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A 7 700 mètres

C’est en descendant que l’on réalise l’incidence que l’altitude a sur les corps.
camp 2 everest

Lundi 11 mai 2009

Lentement, elle vous marque, et détruit jusqu’à la plus petite parcelle d’énergie, pour générer une absence de volonté, voire de vie. Depuis notre dernier mail, nous avons fait de nombreux allers-retours sur les flancs du géant afin de parfaire notre acclimatation (encore et toujours), et aussi pour l’apprivoiser. En fait, pour nous habituer aux dimensions gigantesques de cette montagne exceptionnelle, on pourrait dire de cette singularité. : le col nord, où nous avons dormi à plusieurs reprises, et le camp II, à 7 700 mètres, où Martine est montée seule, une journée de grâce pour elle. Petite et éphémère, elle était toute seule sur la montagne à cette altitude, tandis que, fatigué ce jour-là, je l’attendais au camp I du col nord, à 7 060 mètres.

Le camp II encore pour Ludo, Nima Dorje et moi, où nous avons passé une mauvaise nuit, à cause de l’altitude et de la tempête de vent qui s’est déclenchée vers 3h30 du matin. Dans la petite tente perchée sur un étroit balcon, le vent a commencé à souffler alors que je pensais trouver un semblant de sommeil, provoquant de manière fort désagréable la chute continuelle du givre de la toile de tente sur le visage des “dormeurs”. Après une telle nuit, un combat (un cauchemar ?), le jour est arrivé comme une libération. Enfin, j’allais être en plein air et mon champ de vision ne se réduirait plus aux quelques centimètres carrés d’une toile de tente couverte de givre.

Les premiers pas du matin sont toujours difficiles : il faut mettre la machine en route, mais les faire à la descente est toujours plus facile que vers le haut. Rapidement, on gagne en oxygène, et ces précieuses molécules d’air supplémentaires permettent à l’organisme et aux muscles de se mouvoir plus aisément. C’est incroyable comme quelques mètres en moins apportent un confort de vie.

Après 13 jours passés au camp  de  base  avancé  à  6 400 mètres et au-dessus, notre acclimatation pour tenter le sommet est terminée. Nous sommes prêts pour un voyage dans l’oxygène très rare. Cependant, c’est avec plaisir que nous prenons le chemin de la basse altitude, d’abord le camp de base à 5 200 mètres, puis le village de Tingri à 4 300 mètres, où nous allons passer trois jours pour nous refaire une “santé” : bien manger, bien dormir et ne rien faire...

 

….. Accumuler un maximun d’énergie, faire le plein, avant notre tentative au sommet en espérant une fenêtre météo correcte.