Le 11/02/2008 | Jef TRIPARD
Une GRANDE traversée
Fascinant désert ...
« Allez, j’y vais, encadrer cette “GRANDE traversée”. Bof “GRANDE” ? Ils s’y croient les chefs de produit avec leur “GRAND” ! ça fait vendre plus ? Bon c’est décidé, voie hiérarchique oblige, mon DG m’autorise, j’y vais. Les mains dans les poches hein, le Désert, moi je connais. Bon j’ai essayé de voir les respectables et GRANDS guides qu’y s’y sont risqués : Rémy a caché ses notes dans les cartons de déménagement et s’est caché à l’hôpital, Jean-Luc (Moreau) ne veut pas que je parte sur ses pas, mais plutôt dans le sud, alors magnanime, il me passe sept cartes avec quelques croix éparpillées sur 800 ou 600 kilomètres, ça dépend dit-il…
Première étape : deux heures que le groupe marche dans les cailloux en humant l’air sec du Hoggar. Bien sage le premier jour, prudents, nous ne nous connaissons pas :
Le client : Tiens, ça vient noir du sud
Le vieux guide : Oui des fois il y a des passages nuageux
Le client : Tiens le vent est quand même froid, vous n’avez pas reçu une goutte?
Le vieux guide : Non (rassurant), c’est sur les hauteurs de l”Assekrem, souvenez-vous, je vous ai écrit que j’y avais patiné dans la neige en ...”
Le client: Oh, mais c’est un grêlon ça!
Rafale, mitraillage de glace, le ciel nous tombe sur la tête une bonne heure. Le sable blanchi joliment en ombrage selon l’exposition. Et tout devient blanc. Un petit acacia ne sert à rien si ce n’est à ramasser du bois pour faire un feu, car il fait vraiment froid. Et puis après le blanc: la pluie, l’eau, qui coule dans les roches qui se marrent de cette blague, puis dans les fissures qui en profitent pour se désensabler. L’eau qui arrive dans l’oued qui boit tranquillement un grand coup, puis, qui gorgé, crache sur les toutouristetoutristes, et de les chasser “c’est mon lit à moi !”, et de foncer sur le feu qui n’a jamais vu ça, « foi de Djenoun ! » et s'étouffe, ulcéré, de ce thé glacé qu’on ne lui a jamais servi.
L’ambiance était donnée, la tente messe oubliée, tant pis, l’eau était finalement essentielle !
Comme a dit un client, « 3000 euros pour marcher au cul des chameaux dans les vapeurs de méthane… c’est GRAND ».
Oui, c’est GRAND, définitivement c’est une grande traversée, mais surtout une magnifique aventure. Avec ce serpentin de chameaux (22) et son capitaine Touareg au regard pressant, ses ordres de marche énigmatiques, montrés d’une main noueuse, jamais précise, son regard condescendant du haut de son amis (dromadaire) qui file bon train sur des kilomètres sans fin.
Marcher ? Ah, non de non ! On a marché ! Des heures et des heures d’immenses platitudes balayées par le vent froid du nord-est. Des heures de soleil, de sable ; des gazelles chassées de leur “gazon”. Des heures d’horizon pour nourrir notre passion.
GRAND Désert, immense Désert, fascinant Désert. Désert à l’infini où l’on avance fasciné par le minéral et la non-vie, par la distance qui s’étire sans cesse plus loin. Grands, ces blocs de roches vrillés par les vents, Grand, par la résistance des trois familles croisées dans ce non lieu. Grand, formidablement Grand, j’ai enlevé mes mains des poches, j’ai serré les dents pour avancer ! (et ne pas avaler de sable, hein).
Tout au bout de nos efforts inutiles Djanet nous à accepté : “Petits touristes!”.
Les chamelier marchent encore. Ils rentrent “GRANDS”. Respect ! »
Réactions
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Merci Jef pour ton calme et ton humour ...
Michèle et Pierre le 13/03/08
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