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Choisir ses chaussures de marche

Ce sont vos pieds qui vous conduisent à la découverte du vaste monde, alors prenez en soin ! Pour de meilleurs égards, choisissez des chaussures qui leur éviteront de surchauffer, de s’enflammer et de se tordre... Marcheur depuis toujours, Jérôme Dubois, accompagnateur Allibert, sait tout des précautions à prendre en la matière
chaussure de marche randonnée

Comment choisir de bonnes chaussures ?

Il faut d’abord penser à sa destination : selon l’environnement dans lequel on évolue, les contraintes sont différentes. Vous devez aussi évaluer votre niveau avec objectivité : si vous êtes un grand marcheur, vos pieds sont “rodés” et ont moins besoin de protection que des pieds peu sollicités.

Quels sont les besoins dans le désert et les régions sèches ?

L’enjeu est d’éviter à vos pieds de surchauffer. Pour cela, choisissez des chaussures souples, légères et sans membrane imper-respirante*, car la température élevée favorise naturellement la transpiration. Evitez le caoutchouc, privilégiez les fibres modernes ou la toile, à condition que les chaussures ne soient pas trop molles : vous aurez besoin d’un minimum de maintien pour éviter les ampoules et les entorses. 
Des baskets basses peuvent suffire, mais pensez aux entrées de sable, qui rendent parfois la marche douloureuse : si vous redoutez de vider sans cesse vos chaussures, optez pour des modèles mi-hauts. De même, en cas de fragilité des chevilles, choisissez des chaussures hautes (au-dessus de la malléole) pour éviter les entorses causées par l’instabilité des grands ergs sableux. 

A quoi faut-il penser pour la moyenne montagne et les régions humides ?

Il faut penser à l’adhérence au sol et à la protection contre l’humidité. Privilégiez des chaussures à semelle fortement crantée pour assurer vos pas, que le terrain soit boueux, raide ou caillouteux. Vérifiez la présence d’un chausson imper-respirant* pour l’imperméabilité et la respiration. 
Les chaussures sont légères et peuvent être basses pour les habitués de la marche sur terrain accidenté. Dans le doute, protégez vos chevilles avec un modèle haut.
* Tissu à la fois imperméable et respirant, c’est-à-dire que la transpiration est évacuée alors que l’eau ne peut pas entrer. 

En termes d’entretien, le chausson microporeux doit retenir toute votre attention : après chaque sortie, faites-le sécher pour éviter sa dégradation... et les mauvaises odeurs ! En vieillissant, il aura tendance à se tasser et à perdre son imperméabilité : vous pouvez le réimperméabiliser pour accroître sa durée de vie. 

Quelles sont les contraintes
pour la randonnée technique ?

Il est primordial de garantir son adhérence et de maintenir sa cheville en choisissant des chaussures hautes, semi-rigides et fortement crantées. Pour les treks très techniques, privilégiez les modèles avec amortisseur de talon, qui retarderont les sensations de lourdeur et de fatigue.
Vous pouvez choisir des chaussures “tout cuir”, durables et très imperméables, surtout si le cuir est traité hydrofuge. Elles nécessitent toutefois un graissage régulier. 
Ou encore opter pour des chaussures avec chaussons à membrane imper-respirante*, plus légères mais plus fragiles. Elles doivent être équipées d’un pare-pierres et de renforts latéraux, et être assez épaisses pour protéger des aspérités du sol. 
En cuir ou dans l’une des nouvelles matières synthétiques, la qualité des chaussures a tellement progressé qu’il est difficile de les départager... C’est donc une histoire de confort et de goût !

Comment protéger ses pieds dans le cas extrême de l’alpinisme ?

L’alpinisme cumule à peu près toutes les difficultés pour les pieds, c’est pourquoi, des chaussures à la fois rigides et cramponnables sont nécessaires. Trois choix sont possibles : le “tout cuir”, plus confortable et respirant ; les semi-plastiques, mêlant cuir et plastique ; les coques plastiques, qui ont l’avantage d’être totalement étanches.

Quelques conseils

  • Prenez votre temps !
  • Mettez les mêmes chaussettes que celles utilisées pendant la marche. 
  • Essayez les deux chaussures : nous avons tous un pied plus fort que l’autre.
  • Pour choisir la pointure, placez vos orteils en butée à l’avant dans les chaussures délacées : vous devez pouvoir passez un doigt derrière le coup-de-pied.
  • Montez et descendez des escaliers et placez-vous en pente sur la tranche du pied pour évaluer le confort.
  • Repérez les points durs et les éventuelles compressions du bout des orteils (source d’ampoules).
  • La semelle de propreté* doit être épaisse et amortissante.
  • Choisissez des modèles comportant le moins de coutures possible (points • faibles et zones de frottement).
  • Pour les femmes, optez pour les modèles féminins : les différences morphologiques (poids, forme, etc.) sont prises en compte par les fabricants.
  • Pour les enfants, vérifiez qu’ils sont aussi à l’aise dans leurs chaussures que dans des chaussons.
  • Ne ressortez pas du magasin en vous disant que certains points douloureux passeront à l’usage : c’est toujours l’inverse qui se produit !
  • Avant de partir pour de longues randonnées, “cassez” vos chaussures neuves lors de petites sorties. Les premiers temps, prenez une paire de rechange pour alterner, en cas de problème, avec la nouvelle paire.

* Semelle de propreté (ou première de propreté) : placée à l’intérieur de la chaussure entre la plante du pied et la semelle.

Entretenir et réparer ses chaussures

Les chaussures de randonnée sont comme les chats : elles ont plusieurs vies ! Prenez-en soin en les nettoyant fréquemment, en les séchant correctement et en les graissant régulièrement. Pour aller jusqu’à leur “résurrection”, faites appel à des spécialistes : dans les villes de montagne, notamment, certains cordonniers spécialisés ressemellent les modèles, réparent les grosses coutures en cuir, et peuvent même parfois agir sur des formes trop pointues. 

Choisir ses chaussettes

  • Utilisez des chaussettes mi-bas pas trop fines, en coton si vous transpirez, ou en matière synthétique.
  • Ne remettez pas des chaussettes très sales ou humides pour une nouvelle journée de marche : c’est la meilleure manière de provoquer les ampoules.
  • Evitez les chaussettes anti-ampoules : elles se percent très vite, et leur efficacité est moins concluante qu’une bonne paire de chaussettes propres.
  • Il existe des chaussettes antifrottements : elles sont cependant plus fragiles que des chaussettes de marche “classiques”. 

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