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"Into the wild" pour de vrai

De nouveau, Judith et Niklaas empruntent la longue vallée glaciaire qui les mène à la taïga et au dépôt de vivre, laissé à l’entrée de la vallée. La dernière journée est à marche forcée, car nos deux jeunes sont à court de vivre… C’est donc sans interruption de 8h du matin à 24h qu’ils descendent la moraine. Enfin la sortie de vallée !
yakoutie riviere

Pataras… Le gué qu’ils comptaient emprunter pour rejoindre le dépôt de vivre est impraticable. Le torrent, gonflé par le déluge des deniers jours, est en crue. Niklaas s’encorde, malgré tout, et fait une tentative qui se solde par une quasi-noyade. Le moral à zéro, épuisés, Judith et Niklaas font encore dans la foulée une quinzaine de kilomètres pour essayer de contourner l’obstacle, sans résultat. C’est sans espoir. Après quelques heures de sommeil, après avoir vérifié leurs dernières vivres (un sachet de purée) et constaté que leur téléphone satellite est à court de batterie, ils se résignent à appuyer sur le bouton Help de leur balise de détresse. Le plus tôt étant le mieux car ils savent que les secours prendront plusieurs jours avant de les rejoindre.

Le message est effectivement reçu, à 1h du matin, par Jean Luc Poulat, guide de haute montagne et directeur associé de Allibert Montagnes et Déserts.  Jean-Luc, après avoir été en bref contact téléphonique avec les jeunes, se met en contact avec Slava qui, informé de la position et de la situation de Judith et Niklaas, met en branle les rangers du Parc Momsky. Le temps d’acheminer des chevaux, d’attendre que le niveau de l’eau baisse, de cheminer à travers le labyrinthe des bras de rivières, ceux-ci les rejoignent après quatre jours, guidés par la position géographique et le flair de leurs chiens. Quatre jours de jeûne intégral pour nos alpinistes, mis à profit pour approfondir leur philosophie de la vie : pourquoi sommes-nous là ?  Serions-nous mieux à la maison ? Cette chenille est elle comestible ? etc.