En altitude, la tête ne suffit pas, c’est le corps qui décide. La souffrance qu’il a subit par une déshydratation accentuée le jour de notre descente de 7800 à 5700 l’a fait réagir en stockant l’eau avec pour conséquence l’œdème facial où « mes yeux se réduisent à deux fentes » : rien de dangereux en soi, juste une douleur localisée de la face. Malheureusement, après 3 jours, pas d’amélioration ; au contraire, l’eau me gêne pour respirer et je m’essouffle. Mon ami et docteur Alain Huchon, joint par téléphone, me conseille un diurétique et de l’oxygène. Quelle nuit, je me vide littéralement ! Par contre, ce matin, j’ai retrouvé figure humaine mais je me sens très faible. Ce traitement a fait chuté ma tension artérielle. Le Dr Jean-Marc Wojcik consulté au CB me déconseille de poursuivre l’ascension : seul un séjour à basse altitude permettra à mon organisme de récupérer. Je me sens terriblement frustrée car j’avais vraiment une forme éblouissante jusqu’à présent, et cet incident me prive de l’ascension du Makalu.
Martine