Le 05/03/2009 | Jean Michel SANDOZ
Le fond de l'oued est frais
Le cycle reproducteur du chameau
L'Immidir n'est pas une région comme les autres. Il s'y passe des choses très étranges et même proprement incroyables.
J'en veux pour exemple ce matin ensoleillé du 3e jour ou notre petit groupe, descendait nonchalamment un oued impassible. Les dalles lisses et plates que nous parcourions, polies par les eaux et parsemées des perles irrégulières des vasques miroirs nous accompagnaient.
Lors de notre pause habituelle, l'un d'entre nous Eric, observateur curieux et perspicace, nous fît remarquer la présence de larves minuscules et incongrues au sein de cet univers minéral et aquatique. Aussitôt enflammé de cette découverte inopinée, chacun d'entre nous s'interrogeait déjà, pétri d'angoisse sur l'origine de ces animalcules. Mon statut d'accompagnateur, d'expert faunistique et de responsable du confort et de la bonne santé mentale du groupe, me commandait de donner une réponse satisfaisante, sinon tout à fait véridique, à l'ensemble de notre petite troupe avide de découvertes et de connaissances nouvelles. C'est pourquoi, j'entamais un exposé exhaustif du cycle reproducteur du chameau : "Mes amis" leur dis-je, "Une grande merveille est là, sous nos yeux en train de voir le jour. Loin de tous les traités d'école, des plus grandes certitudes scientifiques, je vais vous conter l'histoire de la reproduction du dromadaire. Pourquoi ces larves me direz-vous ? Et bien voilà : En Immidir, les femelles parturientes pondent leurs oeufs dans les "gueltas" (nom donné aux mares locales). Ceux-ci, après leur éclosion, laissent s'échapper les petits embryons camélidés que vous voyez là. Quelques semaines plus tard, après la transformation de leurs nageoires en 4 petites ailes transparentes telles les libellules, les larves quittent l'eau pour aller nidifier dans les acacias proches. Nous en avons pour preuves les multiples branches savamment entrelacées hauts dans les arbres par les parents. Lorsque la larve atteint les 300 kg, elle est prête pour l'envol nuptial. Quel spectacle émouvant et rare que de voir tous ces jeunes couples se rassembler en altitude, portés par les courants d'air chauds du Sahara. L'accouplement joyeux a lieu en plein vol. Les jeunes chameaux à l’issue de cette céleste union perdent leurs 4 ailes gracieuses qui se transforment cette fois ci en 4 pattes telles que nous les connaissons habituellement. Ils gardent ainsi dans la grâce et la légèreté de leur démarche chaloupée le souvenir de leur enfance aquatique et aérienne (ceci explique leur pas à l’amble) et disséminent de cette manière de « gueltas » en « gueltas » leur étonnante progéniture.
Ah ! mes amis, la nature est décidément pleine de surprises et les contrées éloignées bien extraordinaires…
Bonne journée à tous,
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Allez, rêvons, valorisons cette légèreté de l'être et de l'esprit et laissons échapper l'enfant qui sommeille encore en nous : la vie est bien plus belle ainsi!
Babs
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