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L'astronomie invitée dans le Queyras

“C’est au cours d’un bivouac au col Vieux, dans le Queyras, que j’ai été saisi par la qualité du ciel de ce massif, et le sentiment d’immensité offert par la voie lactée, visible avec une profondeur exceptionnelle due à l’absence de pollution lumineuse. Aucune ville à près de 30 kilomètres… Et si notre isolement devenait un atout ?” Philippe, responsable de nos séjours dans les Alpes du Sud, a tenté l’expérience d’une initiation à l’astronomie au cours d’une randonnée !

De l’astronomie au programme !

Après une nuit passée à admirer une pluie d’étoiles filantes, retour au bureau au fort Vauban de Mont-Dauphin, qui abrite l’agence Allibert Alpes du Sud. Comment résister à l’idée de mettre à l’honneur le ciel nocturne dans une de nos randonnées ? Car si le Queyras, fleuron des Hautes-Alpes, si près de la mer, avec ses montagnes, ses lacs, son patrimoine, sa faune et sa flore variées protégées par un parc naturel, ses sentiers conduisant d’une vallée à l’autre, est un massif de choix pour la randonnée, son ciel, à la pureté exceptionnelle, se prête idéalement à l’observation des étoiles.
Philippe, Mylène, Patrick, nos accompagnateurs, se lancent donc dans le projet, et proposent aux randonneurs du tour du Queyras de veiller un peu pour découvrir les constellations. Pas facile de se coucher tard après une longue journée de randonnée, mais le jeu en vaut la chandelle !

Initiation à l’observation du ciel

Guidés par un pointeur laser, nous découvrons les légendes d’Hercule, Céphée et Cassiopée. Ces points lumineux mystérieux deviennent sous le regard avisé des planètes des étoiles doubles ou des géantes rouges en fin de vie. Pour bon nombre d’entre nous, cette première soirée est l’occasion de toucher du doigt un autre univers que celui de la montagne.
Après Saint-Véran, nous renouvelons l’expérience au refuge Agnel, à 2580 mètres, où nous faisons étape. Nous profitons de ce ciel d’exception que beaucoup comparent à celui du pic du Midi pour nous rapprocher un peu des étoiles en utilisant l’eVscope, un télescope numérique, petit par sa taille mais très puissant, car il agrège des photos du ciel et permet de découvrir les objets du ciel profond, comme les galaxies, visibles habituellement avec des télescopes que l’on ne peut pas transporter dans notre milieu.

Ciel étoilé dans les Alpes

La tête dans les étoiles

Le spectacle débute avec les volutes de gaz ionisés de la nébuleuse de l’Aigle, une véritable pouponnière d’étoiles, puis vient la galaxie en spirale du Moulinet ,dans la grande ourse, située à 22 millions d’années-lumière.
Nous terminons la soirée par la visite de la nébuleuse planétaire de l’Haltère, un anneau de gaz résultant de l’explosion d’une étoile en fin de vie. En découvrant le cycle de vie d’une étoile,  nous touchons du doigt l’origine de notre monde, car tous les éléments chimiques découlent de réactions nucléaires se produisant dans les étoiles.  Comme l’explique l’écrivain astrophysicien Hubert Reeves : “nous sommes tous des poussières d’étoile”. Une belle phrase, sur laquelle nous pourrons méditer lors de notre montée au col Vieux le lendemain matin !

Allibert Trekking remercie la start-up marseillaise Unistellar (https://unistellaroptics.com/) qui nous a gracieusement prêté un télescope numérique.

LÉGENDES CÉLESTES
L’histoire des constellations est présente dans toutes les cultures du monde, qui chacune a inscrit ses croyances, légendes et mythes dans le ciel. Ainsi les Grecs plaçaient-ils dans les étoiles leurs héros et leurs dieux issus de la mythologie classique. Mais ce ne sont pas les seuls : les Chinois, les Arabes, les Amérindiens… se sont aussi appropriés le ciel et les astres.
Parmi les constellations les plus connues, Hercule, qui dans la légende grecque aurait créé la voie lactée en tétant trop avidement le sein de sa mère, Héra, prend chez les Babyloniens la forme de Gilgamesh, héros de la mythologie mésopotamienne, chez les Phéniciens celle du dieu de la mer Melkarth, et chez les Arabes celle d’un homme à genoux avec une massue, figure sous laquelle cette constellation est encore représentée aujourd’hui.
Quant à la grande ourse, dans la mythologie grecque, elle personnifie Callisto, nymphe aimée de Zeus, transformée en ourse par l’épouse du roi des dieux, Héra, lorsqu’elle découvre leurs amours. Le fils de Callisto, Arcas, sera lui changé en petit ours. Et tous deux seront condamnés à tourner perpétuellement autour du pôle Nord, sans jamais être autorisés à se reposer.
En revanche, dans la légende arabe, la grande ourse représente le cercueil d’un père escorté par ses trois filles en pleurs, qui tentent de rattraper son assassin, la petite ourse.
Alors que certains Amérindiens voient dans cette constellation une ourse poursuivie par trois chasseurs.
Car si l’astronomie est effectivement une science, l’univers des étoiles raconte aussi la richesse des imaginaires de différentes cultures.