Espagne

Terre de mélanges, l’Espagne puise sa richesse dans sa diversité : cultures, langues et paysages varient d’une région à l’autre. Cette diversité assure à ce pays proche une originalité qu’on est parfois loin de soupçonner, l’Espagne étant trop souvent réduite à ses côtes. La péninsule Ibérique est étonnante à plus d’un titre. Ici, le monde rural fascine par son authenticité et l’attachement de ses populations à la transmission du patrimoine ; le monde sauvage, préservé, permet une découverte pleine de surprises. Et, autre atout majeur de cette destination, le climat est propice à la randonnée en toute saison !
C’est l’Espagne de l’intérieur que nous vous invitons à découvrir à travers son histoire, ses monuments splendides et ses racines les plus profondes.
Randonnée en Espagne

Repères

Population

46 millions d’habitants.

Superficie

493 484 km2.

Capitale

Madrid.

Villes principales

Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Bilbao.

Point culminant

Mulhacén (3 479 m).

Langues

espagnol (castillan, off.), basque, catalan, galicien, valencien.

Religions

catholiques (80 %), athées ou agnostiques (17 %), autres religions 3 % (musulmans : 1 million de fidèles, protestants : 150 000 fidèles et juifs 15 000 fidèles).

Décalage horaire

aucun décalage avec la France. UTC/GMT : + 1 h.

Géographie

La géographie
Deuxième plus grand pays de l’Union européenne, l’Espagne est limitrophe du Portugal et bordée par l’océan Atlantique à l’ouest et la mer Méditerranée à l’est ; le détroit de Gibraltar la sépare du Maroc au sud ; au nord, les Pyrénées constituent une frontière naturelle avec la France et Andorre.
La partie centrale de la péninsule (Castille, Estrémadure) est occupée par le haut plateau de la Meseta, coupé en son centre par les sierras de Guadarrama et de Gredos.
Au nord, la chaîne des Pyrénées (pic d’Aneto, 3 404 m) forme une barrière montagneuse continue de l’Atlantique à la Méditerranée, longue de 435 km, prolongée par les monts cantabriques. Au sud, la cordillère Bétique qui abrite le Mulhacén, point culminant du pays, dans la sierra Nevada) s’étend sur 800 km de long, du détroit de Gibraltar au cap de la Nao.
Deux plaines encadrent la Meseta : au nord-est, la plaine de l’Ebre (Aragon), au sud, celle du Guadalquivir (Andalousie). La plaine côtière, à l’est, est étroite et discontinue (plaines de Murcie et de Valence).

Climat

Le climat
Le climat est contrasté du fait de la diversité du relief : les températures extrêmes peuvent aller de – 5 °C en hiver à 40 °C en été.
On peut distinguer plusieurs types de climat :
- un climat continental tempéré dans le centre de la péninsule, en Castille (Madrid), avec des contrastes thermiques forts : hivers rigoureux, étés très chauds, précipitations faibles ;
- un climat tempéré dans la zone Atlantique, dans les provinces du nord-ouest, du Pays basque à la Galice, avec des hivers doux et des précipitations abondantes toute l’année ;
- un climat méditerranéen sur les côtes est et sud, de la Catalogne à l’Andalousie, et dans les îles Baléares avec quelques zones désertiques dans les provinces de Murcie et Almeria ;
La pluviométrie annuelle maximale se situe à Saint-Jacques-de-Compostelle, avec 1 655 mm, avec un taux d’humidité de 75 % ; le minimum, pour la province de Murcie, est de 300 mm. La moyenne annuelle est de 600 mm environ. Dans les zones montagneuses, le climat est continental : étés très chauds et hivers rigoureux. Il est fréquent d’y trouver de la neige du début de l’hiver à la fin du printemps.
Les périodes les plus propices pour visiter l’Espagne vont de mai à mi-juin et de septembre à mi-octobre.

- Moyenne des températures minimales et maximales à Barcelone, en °C :

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- Moyenne des températures minimales et maximales à Madrid, en °C :

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- Moyenne des températures minimales et maximales à Malaga, en °C :

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Économie

L’économie
L’Espagne est restée pendant longtemps un pays agricole. C’est seulement à partir de 2000 que le pays a connu une croissance très forte et ceci grâce au secteur immobilier.
Le secteur primaire, dont la pêche, l’agriculture et les mines, représente 2,9 % du PIB. L’élevage représente une part importante ; la production de l’huile d’olive place le pays au premier rang mondial ; l'Espagne produit du vin, des primeurs et des agrumes.
L’Espagne a un sol renfermant plus de cent produits minéraux, mais ceux-ci ne sont pas en quantités suffisantes.
Le secteur industriel représente 30,4 % du PIB avec la production de machines-outils, la construction navale et le secteur de l’automobile. Les deux grands foyers industriels, malgré des promotions récentes, restent la Catalogne et l’ensemble vasco-asturien autour de Bilbao et Avilés.
Le secteur tertiaire représente 66,7 % du PIB. Le tourisme est un secteur essentiel de l’économie espagnole (10 % du PIB). L’Espagne est le deuxième pays touristique au monde par le nombre des entrées. Mais l’Espagne a été durement touchée par la crise financière de ces dernières années.

Société

La société
Autrefois terre de familles nombreuses, l’Espagne a connu une baisse rapide de fécondité.
L’Espagne possède l’une des plus faibles densités de peuplement d’Europe occidentale. D’une manière générale, la population se concentre sur les façades maritimes, à l’exception de quelques grandes villes intérieures comme Madrid, Valladolid, Saragosse. La population se compose de divers groupes dont l’unité repose sur une culture commune, une histoire partagée et pour la plupart une langue commune : Galiciens, Asturiens, Basques, Navarrais, Aragonais, Catalans, Majorquins, Valenciens, Murciens, Castillans et Andalous. Les Basques et les Catalans ont une identité culturelle propre très forte, une “nationalité” telle qu’elle est reconnue par l’Etat.
L’Espagne a été pendant une quarantaine d’années un pays d’émigration. Elle est maintenant devenue un pays d’immigration (Sud-Américains, Maghrébins, Africains et Philippins).

L'histoire du pays

L'histoire
L'Espagne est peuplée dès le paléolithique inférieur. Dès la fin du IIe millénaire avant J.-C., Phéniciens, puis Grecs viennent y chercher l'argent, le plomb, le cuivre et l'étain et implantent des comptoirs sur les côtes méditerranéennes. Rome met 64 ans à imposer sa domination, et Galice, Asturies et Cantabrie ne seront définitivement pacifiées qu'en 19 avant J.-C.. La paix romaine règne quatre siècles durant, jusqu'au début du Ve siècle après J.-C., la prospérité s'y maintient à un haut niveau, plusieurs villes dépassent 100 000 habitants, le niveau culturel est à la hauteur de son niveau économique avec Sénèque, Martial, Quintilien. Le christianisme fait son apparition dès le IIe siècle et témoigne, au IVe siècle, d'une profonde implantation. En 412, les Wisigoths envahissent la péninsule sur laquelle ils règnent pendant deux siècles. Avec la conversion du roi Reccared en 587, l'Eglise catholique acquiert une autorité d'autant plus grande sur la monarchie que l'aristocratie parvient à rendre celle-ci élective.
L'Espagne wisigothique s'effondre en 711 : quelques milliers d'arabo-berbères islamisés franchissent le détroit et écrasent le roi Rodrigue près de Cadix, la péninsule est soumise au gouverneur du Maghreb, le calife Al-Walid Ier, et forme un émirat au sein du califat. L'expansion musulmane se prolonge au nord des Pyrénées, le coup d'arrêt le plus célèbre est donné en 732 à Poitiers, par Charles Martel. En 756, le prince de la dynastie omeyyade de Damas fonde l'émirat indépendant de Cordoue, qui devient un califat qui durera jusqu'à 1031. A cette date, le calife Hicham III est détrôné, et l'Espagne musulmane se fragmente en une vingtaine de royaumes indépendants. Si une forte proportion d'Espagnols embrassent la loi islamique (les renégats), si d'autres émigrent vers le Nord, nombre d'entre eux conservent la foi chrétienne, leurs églises et leur clergé, sans être pour autant persécutés. Les Omeyyades font régner une brillante civilisation, principalement sur l'Andalousie. La grande mosquée de Cordoue, commencée dès 785, est non seulement un centre religieux mais aussi un grand foyer intellectuel et artistique. Deux contrées ont échappé aux Maures du fait de leur isolement : le nord-ouest (Asturies et León) et le nord au pied des Pyrénées. C'est de là que part la Reconquista, la Reconquête qui commence au début du VIIIe siècle. L'Espagne chrétienne se répartit entre les royaumes de León, de Castille (1035), de Navarre, d'Aragon (1035) et le comté de Barcelone. Une nouvelle vague berbère est écrasée en 1212. L'islam est refoulé. Il ne reste aux musulmans que le petit royaume de Grenade, qui survit jusqu'en 1492.
L'Aragon constitue, du XIIIe au XVe siècle, un empire méditerranéen (Baléares, Sardaigne, Sicile, Morée, duchés d'Athènes, de Naples). Les différents royaumes chrétiens connaissent une activité culturelle importante, en particulier autour du foyer intellectuel de Tolède, où Alphonse X (1252-1284) encourage le développement de l'école de traducteurs qui permet l'arrivée en Europe des textes scientifiques grecs, juifs et arabes.
Les XIV et XVe siècles connaissent des difficultés : crises dynastiques en Castille, en Aragon, conflits entre la monarchie et la noblesse, révolte des Catalans, etc. Malgré ces déchirements, ou à travers eux, se développe une civilisation espagnole médiévale, faite d'un heureux mariage des influences occidentales venues du nord et des influences islamiques. A la fin du XVe siècle, le pouvoir royal s'impose, la noblesse est soumise, les ordres militaires sont pris en main, l'Inquisition est réorganisée pour lutter contre les hérétiques : juifs dès 1492, puis musulmans à partir de 1502, forcés de se convertir ou de s'exiler, les caravelles castillanes rivalisent sur les océans avec celles du Portugal, et se partagent, sous l'égide du pape, les terres à découvrir. Christophe Colomb, au service d'Isabelle, a abordé dans l'île de San Salvador, ouvrant l'ère coloniale ; la reine organise le commerce avec les nouvelles possessions d'outre-Atlantique et crée à Séville, dès 1503, la Casa de contratación, organisme centralisateur des affaires coloniales. L'Espagne est, à l'aube du XVIe siècle, un pays uni qui dispose de l'organisation étatique la plus perfectionnée d'Europe.
Avec l'avènement de Charles Quint en 1516, et son élection en 1519 à la tête du Saint Empire romain germanique, l'Espagne réunit plusieurs couronnes – celles de Castille, prééminente, et d'Aragon – sous l'autorité d'un seul monarque qui incarne l'unité dynastique et est désigné, sous les Habsbourg, comme “Roi Catholique”. La principale ambition de la politique extérieure de Charles Quint est le maintien de l'unité de la chrétienté : lutte contre la progression des Turcs de Soliman le Magnifique et contre la Réforme initiée par Martin Luther. C'est durant le règne de Charles Quint que se constitue l'Empire espagnol des Indes, un vaste domaine colonial en Amérique centrale et du Sud, qui procure à l'Espagne d'immenses richesses en métaux précieux.
En 1556, Philippe II, déjà souverain des Pays-Bas et de Sicile, reçoit de son père les couronnes de Castille et d'Aragon, ainsi que celle des Indes, l'Empire germanique revenant au frère de Charles Quint, Ferdinand Ier de Habsbourg. Philippe II impose son hégémonie à l'Europe en s'affirmant comme le grand défenseur du catholicisme, il installe sa cour et son gouvernement à Madrid en 1561, petite ville promue alors capitale, et fait édifier le monumental palais de l'Escurial. L'union avec le Portugal, en 1580, après la disparition, sans héritier, du roi portugais Sébastien, parti se battre contre les infidèles au Maroc, permet à Philippe II de régner au Portugal et d'étendre son pouvoir sur l'ensemble de la péninsule ibérique, mais aussi de s'assurer le contrôle du vaste empire colonial portugais.
A sa mort, en 1598, s'ouvre une période de turbulences durant laquelle l'Espagne, affaiblie économiquement et où règnent – sans gouverner – les derniers Habsbourg. Le Portugal (de fait en 1640, officiellement en 1668) et la Hollande (traité de Westphalie, 1648) s'émancipent de la tutelle espagnole. La régression du commerce extérieur, du textile et de l'agriculture s'accentue tout au long du XVIIe siècle, sous l'effet de la contraction du commerce avec les Amériques, où la production des métaux précieux chute. La misère n'épargne ni les villes ni les campagnes. Les déficits des finances publiques provoquent tensions inflationnistes et dévaluations. L'Espagne du XVIIIe siècle ne reste pas à l'écart des grandes transformations que connaît le continent européen. Les trois souverains qui se succèdent sur le trône – Philippe V (1700-1746), Ferdinand VI (1746-1759) et Charles III (1759-1788) –, incarnent ce renouveau, notamment en se révélant capables d'appeler à leurs côtés des hommes dotés du sens de l'Etat. La guerre de Succession d'Espagne (1701-1713) donne l'occasion à Philippe V d'abolir le régime d'autonomie des pays de la couronne d'Aragon et les aligner sur le régime juridique de la Castille ; l'unification progresse, au point que les Bourbons – tout en restant prudents vis-à-vis de certains particularismes régionaux – se font désigner dès lors comme “rois d'Espagne” ; en s'imposant sur l'ensemble du territoire, la monnaie et la langue castillanes renforcent cette unification. La guerre de Succession d'Espagne se solde par la perte de Gibraltar et de l'île de Minorque au profit de l'Angleterre et par la cession à l'empereur d'Autriche des Pays-Bas espagnols, de Naples, du Milanais et de la Sardaigne. Charles III, en despote éclairé, entreprend des réformes dans les secteurs de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. Si la production minière outre-mer se révèle la principale source de richesse pour l'Espagne, dans la péninsule, l'économie se modernise, l'agriculture voit ses productions augmenter et les cultures se diversifier, l'essor démographique suscitant une demande accrue de produits alimentaires et de terres à cultiver. Il serait excessif de parler de révolution industrielle, même à l'état embryonnaire, tant l'économie espagnole accuse encore de nombreux handicaps en moyens de transport, voies de communication et insuffisance des capitaux.
En 1805, lors de la défaite de Trafalgar, une grande partie de la flotte espagnole disparaît, sonnant le glas de l'Espagne en tant que puissance navale. La faiblesse du roi Charles IV et son abdication en faveur de son fils Ferdinand VII incitent Napoléon à s'emparer de la couronne espagnole, qu'il confie à son frère, Joseph Bonaparte. En 1808, exaspéré par la présence française, le peuple se révolte. La guérilla, la détermination de l'armée rebelle espagnole, ainsi que l'aide britannique ont raison de l'armée française. L'armistice est signé en 1814. Amputée de sa puissance navale, affaiblie par les troubles politiques et l'invasion française, l'Espagne se retrouve en position de faiblesse sur le continent américain, plusieurs soulèvements indépendantistes ont alors lieu sur fond de guerres civiles : en 1815, l'Argentine est perdue pour la couronne espagnole.
Répondant aux aspirations libérales d'une partie de la bourgeoisie, la Constitution est promulguée en 1812. Pendant plus d'un siècle, l'histoire politique de l'Espagne est dominée par une succession de crises et de pronunciamientos, qui traduit la partition politique du pays entre une Espagne nostalgique de l'Ancien Régime et une Espagne gagnée au libéralisme politique. Sur le plan économique, à l'Espagne en voie d'industrialisation – celle des régions de la périphérie – s'oppose une Espagne rurale, archaïque, celle des grandes propriétés du Centre et du Sud. Sur le plan social, se font face l'Espagne de l'ancienne aristocratie, de la noblesse et de la haute bourgeoisie et une Espagne pauvre, prolétarisée et marginalisée politiquement. Sur le plan religieux s'opposent une Espagne très anticléricale et une Espagne très attachée à un catholicisme monolithique. Discréditée par le désastre militaire de 1898 face aux Etats-Unis et la perte de Cuba, la monarchie constitutionnelle se révèle impuissante à répondre aux attentes de la société.
Le rétablissement de l'absolutisme par Ferdinand VII (1814-1833) condamne à l'exil la plupart des libéraux. Le mouvement libéral et progressiste s'incarne dans de jeunes officiers qui organisent des soulèvements militaires. Ferdinand VII désigne comme héritier sa fille Isabelle, la régence étant confiée à la mère de celle-ci, la reine Marie-Christine (1833-1840). Mais le frère de Ferdinand VII, don Carlos, conteste cette succession et s'autoproclame roi sous le nom de Charles V. Une première guerre carliste oppose, entre 1833 et 1839, les partisans du modèle absolutiste, qui se reconnaissent dans le roi Charles, aux libéraux, qui défendent en la personne de la reine Marie-Christine, le modèle d'une monarchie laïque. Un pronunciamiento permet l'avènement de la reine Isabelle (1843-1868). Deux généraux progressistes tentent d'instaurer un régime de monarchie constitutionnelle en 1968, mais échouent à trouver un roi capable. Dans la confusion, la Première République espagnole est proclamée en 1873, mais cette république sombre rapidement dans l'anarchie.
Le roi Alphonse XII – fils d'Isabelle – marque le retour des Bourbons ; dès 1876, il adopte une Constitution posant les bases d'une monarchie parlementaire. Mais la démocratie est largement dévoyée au profit de notables locaux ; le pacte du Pardo (1885), conclu au décès prématuré d'Alphonse XII pour garantir la stabilité politique durant la régence de la reine (1885-1902), institutionnalise le bipartisme et l'alternance programmée. Le régime se trouve désarmé face à la montée d'une contestation émanant des traditionalistes carlistes, des régionalistes basques et catalans et d'une classe ouvrière très influencée par l'anarcho-syndicalisme. Le centralisme castillan qu'incarne la monarchie constitutionnelle semble de plus en plus inadapté. Le peuple espagnol n'a pas d'autre alternative que le choix entre le maximalisme révolutionnaire (grèves insurrectionnelles et situation quasi-révolutionnaire de 1917 à 1920) et la tentation autoritaire qui s'exprime dans l'attente d'un homme providentiel. La monarchie s'efface en 1931 devant la Seconde République. La junte militaire au pouvoir (devenue civile en 1925) supprime le Parlement, instaure la censure et place les institutions sous la tutelle de l'armée. Malgré l'amorce d'une modernisation économique, la dictature, victime de la grande dépression mondiale de 1929, s'enlise sur la question sociale. La flambée révolutionnaire de 1934 et la répression militaire sanglante qu'elle entraîne radicalisent l'opposition entre les forces populaires et l'armée. Les élections législatives de 1936 consacrent la victoire des forces de gauche rassemblées en un Frente Popular (Front populaire). 
Au terme de trois années de lutte entre deux camps convaincus d'incarner la légitimité nationale, les forces nationalistes, aux ordres du général Francisco Franco, l'emportent. Chef du gouvernement de l'Etat espagnol autoproclamé en 1936, ce général a mené, selon lui, “non une guerre mais une croisade” contre la “Contre-Espagne rouge” soutenue par l'Allemagne nazie et l'Italie mussolinienne. La société se sépare en deux camps : celui des vainqueurs et celui des vaincus condamnés aux exécutions sommaires, à la répression, à l'exil et au silence. Marginalisée en 1945 sur la scène internationale, l'Espagne franquiste cherche à rompre son isolement, profitant du déclenchement de la guerre froide, pour intégrer progressivement le camp occidental. Les années 1956 à 1975 correspondent à une sorte de dictature technocratique à la recherche d'une croissance industrielle rapide basée sur l'apport de capitaux étrangers, d'une ouverture (importations, tourisme, émigration de la main-d'œuvre excédentaire) et d'un programme de libéralisation économique. L'Espagne enregistre une croissance et une modernisation particulièrement rapides qui la fait passer sans transition, en une quinzaine d'années, du sous-développement à la modernité. La succession du Caudillo est réglée en 1969 par la désignation du prince Juan Carlos, petit-fils d'Alphonse XIII.
Alors que certains avaient cru voir en lui un instrument docile aux ordres des dignitaires franquistes, Juan Carlos, proclamé roi en 1975, nomme Adolfo Suárez, pour mener à bien la transition démocratique. Fort de son charisme, de sa détermination et de son sens politique, A. Suárez engage résolument l'Espagne sur la voie du pluralisme et de la démocratie, sans heurt ni effusion de sang : démantèlement des institutions franquistes, légalisation des partis politiques, organisation des premières élections législatives libres, reconnaissance des “nationalités” constitutives de l'Espagne, adoption d'une Constitution du consensus. Si elle règne sans gouverner, la Couronne espagnole s'affirme comme un symbole d'unité et d'intégration. Les élections anticipées de 1981 donnent la majorité absolue aux socialistes, portant leur secrétaire général, Felipe González Márquez, à la présidence du gouvernement. La victoire du parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) marque le terme symbolique du processus de transition vers la démocratie. Au Pays basque – la plus conflictuelle des communautés autonomes –, le terrorisme de l'ETA militaire continue de menacer le système démocratique. Le gouvernement doit faire face à une dégradation du climat social. L'économie entre en 1990 dans une période de surchauffe qui oblige le gouvernement à accentuer sa politique de rigueur.
Dès 1996, le nouveau gouvernement Aznar se trouve confronté à la reprise des attentats meurtriers perpétrés par l'ETA. En 1998, Madrid engage des pourparlers avec l'organisation séparatiste, mais à quelques jours du premier anniversaire de la trêve décrétée par l'ETA, le processus de paix est bloqué : le gouvernement Aznar reprochant aux séparatistes basques de chercher moins à obtenir la paix que l'indépendance, l'ETA accusant Madrid d'ignorer le problème politique basque en ne cherchant qu'une solution politico-militaire. A la faveur de la campagne internationale contre le terrorisme lancée au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, le gouvernement Aznar obtient, au sommet européen de Laeken, l'adoption d'un mandat d'arrêt européen et l'inscription de l'ETA sur la liste des organisations terroristes. Le gouvernement Aznar engage une politique d'austérité assortie d'un vaste plan de privatisations, son ambition étant de tout mettre en œuvre pour satisfaire aux critères de convergence européens.
Au premier semestre 2002, l'Espagne assure la présidence de l'Union européenne et gère le passage à l'euro. Les élections législatives de 2002 voient la victoire du PSOE de José Luis Rodríguez Zapatero. Le Parti Populaire conservateur est sanctionné pour son engagement dans la guerre en Irak aux côtés de la coalition américano-britannique et pour sa persistance à désigner l'ETA comme responsable des attentats, malgré la présence d'indices matériels dénonçant l'implication de réseaux islamistes. José Luis Rodríguez Zapatero forme un gouvernement paritaire et prend diverses mesures sociales : augmentation des retraites, loi contre la violence machiste à l'encontre des femmes, réforme du marché du travail, renégociation des statuts des communautés autonomes (Catalogne, Andalousie). Le principal défi du gouvernement Rodríguez Zapatero est de parvenir à une “fin dialoguée de la violence” au Pays basque.
Aux élections législatives de 2008, le PSOE l'emporte, mais le PP de Mariano Rajoy sort renforcé. L'Espagne est atteinte de plein fouet par la crise financière et économique internationale qui entraîne une envolée du taux de chômage à plus de 17 %. Le gouvernement réagit rapidement en adoptant un plan de soutien de l'économie et de l'emploi. A partir de 2010, la situation s'aggravant, le gouvernement adopte, sous la pression de l'UE et des marchés financiers, un sévère plan d'austérité comprenant une augmentation de la TVA et d'importantes réductions des dépenses publiques. La très large victoire du PP aux élections locales et régionales de 2011 est moins le fruit d'une déception de l'électorat de gauche et d'un vote sanction contre le gouvernement Zapatero et sa politique économique et sociale. Parallèlement, révélant un malaise profond dans la société espagnole, une mobilisation inédite de jeunes s'est développée dans le pays depuis le 15 mai, en dehors des partis et par le biais d'Internet. Rejetant la classe politique dans son ensemble ainsi que les mesures d'austérité, réclamant une démocratie réelle, ce mouvement, baptisé les Indignés, a probablement contribué indirectement à la déroute des socialistes.
En 2011, la crise économique et financière persistante a raison du gouvernement socialiste de J. L. Zapatero, le parti populaire revient au pouvoir. La récession se poursuit avec un repli du PIB et un taux de chômage qui dépasse 25 % et frappe particulièrement les jeunes. L'objectif principal du gouvernement Rajoy est la réduction du déficit public. De nouvelles coupes budgétaires dans les dépenses sociales de l'Etat sont décidées parallèlement à des augmentations de la TVA, à des baisses de salaires dans la fonction publique et à une réforme du code du travail destinée à faciliter les procédures de licenciement. L'économie espagnole montre des signes de timide reprise en 2014.
Cette situation sociale conduit surtout les Espagnols à se détourner du PP mais aussi du PSOE lors des élections européennes. L'un des vainqueurs du scrutin est le mouvement citoyen Podemos (“Nous pouvons”) conduit par l'universitaire Pablo Iglesias. Les élections locales de 2015 confirment cette crise des partis traditionnels et constituent un sérieux revers pour le parti populaire. Mariano Rajoy est malgré tout réinvesti chef du gouvernement en 2016.
Pelipe VI devient roi, lorsque son père Juan Carlos 1er, abdique en 2014.

Bon à savoir

Informations pratiques

Le flamenco
Le flamenco est la musique traditionnelle des gitans andalous. Le flamenco a gagné ses lettres de noblesse et imposé sa violence triste et son ardente mélancolie, notamment auprès des romantiques qui ont trouvé dans ce chant une résonance à leur spleen.
Du style le plus épuré aux arrangements symphoniques des chansons d’El Camarón, le flamenco se décline sur toutes les gammes de la sensibilité gitane. Issues des tablaos (ces bars où l’on chante), la rigueur, la misère et la violence andalouses ont fini par carder un canevas de mille arpèges flamboyants. Les styles se divisent en mille ramifications et essences rythmiques.
 
La corrida
Les courses de taureau (corridas de toros) ont lieu pendant les jours de feria et lors d’autres fêtes, ainsi que tous les dimanches en saison dans les grandes villes. La plupart sont des novilladas où les taureaux (novillos) ont moins de 4 ans, où les novilleros n’ont pas reçu la consécration de l’alternative, où il n’y a souvent pas de picadores.
 
Les fêtes
Tous les prétextes sont bons pour organiser une fête. Bien sûr, tous les saints y passent, mais aussi les escargots, les ânes, les récoltes, les taureaux… Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les folies. On a dénombré plus de 25 000 fêtes par an !
 
La paella
Fond de riz cuit dans l’huile en même temps que le poulet, porc maigre avec jambon, langoustines, petits pois, ail, oignons, épices et safran. Quand elle n’est pas chère et rapidement servie, c’est en fait un “riz accommodé” (arroz) qui n’a que peu de choses à voir avec la vraie paella qu’il vaut mieux commander.

Electricité
Tension électrique : 220 V, 50 Hz. Les prises sont de type français.

Que doivent prévoir les amateurs de photos ?

Pour les appareils numériques, prévoyez une autonomie suffisante, car il n’est pas toujours possible de recharger les batteries.
 
Quelques mots utiles
Apprendre quelques mots clés en espagnol vous permettra de gagner le respect de vos interlocuteurs et de faciliter vos échanges avec les Espagnols, Baléares et Canariens rencontrés. Alors n’hésitez pas à faire l’effort d’utiliser les expressions suivantes :
Bonjour, comment allez-vous ? : ¿ Buenos días, cómo está ?
Salut, comment ça va ? : ¿ Holà, que tal ? Réponse : ¡ Muy bién, por dicho ! (très bien, par chance !).
S’il vous plaît : por favor.
Merci : gracias ; de rien : de nada.
Au revoir : hasta luego.
Oui : ; non : no.
Vous pouvez demander à votre guide comment les prononcer, votre voyage n’en sera que plus riche. Et puis souriez, c’est souvent le meilleur moyen d’avoir de bons contacts !

Bibliographie

Sites Internet
http://www.routard.com/guide/code_dest/espagne.htm.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Espagne.

Bibliographie
Guides

Espagne, guide Voir, Hachette.
Espagne, histoire, société, culture, Les guides de l’état du monde, La Découverte.

Beaux livres
Espagne, collectif, éditions du Chêne.

Tourisme responsable

Une histoire de passion

Histoire de passion
Les Canaries, les Baléares, l’Espagne continentale, autant de régions, autant de particularités ! 
Chacun de nos partenaires est un spécialiste de sa région.

- Partis de Belgique en 1994 pour un tour de monde à la voile, Christine et Jacques ont “échoué” aux Canaries. Séduits par la beauté de l’archipel, ils ont décidé de s’ancrer définitivement sur l’île de Tenerife. Amoureux de la nature  et du volcanisme de l’archipel, désireux de faire partager leur passion pour sa richesse, Christine et Jacques se battent pour sauvegarder  et faire découvrir ces petits coins de terre trop souvent réduits à une “destination plages” alors que les paysages y sont magnifiques, la biodiversité originale et trop peu connue, un véritable paradis pour les randonneurs. En 2002, leur projet d’écotourisme est reconnu par les autorités touristiques canariennes qui leur délivrent la licence de guides de randonnée. Depuis 2007, notre collaboration est exclusive. Grâce à leurs activités, Christine et Jacques contribuent à la conservation de l’environnement en sensibilisant les randonneurs qu’ils accompagnent sur la propreté des lieux, sur les incendies, la protection de la flore et des sentiers. Régulièrement, ils n’hésitent pas à nettoyer  et entretenir les sentiers.
 
- Dès son premier séjour à Majorque (îles Baléares), Sébastien a découvert la face cachée de cette île : la Serra de Tramuntana ce magnifique rempart naturel de calcaire qui protège “l’île Majeure” de la Méditerranée, terrain de jeu et d'aventure idéal pour la randonnée. Au fil de ses voyages, il a parcouru Majorque en tous sens ainsi que les îles voisines de Minorque, Ibiza et Formentera, et ce sont leurs sommets, leurs criques (les nombreuses calas aux eaux turquoise), leurs sentiers côtiers ou en balcon, leurs monastères cachés et leur histoire qu’il a à cœur de vous faire partager. Les circuits originaux qu’il a élaborés au fil de sa passion vous feront découvrir les Baléares sauvages et secrètes loin de la foule, parmi des paysages grandioses et insoupçonnés. Nos programmes sont encadrés par des guides français, gage d'excellence.

Le respect des us et coutumes

Le respect des us et coutumes
L’Espagne continentale est une proche voisine, et la ressemblance entre les cultures française et espagnole existe. Cependant, l’Espagne abrite ses quelques particularités qui embellissent son patrimoine culturel.

Voici quelques conseils pour respecter au mieux ces populations et leurs cultures :
— Respectez l'espace personnel de vos hôtes, adaptez-vous aux usages de la culture locale.
— Photographier des personnes repose sur un échange, assurez-vous de leur accord.
— Respectez les lieux de culte que vous visitez, portez une tenue vestimentaire adaptée.
— Le tutoiement est presque toujours spontané, sauf si l’on s’adresse à une personnalité, à une personne âgée ou à un commerçant, par exemple. 
— Il est un rituel que l’on retrouve dans toute la péninsule Ibérique, celui du paseo (littéralement “la promenade”). Vers 19 heures ou 20 heures, avant le dîner, les Espagnols ont l’habitude de déambuler dans les rues de la ville, ou le long des promenades de bord de mer, en famille ou entre amis. L’élégance est de mise. C’est un moment très convivial, souvent ponctué de retrouvailles. On finit par s’asseoir sur un banc pour regarder les autres passer... Un spectacle à ne pas manquer.
— Les horaires des repas sont tardifs. Le petit déjeuner se prend de 8h à 11h, le déjeuner de 13h30 à 16h et le dîner de 21h à 23h.
— Il y a peu de toilettes publiques, mais on peut facilement utiliser les toilettes des cafés et restaurants.
 
Ces précautions favorisent les échanges. 

La préservation de l'environnement

La préservation de l’environnement
Grâce à un paysage diversifié, l’Espagne jouit d’une faune et d’une flore exceptionnellement variées. Plus de quatre cents parcs naturels en assurent une protection efficace. Les hautes montagnes abritent alpages et conifères, et sont le royaume des chamois et des rapaces ; en moyenne altitude hêtres et chênes alternent avec les pâturages. On y trouve des ours bruns, des loups, des coqs de bruyère et des chèvres sauvages. Dans le centre du pays, on trouve des chênes, mais aussi des pins, et la faune se compose essentiellement de cerfs, sangliers, chevreuils, lièvres et perdrix. Les zones humides sont un paradis pour les oiseaux migrateurs. Ainsi, entre Saragosse et Teruel, la laguna de Gallocanta est connue pour sa population de grues, parfois au nombre de 60 000. Au sud et sur la côte méditerranéenne, le climat favorise les résineux, les chênes-lièges, les arbousiers et la bruyère. La faune y est caractérisée par les oiseaux, comme le butor et la gélinotte.

Pour conserver ce patrimoine naturel d’exception :
— Respectez la réglementation en vigueur dans les parcs régionaux et nationaux.
— Evitez de rapporter des souvenirs qui font partie du patrimoine naturel et de prélever des objets archéologiques ou culturels à valeur historique.
— N'approchez pas la faune de trop près ; il ne faut pas oublier que nous sommes seulement invités dans son propre territoire. Lire notre conseil de guide "La faune de montagne" > ( https://www.allibert-trekking.com/197-respect-faune-montagne )
— Pensez toujours à ramasser vos papiers, mouchoirs, mégots, etc
— Evitez de laisser les déchets difficile à recycler (tels piles, lingettes, plastiques) dans les zones rurales ou les petits villages qui ne disposent pas de filière de recyclage. Rapportez-les dans les grandes villes ou ramenez- les avec vous.
— Dans le cadre d'une démarche responsable, évitez l'achat de bouteilles en plastique. Nous vous conseillons de prévoir une gourde personnelle que vous pourrez remplir.
— Lorsque vous disposez d'une climatisation individuelle, nous vous recommandons de l'arrêter systématiquement lorsque vous quittez la chambre, pour éviter une surconsommation énergétique.
 
Nous vous invitons par ailleurs à télécharger la charte éthique du voyageur :
https://www.allibert-trekking.com/231-agir-pour-un-tourisme-responsable.

Comment réduire votre empreinte

Comment réduire votre empreinte carbone ?
Vous pouvez participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre en versant le montant de la compensation des émissions de CO2 liées à votre vol sur le site du GERES : http://www.co2solidaire.org/fr/component/hob_co2/?view=calculateur.
A titre d'exemple, voici le montant de la compensation pour un vol aller et retour vers l'Espagne : Paris - Madrid, 13 € ; Paris - Palma, 17 € ; Paris - Séville, 17 € ; Paris - Ibiza, 13 €.