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Les îles Eoliennes : d'eau et de feu

Elles appartiennent aux hommes et aux dieux. Lointaines et sauvages, faites d’eau et de feu. Les îles Eoliennes, où se mêlent la colère souterraine et la richesse de la terre, sont incroyablement fertiles. Et l’on s’interroge sur le lien qui unit ces paysages spectaculaires aux mythes fondateurs de la Méditerranée.
Iles Eoliennes sans vidéo

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Au pays des volcans

Vues du ciel, elles sont comme des paillettes disséminées sur une mer bleu marine, scintillantes au soleil comme du cristal. Sans doute est-ce dû à la pierre volcanique dont elles sont faites. Les îles Eoliennes forment un archipel au nord de la Sicile. Certaines abruptes et escarpées, d’autres, plus vallonnées, au relief plus accueillant. Elles sont dix-sept au total, éparpillées sur la mer Tyrrhénienne au large de la côte sicilienne. Mais sept seulement sont habitées. Il y a d’abord Vulcano, l’explosive, jadis caractérisée par une activité volcanique intense. Puis Lipari, la plus grande, dont les volcans, des années durant, ont craché de la pierre ponce, autrefois la principale ressource économique du pays. Aujourd’hui, sur la cendre des volcans, pousse la vigne qui donne le Malvoisie, un vin blanc renommé. Il y a aussi Alicudi, parsemée de bruyère et de figuiers de Barbarie. Filicudi, sa voisine, dont l’abondante végétation de fougères lui a donné son nom. Salina, la plus fertile, constituée de six volcans, où vergers, vignobles et oliveraies se cultivent en terrasse. Et puis Stromboli, la plus éloignée des côtes, dont la silhouette élancée du volcan éponyme se dessine sur un ciel saphir. De temps en temps, il continue de cracher modérément des scories, qui, la nuit, offrent un spectacle éblouissant.

Etna en veille

Il est le volcan actif le plus haut d’Europe, et domine Catane, seconde ville la plus peuplée de Sicile. Terre fertile recouverte de vergers, d’orangers et de citronniers, sa végétation lui donne une allure débonnaire et accueillante. Mais avec près d’une centaine d’éruptions au XXe siècle, l’Etna reste l’un des volcans les plus actifs du monde.

Le domaine des dieux

Iles tour à tour envahies par les peuples de Sicile, les Grecs, les Tyrrhéniens…, les divinités de l’Olympe y ont aussi leur demeure. L’on sait grâce à Homère que des êtres mythiques et autres sirènes au chant ensorceleur attendaient ici les navigateurs. Pour ne pas succomber à leurs appels, Ulysse dut s’attacher au mât de son navire. Mais il n’échappa au péril que pour affronter les monstrueux cyclopes sur la côte ouest, et, parmi eux, le monstre Polyphème. Eole, maître des vents, offrit un jour à Ulysse une outre renfermant tous les vents. Les marins du héros, trop curieux, l’ouvrirent et déclenchèrent ainsi de terribles tempêtes. Des hommes y ont toujours vécu. Attirés jadis par l'obsidienne, ce minéral d'origine volcanique qui plaça les îles Eoliennes au centre de florissantes routes commerciales déjà au temps de la Rome antique. Sous le règne des Bourbons, Vulcano servit de colonie pénitentiaire pour l‘extraction du sulfate d’aluminium et du soufre. Aujourd’hui, 14 000 habitants vivent de l’agriculture et du tourisme. Les Eoliennes sont, depuis 2000 classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

Le nectar des dieux

Le dieu Dionysos aurait planté la première vigne au pied de l’Etna. Le vignoble est présent dans toute la région : des cépages d’altitude de Linguaglossa à ceux de Lipari, qui donnent le fameux Malvoisie qui enchanta Alexandre Dumas. Mais que Guy de Maupassant qualifia de “vin du diable”. Du sirop de soufre, disait-il. Le vin des volcans, épais, sucré, doré et tellement soufré que le goût vous en reste au palais jusqu’au soir.

 

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