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Ouzbékistan et Tadjikistan, doublé gagnant

Ils étaient cinq de l’équipe Allibert Trekking, un peu comme le club, mais partis en reconnaissance explorer les monts et merveilles du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan, aux côtés de deux guides. Et ils seraient bien restés, les yeux plongés dans le lac Alaoudin aux eaux cristallines, ceints de parois abruptes dignes de celles de l’Himalaya, ou bercés par le calme inouï d’une madrasa, en captant au loin les effluves épicés d’un plov… Confidences.

Dix jours au Tadjikistan et en Ouzbékistan ont suffi pour les rendre amoureux de cette Asie centrale aux paysages contrastés (désertiques en Ouzbékistan, montagneux au Tadjikistan), aux couleurs étincelantes et aux parfums légendaires qu’ils diffusent depuis autour d’eux, comme pour prolonger la saveur de leur voyage. Les cartes photo (archipleines) et les fruits secs (délicieux), dont regorgent les deux contrées, glissés dans les sacs du retour racontent le miracle oriental, la rencontre avec un berger tadjik au détour d’un lac turquoise, les bazars ouzbeks, réminiscences des caravansérails…

Entre parenthèses

Après huit heures de vol et un transfert par la route où le temps est entre parenthèses, ils se souviennent de cette première halte — elle aussi prise “entre deux”. Deux postes frontières comme on n’en fait plus, rouverts depuis moins d’un an à la suite d’un accord entre les deux pays et la volonté de Shavkat Mirziyoyev, président de l’Ouzbékistan, d’y favoriser le tourisme.
On les passe en voiture ou à pied, bagages à la main. “On croise des locaux, raconte Maria, assistante de production pour nos voyages en Asie centrale, des familles ouzbèkes et tadjikes, des femmes chargées, pastèques hissées haut, et on a en même temps l’impression étrange d’un no man’s land.” Instant singulier, presque suranné…

Du jamais-vu

Laisser derrière soi un “bout du monde” pour en découvrir un autre : bienvenue au Tadjikistan ! Il est 23 heures quand la bande atteint les contreforts de la chaîne du Pamir, à l’extrême ouest du pays, où culminent des sommets à plus de 5 000 mètres. Au cœur des monts Fanskye, le premier bivouac a un goût de jamais-vu… et de reviens-y. Gaël, conseiller en voyage sur mesure et spécialiste de l’Asie centrale, qui pourtant n’en était pas à son premier (bivouac), ne l’aurait jamais cru : “L’ambiance des monts Fanskye n’a rien à envier à celle de l’Himalaya.”
Au lendemain, quand le trek commence et lorsqu’apparaît le lac Alaoudin parmi des dizaines de lacs, perles bleues jaillissant d’un environnement rude, rocheux (les trois quarts du pays sont montagneux), c’est l’uppercut ! Alaoudin, que l’on découvre après avoir passé le col de Bodkhona, est un oxymore, contrastant avec la minéralité ambiante et s’en faisant le miroir : “Les sommets semblaient plonger dans la profondeur du lac, qui prenait aussitôt la couleur du ciel, ou devenait moucheté, reflétant les genévriers. On avait tout !”, raconte Gaël.

Un conte des Mille et une nuits

De cette nature intacte, où les dénivelées de 1 000 mètres usent les mollets de nos trekkeurs, où fleurissent des edelweiss qui échappent aux milliers de moutons tadjiks, troupeaux laineux habillant, avant d’être eux-mêmes déshabillés, des pans de terre entière, il faut pourtant s’extirper, pour prendre la route inverse. Et filer vers celle de la Soie, vers l’Ouzbékistan. Pishtak (arcade) décoré de mosaïques, madrasas flanquées de minarets, dômes précieux et étincelants : “Parcourir Samarcande, c’est se sentir transporté au XVIe siècle, c’est se sentir un peu comme dans un conte des Mille et une nuits, décrit Maria, qui, lorsqu’elle découvre la place (carrée) du Régistan, fierté de Samarcande et de l’Ouzbékistan tout entier, n’en finit pas d’écarquiller les yeux, avant de les laisser se reposer, à la tombée de la nuit, dans la cour d’une madrasa. “Nous étions assis, entourés de calme, avec un sentiment immense de sécurité.” A cette sérénité s’oppose l’abondance des souks, des bazars où, comme à Boukhara l’intimiste, rejointe après la visite de la spectaculaire Samarcande, fusent et fusionnent épices, fruits secs, cornichons de toutes sortes vendus en vrac et fromage blanc à la louche — petits fragments de l’histoire (russe).

Petit Lu oriental

Boukhara et son hammam, autre patrimoine, parfumé celui-ci au gingembre et au citron, dont nos explorateurs conserveront longtemps le souvenir d’un massage odorant et brûlant, aussitôt apaisé par… de l’eau glacée versée sur le corps, les pieds sur la pierre chaude, douce et usée. Le train de nuit qui les emmène de Boukhara à Khiva semble d’autrefois. Sur cette légendaire route de la Soie, il renforce l’idée d’un voyage hors du temps et les parachute dans un ailleurs : Khiva.
En écoutant Maria et Gaël, il faut imaginer “la vieille ville faite de chaux et de paille entourée d’un mur d’enceinte, ses mosquées cachées, inattendues, son dédale de ruelles et le haut du mur comme dessiné, dentelé, sablé, tel un Petit Lu. On peut y dormir, savourer un plov, sorte de pilaf ouzbek épicé. Ou préférer un hôtel à l’extérieur, où la vue sur la vieille ville, la nuit, est juste magnifique…”.

Khiva

Isrofil

Isrofil, notre partenaire sur le terrain
Derrière ce nom se cache un homme passionné et passionnant, avec qui l’équipe Allibert chemine en Ouzbékistan depuis 2006. Un partenariat solide, nourri d’échanges et de soutien réciproque : c’est grâce à Allibert qu’Isrofil, natif de Samarcande, a lancé il y a treize ans sa petite agence réceptive ouzbèke, et c’est avec elle que les circuits, hauts en couleur sur cette précieuse route de la Soie, ont pris de l’étoffe…