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Retour à Kathmandou

Retour à Kathmandu, où nous retrouvons enfin la civilisation. Le 21 mai, nous avons quitté le camp de base avancé à 5700 m pour rejoindre le camp de base Hillary à 4800 m.
kathmandou

Journal : le 26 mai 

La marche de 6 heures dans les blocs instables de la moraine fut particulièrement éprouvante, d’autant plus que la neige vint compléter le tableau. Au camp de base Hillary nous constatons que notre crash en hélicoptère a été utile : une manche à air est installée pour indiquer le sens du vent aux pilotes. Le lendemain, nous descendons à Yengle Kharka, à 3500 m, par une marche rendue difficile par l’état de fatigue de Francois, les 5 heures prévues se transformeront en 8 heures. L’étape, qui se déroule au milieu d’une forêt de rhododendrons en fleur dominée par de splendides cascades, est réellement magnifique, mais la pluie est telle que nous avons du mal à l’apprécier. Enfin, nous arrivons à Yengle Karkha, où nous avons la surprise de découvrir un hélicoptère. Un Ecureuil B3 piloté par le colonel Lama, bloqué par un problème technique et des conditions climatiques défavorables depuis deux jours. Grâce à notre téléphone satellite, il contacte Kathmandu pour faire venir un autre hélicoptère afin d’évacuer les trois personnes qu’il venait secourir et un ingénieur. Nous profitons de l’aubaine pour organiser avec lui et Sonam notre retour sur Lukla. Le lendemain, après être allé chercher Blair au camp de base Hilary, l’hélicoptère nous amène à Lukla. Malgré une météo épouvantable, nous volons de Lukla à Kathmandu, où Sonam nous attend. Le contraste est saisissant : en une matinée nous passons de Yengle Kharka à l’hôtel Yak&Yeti !

Depuis trois jours que nous sommes à Kathmandu, Francois dort 16 à 18 heures par jour pour essayer de récupérer un tant soit peu d’énergie. Hier, il a effrayé l’assistant de Miss Hawley qui venait l’interroger sur son ascension, à la fois par sa maigreur et  par son manque de concentration. Il a une toux persistante, des problèmes intestinaux et les lèvres brûlées. Mais  à part cela, tout va bien, il n’a pas ramené de gelures du sommet… juste une absence de lui-même qui lui fait se demander où il est et ce qu’il y fait.

Magique, la très haute altitude demande à être fréquentée avec parcimonie, car on y laisse forcément une part de soi-même, et redescendre de là-haut demande beaucoup plus de temps qu’il n’y paraît, comme s’il fallait se désacclimater.