Syrie

Au carrefour des continents africain, asiatique et européen, entre montagnes, steppes, vallée centrale et plaine côtière, chaque parcelle de cette terre a été façonnée par les populations qui l’ont traversée. D’Alep où nous plongeons dans les plus beaux souks du monde musulman, à Damas, “grain de beauté sur la joue du monde”, en passant par Tadmor, l’ancienne Palmyre, oasis au cœur du monde nomade, sans oublier les monastères et châteaux des croisés dressant l’étendard de la chrétienté, une découverte intense pour vivre la Syrie comme d’authentiques Bédouins…
 Syrie

Repères

Population

21,8 millions d’habitants.

Superficie

185 181 km2.

Capitale

Damas.

Villes principales

Alep, Homs, Hama, Lattaquié.

Point culminant

mont Hermon (2 814 m).

Langues

arabe (off.), kurde, circassien, arménien, syriaque, anglais dans les régions touristiques.

Religions

sunnites (74 %), alaouites (12 %), chrétiens (10 %), druzes (3 %), chiites duodécimains, ismaéliens, juifs.

Décalage horaire

par rapport à la France, une heure de plus toute l’année. UTC/GMT : + 2 h.

Géographie

Le pays est délimité au nord par la Turquie, à l’est et au sud-est par l’Irak, au sud par la Jordanie, au sud-ouest par Israël et à l’ouest par le Liban. Sa façade maritime court sur 183 km au nord-ouest.
Le territoire est constitué de quatre régions géographiques :
- une plaine littorale étroite, de 173 km de long, adossée à la barrière montagneuse du djebel Ansarieh ;
- une zone montagneuse, le djebel Ansarieh, large d’une cinquantaine de kilomètres, qui traverse le pays du nord au sud ; elle est prolongée au sud par le massif de l’Anti-Liban où culmine le mont Hermon ;
- des plaines, bassin de l’Oronte, vallée d’Alep, et des plateaux désertiques qui s’étendent à l’est de cette zone montagneuse jusqu’à l’Euphrate et vers les frontières de l’est et du sud-est.
- les monts du djebel Druze (ou djebel El-Arab) au sud.
Dans le désert, la végétation se cantonne aux lits d’oueds et aux oasis ; dans la steppe céréalière, où se trouve la presque totalité des grandes villes, l’arbre est devenu exceptionnel. Seul le nord-ouest bénéficie d’un magnifique couvert forestier.

Climat

- D’avril à juin, les températures sont douces partout, même sur la côte, les champs sont verts, les arbres en fleurs... et la pluie rare. Dans l’intérieur des terres et dans les montagnes, les soirées sont fraîches.
- L’été (juillet et août) est chaud et humide sur la côte, sec (parfois jusqu’à 40 °C) à l’intérieur du pays.
- Les couleurs d’automne sont également superbes, les températures restent douces jusqu’en novembre où le temps se dégrade et les averses font leur apparition. En altitude et dans l’intérieur des terres, les soirées sont fraîches dès la tombée du jour.
- En hiver, le climat est rigoureux dans l’intérieur du pays (Damas et Alep, entre 2 °C et 12 °C). Sur les côtes, le climat est de type méditerranéen (entre 14 °C et 8 °C), donc plus doux, mais humide. De bons lainages et des imperméables sont indispensables.

Économie

Le secteur agricole, qui emploie environ un quart de la population active, assure l'autosuffisance alimentaire et représente environ 20 % du PIB. Le blé et l'orge viennent en tête, suivis par le coton, la betterave à sucre, les fruits et légumes, le tabac, la vigne, l'olivier. Ces cultures sont souvent liées à l'irrigation et proviennent du Ghab (dépression drainée par l'Oronte), des piémonts montagneux et de la vallée de l'Euphrate (barré à Tabqa). L'élevage ovin est la ressource essentielle des nomades de la Syrie orientale.
L’industrie occupe une place non négligeable avec 26 % du PIB (textile, agroalimentaire, métallurgie, assemblages mécaniques et électriques, pétrochimie) ; le sous-sol de l'extrême nord-est du pays fournit du pétrole (principal produit d'exportation), du gaz naturel et des phosphates. Un champ de gaz naturel a également été découvert dans la région de Palmyre.
Depuis le début de la guerre civile, en 2011, l'économie du pays est atone.

Société

La population est très jeune avec un âge moyen de 20 ans, et 36 % de la population ont moins de 14 ans. Les Syriens se répartissent équitablement entre citadins et ruraux. Les Syriens originaires du Levant appartiennent au peuple sémitique. Aujourd’hui cependant, les Syriens se reconnaissent tous arabes et la population arabe syrienne représente 90 % de la population totale pour 10 % de Kurdes et d’Arméniens.
La population compte 90 % de musulmans et 10 % de chrétiens. Parmi les musulmans, 78 % sont sunnites, les autres se répartissent entre alaouites et druzes, mais également, en moindre nombre, ismaéliens et chiites. Les chrétiens sont répartis entre syriaques d’Antioche, syriens maronites, catholiques mais également chrétiens assyriens, arméniens et melchites orthodoxes.

L'histoire du pays

L'histoire
Vers 2350 avant J.-C., les rois de la grande ville d'Elba constituent le plus ancien empire d'Asie, avec le couloir syrien et un certain nombre de cités d'Anatolie et de Mésopotamie ; il est détruit vers 2200 avant J.-C.. Aux migrations des populations du couloir syrien et des franges du désert de Syrie, s'ajoutent des groupes d'Anatolie orientale et haute Mésopotamie, ainsi que les Hourrites, venus de l'est ; ainsi naît la culture cananéenne, avec Byblos pour centre. Dès le XXe siècle avant J.-C., les ports entrent en relation avec la Crète minoenne et Chypre, les contacts se multiplient avec l'Egypte. Le XVIIIe siècle avant J.-C. voit l'apogée de royaumes à dynastie amorrite, dont le centre le plus important est le Yamhad avec pour capitale Alep. A partir de 1365, les Hittites imposent leur domination, ils seront détruits par les attaques de hors-la-loi et le passage des Peuples de la Mer qui ruinent leurs cités. Au XIIIe  siècle avant J.-C., les Israélites s'infiltrent dans les régions d'habitat sédentaire, puis, au XIIe, en Syrie centrale. L'Egypte abandonne le reste aux mercenaires philistins. Le couloir syrien se trouve ainsi divisé, pour une longue période, entre quatre peuples : les Phéniciens et les Néo-Hittites donnent un nouvel éclat à leurs traditions nationales, les Israélites et les Araméens assimilent la culture de leurs sujets cananéens. Mais royaumes et cités doivent s'incliner devant les empires de l'intérieur de l'Asie : à partir de 743, les Assyriens soumettent définitivement la Syrie, entre 605 et 539 avant J.-C., les Babyloniens détruisent les royaumes de Juda et de Moab. D'autre part, les Arabes s'infiltrent dans l'est de la Syrie.
Entre le IVe siècle avant J.-C. et le VIIe siècle après J.-C., la Syrie est disputée entre les dynasties hellénistiques. A partir du IIIe après J.-C., la Syrie doit faire face à la puissance sassanide ; ce sont les princes de Palmyre qui arrêtent les Perses en 262, puis dominent la Syrie jusqu'à l'intervention de l'empereur Aurélien. En 395, la Syrie devient une province de l'Empire romain d'Orient ; Antioche est un important marché au débouché des voies d'Asie, siège de l'Administration centrale et centre culturel des élites universitaires et ecclésiastiques. Dans les campagnes, les sédentaires sémites parlent araméen et, dans le Nord, un dialecte voisin, le syriaque, tandis que les éleveurs nomades des déserts, les Bédouins, utilisent des dialectes arabes ; dans les villes, les commerçants syriens ou juifs emploient l'araméen dans le commerce ; les élites citadines et l'Eglise officielle s'expriment en grec ; enfin, dans l'Administration et l'armée, on se sert du latin. La Syrie-Palestine est presque totalement christianisée, et, le christianisme devient religion d'Etat, avec les patriarcats d'Antioche et de Jérusalem. Mais des doctrines hétérodoxes troublent le christianisme oriental. Au début du VIIe siècle, Antioche décline, la Syrie est conquise par les Perses. A partir de 622, toute la Syrie-Palestine redevient byzantine, mais la reconquête intensifie la lutte contre l'hérésie monophysite et les Juifs. C'est dans ce contexte social troublé que va avoir lieu l'invasion arabe. La Syrie, exaspérée par les persécutions religieuses et par les abus de la fiscalité byzantine, offre peu de résistance aux Arabes musulmans, les Byzantins capitulent en 640.
Le gouverneur musulman de Syrie fonde la dynastie omeyyade, qui, de Damas, règne sur l'islam jusqu'en 750. La civilisation islamique se développe. Les communautés chrétiennes trouvent chez les califes des qualités de tolérance. L'affaiblissement du califat abbasside de Bagdad à partir du IXe siècle entraîne le morcellement politique de la Syrie, les gouverneurs des grandes villes conquièrent l'autonomie. Se posant en représentants du calife en Egypte, les Tulunides (868-905) et les Ikhchidides (935-969) réunissent la Syrie à la vallée du Nil. La dynastie arabe des Hamdanides (944-1003), qui défend le pays contre les Byzantins, s'installe à Alep et y tient une cour brillante. Les divisions religieuses s'accentuent chez les musulmans : les Alawites divinisent Ali, les Druzes reconnaissent le calife fatimide al-Hakim (disparu en 1021) comme une incarnation de Dieu, les Assassins, qui s'installent après 1130 au Liban, utilisent le terrorisme pour imposer leur doctrine. Au Xe siècle, l'Empire byzantin, qui s'était maintenu derrière le Taurus, profite du déclin abbasside pour piller le nord de la Syrie.
La troisième croisade (1189-1192) aboutit à un partage de la Syrie. Les chrétiens conservent une bande littorale et les forteresses du Liban ; ce royaume de Jérusalem est dominé au XIIIe siècle par les marchands pisans, génois ou vénitiens ; Jérusalem retombe aux mains des musulmans  en 1244. A la mort de Saladin en 1193, le partage de ses biens, entre ses héritiers, les Ayyubides, apporte un nouveau morcellement de la Syrie.
Dans la deuxième partie du XIIIe siècle, les invasions mongoles sont arrêtées par les Mamelouks d'Egypte, qui assurent à Syrie deux siècles de tranquillité. Incapables de défendre les ports syriens dont ils se sont emparés, les Mamelouks les ruinent. Mais en 1516-1517, la domination égyptienne ne résiste pas à l'attaque du sultan ottoman Selim Ier. De 1517 à 1918, la Syrie ottomane, divisée en trois pachaliks (région gouvernée par un pacha) - Damas, Alep et Tripoli -, souffre de la tyrannie turque, qui n'empêche pas l'anarchie de s'étendre : les gouverneurs d'Egypte ou de Syrie parviennent, au XVIIIe  siècle, à une complète indépendance. Maître de l'Egypte, Bonaparte envahit la Syrie, mais en 1799, une armée ottomane se rassemble contre lui. Installé dans son gouvernement d'Egypte, Méhémet-Ali se fait promettre la Syrie par le sultan Mahmud II. Le sultan s'étant rétracté, le fils du pacha d'Egypte, Ibrahim Pacha, conquiert la Syrie en 1831-1832 ; les grandes puissances européennes intervenant dans la seconde guerre turco-égyptienne (1839-1841) restituent la Syrie au sultan. La Syrie s'ouvre aux capitaux européens, qui développent l'industrie et les voies ferrées.
La Première Guerre mondiale ruine la domination ottomane, l'armée britannique occupe la Palestine en 1917 et la Syrie en 1918. En 1916, la Grande-Bretagne détache la Palestine de l'ensemble syrien, la majeure partie du désert syrien est attribuée à deux Etats nouveaux, la Transjordanie et l'Iraq, confiés par Londres à des fils d'Husayn. La Syrie ne désigne plus qu'un territoire réduit. En 1920, la France reçoit mandat pour la Syrie et le Liban. Un Etat du "Grand-Liban" est constitué. En 1940, l'indépendance de la Syrie est proclamée.
La Syrie est très vite confrontée au conflit israélo-arabe. Soutenant les nationalistes palestiniens, elle intervient en Israël. De 1949 à 1954, les coups d'Etat se multiplient. Les civils reviennent au pouvoir dans un pays instable, fragilisé par ses difficultés frontalières avec Israël et où les luttes politiques sont encouragées par Bagdad. Face à l'axe Amman-Bagdad, pro-occidental, la Syrie et l'Egypte fusionnent, en 1958, dans une République arabe unie présidée par Gamal Abdel Nasser. Cependant, en 1961, l'armée syrienne met fin à cette union, et la Syrie redevient  indépendante.
Créé à Damas dans les années 1940 par un chrétien orthodoxe, Michel Aflak, et un sunnite, Salah al-Din al-Bitar, le parti Baath, expression du nationalisme arabe révolutionnaire, étend ses ramifications en Transjordanie, au Liban et en Iraq. En 1967, la  Syrie, confrontée à la guerre des Six-Jours, perd  le plateau du Golan. En 1970, le général Hafiz al-Asad fait arrêter ses principaux adversaires et prend le pouvoir. Faisant adopter un amendement à la Constitution qui stipule que le chef de l'Etat sera désormais élu au suffrage universel pour sept ans, il est élu pour un premier mandat en 1971 et régulièrement réélu par la suite. Hafiz al-Asad fait preuve d'une certaine ouverture politique. En 1973, lors du quatrième conflit israélo-arabe (guerre du Kippour), les troupes syriennes réussissent, avec l'armée égyptienne, à pénétrer les lignes israéliennes. En 1976, les troupes syriennes entrent au Liban, aux côtés de la droite maronite et à la demande du gouvernement libanais, - Damas ayant toujours considéré que le pays du Cèdre était son prolongement naturel lui permettant d'avoir un accès à la Méditerranée -.
Les Frères musulmans, représentant l'islam sunnite, acceptent mal que les troupes syriennes interviennent au Liban afin d'y réinstaurer le pouvoir des chrétiens ; la prééminence des Alawites, communauté dont est issu le chef de l'Etat, à tous les postes clés du pays – malgré sa faible représentation ne dépassant pas 10 à 12 % de la population– provoque le ressentiment des sunnites. Une opposition violente s'exprime à partir du milieu des années 1970.
Le Baath se maintient à la tête de l'Etat, en Iraq et en Syrie ; se développe alors une forte opposition, chacun revendiquant le rôle de gardien de la doctrine du parti. Le problème de la répartition des eaux de l'Euphrate est aussi un facteur de tension, ainsi que l'intervention syrienne au Liban, où chaque pays soutient des factions palestiniennes rivales. Les groupes soutenus par Damas s'opposent au Fatah d'Arafat et aux groupes du Front du refus, soutenus par Bagdad. De 1983 à 1987, les Syriens tentent, sans succès, de marginaliser Arafat. A partir de 1979, Damas noue, contre l'Iraq, une alliance stratégique avec Téhéran. En apparence, tout oppose ces deux pays, l'Iran constituant une République islamique, la Syrie se revendiquant comme un Etat laïc. Après la guerre Iran-Irak, Téhéran propose à la Syrie de lui livrer du pétrole gratuitement, lui demandant en échange d'empêcher le pétrole irakien de transiter sur son territoire pour être exporté. L'alliance de la Syrie avec l'Iran, par le truchement de la milice chiite du Hezbollah, permet à celle-ci d'obtenir le départ du Liban des troupes israéliennes en 1982 et, lui donne un quasi-monopole sur les affaires du pays.
L'engagement de la Syrie dans la coalition occidentale contre l'Iraq, lors de la guerre du Golfe (1990-1991), lui permet d'obtenir carte blanche au pays du Cèdre et de maintenir son rôle d'acteur incontournable des négociations de paix dans la région. La Syrie tente aussi d'améliorer ses relations avec Washington et condamne officiellement le terrorisme. Les négociations israélo-syriennes s'engagent en 1992 ; pour le régime syrien, il s'agit de "contenir" Israël dans ses frontières d'avant 1967, ce qui implique le retour du plateau du Golan sous contrôle syrien, la disparition de la zone de sécurité occupée par Israël au Sud-Liban et le rétablissement des droits nationaux des Palestiniens.
Les élections législatives de 1998 et le référendum présidentiel de 1999 sont de pure forme, l'opposition étant réduite à néant. Peu après le décès de son père en 2000, Bachar, pressenti comme dauphin, est "intronisé" : propulsé à la tête des forces armées, puis proclamé dirigeant du Baath, il est élu président de la République. Le "printemps de Damas", lancé à l'automne 2000 par des artistes et intellectuels réclamant le respect des libertés civiques et politiques essentielles, permet l'amnistie de quelque 600 prisonniers politiques (dont des Frères musulmans, des membres de la Ligue d'action communiste et des baassistes pro-irakiens, la reparution après plus de 50 ans d'absence de la Voix du peuple, le journal du parti communiste syrien, et le gel de la loi martiale en vigueur depuis 1963. Début 2001 cependant, la reprise en main se fait brutale. Jugés coupables de déstabiliser le régime, des opposants sont arrêtés, les technocrates, formés à l'étranger et arrivés au pouvoir avec Bachar, sont écartés au profit du clan familial - son frère cadet Maher al-Asad, responsable dans l'armée, et son beau-frère Assef Chawkat, qui contrôle les services de renseignements -. Les réformes économiques, régulièrement annoncées, tardent à venir.
Le Xe Congrès du Baath de 2005 confirme la mainmise du parti sur l'ensemble des institutions, l'état d'urgence est maintenu, la plupart des membres de la vieille garde héritée de Hafiz al-Asad est mise à l'écart, les formations de l'opposition – Frères musulmans et partis nationalistes kurdes – demeurent illégales, et les réformes, superficielles. Dans ce contexte, le référendum présidentiel reconduit Bachar al-Asad à la présidence syrienne.
La Syrie voit son isolement s'accroître. Ariel Sharon, arrivé à la tête du pouvoir hébreu en 2001, accuse la Syrie de soutenir le Djihad islamique, le Hezbollah et le Hamas. A partir de 2003, en représailles à un attentat suicide revendiqué par le Djihad islamique, Israël lance une attaque aérienne contre un camp d’entraînement de l'organisation situé en Syrie. La Syrie s'oppose à l'intervention américano-britannique en Iraq. En 2004, accusée de soutenir le terrorisme, d'accueillir l'opposition sunnite irakienne en fuite et de développer des armes de destruction massive, la Syrie est frappée de sanctions économiques par les Etats-Unis.
Damas entre en conflit avec le Premier ministre libanais Rafic Hariri à propos de la prolongation du mandat du président pro-syrien Emile Lahoud, qu'elle finit par imposer. L'ONU appelle au respect de la souveraineté libanaise, au retrait de toutes les forces étrangères du Liban et au désarmement des milices armées ; la Syrie est contrainte de retirer ses soldats et ses services de renseignements présents depuis 29 ans. En 2006, la Syrie rétablit ses relations diplomatiques avec l'Iraq. 
Non épargné par la vague de contestation qui secoue le monde arabe depuis fin 2010, le régime de Bachar al-Asad est confronté, au printemps 2011, à des manifestations. Bachar al-Asad laisse la garde républicaine – composée majoritairement d'Alawites et placée sous le commandement de Maher al-Asad, son frère, et de Rami Maklouf, son cousin – tirer sur les manifestants. Alternant répression féroce et annonce de réformes symboliques, le régime, désorienté face aux cortèges spontanés et pacifiques, n'a de cesse de vouloir attribuer les troubles à un complot ourdi de l'extérieur et à des groupes terroristes pour justifier sa répression. Les Etats-Unis et l’UE prennent des sanctions économiques, la Ligue arabe propose une sortie de crise pacifique et démocratique. L’opposition syrienne se regroupe au sein du Conseil national syrien, tandis que des déserteurs forment une armée syrienne libre (ASL). En novembre, face à l’obstination de Bachar al-Asad, la Ligue arabe suspend la Syrie de ses instances et adopte des sanctions économiques. L’ONU fait état de crimes contre l'humanité.
Début 2012, rejetant toute ingérence dans ses affaires intérieures, la Syrie oppose une fin de non recevoir à la feuille de route de la Ligue arabe. Les Nations unies se heurtent au veto de la Russie et de la Chine, rejetant toute pression extérieure en faveur d’un changement de régime. Ne mentionnant explicitement ni le départ du président, ni l’adoption de sanctions, le texte condamne "toutes les violences", demandant au gouvernement syrien la fin immédiate de "toutes les violations des droits de l’homme" et l’instauration d’"un processus politique dirigé par les Syriens". Sur le terrain, l’armée poursuit ses opérations à l’arme lourde contre les rebelles. Créée fin 2012, la Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition syrienne, reconnue par les pays occidentaux et les Etats arabes, peine à se doter d’une direction et d’une stratégie, tandis que sur le terrain la coordination des groupes armés sous l’autorité de l’ASL fait défaut. La guerre civile tend à s’islamiser et à prendre un tour confessionnel à travers la polarisation entre sunnites (liés aux Frères musulmans) appuyés par le Qatar ou l’Arabie saoudite, voire la Turquie, et un "axe chiite" rassemblant les forces pro-gouvernementales, l’allié iranien et le Hezbollah libanais.
Dans le camp des rebelles, les brigades islamistes "djihadistes" – dont celles du mouvement Jabhat al-Nosra, lié à al-Qaidaq – sont pleinement engagées dans la lutte, ce qui explique en partie la prudence et l’attentisme des pays occidentaux quant à l’armement des insurgés. A la fin de l'été 2013, s'ouvre une deuxième conférence avec la médiation de l’ONU. Les positions s’avèrent inconciliables : l’opposition veut la formation d’un gouvernement de transition d’où serait écarté Bachar al-Asad, tandis que le régime syrien n’évoque que la lutte contre le terrorisme. Les bombardements contre la population civile, menacée désormais également par le blocage des approvisionnements en nourriture, se poursuivent, portant à plus de 140 000 morts le bilan de cette guerre près de trois ans après son déclenchement.
En août 2014, renforcé par les ralliements d’autres groupes djihadistes et par ses prises en Iraq, l’Etat islamique (acronyme arabe Daech) reprend ses offensives dans le nord d’Alep et consolide sa présence autour de son fief de Raqqa, parvenant à combattre simultanément sur les deux fronts irakien et syrien. Si début 2015, après quatre mois de combats destructeurs, les forces kurdes, appuyées par les frappes aériennes de la coalition internationale, parviennent à reprendre, sur la frontière syro-turque la ville de Kobani, les djihadistes de Daech lancent en mai une importante offensive en direction de Damas et de Homs et prennent la ville de Palmyre. L’intervention militaire de la Russie dans le conflit syrien fin septembre 2015 marque un nouveau tournant dans la guerre. Destinée en priorité à aider par des frappes aériennes le régime de Bachar al-Assad, dont les bastions alawites du nord-est du pays pourraient être menacés, elle prend aussi pour cibles, mais marginalement, des positions de Daech. L’ONU adopte à l’unanimité, en décembre 2015, une résolution de compromis (passant sous silence la question de l’éviction du président Bachar al-Asad), dans le but de poser les nouvelles bases politiques d’un éventuel processus de paix. L’instauration du cessez-le-feu précaire ne concerne cependant ni le front al-Nosra, ni Daech, qui est chassé de Palmyre par l’armée syrienne et ses alliés , un succès pour le régime d’Asad.

Bon à savoir

Informations pratiques

La ponctualité
Contrairement aux rumeurs qui courent sur leur compte, les Syriens sont très ponctuels.
 
Les gestes
Les Syriens utilisent des mimiques dont il faut connaître la signification. Quand un Syrien lève les yeux au ciel, cela veut dire “non”, quand il agite la main de gauche à droite dans un mouvement de moulinet sans bouger le poignet, cela signifie “que veux-tu ?” ou “où veux-tu aller ?”.

Le keffieh
Ce turban rouge et blanc (ou noir et blanc) n’a aucune signification politique. Il est porté par tous les Syriens à la campagne (et pas seulement les Bédouins du désert), mais aussi par de nombreux citadins. C’est avant tout une protection, l’été, contre le soleil, l’hiver ou la nuit, contre le froid !
 
Le café
Très souvent moulu avec de la cardamome, il est délicieux et se boit généralement le soir. Mais attention à ne pas l’avaler jusqu’à la dernière goutte, sous peine de vous retrouver la bouche pleine de marc !
 
Le trictrac
C’est LE sport national. Les hommes y jouent dans les cafés, tout en tirant sur leur narguilé et sirotant du thé.

Electricité
Tension électrique : 220 V, 50 Hz. Prévoyez un adaptateur pour les prises électriques.

Que doivent prévoir les amateurs de photos ?
Les villages les plus reculés que nous traversons ne possèdent pas tous l’électricité. Prévoir suffisamment d’autonomie pour vos batteries.

Quelques mots utiles
Apprendre quelques mots clés vous permettra de gagner le respect de vos interlocuteurs, de faciliter et de rendre plus agréables vos échanges avec les Syriens rencontrés. Alors n’hésitez pas à faire l’effort d’utiliser les expressions suivantes :
Bonjour : as-salam’aleikoum (réponse : wa’aleikoum as-salam).
S’il vous plaît : min fadlak (min fadlek à une femme).
Comment ça va ? : keif hâlek ?
Merci : choukrane.
Au revoir : bisslama.
Oui : na’am. Non : la.
Si Dieu le veut : inch’Allah.
Vous pouvez demander à votre guide comment les prononcer… Votre voyage n’en sera que plus riche ! Et puis souriez, c’est souvent le meilleur moyen d’avoir de bons contacts !

Bibliographie

Syrie, Guide Bleu, Hachette.
Syrie-Jordanie, Richard Lebeau, Arthaud.
La Syrie, Philippe Rondot, PUF, coll. Que sais-je ?.
Syrie, Gérard Degeorge, Hermann.
Syrie, mémoire et civilisation, Bernard Favre, Institut du Monde Arabe.
Les Châteaux du soleil, forteresses et guerres des croisés, Henri-Paul Eydoux, Perrin.
L’Orient des croisades, Georges Tate, Découvertes Gallimard n° 129.
Damas des Ottomans à nos jours, Gérard Degeorge, l’Harmattan. (Une somme pour comprendre Damas et la Syrie d’aujourd’hui.)
Damas, collectif, Autrement n° 65.
Les Palmyréniens, Ernest Will, Armand Colin, 1992.
Aux origines de la Syrie : Ebla retrouvée, Paolo Matthiae et Françoise Liffran, Découvertes Gallimard, n° 276.
La Cité d’Ougarit sur le tell de Ras Shamra, Marguerite Yon, Etudes et Recherche sur les Civilisations.
Le Temps de la Bible, Pierre Bordreuil et Françoise Briquel-Chatonnet, Gallimard.

Revues spécialisées
Le Monde de la Bible n° 31 (Apamée, saint Siméon), n° 74 (Palmyre), n° 98 (Damas).
Géo n° 222, La Syrie, 1997.
Dossiers de l’Archéologie n° 80 (Mari), n° 83 (Ebla).

Tourisme responsable

Une histoire de passion

La Syrie, qui s’ouvre peu à peu au tourisme, séduit par son charme, ses monuments antiques et l’hospitalité de ses habitants. Dan, qui a fondé une agence réceptive au Liban, devenue depuis le premier réceptif libanais en tourisme de découverte et d’aventure, propose également ses services à Allibert pour concevoir des voyages originaux et exclusifs en Syrie. Issu d’une formation d’accompagnateur, il connaît parfaitement les attentes des trekkeurs français et conçoit des circuits répondant à leurs besoins. Il partage par ailleurs notre éthique, et œuvre aussi bien au Liban qu’en Syrie pour un tourisme responsable : il a notamment créé, avec son agence réceptive, une association de formation professionnelle aux métiers du tourisme destinée à faciliter l’insertion et la réinsertion des jeunes demandeurs d’emploi, et soutient de nombreux projets liés à l’environnement, la préservation du patrimoine, l’agriculture, l’artisanat et la fixation des populations rurales dans leurs villages.

Le respect des us et coutumes

Selon les traditions arabes, c'est en Syrie, précisément à Damas, que se trouve le lieu le plus proche de l'esthétisme du jardin d'Eden. Ce pays recèle une partie de l'héritage des premières civilisations. A travers l'histoire, les traditions et les légendes mais aussi les paysages époustouflants et l'architecture aux nombreuses influences, la Syrie est une invitation à remonter le temps. De villes en villages, de balades en excursions, vous rencontrez un peuple généreux, ouvert et accueillant.

Voici quelques conseils pour respecter au mieux ces populations et leurs cultures :
— Respectez l'espace personnel de vos hôtes, adaptez-vous aux usages de la culture locale.
— Photographier des personnes repose sur un échange, assurez-vous de leur accord.
— Dans les villages, préférez une tenue ample couvrant les épaules.
— Si vous voyagez en période de ramadan, consultez notre conseil de guide : https://www.allibert-trekking.com/191-ramadan-debut-fin
— Respectez les lieux de culte que vous visitez, portez une tenue vestimentaire adaptée et acceptez de ne pas y pénétrer lorsque cela est interdit ou lors des cérémonies. Retirez vos chaussures ou couvrez-vous la tête à l'entrée des sites religieux lorsque cela est demandé.
— Les attitudes démonstratives en couple sont perçues comme inconvenantes.
— Ne distribuez jamais de bonbons, stylos ou autres cadeaux, en particulier aux enfants, car ce comportement les incite à la mendicité, à abandonner l'école ou leur activité habituelle. Si vous souhaitez faire un don, il est préférable et plus utile de le faire auprès d'une organisation locale : association, école, dispensaire. Demandez à votre guide, qui vous indiquera le lieu le plus approprié.

Ces précautions favorisent les échanges.

Les conseils de notre partenaire en Syrie
— Lorsque vous mangez avec la main, utilisez la droite. La gauche est considérée comme impure. 

La préservation de l'environnement

— La faune
Le désert abrite des centaines d’espèces sauvages : gazelles, scorpions, hyènes, chacals, faucons… Pourtant la faune que vous verrez sera plus domestique et urbaine que sauvage. Chevaux (arabes, bien sûr), ânes et mulets sont toujours utilisés dans les villes pour le portage. Les vaches, moutons, brebis à large queue graisseuse, chèvres et poulets sont élevés pour finir en viande. Le dromadaire, célèbre vaisseau du désert, se fait très rare depuis la disparition des caravanes où ses qualités d’endurance étaient vénérées.
— La flore
Steppique sur le plateau en partie désertique, méditerranéenne sur le littoral, la végétation accuse parfois un caractère alpin lorsqu’on atteint les montagnes. 3 500 espèces végétales au total se partagent le territoire syrien. Les grands arbres se trouvent au nord de Lattaquié : chênes, tamaris, eucalyptus, châtaigniers, pins et cyprès d’Alep. En matière d’arbres fruitiers, l’olivier (zeitoun) reste le plus répandu. Figuiers, orangers, pistachiers (foustokh), amandiers (louze), abricotiers (michmich), grenadiers (rouman) et néfliers vous deviendront vite familiers. Par contre, le palmier (dattier) est rare.

Pour conserver ce patrimoine naturel d'exception :
— Respectez la réglementation en vigueur dans les parcs régionaux et nationaux.
— Evitez de rapporter des souvenirs qui font partie du patrimoine naturel et de prélever des objets archéologiques ou culturels à valeur historique.
— N'approchez pas la faune de trop près ; il ne faut pas oublier que nous sommes seulement invités dans son propre territoire. 
— Pensez toujours à ramasser vos papiers, mouchoirs, mégots, etc.
— Evitez de laisser les déchets difficile à recycler (tels piles, lingettes, plastiques) dans les zones rurales ou les petits villages qui ne disposent pas de filière de recyclage. Rapportez-les dans les grandes villes ou ramenez- les avec vous.
— L'eau nécessite un traitement, nous vous conseillons de la traiter avec des pastilles ou un filtre.
— Certaines régions que vous allez traverser abritent de nombreuses parcelles cultivées. Afin de préserver le travail des populations locales, ne quittez pas les sentiers et abstenez-vous de cueillir fleurs rares, fruits, etc.
— Lorsque vous disposez d'une climatisation individuelle, nous vous recommandons de l'arrêter systématiquement lorsque vous quittez la chambre, pour éviter une surconsommation énergétique.

Des voyages 100% carbone neutre

Engagée dès 2006 dans l’absorption carbone des vols de ses salariés, Allibert Trekking absorbe depuis le 1er janvier 2018 l’intégralité des émissions de CO2 générées par le transport aérien de ses voyageurs. Une démarche permettant de financer des actions de lutte contre la déforestation et de restauration de la mangrove. En savoir plus...