là, sous nos yeux la terre s’épanche, se forme et se déforme. La croûte terrestre se régénère ici au long d’une longue faille qui coupe l’île en deux. Les deux plaques américaines et européennes s’écartent là, à l’air libre de plusieurs cm par an.
Les conséquences de cette particularité géologique et de la position très au nord en latitude de l’île, font que l’on y trouve des paysages uniques au monde de plaines de cendres noires, de volcans actifs ou éteints de toutes les formes et toutes les catégories, de cascades bondissantes et sauvages, de draperies de brumes, d’arcs en ciel de contes de fées, de mousses et de lichens d’une autre planète. Geysers, fumerolles, odeurs de souffre, colonnes de basalte hexagonales, refuges en bois chaleureux chauffés à la géothermie, bassins naturels paradisiaques de sources d’eaux chaudes. La terre d’il y a quelques centaines de millions d’années, la terre encore agitée des soubresauts des matins du monde.
Les glaciers recouvrant les volcans se jettent dans la mer grise en lâchant des gerbes d’iceberg bleus et torturés. Un phoque au minois malicieux apparaît rapidement et plonge et disparaît. Les sternes agiles ballotées par le vent,s’apprêtent à partir pour leur longue migration dans l’hémisphère sud , car l’hiver boréal n’est pas loin.
Enveloppant tout, un climat océanique changeant et merveilleusement divers : soleil et pluie, neige et brouillard, vent et glace, nuages qui galopent comme les chevaux du vent en quelques imprévisibles instants. La nuit, le ciel pur un moment (nous guettons l’aurore boréale de septembre ) le dispute soudainement à une couverture nuageuse de dieux jaloux.
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