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Pérou, l’harmonie grandeur nature

Aussi âpre que foisonnante, la nature péruvienne enchante par la diversité des tonalités qu’elle déploie au fil de l’altitude. Une nature simple et sacrée, avec comme un air de mystère.
Pérou montagne arc en ciel 1

Petite musique des Andes

En dessous de 500 mètres, les puissants vents côtiers de l’ouest découvrent encore de nouveaux géoglyphes gravés sur les pentes de Nazca, tandis qu’à l’est, l’air feutré de la forêt de brouillard domine l’Amazonie voisine. Entre ces deux rives désertiques et tropicales, le centre rocheux s’élance dans un martellement de terrasses circulaires. Toujours cultivées selon les techniques ancestrales, elles s’étagent à flanc de coteau et rappellent l’architecture des édifices incas, forteresses et temples mythiques dissimulés dans la sierra. Viennent ensuite les percussions étincelantes des lacs, la grande respiration de la Puña, vaste steppe d’un altiplano carillonnant de troupeaux de lamas, avant, enfin, d’accéder au silence. Celui réservé aux apus, les esprits des sommets qu’on salue au passage du col d’une pierre déposée sur l’apacheta (“cairn” en langue quechua). Celui, glacial et minéral, des très hautes altitudes. L’harmonie d’un silence qu’on ne trouve qu’à plus de 5 000 mètres. Celui des Andes.

Des huacas au Huascarán

Ici, la nature est sacrée. Rude, mais sacrée. Vivre sur ces terres exige de respecter les éléments, la communauté, ses rites et ses coutumes. Eleveurs et agriculteurs, les Quechuas cultivent plus de 200 variétés de pommes de terre dans cet environnement hostile. Un prodige qui repose autant sur l’entraide communautaire que sur la bienveillance de la Pachamama, la “terre mère”, et des huacas. En langue quechua, huaca désigne tout lieu ou objet sacré : feuilles de coca, rocher, glacier, ou même certaines pommes de terre.
 Autre objet de culte, et du respect mondial : le parc national de Huascarán. Déclaré par l’Unesco réserve de biosphère en 1977, puis patrimoine naturel de l’humanité en 1985, il abrite le géant du même nom, dont le sommet culmine à 6 768 mètres.

Pérou personnages

Flûtes andines


D’os, de pierre ou de terre cuite, les vestiges préincas attestent que ces instruments accompagnent les Péruviens depuis l’aube des temps. Le terme recouvre toutefois des groupes distincts : la quena, flûte droite, de longueur variable, dotée d’une encoche en forme de U, est traditionnellement faite en bois ou en roseau d’Amazonie, et non du lac Titicaca. Quand la zampoca, avec ses deux séries de tubes rangés en escalier, est jouée solo ou avec un compère, chaque musicien répondant au souffle de l’autre. Au-delà du folklore, les flûtes sont toujours de mise lors des cérémonies, car, pour les Quechuas, musiques et danses ont conservé toute leur force rituelle. Ainsi, le huayno, joué lors des mariages, des carnavals ou des nombreuses fêtes des villages de la sierra, célèbre l’amitié, l’amour et la fécondité. Et son air le plus célèbre conte l’envol du condor...

Flûtes de glace


Sur les versants les plus abrupts de la cordillère Blanche, des orgues de glace défient la pesanteur. Caractéristiques des glaciers tropicaux, les ice flutes forment des conduits verticaux engendrés par la chute d’une neige lourde qui adhère directement aux parois. A cette altitude, le soleil des tropiques entame les creux quand les crêtes gelées résistent mieux à la fonte. Avec le ruissellement, la montagne se hérisse peu à peu d’aspérités blanches et bleutées. Des lames verticales qui la drapent jusqu’à ce que tout disparaisse sous une nouvelle couverture de neige ou dans un fracas d’avalanche. La vision de ces flûtes de glace est un phénomène naturel d’une rare beauté, que l’on ne retrouve qu’en Himalaya.