Madère

Présentation

Géographie
Situé dans l’océan Atlantique, à 800 kilomètres des côtes marocaines et à 240 kilomètres au nord des Canaries, l’archipel volcanique de Madère, qui dépend du Portugal, est composé de quatre groupes d’îles. Il fait partie de la Macaronésie, ensemble géographique qui comprend également les Açores, les Canaries et les îles du Cap-Vert.
— Au nord-est, Porto Santo (43 km2, 4 500 habitants) est une île quasiment plate. Entourée de cinq petits îlots, elle ressemble à une plaine désertique au paysage lunaire et rocailleux. Son principal attrait est sa grande plage de sable blanc que les Madériens envahissent en fin de semaine et l’été.
— Au sud-est se trouvent les trois ilhas Desertas : Deserta Grande, Bugio et Ilhéu Chão (14 km2 de superficie totale). Ces îlots plats forment une réserve naturelle scientifique interdite au public. De nombreuses espèces d’oiseaux sédentaires et migrateurs y nichent et une importante colonie de phoques moines a élu domicile sur leurs côtes.
— L’île de Madère est la plus grande, 55 kilomètres de long sur 22 de large, et 737 kilomètres carrés. C’est la partie centrale de l’archipel, en fait le sommet émergeant d’un vieux massif volcanique sous-marin, les autres îles n’étant que des bouches adventives de ce même volcan. L’ancien volcan d’origine était situé sur la dorsale médio-atlantique et a dérivé au fil du temps vers l’est avec la plaque tectonique.
L’île de Madère se présente comme une chaîne de montagnes orientée est-ouest culminant, avec le pico Ruivo, à 1 862 mètres d’altitude. La cordillère centrale est entaillée par de profondes vallées où s’écoulent les rivières – ribeiras – descendant jusqu’à la mer. Ce relief déchiqueté est dû à la fois à l’activité volcanique de l’ère tertiaire et à l’érosion. Les sols d’origine volcanique donnent une terre riche pour l’agriculture. L'homme a donc exploité l’île depuis sa découverte malgré son relief tourmenté en taillant des milliers de terrasses – poios – sur ses pentes raides et en construisant des canaux d’irrigation – levadas – qui lui ont permis d’acheminer l’eau, si précieuse, du versant nord vers le versant sud.
— Le quatrième groupe de l’archipel est formé par les ilhas Selvagens situées au sud, très proches des Canaries. Elles font partie administrativement et politiquement de la région autonome de Madère, mais pas d’un point de vue géovolcanologique. Le groupe se compose de trois îles principales (Fora, Selvagem Grande et Selvagem Pequena) et de plusieurs îlots, pour une superficie totale de 2,73 kilomètres carrés. Inhabitées, les îles Sauvages forment une réserve naturelle.

Climat
Madère, grâce à sa latitude subtropicale, jouit d’un climat tempéré de type océanique.
On peut définir trois zones climatiques en fonction de l’altitude :
— climat subtropical jusqu’à 300 mètres d’altitude ;
— climat méditerranéen de 300 à 750 mètres d’altitude ;
— au-dessus de cette altitude, zone tempérée à tendance froide.
Le Gulf Stream, extraordinaire courant marin, assure à Madère la douceur de son climat réputé tout au long de l’année. Mais de temps en temps, les alizés soufflent, et ce sont alors eux qui influencent le plus le climat de l’île. Les alizés apportent par le nord de Madère un air chargé d’humidité de l’Océan. Les nuages sont alors bloqués par les reliefs montagneux. Les brumes humides s’accumulent et se déversent en pluie (suivant la saison). A cause de ce phénomène, on compte souvent plus de trois degrés de différence entre les côtes du sud et celles du nord.

Faune et flore
L’isolement géographique est déterminant dans la constitution et l’évolution naturelle des îles.
— Lors de la découverte de l’île de Madère, les oiseaux et les animaux invertébrés étaient la faune dominante, en relevant tout de même la présence de deux espèces de mammifères : les chauves-souris et le phoque moine. Avec la colonisation des hommes, arrivèrent quelques animaux domestiques (mammifères et gallinacés) et d’autres moins désirés et envahisseurs (lapins, souris et rats).
— On compte en tout et pour tout 43 espèces d’oiseaux sur l’ensemble de l'archipel, nombre d’entre eux sont migrateurs et ne font qu’une escale intermédiaire sur les îles. Deux espèces sont endémiques, le pigeon trocaz, inféodé aux forêts primaires de lauriers, et le pétrel de Madère, oiseau marin nidifiant dans le massif montagneux central de l’île.
— Sur les côtes et au large des îles de l’archipel, les mammifères marins comme le phoque moine et les cétacés (28 espèces recensées, dauphins, cachalots, orques et baleines) sont maintenant protégés de la chasse et leur nombre ne cesse d’augmenter depuis dix ans.
— Madère, l’île au bois... C’est une île entièrement recouverte par la forêt que les premiers colons arrivés avec Zarco défrichèrent par le feu avant de cultiver la canne à sucre, incendie qui dura, suivant les textes, entre deux et sept ans. Du fait de cet incendie et de cette culture intensive de la canne à sucre, il ne reste pratiquement plus rien de la forêt primaire, la laurisylve. Malgré tout, on trouve encore des parcelles de cette forêt composée de différentes espèces de lauriers, til (Ocotea foetens), lauriers (Laurus azorica), qui atteignent parfois plus de 30 mètres de haut, entre 300 et 1 300 mètres d’altitude sur la côte nord de l’île.
Les différents versants de la cordillère centrale, les quatre façades de l’île, la pointe São Lourenço, quasi désertique, sont autant de biotopes différents qui permettent à Madère l’exubérante richesse de la flore. C’est plus de 1 220 espèces de plantes dont 165 sont endémiques à Madère et 234 à la Macaronésie. Qui plus est, beaucoup de ces plantes et fleurs datent de l’ère tertiaire car Madère, par sa situation géographique, a échappé aux grandes périodes glaciaires. La visite du jardin botanique de Funchal permet d’avoir un aperçu complet de cette richesse.

Repères historiques
— 1418 : découverte de l’île de Porto Santo par João Goncalvez Zarco, capitaine portugais.
— 1419 : le même Zarco découvre une île déserte qu’il nomme Ilha da Madeira (île du bois) en raison de l’épaisse forêt qui la recouvre. Les premiers colons débarquent, s’installent et défrichent rapidement cette terre. Zarco devient pour 40 ans capitaine-gouverneur de Madère. Mais était-ce vraiment une découverte ? La carte du monde de Ptolémée mentionne une île qui ressemble fort à Madère. Les Phéniciens ont sans doute connu l’île 2000 ans avant les Portugais.
—1470 : arrivée des premiers esclaves pour cultiver la canne à sucre.
— XVIIe siècle : Madère est concurrencée par la production sucrière du Brésil et s’oriente alors vers la culture de la vigne. Le vin de Madère se commercialise rapidement dans toute l’Europe.
— 1580-1640 : domination espagnole de l’ensemble du Portugal, donc aussi de Madère.
— XVIIIe siècle : les Anglais prennent peu à peu le contrôle du commerce du vin.
— 1724-1765 : épidémies de choléra dans l’île.
— 1775 : abolition de l’esclavage dans l'ensemble du royaume du Portugal.
— 1807-1814 : occupation de l’archipel par les Anglais.
— 1852-1856 : le mildiou détruit 90 % des vignes ; une épidémie de choléra fait 7 000 victimes dans une population, à l’époque, de 150 000 personnes.
— Années 1970 : forte activité des groupes séparatistes de l’archipel.
— 1974 : Révolution des Œillets.
— 1976 : Madère devient une région autonome du Portugal.
— 1999 : l’aéroport de l'île de Madère s'agrandit et devient international.
— 2000... : objectif touristique 39 000 lits (29 000 en 2005).

Population
L’archipel de Madère était inhabité lors de sa découverte, la population actuelle résulte de la colonisation, essentiellement portugaise. Quelques traces de métissage, suites aux différentes occupations étrangères, subsistent sur l’île, mais cela ne représente qu’une infime partie de la population totale qui est aujourd’hui d'environ 270 000 personnes. A la suite de plusieurs années de mauvaises récoltes et de l’extrême morcellement des terres agricoles, les Madériens n’ont eu comme seul recours à la pauvreté que l’émigration. Environ 400 000 Madériens vivent en Afrique du Sud, au Venezuela, au Brésil, en Europe, soit plus d’émigrés que de résidents dans l’île.

Economie
— A l’origine, les premiers colons étaient des fermiers arrivés de l’Algarve. Aujourd'hui, l’activité la plus répandue à l’intérieur de l’île est l’exploitation de petites propriétés (souvent moins de 1 000 m2) produisant des châtaignes, des cerises, de la canne à sucre et de la vigne.
— La façade sud de l’île de Madère a permis l’implantation de ports de pêche. Celle-ci est pratiquée de manière traditionnelle, à l’aide de petites barques colorées, et n’est destinée qu’au marché local. Le poisson vedette est le poisson-sabre – espada – mesurant près d’un mètre. Comme il vit à 1 000 mètres de profondeur, c’est la décompression rapide lors de son arrivée en surface qui le tue. Sa pêche a lieu de nuit. A cela, il faut ajouter le thon, la bonite et le pagre.
— Le tourisme est le secteur économique le plus important de l’île. Cette activité engendre à elle seule plus d’un quart du produit régional et 31 000 emplois directs et indirects.
— Madère bénéficiant d’un statut particulier – petit paradis fiscal –, de plus en plus de sociétés de services (opérateurs en téléphonie notamment) y ont maintenant leur siège social.

Levadas
Madère n'est certes pas le seul endroit au monde où l’on trouve des canaux d’irrigation. Mais sur cette île volcanique au sol poreux, le besoin crucial de garder et d’acheminer l'eau vers les terrasses cultivées ou les villes est tel que l’on compte aujourd’hui plus de 2 000 kilomètres de levadas pour une surface totale de l’île qui ne dépasse pas 737 kilomètres carrés. La construction de ce fantastique réseau a commencé avec les premiers colons. Elle a pris rapidement de l’ampleur avec la production de canne à sucre. Les Portugais ont utilisé des esclaves de la côte africaine pour creuser dans la falaise les canaux et surtout les nombreux tunnels. C’est à ces esclaves que l’on doit les passages et les ouvrages les plus audacieux des levadas de l’île.

Musique

Chaque village se targue d’avoir son groupe folklorique de chanteurs et de danseurs qui fait revivre les traditions lors des fêtes. Ils sont mis à contribution tout au long de l’année pour la fête des Fleurs, la fête du saint patron de la commune, la fête des Vendanges...

Le madère Blandy
La compagnie Blandy, synonyme de tradition et de prestige, est l’une des plus fameuses marques de vin de Madère.
John Blandy, soldat britannique de 23 ans, arrive à Madère en 1807. Il est en poste sur l’île avec sa garnison sous le commandement du général Beresford pour aider les Portugais à repousser une éventuelle invasion de la flotte napoléonienne. Le jeune quartier-maître Blandy, démobilisé, revient à Madère en 1811 pour fonder une affaire de négoce en vins de Madère qui, cinq générations plus tard, porte son nom encore aujourd’hui.

Bibliographie

— Guides touristiques
Madère, guide Evasion. Excellent guide détaillant toute l’île région par région.
Madère, le Petit Futé.
Madère, collection Top 10, Hachette.
• Portugal, Madère et Açores, guide Voir Hachette. Comme dans beaucoup d’autres guides touristiques, l’archipel de Madère y est présenté de façon très (trop) succincte, néanmoins le guide Hachette reste culturellement complet et sa mise en page est originale.
— Guides d’identification des plantes et des fleurs
Madeira plantes et fleurs, Luis de O. Franquiho et Antono da Costa, éditions Francisco Ribeiro & Filho, LDA. Edité en six langues (français, portugais, anglais, allemand, hollandais et espagnol), c’est l’ouvrage indispensable pour pouvoir identifier les fleurs et les plantes de cet immense jardin. On trouve ce guide très pratique dans toutes les librairies de Madère.
Flore endémique de Madère, Roberto Jardim et David Francisco, édition Muhia. Plusieurs photos pour une même fleur facilitent l’identification et le texte, particulièrement la localisation de chaque plante, est très pertinent. Le seul regret reste le format de ce très beau livre un peu trop grand pour être un véritable guide d’identification, finalement on le regarde plus facilement le soir à l’étape.
— Guides de randonnée
Madère, John et Pat Underwood, Sunflower Books. Les auteurs de ce guide sont tombés amoureux de l’île il y a bien longtemps. La septième édition est le fruit de leurs nombreuses visites sur l'archipel. Cet ouvrage est à l’origine de la collection “Paysages” chez l’éditeur, c’est dire s’il est complet. On le trouve en français.
Levadas et sentiers de Madère, Raimundo Quintal, édition Francisco Ribeiro & Filho, LDA. L’auteur est docteur en géographie, il est l’auteur de documentaires à la télévision et c’est surtout, un “écologiste” engagé politiquement au sein du département de l’Environnement et de l’Education au conseil de Funchal. Son guide est traduit en français.
— Roman
Vivre à Madère, Jacques Chardonne, Grasset (collection Cahier Rouge).

Présentation

Géographie
Situé dans l’océan Atlantique, à 800 kilomètres des côtes marocaines et à 240 kilomètres au nord des Canaries, l’archipel volcanique de Madère, qui dépend du Portugal, est composé de quatre groupes d’îles. Il fait partie de la Macaronésie, ensemble géographique qui comprend également les Açores, les Canaries et les îles du Cap-Vert.
— Au nord-est, Porto Santo (43 km2, 4 500 habitants) est une île quasiment plate. Entourée de cinq petits îlots, elle ressemble à une plaine désertique au paysage lunaire et rocailleux. Son principal attrait est sa grande plage de sable blanc que les Madériens envahissent en fin de semaine et l’été.
— Au sud-est se trouvent les trois ilhas Desertas : Deserta Grande, Bugio et Ilhéu Chão (14 km2 de superficie totale). Ces îlots plats forment une réserve naturelle scientifique interdite au public. De nombreuses espèces d’oiseaux sédentaires et migrateurs y nichent et une importante colonie de phoques moines a élu domicile sur leurs côtes.
— L’île de Madère est la plus grande, 55 kilomètres de long sur 22 de large, et 737 kilomètres carrés. C’est la partie centrale de l’archipel, en fait le sommet émergeant d’un vieux massif volcanique sous-marin, les autres îles n’étant que des bouches adventives de ce même volcan. L’ancien volcan d’origine était situé sur la dorsale médio-atlantique et a dérivé au fil du temps vers l’est avec la plaque tectonique.
L’île de Madère se présente comme une chaîne de montagnes orientée est-ouest culminant, avec le pico Ruivo, à 1 862 mètres d’altitude. La cordillère centrale est entaillée par de profondes vallées où s’écoulent les rivières – ribeiras – descendant jusqu’à la mer. Ce relief déchiqueté est dû à la fois à l’activité volcanique de l’ère tertiaire et à l’érosion. Les sols d’origine volcanique donnent une terre riche pour l’agriculture. L'homme a donc exploité l’île depuis sa découverte malgré son relief tourmenté en taillant des milliers de terrasses – poios – sur ses pentes raides et en construisant des canaux d’irrigation – levadas – qui lui ont permis d’acheminer l’eau, si précieuse, du versant nord vers le versant sud.
— Le quatrième groupe de l’archipel est formé par les ilhas Selvagens situées au sud, très proches des Canaries. Elles font partie administrativement et politiquement de la région autonome de Madère, mais pas d’un point de vue géovolcanologique. Le groupe se compose de trois îles principales (Fora, Selvagem Grande et Selvagem Pequena) et de plusieurs îlots, pour une superficie totale de 2,73 kilomètres carrés. Inhabitées, les îles Sauvages forment une réserve naturelle.

Climat
Madère, grâce à sa latitude subtropicale, jouit d’un climat tempéré de type océanique.
On peut définir trois zones climatiques en fonction de l’altitude :
— climat subtropical jusqu’à 300 mètres d’altitude ;
— climat méditerranéen de 300 à 750 mètres d’altitude ;
— au-dessus de cette altitude, zone tempérée à tendance froide.
Le Gulf Stream, extraordinaire courant marin, assure à Madère la douceur de son climat réputé tout au long de l’année. Mais de temps en temps, les alizés soufflent, et ce sont alors eux qui influencent le plus le climat de l’île. Les alizés apportent par le nord de Madère un air chargé d’humidité de l’Océan. Les nuages sont alors bloqués par les reliefs montagneux. Les brumes humides s’accumulent et se déversent en pluie (suivant la saison). A cause de ce phénomène, on compte souvent plus de trois degrés de différence entre les côtes du sud et celles du nord.

Faune et flore
L’isolement géographique est déterminant dans la constitution et l’évolution naturelle des îles.
— Lors de la découverte de l’île de Madère, les oiseaux et les animaux invertébrés étaient la faune dominante, en relevant tout de même la présence de deux espèces de mammifères : les chauves-souris et le phoque moine. Avec la colonisation des hommes, arrivèrent quelques animaux domestiques (mammifères et gallinacés) et d’autres moins désirés et envahisseurs (lapins, souris et rats).
— On compte en tout et pour tout 43 espèces d’oiseaux sur l’ensemble de l'archipel, nombre d’entre eux sont migrateurs et ne font qu’une escale intermédiaire sur les îles. Deux espèces sont endémiques, le pigeon trocaz, inféodé aux forêts primaires de lauriers, et le pétrel de Madère, oiseau marin nidifiant dans le massif montagneux central de l’île.
— Sur les côtes et au large des îles de l’archipel, les mammifères marins comme le phoque moine et les cétacés (28 espèces recensées, dauphins, cachalots, orques et baleines) sont maintenant protégés de la chasse et leur nombre ne cesse d’augmenter depuis dix ans.
— Madère, l’île au bois... C’est une île entièrement recouverte par la forêt que les premiers colons arrivés avec Zarco défrichèrent par le feu avant de cultiver la canne à sucre, incendie qui dura, suivant les textes, entre deux et sept ans. Du fait de cet incendie et de cette culture intensive de la canne à sucre, il ne reste pratiquement plus rien de la forêt primaire, la laurisylve. Malgré tout, on trouve encore des parcelles de cette forêt composée de différentes espèces de lauriers, til (Ocotea foetens), lauriers (Laurus azorica), qui atteignent parfois plus de 30 mètres de haut, entre 300 et 1 300 mètres d’altitude sur la côte nord de l’île.
Les différents versants de la cordillère centrale, les quatre façades de l’île, la pointe São Lourenço, quasi désertique, sont autant de biotopes différents qui permettent à Madère l’exubérante richesse de la flore. C’est plus de 1 220 espèces de plantes dont 165 sont endémiques à Madère et 234 à la Macaronésie. Qui plus est, beaucoup de ces plantes et fleurs datent de l’ère tertiaire car Madère, par sa situation géographique, a échappé aux grandes périodes glaciaires. La visite du jardin botanique de Funchal permet d’avoir un aperçu complet de cette richesse.

Repères historiques
— 1418 : découverte de l’île de Porto Santo par João Goncalvez Zarco, capitaine portugais.
— 1419 : le même Zarco découvre une île déserte qu’il nomme Ilha da Madeira (île du bois) en raison de l’épaisse forêt qui la recouvre. Les premiers colons débarquent, s’installent et défrichent rapidement cette terre. Zarco devient pour 40 ans capitaine-gouverneur de Madère. Mais était-ce vraiment une découverte ? La carte du monde de Ptolémée mentionne une île qui ressemble fort à Madère. Les Phéniciens ont sans doute connu l’île 2000 ans avant les Portugais.
—1470 : arrivée des premiers esclaves pour cultiver la canne à sucre.
— XVIIe siècle : Madère est concurrencée par la production sucrière du Brésil et s’oriente alors vers la culture de la vigne. Le vin de Madère se commercialise rapidement dans toute l’Europe.
— 1580-1640 : domination espagnole de l’ensemble du Portugal, donc aussi de Madère.
— XVIIIe siècle : les Anglais prennent peu à peu le contrôle du commerce du vin.
— 1724-1765 : épidémies de choléra dans l’île.
— 1775 : abolition de l’esclavage dans l'ensemble du royaume du Portugal.
— 1807-1814 : occupation de l’archipel par les Anglais.
— 1852-1856 : le mildiou détruit 90 % des vignes ; une épidémie de choléra fait 7 000 victimes dans une population, à l’époque, de 150 000 personnes.
— Années 1970 : forte activité des groupes séparatistes de l’archipel.
— 1974 : Révolution des Œillets.
— 1976 : Madère devient une région autonome du Portugal.
— 1999 : l’aéroport de l'île de Madère s'agrandit et devient international.
— 2000... : objectif touristique 39 000 lits (29 000 en 2005).

Population
L’archipel de Madère était inhabité lors de sa découverte, la population actuelle résulte de la colonisation, essentiellement portugaise. Quelques traces de métissage, suites aux différentes occupations étrangères, subsistent sur l’île, mais cela ne représente qu’une infime partie de la population totale qui est aujourd’hui d'environ 270 000 personnes. A la suite de plusieurs années de mauvaises récoltes et de l’extrême morcellement des terres agricoles, les Madériens n’ont eu comme seul recours à la pauvreté que l’émigration. Environ 400 000 Madériens vivent en Afrique du Sud, au Venezuela, au Brésil, en Europe, soit plus d’émigrés que de résidents dans l’île.

Economie
— A l’origine, les premiers colons étaient des fermiers arrivés de l’Algarve. Aujourd'hui, l’activité la plus répandue à l’intérieur de l’île est l’exploitation de petites propriétés (souvent moins de 1 000 m2) produisant des châtaignes, des cerises, de la canne à sucre et de la vigne.
— La façade sud de l’île de Madère a permis l’implantation de ports de pêche. Celle-ci est pratiquée de manière traditionnelle, à l’aide de petites barques colorées, et n’est destinée qu’au marché local. Le poisson vedette est le poisson-sabre – espada – mesurant près d’un mètre. Comme il vit à 1 000 mètres de profondeur, c’est la décompression rapide lors de son arrivée en surface qui le tue. Sa pêche a lieu de nuit. A cela, il faut ajouter le thon, la bonite et le pagre.
— Le tourisme est le secteur économique le plus important de l’île. Cette activité engendre à elle seule plus d’un quart du produit régional et 31 000 emplois directs et indirects.
— Madère bénéficiant d’un statut particulier – petit paradis fiscal –, de plus en plus de sociétés de services (opérateurs en téléphonie notamment) y ont maintenant leur siège social.

Levadas
Madère n'est certes pas le seul endroit au monde où l’on trouve des canaux d’irrigation. Mais sur cette île volcanique au sol poreux, le besoin crucial de garder et d’acheminer l'eau vers les terrasses cultivées ou les villes est tel que l’on compte aujourd’hui plus de 2 000 kilomètres de levadas pour une surface totale de l’île qui ne dépasse pas 737 kilomètres carrés. La construction de ce fantastique réseau a commencé avec les premiers colons. Elle a pris rapidement de l’ampleur avec la production de canne à sucre. Les Portugais ont utilisé des esclaves de la côte africaine pour creuser dans la falaise les canaux et surtout les nombreux tunnels. C’est à ces esclaves que l’on doit les passages et les ouvrages les plus audacieux des levadas de l’île.

Musique

Chaque village se targue d’avoir son groupe folklorique de chanteurs et de danseurs qui fait revivre les traditions lors des fêtes. Ils sont mis à contribution tout au long de l’année pour la fête des Fleurs, la fête du saint patron de la commune, la fête des Vendanges...

Le madère Blandy
La compagnie Blandy, synonyme de tradition et de prestige, est l’une des plus fameuses marques de vin de Madère.
John Blandy, soldat britannique de 23 ans, arrive à Madère en 1807. Il est en poste sur l’île avec sa garnison sous le commandement du général Beresford pour aider les Portugais à repousser une éventuelle invasion de la flotte napoléonienne. Le jeune quartier-maître Blandy, démobilisé, revient à Madère en 1811 pour fonder une affaire de négoce en vins de Madère qui, cinq générations plus tard, porte son nom encore aujourd’hui.

Bibliographie

— Guides touristiques
Madère, guide Evasion. Excellent guide détaillant toute l’île région par région.
Madère, le Petit Futé.
Madère, collection Top 10, Hachette.
• Portugal, Madère et Açores, guide Voir Hachette. Comme dans beaucoup d’autres guides touristiques, l’archipel de Madère y est présenté de façon très (trop) succincte, néanmoins le guide Hachette reste culturellement complet et sa mise en page est originale.
— Guides d’identification des plantes et des fleurs
Madeira plantes et fleurs, Luis de O. Franquiho et Antono da Costa, éditions Francisco Ribeiro & Filho, LDA. Edité en six langues (français, portugais, anglais, allemand, hollandais et espagnol), c’est l’ouvrage indispensable pour pouvoir identifier les fleurs et les plantes de cet immense jardin. On trouve ce guide très pratique dans toutes les librairies de Madère.
Flore endémique de Madère, Roberto Jardim et David Francisco, édition Muhia. Plusieurs photos pour une même fleur facilitent l’identification et le texte, particulièrement la localisation de chaque plante, est très pertinent. Le seul regret reste le format de ce très beau livre un peu trop grand pour être un véritable guide d’identification, finalement on le regarde plus facilement le soir à l’étape.
— Guides de randonnée
Madère, John et Pat Underwood, Sunflower Books. Les auteurs de ce guide sont tombés amoureux de l’île il y a bien longtemps. La septième édition est le fruit de leurs nombreuses visites sur l'archipel. Cet ouvrage est à l’origine de la collection “Paysages” chez l’éditeur, c’est dire s’il est complet. On le trouve en français.
Levadas et sentiers de Madère, Raimundo Quintal, édition Francisco Ribeiro & Filho, LDA. L’auteur est docteur en géographie, il est l’auteur de documentaires à la télévision et c’est surtout, un “écologiste” engagé politiquement au sein du département de l’Environnement et de l’Education au conseil de Funchal. Son guide est traduit en français.
— Roman
Vivre à Madère, Jacques Chardonne, Grasset (collection Cahier Rouge).