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Ethiopie, Iran, Jordanie, voyages aux sources…

Eglises rupestres du Tigré, Pétra, taillée dans la roche du wadi Rum, cités du désert, joyaux de la Perse antique… Ces stupéfiants paysages, œuvres conjuguées de l’homme et de la nature, témoignent au fil de l’Histoire de la relation des peuples avec leur environnement. Quand nature et culture entrent en résonance…

Églises du Tigré, mémoire de l’Éthiopie

Hauts plateaux du Tigré, gigantesque et invraisemblable labyrinthe montagneux alternant vallées arides, pitons rocheux dressés vers le ciel et plateaux tabulaires entaillés de gorges profondes ! Dans ces montagnes d’Abyssinie, situées à l’orient de l’Ethiopie, quelque 160 églises troglodytes émaillent le paysage, patiemment sculptées par l’homme dans la roche du Tigré entre le VIe et le XIVe siècle. On y accède par des canyons étroits, des marches creusées dans la falaise, des vires à flanc de montagne... L’approche n’est pas facile, mais lorsque l’on pénètre dans ces grottes naturelles, le spectacle est extraordinaire : piliers massifs, arcades décorées, coupoles richement enluminées, fresques colorées peintes à même la pierre.
Maryam Korkor, dont la légende raconte qu’elle fut créée par Dieu qui envoya un message aux rois jumeaux Abreha et Atsbeha et leur ordonna de révéler sa demeure, enfouie dans la roche… Abuna Yemata Guh, la plus haute, à 500 mètres d’altitude, offrant une vue spectaculaire. Abba Daniel, petite chapelle dont l’entrée minuscule s’ouvre sur une large vire perchée à 300 mètres au-dessus du vide. Abunè Gebrè Mikael, “l’église bleue”, et ses fresques retraçant la vie des saints. Debré Sion, juchée dans son nid d’aigle. Et bien d’autres encore…
 

Iran, somptueuses cités du désert

A la croisée de l’Asie, du Moyen-Orient et de l’Occident, le plateau iranien abrite les plus belles cités de la route de la Soie, témoins d’une civilisation qui a vu se succéder les dynasties achéménide arsacide, sassanide... et naître un patrimoine unique au monde. Deux déserts occupent ce plateau : le Dasht-é Kavir (200 000 km²), le désert de sel, au nord, et le Dasht-é Lut (166 000 km²), le désert de sable, au sud, bordé par les montagnes. C’est dans ces lieux que s’est développé le plus grand empire de l’Antiquité.
Yazd, créée il y a plus de 2 500 ans sous l’empire achéménide, compte parmi les plus belles oasis du pays. Entourée de hautes montagnes et de déserts, elle borde le sud du Dasht-e Kavir, désert de roches et de sable, à une altitude de 1 240 mètres. Kashan, la “ville des roses”, haut lieu de la faïence, ces kashi aux teintes bleues si caractéristiques de l’art persan, oasis verte au milieu d’un océan désertique, est connue depuis des millénaires par les nomades.
Mashad, la ville sainte, lieu de pèlerinage incontournable des Iraniens. Et, surtout, Ispahan, capitale de la Perse entre les XVIe et XVIIIe siècles, l’un des joyaux architecturaux du Moyen-Orient, exemple de l’art safavide, âge d’or de la civilisation perse.
 

Pétra, joyau Antique de la Jordanie

Tel un océan de dunes blondes d’où surgiraient des hydres de grès ocre et pourpre ingénieusement sculptées par les caprices de l’eau et du vent, s’étend le désert du wadi Rum. Ses couleurs, aux mouvements de la lumière du jour, varient du noir au rouge, en passant par le pourpre et le blanc. Ici, pas d’horizon lointain, mais la verticalité des roches, comme plantées dans les dunes, qui ajoute au sublime des lieux.
Dans ce chaos de roche et de sable se dresse Pétra, mystérieuse cité, capitale d’un royaume plus mystérieux encore : celui des Nabatéens, caravaniers venus d’Arabie, qui d’un simple refuge créèrent une opulente métropole. Du IVe siècle à la conquête romaine, ils construisirent en plein désert le cœur de leur royaume, taillant dans les falaises rocheuses temples et tombeaux où se mêlent influences orientales et hellénistiques. Lorsque l’on pénètre dans l’antique Pétra par le siq, étroit canyon de plus d’un kilomètre entre d’abruptes falaises, les couleurs étonnantes se succèdent sur les formations rocheuses jusqu’à l’extrémité du défilé, où apparaît alors le temple d’Al-Khazneh, “le Trésor”.