Pakistan

Au nord du Pakistan, un monde d’une beauté époustouflante vous attend... C’est avec un immense plaisir que nous vous emmenons à nouveau dans ce pays extraordinaire ! Ultime espace sauvage, cette terre de découverte a tant à offrir aux trekkeurs : parmi les plus beaux paysages himalayens au monde, ses géants - sept sommets à plus de 8 000 m - vous réservent des treks démesurés, de l’Hindu Kush au Karakoram. Aux pieds de ces montagnes vivent des populations dont l’hospitalité est la qualité première, des Kalash aux ismaéliens de la vallée Hunza, disciples de l’Aga Khan qui prône avant tout les nobles valeurs de l’islam, tolérance et hospitalité. D’oasis en oasis, pénétrez au cœur de ces vallées secrètes et intactes pour découvrir les traditions de cultures ancestrales protégées par leur isolement. Basculez avec nous dans ce monde bouleversant aux sommets encore vierges et aux peuples attachants. Balayez vos a priori et embarquez pour l’une des destinations les plus prometteuses de l’avenir du trek en Himalaya...
Karakoram, Pakistan, pays des géants de la Terre et des plus grands glaciers… Dans les montagnes du Nord, ismaéliens et Afghans ont jardiné les vallées, créant des oasis de vie.
Treks au Pakistan

Repères

Population

197 millions d’habitants.

Superficie

796 095 km2.

Capitale

Islamabad.

Villes principales

Karachi, Lahore, Rawalpindi, Faisalabad, Peshawar.

Points culminants

le K2 (8 611 m, deuxième plus haut sommet du monde), le Nanga Parbat (8 125 m).

Langues

anglais et ourdou (off.) pendjabi, sindhi, pachtou, baloutche.

Religions

islam (religion d’Etat, 97 %), hindouisme (1,5 %), christianisme (1,5 %).

Décalage horaire

par rapport à la France, trois heures de plus en été, quatre heures de plus en hiver.
UTC/GMT : + 5 h.

Géographie

Appartenant à la fois au Moyen-Orient (régions arides et souvent accidentées aux confins de l'Afghanistan et de l'Iran) et au sous-continent indien (plaines de l'Indus), le Pakistan possède des frontières communes avec l’Iran au sud-ouest, l’Afghanistan à l’ouest et au nord, la Chine, au nord-est, et l’Inde sur tout son côté est. La côte sud est bordée par la mer d’Oman avec 1 050 km de littoral. 
Les régions naturelles peuvent se ramener à trois grands ensembles :
- la plaine de l'Indus et de ses affluents regroupe le Pendjab et le bas Indus (basse plaine et delta), correspondant à la province du Sind, bordés à l'est par le désert de Thar,
- la bordure montagneuse septentrionale compte de nombreux sommets à plus de 7 000 m d'altitude dans les paysages alpins de l'Hindu Kuch, du Karakorum et de l'Himalaya proprement dit, montagnes difficiles aux bassins rares (Chitral),
- le Baloutchistan, aride, steppique.

Climat

Les montagnes du Pakistan sont partiellement à l’abri de la mousson d’été qui touche la chaîne voisine de l’Himalaya. La période idéale pour le trekking dans ces massifs est donc de juin à fin septembre, où le temps est généralement beau et chaud.
Un risque d’épisodes pluvieux, sous forme d’orages notamment, n’est toutefois pas exclu. Les conditions en altitude ressemblent fort à celles des Alpes françaises, alors que les basses vallées sont caniculaires pendant les mois de juillet et d’août (climat continental).

juin

juillet

août

septembre

30 °C

29 °C

28 °C

28 °C

Économie

L'irrigation du bassin de l'Indus remonte à l'Antiquité ; l'agriculture représente 20 % du produit intérieur brut et 75 % du commerce extérieur. De grandes réalisations, effectuées dans les années 1960, ont permis une rationalisation et une extension de la surface cultivée grâce, notamment, à un réseau de canaux unique au monde. Les succès de la révolution verte, de 1960 à 1965, ont surtout concerné le blé et le riz. Le Pakistan est le premier exportateur mondial de coton et le sixième producteur de canne à sucre. Mais l'économie rurale n'est pas suffisamment diversifiée malgré une hausse de la production de fruits et de légumes et une amélioration de l'élevage avicole. La principale région agricole est le Pendjab grâce à sa terre fertile et à une plus forte modernisation, vient ensuite le Sind, enfin, la Province de la frontière du Nord-Ouest, plus montagnarde, produit des oléagineux, les oasis du Baloutchistan sont très marginales.
Le Pakistan possède des ressources minières diversifiées mais peu abondantes ; s'il manque de pétrole, il possède un peu de gaz naturel. Son fort potentiel hydroélectrique reste sous-utilisé. L'industrie a privilégié les branches textile et agroalimentaire, et représente 27 % du PIB.

Société

La société pakistanaise est un amalgame des cultures arabe, perse et indienne. L’islam sunnite est la religion majoritaire du Pakistan, avec 75  % de la population ; 20 % des Pakistanais sont chiites et se concentrent dans le nord-ouest du pays, près de la frontière afghane, des tensions existent entre les deux courants. Les chrétiens représentent 6 millions de personnes au Pakistan. Les ismaéliens constituent le deuxième plus important rameau de l’islam chiite. L’ismaélisme est perçu comme une religion modérée et très ouverte. Son chef spirituel, l’Aga Khan, prône avant tout les nobles valeurs de l’islam : tolérance et hospitalité. Malgré leur petit nombre, les ismaéliens sont très influents dans les milieux des administrations, des armées et des affaires.
La femme pakistanaise reste très soumise dans une société où la religion et les traditions règnent.   

L'histoire du pays

L'histoire
La région de l'Indus a vu se développer plusieurs cultures antiques avec Mehrgarh, une des plus anciennes villes connues du monde, et la civilisation de la vallée de l'Indus (de 2500 av. J.-C. à 1500 av. J.-C.) à Harappa et Mohenjo-Daro. Les vagues de conquérants et de migrants, - Aryens, Perses, Indo-Grecs et Musulmans - se sont établis tout au long des siècles. La civilisation aryenne a donné naissance au védisme qui a jeté les bases de l'hindouisme. Le pays a une histoire commune avec l'Inde, l'Afghanistan et l'Iran antiques. La région est un carrefour des itinéraires commerciaux historiques, dont la route de la soie. Les empires successifs et les royaumes ont régné sur la région de l'empire perse achéménide autour de 543 av. J.-C., à Alexandre le Grand en 326 av. J.-C. et l'empire de Maurya. Le royaume indo-grec fondé par Demetrius de Bactria a inclus Gandhara et le Pendjab en 184 av. J.-C., et a atteint son apogée sous Ménandre Ier, établissant la période gréco-bouddhiste avec des avancées dans le commerce et la culture.
Ali Jinnah, qui, avec la Ligue musulmane, lutte aux côtés du parti du Congrès indien contre la domination britannique, réclame à partir de 1940 la création de l'état islamique du Pakistan, séparé de l'Inde et regroupant les musulmans du sous-continent indien. En juin 1947, lord Mountbatten, vice-roi des Indes, fait accepter le principe de la partition. L'Indian Independence Act, présenté en juillet 1947 par le gouvernement britannique, prévoit que le Pakistan comprendra tous les territoires, à majorité musulmane, qui formaient les provinces du Bengale oriental, du Sind et du Baloutchistan. Les Etats princiers peuvent opter pour le rattachement à l'Inde ou au Pakistan ou se proclamer indépendants. La création d'un Etat musulman, vœu d'Ali Jinnah, est réalisée, mais cet Etat est divisé en deux parties distantes de 1 700 km, le Pakistan occidental, situé entre l'Iran à l'ouest, l'Afghanistan au nord, l'Inde à l'est et bordé par la mer d'Oman au sud, au nord et le Pakistan oriental, limité par l'Inde, à l'ouest, au nord et à l'est, par la Birmanie au sud-est, et bordé par le golfe du Bengale. Deux Etats princiers, Hyderabad et le Cachemire, remettent en cause le principe de la partition. Prenant prétexte de désordres intérieurs, l'Inde envahit Hyderabad et l'annexe. Au Cachemire, un conflit éclate en 1947 entre l'Inde et le Pakistan, il aboutit à la partition de la région en 1949, de part et d'autre d'une ligne de cessez-le-feu fixée par les Nations unies. La création du Pakistan s'accompagne d'un important mouvement de population : le pays doit accueillir de 6 à 7 millions de musulmans, alors que 6 millions d'hindous regagnent l'Inde. L'afflux des réfugiés modifie profondément la répartition démographique au Pakistan occidental dans la mesure où ces réfugiés cherchent à s'intégrer dans les villes. Le Pakistan oriental, essentiellement agricole, absorbe plus facilement les nouveaux arrivants. La première Assemblée constituante (1947-1954) est dominée par la Ligue musulmane. Muhammad Ali Jinnah, "le père de la nation", devient premier gouverneur général du Pakistan et président de l'Assemblée constituante. A sa mort, en 1948, Liaqat Ali Khan, Premier ministre et président de la Ligue musulmane, lui succède, tandis que Khawaja Nazimuddin devient gouverneur général. En octobre 1951, Liaqat Ali Khan est assassiné. La Ligue musulmane se divise en une Ligue musulmane Jinnah, dirigée par le nabab Mamdot au Pakistan occidental, et une Ligue musulmane Awami de H. S. Suhrawardi au Pakistan oriental, qui préconise l'autonomie régionale.
En 1956, la Constitution établit une fédération de deux provinces. La République islamique du Pakistan est dirigée par un président obligatoirement musulman. L'ourdou et le bengali sont langues d'état, et l'Assemblée fédérale de Karachi est doublée d'assemblées locales, à Dacca pour le Pakistan oriental et à Lahore pour le Pakistan occidental. Mais l'absence de partis politiques organisés renforce le chaos, que favorise une situation économique désastreuse. En 1958, la Constitution est abrogée et la loi martiale proclamée, le général Ayyub Khan devient président de la République. Une réforme agraire permet une réorganisation de l'agriculture et protège les petits paysans. L'organisation d'un programme de "démocraties de base" met en place des assemblées renouvelables tous les cinq ans et composées de membres élus ou désignés et de fonctionnaires afin d'instaurer une véritable démocratie à partir des villages. Ayyub Khan promulgue en 1962 une Constitution de type présidentiel. Il est réélu président de la République en 1965.
La même année, éclate entre l'Inde et le Pakistan la deuxième guerre du Cachemire. Deux hommes commencent à s'opposer au président : à l'ouest, Zulfikar Ali Bhutto, qui fonde, en 1967, le parti du Peuple pakistanais ; à l'est, Mujibur Rahman, chef de la Ligue Awami et qui réclame l'autonomie du Pakistan oriental. Le mécontentement croît, le général Ayyub Khan doit céder la place, en 1969, au général Yahya Khan. La loi martiale est instaurée, la Constitution suspendue. Yahya Khan réussit à rétablir un certain calme. Il annonce l'élection, pour la première fois au suffrage universel, d'une nouvelle Assemblée constituante qui aura lieu en 1970. La Ligue Awami et le parti de Z. A. Bhutto remportent les élections, respectivement, dans les provinces orientale et occidentale. En 1971, Rahman demande l'autonomie du Pakistan. L'armée déclenche une répression sanglante, Rahman est arrêté et transféré à l'ouest. La résistance bengalie s'organise, une radio clandestine proclame l'indépendance du Bangladesh, un gouvernement provisoire bengali est formé ; des millions de réfugiés vont fuir la sévère répression de l'armée pakistanaise. En 1971, Yahya Khan prononce une amnistie générale. La tension croît entre l'Inde et le Pakistan, dégénérant en un véritable conflit armé. Défaite en quelques jours, l'armée pakistanaise capitule. L'autonomie du Bangladesh devient effective. Au Cachemire, Indira Gandhi, Premier ministre indien, décide un cessez-le-feu unilatéral. Z. A. Bhutto succède au général Yahya Khan. Une troisième Constitution de type fédéral est adoptée en 1973 ; le Pakistan est composé de quatre provinces : Pendjab, Sind, Baloutchistan et Province de la frontière du Nord-Ouest, chacune ayant son assemblée et son gouvernement. Le président de la République est subordonné au Premier ministre Z. A. Bhutto, qui reste cinq ans et demi au pouvoir avant d'être victime d'un coup d'Etat militaire en 1977. 
La loi martiale est à nouveau proclamée, et le général Zia ul-Haq, que Z. A. Bhutto a élevé à la dignité de chef d'état-major des armées, en est l'"administrateur en chef", avant d'accéder, en 1978, à la présidence de la République. S'instaure alors une véritable dictature militaire. Le général Zia ul-Haq fait condamner à mort, puis exécuter, en 1979, Z. A. Bhutto. Les élections législatives promises sont ajournées sine die, les partis politiques bannis, la censure est imposée. Dès 1979, le Coran et la sunna deviennent la "loi suprême" du Pakistan. L'opposition démocratique, qui organise au cours de l'été 1983, un vaste mouvement de "désobéissance civile", menace le pouvoir en place. Aussi Zia ul-Haq organise en 1984 un référendum sur l'islamisation, qui lui permet de prolonger son mandat et de légitimer son pouvoir. En 1986, la loi martiale est levée, mais l'opposition au régime demeure forte. En 1988, Zia ul-Haq meurt dans un accident d'avion. A l'issue des élections, Benazir Bhutto, fille de l'ancien Premier ministre, chef de file de l'opposition et du parti du Peuple pakistanais (PPP) devient Premier ministre.
Dotée d'une éducation occidentale, B. Bhutto est la première femme à accéder au pouvoir dans un pays islamique, ce qui provoque de vives réactions de la part de certains milieux intégristes. De fait, elle a beaucoup de mal à se dégager de la pression de l'armée et à obtenir un véritable soutien populaire. En 1990, le président Ghulam Ishaq Khan destitue le gouvernement, déclare l'état d'urgence et provoque des élections législatives anticipées. La coalition de l'opposition, l'Alliance démocratique islamique (IDA), remporte la victoire et Nawaz Sharif, chef de la Ligue musulmane du Pakistan (PML), est nommé Premier ministre. La rivalité croissante entre le Premier ministre et le président provoque l'intervention du chef des armées, qui destitue l'un et l'autre en 1993. Les nouvelles élections permettent le retour du PPP et de B. Bhutto au pouvoir. Mais le climat social est détérioré : les violences interethniques et interconfessionnelles secouent Karachi et le Sind, le pays sombre dans la crise économique. B. Bhutto tente de manipuler le processus démocratique pour se maintenir au pouvoir. Mais d'importantes manifestations islamistes et antigouvernementales se déroulent durant l'été 1996. L'armée convaint le président Farooq Leghari de limoger B. Bhutto. En même temps, il dissout l'Assemblée nationale.
Nawaz Sharif revient au pouvoir avec une majorité écrasante lors des élections de 1997. Mais, l'attention portée par le Premier ministre à la consolidation de son pouvoir laisse en suspens la mise en œuvre des réformes indispensables. Outre les difficultés économiques, N. Sharif est confronté à l'influence grandissante de l'opposition islamiste et surtout à une recrudescence de la violence, en particulier au Pendjab, entre communautés sunnites et chiites. Le Premier ministre fait voter un amendement qui place la loi islamique au-dessus de la Constitution, puis il instaure des tribunaux militaires qui multiplient les condamnations à mort. En 1999, N. Sharif est renversé lors du coup d'Etat mené par le général Pervez Mucharraf. L'état d'urgence est décrété, la Constitution suspendue. Le chef de l'Etat, Rafiq Tarar est maintenu en place jusqu'en 2001, date à laquelle le général Mucharraf se fait investir président, montrant ainsi sa volonté de rester au pouvoir au-delà de 2002, date fixée par la Cour suprême pour le retour à un régime civil.
Les pressions exercées par les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 placent le général devant une alternative étroite : soit maintenir son soutien au régime des talibans en place en Afghanistan et risquer alors de voir s'interrompre tout soutien financier et d'être mis au ban des nations ; soit apporter sa coopération à la lutte antiterroriste et heurter les sentiments religieux de puissants groupes fondamentalistes dans le pays et au sein même de l'armée. Le général Mucharraf se rallie aux Etats-Unis. Cherchant à consolider son pouvoir, il obtient son maintien à la présidence pour cinq ans à l'issue d'un référendum boycotté par les grands partis d'opposition.
En 2002, les élections sont marquées par la percée de six partis religieux fondamentalistes réunis au sein du MMA (Muttahida Majlis-e-Amal, Conseil uni pour l'action), qui devient la troisième force parlementaire du pays et qui contrôle deux des quatre Assemblées provinciales. Le vote en faveur des partis religieux, qui ont mené campagne sur le thème du rejet de l'alliance avec les Etats-Unis dans la guerre antiterroriste, constitue un désaveu pour le général Mucharraf. Le régime militaire doit aussi essuyer le mécontentement consécutif à son inaction face au grave tremblement de terre d'octobre dans le nord du pays, cependant que la situation intérieure se dégrade. Désireux de désamorcer l'escalade de la radicalisation, P. Mucharraf signe avec les "talibans pakistanais" en 2006 un accord de paix, qu'il dénonce moins d'un an plus tard.
En 2007, devant les manifestations populaires liées à la hausse des prix, le bras de fer avec les islamistes, notamment dans les provinces tribales du Nord et de l'Ouest, ainsi qu'à Islamabad, la protestation de l'opposition libérale, P. Mucharraf songe à imposer l'état d'urgence, mais doit y renoncer sur pression internationale et en particulier américaine, et doit permettre le retour des anciens Premiers ministres exilés, B. Bhutto et N. Sharif, afin qu'ils puissent mener la campagne de leurs partis respectifs aux élections législatives prévues pour 2008.
Reflet de l'état désastreux du pays et mauvais augure pour son avenir politique, c'est un attentat - dont elle sort miraculeusement indemne - qui accueille Benazir Bhutto à Karachi en 2007. P. Mucharraf impose l'état d'urgence réprime l'opposition, assigne à résidence B. Bhutto. P. Mucharraf renonce à sa fonction de chef des armées, et c'est en tant que civil qu'il prête serment pour un nouveau mandat de 5 ans à la tête du pays. Fin décembre, B. Bhutto est tuée dans une opération suicide à la fin d'un meeting à Rawalpindi, ce qui sème consternation, trouble et émeutes.
Les élections générales, auxquelles le PPP de l'ex-Premier ministre désormais pris en main par son mari, Asif Ali Zardari, ne compte pas se soustraire, sont reportées en 2008. Bien que précédées d'une vague de violences, les élections se déroulent dans le calme et voient, malgré une participation réduite (près de 40 %), la victoire écrasante du PPP de A. Zardari et de la PML-N de N. Sharif. Le très net revers de la PML-Q transforme cette consultation en référendum contre le régime du président Mucharraf et l'effondrement des partis religieux atteste des espoirs que les Pakistanais placent dans le retour à la démocratie. C'est un fidèle de la famille Bhutto, Yousaf Raza Gilani, vice-président du PPP, qui est élu Premier ministre. La détérioration de la sécurité dans les régions du nord-ouest et les pressions américaines conduisent à une remise en question de la stratégie de "réconciliation nationale" avec les talibans pakistanais, le cessez-le-feu signé avec Baitullah Mehsud, chef du Mouvement des talibans au Pakistan proche d'al-Qaida, est rompu, d'où la reprise des opérations militaires.
Les Américains lâchent P. Mucharraf, menacé en interne de destitution, qui choisit de démissionner. A. Zardari se porte alors candidat à son remplacement, et devient, en 2008, le nouveau chef d'Etat. La frontière afghane, cible d'attaques aériennes et terrestres américaines, est le théâtre d'une insurrection islamiste. Les incursions armées américaines attisent un antiaméricanisme virulent au sein des populations pachtounes ; les attentats spectaculaires se multiplient. A l'intérieur, l'agitation gronde et menace de déstabiliser le pouvoir, la rébellion talibane s'intensifie. Le gouvernement contraint de reculer, signe en 2009, avec les chefs islamistes de la vallée de Swat un accord de paix en contrepartie de son acceptation de l'application de la charia dans la région. La progression des talibans menace la capitale, ils sont à quelques 100 km d'Islamabad. L'armée reprend l'offensive. Le Pakistan semble s'enfoncer chaque jour un peu plus dans le chaos.
Dans ce contexte, l'armée fait figure de pilier de stabilité, les militaires capturent plusieurs chefs de la rébellion islamiste et intensifient la répression, ce qui s'accompagne d'une recrudescence des attentats meurtriers. En revanche, le pouvoir présidentiel fait l'objet de contestations, la Cour suprême ouvre des procédures sur de possibles détournements de fonds dont Asif Ali Zardari se serait rendu coupable. En 2010, l'assemblée adopte une révision constitutionnelle restaurant les pouvoirs parlementaires supprimés lors du putsch de 1999. Ce rééquilibrage bénéficie au Premier ministre Gilani, personnalité intègre et consensuelle, qui apparaît de plus en plus comme l'homme fort du pays.
L'absence du président Zardari lors des inondations de la mousson de l'été 2010 (2000 morts, 20 millions de personnes déplacées pendant deux mois, un territoire de la taille de l'Angleterre sous les eaux, des récoltes dévastées, etc.), puis son rejet d'union proposée par N. Sharif pour créer une commission indépendante chargée de collecter les fonds destinés aux victimes et à la reconstruction discréditent complètement son leadership. Alors que seules l'armée et les associations islamistes semblent en mesure de faire quelque peu face à la situation, des groupes extrémistes sunnites choisissent de capitaliser sur son aggravation en prenant désormais pour cibles les ONG et leurs responsables dans tout le pays, tout en s'employant à relancer la guerre confessionnelle. L'exécutif incapable d'enrayer la multiplication des attentats, les atteintes islamistes (condamnation de chrétiens à la pendaison), les assassinats, ne parvient pas à indemniser les populations des conséquences des inondations.
Victime d'une crise cardiaque, A. Zardari quitte temporairement la scène politique. P. Mucharraf, qui cherche à revenir dans le pays, fait l'objet d'un mandat d'arrêt international pour ses manquements dans l'enquête sur l'attentat ayant coûté la vie à B. Bhutto. Le Premier ministre Gilani obtient, début de 2012, le renouvellement de la confiance des parlementaires. Mais, poursuivi par la justice pour obstruction dans les enquêtes concernant la fortune du président, il se voit peu après contraint par la Cour suprême à la démission.
Le nouveau chef de gouvernement, Raja Pervez Ashraf, ne s'avère guère en mesure de contrer l'influence des militaires, ni de satisfaire la profonde demande de renouvellement qui émane du pays, et par conséquent de remporter les prochaines élections prévues pour 2013. La campagne électorale s'ouvre dans un contexte politique et social très tendu : allégations de corruption pesant sur le Premier ministre sortant Pervez Ashraf, détérioration de la situation économique, - avec notamment une forte inflation -, et énergétique, est préoccupante. Le scrutin, considéré comme un succès démocratique avec un taux de participation en forte hausse, se solde par la victoire de la Ligue musulmane de Nawaz Sharif (PML-N) ; la défaite du PPP est un désaveu pour le "clan Bhutto"  et pour le président Zardari. En juin 2013, c'est en position de force que N. Sharif est ainsi investi Premier ministre pour son troisième mandat. En juillet, le PPP ayant boycotté le scrutin, Mamnoon Hussain, de la PML-N, est élu à la présidence de la République. La lutte contre la corruption et la correction des déséquilibres économiques du pays sont parmi les priorités du nouveau gouvernement. Les tensions politiques renaissent : accusant le Premier ministre d'avoir été élu grâce à une fraude massive, l'opposant I. Khan exige sa démission, ceux du chef politico-religieux Tahir Ul-Qadri se joignent à la contestation. Mais cette protestation prend fin à l'appel de son instigateur en raison de la violence terroriste qui culmine le 16 décembre : plus de 140 personnes, pour la plupart des enfants et adolescents âgés de 12 à 16 ans, sont assassinés par un commando de talibans pakistanais dans une école de l'armée à Peshawar.
Les relations avec l'Inde constituent la préoccupation centrale de la politique étrangère du pays. Le Cachemire, dont chacun contrôle la moitié, est le principal sujet de discorde à l'origine de deux des trois guerres que se sont livrées les frères ennemis. Prenant très au sérieux cette tension, les Occidentaux tentent plusieurs médiations. Les Etats-Unis et l'ONU parviennent à désamorcer cette crise qui prend fin en 2003. Si le changement de pouvoir en 2008 et l'arrivée de Asif Ali Zardari à la présidence semblent de nature à réchauffer un peu plus les relations entre les deux pays, l'attaque de l'ambassade indienne à Kaboul, puis l'incident armé à la frontière cachemiri et surtout les attentats de Bombay provoquent de vifs remous entre New Delhi et Islamabad. En 2009, les Premiers ministres Gilani et Manmohan Singh manifestent leur intention de réamorcer le processus de paix. De fait, le dialogue reprend en 2010. Le retour au pouvoir de N. Sharif au Pakistan (2013) et l'accession au pouvoir des nationalistes hindous conduits par Narendra Modi en Inde (2014) ouvre un nouveau cycle d'incertitudes. Si les deux dirigeants affirment leur volonté de lutter contre le terrorisme, les incidents de frontière se multiplient au Cachemire.

Bon à savoir

Informations pratiques

Le cricket
Le cricket est le sport le plus apprécié du pays, les fans sont nombreux. L’équipe de cricket du Pakistan a notamment gagné la coupe du monde 1992 et a été finaliste en 1999. Ils ont été encore finalistes du ICC World Twenty 20 en 2007 et vainqueur en 2009.

Est-ce un problème pour une femme de voyager au Pakistan ?
L’accueil dans les régions du nord du Pakistan est cordial, à condition de respecter un minimum les us et coutumes locaux. Les vêtements moulants, les T-shirts largement échancrés ou les pantalons courts sont à proscrire formellement. Prévoyez plutôt des vêtements amples, couvrants les bras et les jambes. Le shalwar kaamez, tenue traditionnelle locale, est fort agréable à porter en ville.

Electricité
Tension électrique : 230 V, 50 Hz. Prévoyez un adaptateur pour les prises électriques.

Que doivent prévoir les amateurs de photos ?

Prévoir une autonomie suffisante car il n’est pas possible de recharger les batteries pendant les treks.

Quelques mots utiles
Si l’ourdou et l’anglais sont les langues officielles, la pratique de plusieurs dialectes est encore très active dans tout le pays Hunza (burushaski, wakki, etc.). Même si les contacts avec les étrangers se font généralement en anglais, apprendre quelques mots clé en ourdou vous permettra de gagner le respect de vos interlocuteurs et de rendre plus agréables vos échanges avec la population rencontrée. Alors, n’hésitez pas à faire l’effort d’utiliser les expressions suivantes :
Bonjour : alsalam aleikum.
Comment allez-vous ? : kya ap faise hain ?
Ça va merci, et vous ? : main thik hun, aur ap ?
Merci : shukriya.
S’il vous plaît : tashreef.
Je m’appelle... : mera nam… hai.
Au revoir : huda hafiz.
Oui : ji han. Non : ji hahin.
Pas de problème : koi bat nahin.
Vous pouvez demander à votre guide comment les prononcer, votre voyage n’en sera que plus riche ! Et puis souriez, c’est souvent le meilleur moyen d’avoir de bons contacts !

Bibliographie

Site Internet
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pakistan#Culture.
 
Guides  
Le Grand Guide du Pakistan, Bibliothèque du voyageur Gallimard.

Ouvrages de référence
Hautes Vallées du Pakistan, Géraldine Benestar et Pierre Neyret, Transborél.
Himalaya, Karakoram, montagnes du Pakistan, Shiro Shirahata, Denoël.
Pakistan, don de l’Indus, Gilbert Etienne, PUF.

Cartes  
Pakistan, 1/500 000, Nelles Map.
Leomann maps, en anglais, 1/200 000, avec itinéraires de trekking. Plusieurs feuilles disponibles.

Tourisme responsable

Une histoire de passion

L’un des points de départ de notre belle aventure au Pakistan est sans aucun doute la passion de Pierre Neyret, guide de haute montagne, pour les montagnes pakistanaises. Depuis des années, ce montagnard chevronné s’intéresse aux populations himalayennes. Mais c’est au Pakistan, sous le charme de paysages bouleversants, que Pierre a été véritablement séduit par l’hospitalité sans commune mesure des peuples attachants des vallées isolées du Nord. Parcourant depuis vingt ans ces zones montagneuses et les différents massifs que sont l’Hindu Kush, le Pamir, le Karakoram et le Nanga Parbat, il a effectué de nombreux treks, séjourné dans les villages d’altitude et suivi les grandes transhumances. De pierriers en glaciers, de sentiers vertigineux en pâturages isolés, Pierre a sillonné ces vallées reculées, fasciné par l’exceptionnelle grandeur des paysages. Partageant la vie quotidienne des paysans, des porteurs et des bergers, il s’est imprégné des traditions des peuples hunza, diamiri, kalash, etc.
Auteur de nombreux articles, pour Trek Magazine, Montagnes Magazine, Terres Sauvages ou encore Vertical, il a aussi réalisé films et reportages sur ces lieux fascinants et est à l’origine du seul livre de photographies français paru en 2005 sur le Pakistan.

Nos actions de tourisme responsable

Allibert Trekking apporte une aide financière à l'association Les Enfants du K2, qui travaille à la scolarisation en ville des enfants de cette région du nord du Pakistan. Depuis 2011, Pierre Neyret, guide de haute montagne Allibert, et Hassan Ali, guide pakistanais, travaillent main dans la main pour permettre aux enfants du K2 d'intégrer les écoles et collèges de la capitale du Baltistan.
 
Pour suivre toutes nos actions de tourisme responsable, rendez-vous sur notre site

Le respect des us et coutumes


Sur les différents chemins de la route de la Soie, des siècles de migrations et d’invasions, d’incessantes arrivées de populations indigènes et de longues périodes d’isolement expliquent la diversité d’origines et de traditions des peuples qui vivent parmi les montagnes et vallées du Nord du Pakistan.
 
Voici quelques conseils pour respecter au mieux ces populations et leurs cultures :
— Respectez l'espace personnel de vos hôtes, adaptez-vous aux usages de la culture locale.
— Photographier des personnes repose sur un échange, assurez-vous de leur accord.
— Dans les villages, préférez une tenue ample couvrant les épaules.
— Respectez les lieux de culte que vous visitez, portez une tenue vestimentaire adaptée et acceptez de ne pas y pénétrer lorsque cela est interdit ou lors des cérémonies. Retirez vos chaussures ou couvrez-vous la tête à l'entrée des sites religieux lorsque cela est demandé.
— Les attitudes démonstratives en couple sont perçues comme inconvenantes.
— Ne distribuez jamais de bonbons, stylos ou autres cadeaux, en particulier aux enfants, car ce comportement les incite à la mendicité, à abandonner l'école ou leur activité habituelle. Si vous souhaitez faire un don, il est préférable et plus utile de le faire auprès d'une organisation locale : association, école, dispensaire. Demandez à votre guide, qui vous indiquera le lieu le plus approprié.

Ces précautions favorisent les échanges.

La préservation de l'environnement

La région nord du Pakistan comporte la plus grande concentration de hauts sommets du monde (82 sommets d’altitude supérieure à 7 000 m et cinq des 14 sommets de plus de 8 000 m), ainsi que les plus longs glaciers. Les chaînes de l’Hindu Kush (Tirish Mir, 7 708 m), du Karakoram (K2, 8 611 m, deuxième plus haut sommet du monde) et de l’Himalaya (Nanga Parbat) sont nées du contact entre les plaques tectoniques indienne et asiatique.
Dans cet environnement rude, les montagnes du Pakistan abritent une faune d’une richesse surprenante : bouquetins himalayens, ours, onces, cervidés et chacals se sont adaptés. Environ 5 700 espèces différentes de plantes s’épanouissent au Pakistan, dont 500 sont menacées. Il est malheureusement très exceptionnel d’observer les animaux. Chassés de tout temps, ils évitent l’homme autant qu’ils peuvent.

Pour conserver ce patrimoine naturel d'exception :
— Respectez la réglementation en vigueur dans les parcs régionaux et nationaux.
— Evitez de rapporter des souvenirs qui font partie du patrimoine naturel et de prélever des objets archéologiques ou culturels à valeur historique.
— N'approchez pas la faune de trop près ; il ne faut pas oublier que nous sommes seulement invités dans son propre territoire. 
— Pensez toujours à ramasser vos papiers, mouchoirs, mégots, etc.
— Evitez de laisser les déchets difficile à recycler (tels piles, lingettes, plastiques) dans les zones rurales ou les petits villages qui ne disposent pas de filière de recyclage. Rapportez-les dans les grandes villes ou ramenez- les avec vous.
— Portez une attention particulière à la gestion de vos déchets dans les campements, afin de ne pas dégrader l'environnement :
- respectez le tri proposé par l'équipe d'accompagnement ;
- brûlez le papier toilette utilisé dans son intégralité.
— L'eau nécessite un traitement, nous vous conseillons de la traiter avec des pastilles ou un filtre.
— Certaines régions que vous allez traverser abritent de nombreuses parcelles cultivées. Afin de préserver le travail des populations locales, ne quittez pas les sentiers et abstenez-vous de cueillir fleurs rares, fruits, etc.
— Lorsque vous disposez d'une climatisation individuelle, nous vous recommandons de l'arrêter systématiquement lorsque vous quittez la chambre pour éviter une surconsommation énergétique.

Nous vous invitons par ailleurs à télécharger la charte éthique du voyageur :
https://www.allibert-trekking.com/231-agir-pour-un-tourisme-responsable.

Des voyages 100% carbone neutre

Engagée dès 2006 dans la compensation carbone des vols de ses salariés, Allibert Trekking compense depuis le 1er janvier 2018 l’intégralité des émissions de CO2 générées par le transport aérien de ses voyageurs. Une démarche permettant de financer des actions de lutte contre la déforestation et de restauration de la mangrove. En savoir plus...