
L’ampoule est la hantise du randonneur. Si elle est vite oubliée après une journée de randonnée, elle peut sévèrement handicaper un trekkeur, voire mettre fin à un trek. Douloureuse compte tenu de la pression du liquide, une fois ouverte, la plaie s’infecte facilement. Le pied enfle, rendant la marche difficile, voire impossible. Quelques précautions s’imposent.
Les ampoules (phlyctènes en langage médical) sont créées par une pression excessive sur la peau ou un frottement continu. L’épiderme externe s’échauffe alors, et comme lors d’une brûlure du premier degré, se décolle de l’épiderme profond et du derme, qui secrète un liquide séreux.
Les zones du pied le plus exposées aux ampoules sont le talon (frottement), ainsi que la plante, à l’épiderme épais, riche en glandes sudoripares. Les orteils, les ongles, sont également des zones à surveiller.
Que faire lorsque l’ampoule est constatée ?
• Si l’ampoule est de dimension réduite (quelques millimètres carrés), et si la marche est modérée, on se contentera de la recouvrir avec un sparadrap ou un pansement hydrocolloïdal*. On ne la percera pas, la peau étant la meilleure protection contre une infection. Avec un peu de chance et en appliquant les règles précédentes, elle se résorbera d’elle-même.
• Si l’ampoule est fermée et de dimension importante (plus d’un centimètre carré), on se lavera d’abord les pieds à l’eau et au savon. Lorsque cela est possible, on aspire le liquide séreux avec une seringue stérile pour le remplacer ensuite par de la Bétadine. Après avoir vidé l’ampoule, on appliquera une compresse recouverte de sparadrap. Si on ne dispose pas de seringue, on peut transpercer de part en part l’ampoule avec une aiguille stérile (chauffée). On peut aussi, avec cette même aiguille, mettre en place pendant la nuit un fil passé à l’alcool qui permettra l’écoulement continu du liquide, en évitant que l’ampoule se reforme. Dans tous les cas, après avoir vidé l’ampoule, on appliquera une compresse recouverte de sparadrap. Après chaque journée de marche, les pieds seront lavés et le pansement changé.
• On ne coupe pas la peau, à moins, après quelques jours, qu’une nouvelle peau se soit formée sous la peau desséchée de l’ampoule.
• Si la peau de l’ampoule est décollée, il faut stériliser avec de la Bétadine, appliquer une compresse et recouvrir de sparadrap. Le pansement sera changé chaque jour.
• Si on a trop attendu, que l’infection est déclarée et le pied enflé, il faudra, sous contrôle médical, se médicamenter (antiseptique à large spectre, médicaments à base de cortisone). L’effet de ces derniers est souvent très rapide
• Un hématome sous un ongle, créé en général par une succession de microtraumatismes (descentes sur terrain difficile), est très douloureux du fait de la pression du liquide et de la rigidité de l’ongle. On appliquera, sans attendre, sur celui-ci avec une certaine force une aiguille, un trombone ou un poinçon (couteau suisse) que l’on a chauffé à rouge. Impressionnant, mais le soulagement est immédiat.