Malte

L’archipel maltais est comme jeté au cœur de la Méditerranée, au sud de la Sicile et à l’est des côtes nord-africaines, archipel de petites îles, dont seules les trois plus grandes sont habitées. Ni montagnes, ni forêts, ni rivières, mais des collines cultivées avec amour, des maisons de pierre jaune, des falaises qui tombent à pic dans la mer, des criques innombrables, des ports qui abritent les barques colorées des pêcheurs.
Outre la gentillesse et l’honnêteté des Maltais, c’est la nature forte qui étonne. Et le meilleur moyen de la découvrir est bien la marche, loin des plages fréquentées, au travers des champs en terrasse qui s’étendent dans les vallons et qui courent jusqu’à la mer. La petitesse des îles permet d’être en contact permanent avec celle-ci par des sentiers côtiers tantôt surplombant des falaises, tantôt passant près de l’eau pour déboucher sur des grottes ou des criques au bleu turquoise.
Carrefour maritime, Malte offre généreusement toutes ses splendeurs, témoins d’une histoire mouvementée et riche. La vie quotidienne est l’héritage insolite des civilisations phénicienne, carthaginoise, romaine, arabe, sicilienne, française, anglaise… Ici, pas besoin d’artifice : les pierres parlent d’elles-mêmes des différentes conquêtes et invasions. Surprenante, l’architecture y est diversifiée : préhistorique, antique, arabe, normande, baroque…
Du ciel, le fameux faucon maltais, s’il volait, verrait ces îles couleur de miel découpées dans la grande bleue : Malte, Gozo, Comino et Cominotto, falaises coiffées de cultures suspendues, criques abritant des hameaux de pêcheurs et plages où l’eau fait miroiter ses couleurs transparentes… Au sud de la Sicile, l’archipel a vu se succéder les grandes civilisations. A ce jour, un patrimoine exemplaire y est conservé : des plus vieux sites mégalithiques aux fortifications et bâtiments fastueux des grands maîtres de l’Ordre, Malte vous offre un voyage à travers l’histoire des hommes dans un décor grandiose de Méditerranée.  
Si Malte évoque pour vous un passé de domination anglaise, de cabines rouges et de conduite à gauche, vous n’êtes qu’au début de vos surprises : dans ce très convoité carrefour de l’Europe, ce sont les paysages solaires, les mœurs et les allures méridionales qui prédominent, le goût de la bonne chair et le partage du sourire et du vin…
Malte la baroque et Gozo la minérale : voici une destination idéale pour ceux qui cherchent un compromis entre découverte et détente…
Randonnées et voyages  à Malte

Repères

 Population

414 000 habitants.

 Superficie

316 km2.

 Capitale

Valletta (La Valette).

 Villes principales

Mosta, Sliema, Birkirkara, Qormi, Victoria (Gozo).

 Point culminant

Ta’Dmejrek (253 m).

 Langues officielles

maltais et anglais.

 Religion

catholicisme (religion d’Etat) pratiqué par 98% de la population.

 Décalage horaire

par rapport à la France, aucun décalage horaire tout au long de l’année.
UTC/GMT : + 1 h.

Géographie

L’archipel de Malte est situé à 93 km au sud de la Sicile, à 288 km à l’est de la Tunisie et à 340 km au nord de la Libye. Il occupe une position centrale en Méditerranée, à peu près à mi-chemin de Gibraltar (1 826 km) et d’Alexandrie (1 510 km). Malte possède des frontières maritimes communes avec l’Italie, la Tunisie, la Libye, la Grèce et l’Albanie.
L’archipel est composé de deux îles principales, Malte (246 km²) et Gozo (67 km²), et de quatre îlots, dont un seul, Comino, abrite quelques habitants.
Le relief s’élève progressivement depuis le nord-ouest jusqu’au sud-ouest où il culmine dans les falaises de Dingli. Le sol est calcaire et la végétation de type méditerranéen sec avec peu d’arbres (caroubiers, figuiers de Barbarie, lauriers) et des cultures en terrasse.

Climat

Le climat est de type méditerranéen, avec des étés secs et chauds tempérés par des brises marines, et des hivers doux et ensoleillés. Le mercure peut friser les 40 °C en juillet et août, et oscille autour de 15 °C au cours des mois les plus froids. La période des pluies se situe entre novembre et février, mais le volume annuel des précipitations reste faible. On peut se baigner dans la mer d’avril à octobre. Le mistral est le vent dominant, et le sirocco ne souffle qu’à la fin de l’été.

Économie

Les ressources économiques sont le calcaire, un bon emplacement géographique et une main-d’œuvre productive. Cependant, Malte ne produit qu’environ 20 % de ses besoins alimentaires, possède des ressources en eau limitées et n’a pas de sources d’énergie qui lui soient propres.
L’économie est dépendante du commerce et du tourisme. Ce dernier représente désormais plus d’un quart des recettes du commerce extérieur de Malte.

Société

Avec 1 282 habitants au kilomètre carré, la population du plus petit Etat de l’Union européenne, fortement urbanisée, est l’une des plus denses au monde. La moitié des habitants de l’île de Malte est concentrée dans le quart nord-est, autour de la capitale La Valette. Il existe par ailleurs une importante diaspora maltaise, principalement en Australie, au Canada, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France. Quelque 10 700 étrangers vivent à Malte.
Dans la bonne société maltaise, les usages sont essentiellement britanniques. De la façon de mettre la table à celles de se tenir ou de se vêtir, tout se veut la copie d’un certain art de vivre anglais.

L'histoire du pays

L'histoire
Fin du IXe-début du VIIIe siècle, Malte devient un poste phénicien. Puis elle connaît l’influence grecque et l’occupation carthaginoise, et enfin romaine en 218 avant J.-C.. Conquise par l’émir de Kairouan en 870 après J.-C., elle passe en majeure partie à l’islam. En 1090, Roger de Sicile s’en empare, mais les musulmans, qui n’en sont expulsés que sous Frédéric II, entre 1240 et 1250, laissent à l’île un dialecte arabe. Malte reste liée à la Sicile jusqu’en 1530, où Charles Quint la cède aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, chassés de Rhodes. L’île résiste aux Turcs et devient un nid de corsaires chrétiens au XVIIe siècle, et, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le grand centre du commerce français en Méditerranée en direction du Levant. L’Ordre, qui décline, laisse Bonaparte occuper l’île en 1798. La Grande-Bretagne, qui s’en empare en 1800, refuse de faire de l’italien une langue officielle et d’accorder l'autonomie ; l’agitation politique se développe. En 1921, une Constitution est accordée à l’île, mais elle est suspendue en 1933, puis abrogée en 1936, et l’île revient sous le régime colonial. L’autonomie, accordée en 1947, est révoquée en 1959 et ce n’est qu’après les élections de 1962, remportées par le parti nationaliste (PN, conservateur), que Malte devient membre du Commonwealth. George Borg Olivier, Premier ministre, demande alors l’indépendance au sein du Commonwealth (août 1962). A la suite d’un référendum en 1964, l’indépendance devient effective.
Deux difficultés majeures pèsent sur le nouvel Etat : le problème économique, lié à l’aide indispensable de l’étranger, les rapports de l’Eglise et de l’Etat, problème qui oppose le parti nationaliste de George Borg Olivier, majoritaire, au parti travailliste (MLP, social-démocrate) de Dominique Mintoff, ce dernier étant hostile aux ingérences cléricales traditionnelles. Face aux Britanniques, qui dominent l’économie de l'île, le parti nationaliste compose. Mais les élections de 1971 amènent les travaillistes au pouvoir. Le nouveau Premier ministre, D. Mintoff, renvoie le gouverneur représentant la Couronne britannique, exige le départ du commandant en chef des forces de l’OTAN basées à Malte, interdit ses côtes à la 6e flotte américaine et réclame la révision des accords de 1964 qui lient le pays à la Grande-Bretagne. En 1972 est signé un nouvel accord anglo-maltais, d’une durée de sept ans, sur l’utilisation des bases militaires de l’île par la Grande-Bretagne et l’OTAN.
Malte devient une république en 1974. Depuis, sept présidents de la République, élus par l’Assemblée, se sont succédé. 1979 voit la fermeture des bases britanniques et le départ des dernières troupes. En 1987, le Parlement est dissous, les élections législatives, remportées par le parti nationaliste, mettent fin à seize ans de pouvoir socialiste. A la faveur des élections 1998, le parti nationaliste revient au pouvoir. Le Premier ministre, E. Fenech-Adami, relance le cheminement européen et signe en 2003 le traité d’adhésion à l’Union européenne, auquel plusieurs arrangements spéciaux sont annexés, dont celui de la neutralité de l’île. Elle est admise à intégrer la zone euro le 1er janvier 2008.
En mars 2004, Lawrence Gonzi remplace E. Fenech-Adami à la tête du PN et du gouvernement. Confrontée à une immigration clandestine préoccupante à l’échelle locale, Malte appelle régulièrement les Etats membres de l’UE à étudier la répartition des immigrants africains entre pays européens.
Les travaillistes viennent de nouveau en tête des élections européennes de 2009 devant le PN, avant de remporter les élections législatives de 2013. Leur chef Joseph Muscat devient Premier ministre et Marie Louise Coleiro Preca du parti Travailliste est la présidente de la République depuis 2014.

Bon à savoir

Informations pratiques

L'identité
Vous serez certainement surpris par l'insistance des insulaires à se définir comme étant maltais ou gozitains. En arrivant sur l'île de Gozo, c'est tout simplement dans un autre pays que vous avez l'impression d'arriver. Non seulement avec ces paysages plus sauvages, moins urbanisés, mais surtout avec ces us et coutumes gozitains qui se revendiquent différents de ceux de Malte : la fierté d'avoir gardé un lien étroit avec le monde rural, les traditions, l'artisanat ; le goût pour le travail, l'art de faire de petites économies... tout le contraire de ce que sont et font les maltais, vous dira-t-on !

La croix de Malte
Elle est introduite sur la côte napolitaine par les citoyens d'Amalfi qui, désireux d'apporter une aide à l'Ordre, créent sur l'île un hôpital destiné aux Chevaliers de retour des croisades. L'emblème d'Amalfi est alors adopté comme celui de l'Ordre. Ses quatre branches rappellent les vertus cardinales : Justice, Prudence, Modération, Courage.

La daïssa
La daïssa, barque typique maltaise de couleur vive, ressemble à une gondole sans queue. Les barques des pêcheurs, aux formes moins élancées, - les luzzu -, se caractérisent par leurs "yeux d'Osiris", peints à l'avant du bateau. Cette tradition daterait des Phéniciens qui peignaient ces yeux sur leurs bateaux de pêche afin d'éviter les obstacles.

La dentelle
Cet art typique de Malte et particulièrement de Gozo, que l'on appelle localement bizzilla, est l'une des grandes spécialités remontant à l'époque des Chevaliers. C'est eux qui l'ont importée sur l'île, lorsque l'artisanat était florissant. Malheureusement, lorsque les Chevaliers sont chassés, l'activité décline jusqu'au XIXe siècle. C'est, sous la domination britannique, que Lady Hamilton Chichester, femme du gouverneur, relance l'art de la dentelle selon la mode de Gêne.

La globigérine
Quand vous arrivez, vous êtes fasciné par la douce couleur de l'île. La couleur, c'est celle du miel, celle de la globigérine, cette pierre utilisée pour construire les somptueux palais anciens comme les maisons modernes des banlieues résidentielles. C'est aussi sur cette roche que vous marchez lors de randonnées au milieu de la garrigue odorante.

La kinnie
Il s'agit en quelque sorte de la boisson nationale, un soda à l'orange amère et aux herbes. Elle est fabriquée dans les mêmes usines que la fameuse bière locale, la Cisk, à la brasserie Farsons. Le goût est particulier, mais c'est très rafraîchissant. Les Maltais y sont attachés.

Les festi
La festa (festi au pluriel) est l’événement annuel qui se prépare pendant toute une année. Au centre de la fête, la statue du saint, colossale, souvent sculptée par un artiste du XVIIe ou du XVIIIe siècle, est peinte et dorée régulièrement. C’est elle qui, rutilante, est promenée pendant trois jours sur une estrade. Elle reçoit les acclamations et les applaudissements des habitants qui lui jettent confettis et morceaux de papier.
 
Electricité
Tension électrique : 240 V, 50 Hz. Prévoir un adaptateur.

Que doivent prévoir les amateurs de photos ?

Pour les appareils numériques, prévoyez une autonomie suffisante, car il n’est pas toujours possible de recharger les batteries.

Quelques mots utiles
Le maltais est une langue d’origine sémitique écrite en alphabet latin, influencée par l’arabe (à 40 %) et portant les traces des envahisseurs successifs : anglais, français, siciliens. L’anglais est couramment pratiqué. Le français est souvent compris, mais très mal parlé. Quant à l’italien, souvent compris et parfois parlé, c’est grâce à l’influence de la toute proche Sicile.
Apprendre quelques mots clés en maltais vous permettra de gagner le respect de vos interlocuteurs, de faciliter et de rendre plus agréables vos échanges avec les Maltais rencontrés. Alors n’hésitez pas à faire l’effort d’utiliser les expressions suivantes :
Oui : iva.
Non : .
Bonjour : bonnjou.
Bonsoir : bonsoir.
Au revoir : saha.
Pardon : skouzi.
S’il vous plaît : yek yodje.
Merci : grazzi.
Où se trouve... : feign ou...
Droite : lémine.
Gauche : chelloug.
Tout droit : dritt.
Combien : kemm.
Rue : tri.
Plage : ramla.
Anse : quala.
Vous pouvez demander à votre guide comment les prononcer, votre voyage n’en sera que plus riche. Et puis souriez, c’est souvent le meilleur moyen d’avoir de bons contacts !

Bibliographie

Sites Internet
http://www.guide-de-voyage.com/malte/a_decouvrir_malte.php.
http://membres.multimania.fr/malte/dico.html.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Malte.

Guides
Malte, Bibliothèque du voyageur, Gallimard.
Malte, guide Evasion, Hachette.
Malte, Le Petit Futé.
Les Chevaliers de Malte. Des hommes de fer et de foi, Bertrand Gallimard Flavigny, Gallimard.
Malte, Alain Blondy, Arthaud.
L’Ordre de Malte au XVIIIe siècle, Alain Blondy, éditions Bouchêne.
Malte, Shirley Johnston, éditions Citadelles et Mazenod.

Tourisme responsable

Le respect des us et coutumes

Malte est un pays dont le peuple est généralement très ouvert et chaleureux. Les Maltais, qui ont adopté de nombreux aspects de la culture européenne avec la colonisation britannique, restent tout de même réservés sur certaines choses ou certains sujets.
 
Voici quelques conseils pour respecter au mieux ces populations et leurs cultures :
— Respectez l'espace personnel de vos hôtes, adaptez-vous aux usages de la culture locale.
— Photographier des personnes repose sur un échange, assurez-vous de leur accord.
— Respectez les lieux de culte que vous visitez, portez une tenue vestimentaire adaptée et acceptez de ne pas y pénétrer lorsque cela est interdit ou lors des cérémonies. Retirez vos chaussures ou couvrez-vous la tête à l'entrée des sites religieux lorsque cela est demandé.
— Les attitudes démonstratives en couple sont perçues comme inconvenantes.
— Sur les plages, une tenue décente s’impose au risque de vous faire rapidement rappeler à l’ordre par les Maltais. Monokini et naturisme sont rarissimes et réservés à certaines criques, difficiles d’accès et non fréquentées par les familles.
 
Ces précautions favorisent les échanges.

La préservation de l'environnement

- La flore
Buskett Gardens est la seule véritable forêt de Malte, plantée par les chevaliers pour en faire un terrain de chasse. Oliviers, caroubiers, figuiers, chênes verts (les plus anciennes espèces d’arbres à Malte) et amandiers sauvages sont originaires de l’archipel. D’autres, comme les eucalyptus et les conifères, furent introduits pour donner de l’ombre et pour protéger les champs et les fermes. Parmi les arbres décoratifs aux fleurs splendides, on trouve hibiscus, lauriers-roses, tamaris, jacarandas, arbres de Judas et mimosa, introduits sur l’archipel au cours des cinquante dernières années.
- La faune
On trouve de nombreux petits mammifères, comme les hérissons et les lapins, des reptiles – lézards, dont il existe une espèce unique sur l’îlot de Filfla, et serpents –, de même qu’une grande variété d’oiseaux, sans oublier une importante vie sous-marine. Plusieurs réserves naturelles existent dans l’archipel pour protéger les espèces endémiques comme migratrices : la réserve naturelle de Ghadira, près de Mellieha au nord, l’îlot de Filfla, la forêt de Buskett Gardens, et Simar, proche de la baie de Saint-Paul.
Malte souffre de la rareté de l’eau douce et de la dégradation de la faune, notamment les oiseaux migrateurs.

Pour conserver ce patrimoine naturel d'exception : 
— Respectez la réglementation en vigueur dans les parcs régionaux et nationaux.
— Evitez de rapporter des souvenirs qui font partie du patrimoine naturel et de prélever des objets archéologiques ou culturels à valeur historique.
— N'approchez pas la faune de trop près ; il ne faut pas oublier que nous sommes seulement invités dans son propre territoire.
— Pensez toujours à ramasser vos papiers, mouchoirs, mégots, etc.
— Evitez de laisser les déchets difficile à recycler (tels piles, lingettes, plastiques) dans les zones rurales ou les petits villages qui ne disposent pas de filière de recyclage. Rapportez-les dans les grandes villes ou ramenez- les avec vous.
— Dans le cadre d'une démarche responsable, évitez l'achat de bouteilles en plastique. Nous vous conseillons de prévoir une gourde personnelle que vous pourrez remplir.
— Lorsque vous disposez d'une climatisation individuelle, nous vous recommandons de l'arrêter systématiquement lorsque vous quittez la chambre, pour éviter une surconsommation énergétique.

Nous vous invitons par ailleurs à télécharger la charte éthique du voyageur :
https://www.allibert-trekking.com/231-agir-pour-un-tourisme-responsable

Comment réduire votre empreinte

Comment réduire votre empreinte carbone ?
Vous pouvez participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre en versant le montant de la compensation des émissions de CO2 liées à votre vol sur le site du GERES : http://www.co2solidaire.org/fr/component/hob_co2/?view=calculateur.
A titre d'exemple, voici le montant de la compensation pour un vol aller et retour vers Malte : Paris - Luqa, 23 €.