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La Gomera : un petit bout du monde, pas loin, mais si différent…

Elles étaient cinq, cinq spécialistes des Canaries, à la conception des itinéraires ou conseillères en voyage, réunies pour une randonnée qui les a emmenées sur les bien nommées “îles fortunées”, à Tenerife et La Gomera. Anita, c’est La Gomera qui l’a marquée, celle qu’on appelle “l’île verte”, comme une évidence de cette insularité qui l’attire tant. Impressions…

Soudain dévoilée…

Le ferry les a déposées à San Sebastian de La Gomera, dernière escale de Christophe Colomb avant sa traversée de l’Atlantique. Une heure depuis Tenerife.On a pris le bateau par grand beau, puis en approchant de la côte de La Gomera, le ciel s’est assombri, il a commencé à faire plus frais, les lumières ont basculé dans le bleu-gris. L’île était enveloppée dans la brume, puis, soudain, le soleil… et les paysages sont apparus, d’une incroyable limpidité”, s’émerveille Anita, conseillère en voyage. C’est d’abord une côte aride, sauvage, qui s’offre au voyageur qui aborde La Gomera, des routes en lacets serpentant dans les falaises et des petits villages blancs éparpillés çà et là.  Puis, lorsqu’on pose le pied sur l’île, à San Sebastian, “les maisons colorées, rose, vert, orange, de style colonial qui scintillent sous la lumière du soleil”. Enfin, lorsqu’on y pénètre, le vert qui déborde, la terre rouge, le sable noir, la mer bleu profond…

Une île à part

Ce sont ces premières images qui ont frappé Anita, mais déjà le sentiment que cette île est à part dans l’archipel des Canaries.On a l’impression d’arriver dans un petit bout du monde, pas loin de Tenerife, mais totalement différent, pas en Europe, mais plutôt en Afrique, cela m’a fait penser au Cap-Vert…” Différente, La Gomera l’est en effet. Une drôle de terre ronde, volcan entaillé de profondes vallées descendant en étoile vers l’Océan et baigné de brume.
Un petite île auréolée du titre de réserve de la biosphère, mais également classée au patrimoine de l’Humanité pour son parc national du Garajonay et pour son silbo, ce langage sifflé hérité des aborigènes gomeros, les Guanches, qui  permettait autrefois de communiquer d’une vallée à l’autre et qui est aujourd’hui enseigné à l’école. Anita a eu l’occasion de l’entendre ce “sifflement en guise d’accueil, avec un sourire”, un bonjour typiquement gomérien…

Garajonay La Gomera

Quand le temps s’arrête…

Ici, pas d’industrie, mais des habitants qui travaillent la terre, une terre rouge, fertile, minutieusement répartie en terrasses, les bancales. Pas de tourisme de masse, mais des hôtels ruraux, de la plus grande simplicité. “Dans les villages perdus, les anciens, assis sur les bancs, vous disent bonjour, il y a toujours un petit restaurant où les locaux se réunissent le soir pour prendre un verre et discuter. La vie se déroule lentement.” Le temps d’échanger, de prendre des nouvelles des uns et des autres.
“Et quel plaisir de boire avec eux le café canarien le temps d’une pause”, le fameux barraquito, qui sur La Gomera s’enrichit de cannelle, de citron et de liqueur, en bonne place sur la table de l’île, comme “le poisson frais, l’almogrote, fromage de chèvre au goût très spécial, agrémenté de piment, d’huile d’olive et d’ail préparé dans un mortier en bois, ou encore les mojos, — des sauces typiques dont chaque cuisinier a sa propre recette, la “receta de la casa”—, un régal !”

Tout est plus grand !

“On ne vient pas à La Gomera pour ses plages, trop peu nombreuses, mais pour ses sentiers de randonnée. Des kilomètres de chemins entre mer et montagne…”, poursuit Anita. Au cœur d’une végétation abondante et luxuriante : “Ici, tout est énorme dans les proportions, ce ne sont pas des agaves, mais des énormes agaves… ” Tout comme les lauriers mesurant trois mètres ou les bruyères géantes, les immenses palmiers, les figuiers de Barbarie à profusion … et même le fameux lézard, espèce endémique de l’île, qui peut peser jusqu’à un kilo et atteindre deux mètres de long.  Elle raconte aussi “cette brume qui crée une atmosphère très particulière… comme une sorte de forêt de Brocéliande…” On s’attendrait presque à voir apparaître quelque créature imaginaire appartenant à la mythologie locale…
A écouter Anita, on se demande comment ce petit caillou peut-il être aussi riche d’histoire, de culture et de légendes…

La Gomera

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La recette du barraquito

Spécialité des îles Canaries, le barraquito est un café habituellement servi dans un petit verre qui contient du café, du lait concentré et du lait. Sur La Gomera, il est rehaussé de cannelle, de citron et d’un peu de liqueur 43 ou Tía María.
Tout l’art de cette préparation est dans la superposition des couches, qui ne doivent pas se mélanger… pour produire un joli résultat.

Ingrédients pour un verre :
•    1 café expresso très chaud
•    25 cl de lait concentré
•    1 à 2 cuillerées de liqueur 43 ou  Tía María
•    1 zeste de citron
•    1 pincée de cannelle
•    Mousse de lait

Versez le lait concentré (environ 1 cm) dans un petit verre. Ajoutez la liqueur puis le café. Versez la mousse de lait, saupoudrez de cannelle et posez le zeste de citron.