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4 handis au sommet de 4 volcans

Apach’évasion (Association pour l’accompagnement de citoyens en situation de handicap vers l’évasion) a relevé le défi de parcourir avec des Joëlettes (fauteuils tout-terrain adaptés aux personnes à mobilité réduite) les îles Eoliennes. Allibert Trekking les a accompagnés dans cette aventure. Chronique du voyage.
4 handis au sommet de 4 volcans

Lundi 4 juin

Arrivée à Naples, où nous sommes accueillis par notre guide, Veronica. Découverte de Pompéi, émotions, et plongeon immédiat dans un autre monde, une autre époque. La Joëlette est là encore un superbe outil d’indépendance, et nos amis Nicolas, Julien, Fred et Baptiste n’en perdent pas une, tout comme nous, à l’évocation des retours des marins de l’époque qui étaient guidés vers les “lupanars” par un fléchage bien particulier…

Mardi 5 juin

Direction le Vésuve et mise en pratique de notre entraînement. Le chemin peut être chaotique, avec escaliers en prime, et là, première alerte, Pippo, un des “mulets” de l’attelage de Fred, se blesse à la cheville en faisant des photos ! Pas de tout repos pour lui le reste de la semaine et gros remords. Dans la foulée, nous visitons Naples, quartiers populaires, quartier espagnol… Ce n’est pas le Naples des touristes, Veronica est chez elle et nous en profitons : dégustations de gâteaux du pays, glaces, et en route au pas de gymnastique pour embarquer sur un ferry direction Stromboli. Nuit à bord et arrivée au lever du jour devant ce volcan en activité, irréel !

Mercredi 6 juin

Après l’installation dans nos gîtes, nous rencontrons nos guides, qui découvrent notre projet : Vous êtes fous ! Non du Haut-Doubs... Départ à 17 heures pour une longue et éprouvante monté, et ce n’est pas peu dire. Les passagers des Joëlettes ont de quoi être inquiets, mais ils ont confiance et résistent : splendide ! Le sommet prévu ne sera pas pour nous, mais nous sommes à 250 mètres de lui, dans la nuit, sous trois explosions de lave. Personne ne parle. Retour à la frontale, à deux heures du matin nous voici dans nos lits. Sacrée journée.

Jeudi 7 juin

Vulcano : arrivée après une traversée rapide en ferry avec foils sur une mer qui laisse les visages tendus... Visite de Vulcano et départ pour le volcan vers 19 heures. Là encore une belle “bavante”, avec en prime des marches de géant où il faut porter à bout de bras les Joëlettes. Sur le bord du cratère, un vent musclé nous salue avec un sol très chaud et des vapeurs de soufre bien réelles Vulcain est là !

Vendredi 8 juin

Bateau et départ pour l’Etna ! 19 heures : arrivée à l’hôtel.

Samedi 9 juin

A 9 heures, c’est parti pour l’épreuve ultime du projet. Equipes et guides sont prêts, casques distribués, consignes entendues. Mais, stupeur, Fred est malade, maux de tête, envie de dormir, vomissements, et à l’idée de ne pas participer à cette ascension, larmes, déception, limite colère et un gros chagrin, avec, en prime, l’obligation que deux d’entre nous acceptent cette énorme frustration de ne pas y aller. Malgré cela, Fred récupère et réalise le tour d’un cratère proche, et ce sans autre locomotion que ses jambes ! Quel engagement, quel dépassement, quelle leçon pour nous ! Deux équipages seulement se sont donc préparés pour gravir l’Etna. Les coulées de lave sur lesquelles les Joëlettes ont bien du mal à rouler, les névés ou les chemins très pentus dans les scories ne nous arrêtent pas, car les équipes sont tenaces et déterminées. A l’arrivée au bord du cratère, une très grande émotion nous étreint tous. Les difficultés de la montée sont vite oubliées, et nous longeons le cratère dans un paysage lunaire et très soufré. Dans la descente vertigineuse dans les scories, il faut retenir très fermement les Joëlettes, car on se croirait sur une piste de ski mais sans skis… Après une petite pause repas, nous retrouvons les coulées de lave. A 17 heures, nous voilà de retour, triomphants, fiers, heureux, fatigués : le sommet de l’Etna, pour la première fois, a rencontré des personnes pas tout à fait comme le commun, des personnes exceptionnelles, un groupe d’humains gorgés d’humanité, et qu’est-ce que ça fait du bien !

Dimanche 10 juin

Départ de Catane, émotions là encore, larmes, étreintes, promesses de se revoir. Ce sera chose faite la semaine du 3 au 7 juillet : Veronica sera en Franche-Comté, dans le Haut-Doubs, cela va être aussi une sacrée semaine.

Voilà, c’est fait, et après ? Eh bien peut-être un projet de course-croisière depuis les côtes de l’Atlantique ? En Bretagne ? Pourquoi pas, faut voir…

 

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