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La préparation

Dans une dizaine de jours, nous partons au Népal puis au Tibet pour entreprendre l’ascension de l’Everest.
préparation Everest

Mercredi 25 mars 2009

Plus haut point du globe, “troisième pôle”, ce sommet reste encore aujourd’hui fortement symbolique. Partir pour l’Everest, c’est nécessairement s’engager dans un projet d’envergure, et tenter son ascension sans oxygène, c’est côtoyer les limites des capacités humaines et les siennes. Un projet fascinant pour les passionnés que nous sommes. Mais pour se lancer dans ce type de projet, il est préférable de se préparer avec enthousiasme et sérieux. S’agit-il d’un aboutissement dans une carrière d’alpiniste, peut-être, mais plus encore d’un cheminement qui naturellement nous a conduits vers cette montagne. Il y a forcément du rêve d’enfant dans le désir de réaliser un tel projet. Néanmoins, sa réalisation fait appel à toute notre expérience d’alpinistes fervents.

Depuis des mois, nous avons accumulé les séances d’entraînement et les mètres de dénivelée pour préparer nos corps à la souffrance et à son acceptation. Savoir tenir et durer, et, surtout, avancer, faire encore un pas et encore un pas. Rendre cet effort indispensable et facile à la tête alors que les jambes voudraient dire stop. La très haute altitude, plus qu’ailleurs, est affaire de volonté et de caractère, où il faut  accepter de se faire mal pour un temps que l’on souhaite le plus court possible. Il n’y a pas d’héroïsme à cela, simplement une volonté indéfectible pour supporter cette ascèse. Car c’est aussi ça l’altitude, au-dessus de 7 500 mètres : une ascèse spirituelle et physique. Tandis que je m’élève et découvre un nouvel horizon qui vient à moi en s’élargissant, l’oxygène se raréfie, mon organisme se dégrade, le sommeil se fait rare, les aliments deviennent indigestes, boire demande un effort et des heures d’attente pour obtenir de l’eau. Je gagne en hauteur , mais je sacrifie l’essentiel pour ne plus me concentrer que sur le minimum vital. Malgré toute une panoplie d’équipements toujours plus performants, l’homme se retrouve seul là-haut, confronté à sa petitesse. Complètement nu devant “le silence des espaces infinis” ! Et de cette expérience que peu d’endroits dans le monde autorisent encore aujourd’hui, l’homme sort grandi. Il y gagne peut-être un supplément d’âme, ou plus simplement un peu d’humanité.