L’affaire de la Mauritanie, relancée par l’enlèvement de trois ressortissants espagnols, le 30 Novembre dernier, est à ce propos exemplaire !
L’affaire de la Mauritanie, relancée par l’enlèvement de trois ressortissants espagnols, le 30 Novembre dernier, est à ce propos exemplaire !
Nous, Allibert (il s’agit d’une décision collégiale), sommes alors confrontés à un problème d’une banale simplicité :
- garder ouverte la destination, ou
- fermer la destination
Fermer la destination est un choix très raisonnable ! En effet, même si le risque est infinitésimal, même si toutes les conditions de sécurité sont prises, le levier médiatique, la position « parapluie » du Quai d’Orsay (mais s’attend-on à autre chose ?), transformeront à coup sûr, le moindre grain de sable en tempête médiatique, voire judiciaire. Tout cela pour quelques « arpents de désert» pour paraphraser Voltaire, pour le plaisir égoïste de quelques rares marcheurs et un gain financier plus qu’hasardeux, compte tenu de la difficulté à maintenir une desserte aérienne. Autant canaliser les clients vers l’Algérie, le Maroc et améliorer les coefficients de remplissage : Yapafoto !
La solution pour un chef d’entreprise, responsable, envers ses actionnaires, ses employés, est donc de fermer la Mauritanie, sans perdre un temps inutile à analyser le risque réel, la possibilité ou non de prendre des mesures, etc.
On peut aussi prendre la responsabilité sous un autre angle. Admettons, un seul instant, que la sécurité puisse être assurée et égaler alors le niveau d’autres régions sahariennes ; par exemple : Atlas, Hoggar, Tadrart, Akakous, Désert Blanc, etc. Ne commettrions pas une formidable injustice envers nos amis Mauritaniens ? Si Allibert jetait l’éponge, il y a tout à parier que plusieurs agences jetteraient à leur tour celle-ci, entraînant l’abandon de la desserte aérienne sur Atar. Cette fermeture condamnerait nos amis guides, chameliers, chauffeurs, cuisiniers, à l’émigration, aux trafics inévitables leur permettant simplement de nourrir leurs familles. Ces femmes, ces hommes, n’ont pas besoin de semi-prébendes mais bien de respect, d’écoute, d’échanges, de travail. Fermer la destination, c’est prendre le risque de contribuer à faire glisser cette « Terre de Hommes » vers le destin tragique d’une Somalie.
Nous avons ainsi choisi, en connaissance et en conscience, mais aussi avec humilité, de ne pas baisser les bras, de résister, autant que possible, contre cette injustice. Pour cela, nous avons travaillé avec nos collègues, avec les autorités gouvernementales pour garantir les conditions de sécurité, pour continuer à pratiquer dans toutes ses dimensions, le tourisme responsable !
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