J’ai 10 ans… et je rigole dans le Queyras

Julia a découvert le Queyras lors d’un voyage en famille cet été. Avec sa maman, mais pas seulement : il y avait aussi Luna, Camille et tous les copains, Théus et Pilou, les ânes, Pablo, le guide. Des mamans majorettes et des papas tailleurs de branches aussi. Une joyeuse compagnie donc !

J’ai pas eu peur du tout !

Elle a onze ans, Julia, et déjà un peu d’aplomb. “Ça fait pas peur de dormir dehors… sauf quand il y a un peu des sangliers… ” Et peut-être un loup-garou ou quelques sorcières qui rôdent, tous ceux qui peuplent encore l’imaginaire au sortir de l’enfance et à l’orée de l’adolescence. Cette “nuit dehors” était une nuit sous tente donc, “celle que j’ai préférée, même si dormir en refuge et en gîte, c’était super aussi !”. La randonnée n’était pas une découverte pour elle, qui marche régulièrement “en famille et avec les amis”. “Mais quand on part avec des gens qu’on ne connaît pas, on marche tous ensemble, on discute, on se fait de nouveaux copains, c’est presque encore mieux ! 

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle retient de ce voyage dans le Queyras, les réponses fusent, et la difficulté semble de faire le tri. Avant d’extraire le meilleur, elle mentionne la rencontre “avec une ânesse qui avait un ventre tellement énorme qu’on pensait qu’elle était enceinte, mais en fait non, elle était juste grosse” et l’accrobranche du dernier jour. “Les passerelles étaient super hautes et après un petit essai, hop, direct les tyroliennes ! C’était bien, mais là quand même, j’ai eu peur !”, lance-t-elle dans un éclat de rire.

“Tout le monde a été pris d’un fou rire…”

Parmi les souvenirs et les anecdotes qui foisonnent, lorsqu’on lui demande d’établir un palmarès, elle plisse un peu les yeux pour se concentrer sur “les trois meilleurs”... “J’ai adoré les soirs où on racontait des histoires qui font peur, avec les lampes torches, dans le refuge.” “On”, c’était Luna, Camille, Thomas, Donatien et Noé, les copains. “Et on s’est baignés dans un lac gelé aussi ! Ça, c’était un peu fou. L’eau était au moins à… 6 °C ! Je sais pas comment on a fait pour entrer tous dans ce lac, même les mamans !” En racontant ça, le froid semble lui mordre encore un peu les mollets, puisqu’elle resserre les épaules pour se tenir les mâchoires.

Sur le haut de son panier, on trouve aussi l’histoire d’un fou rire collectif. “En fait, avec Luna, on s’est vite rendu compte qu’on aimait toutes les deux faire des spectacles. Alors sa maman nous a montré des trucs de majorette, et les papas nous ont fabriqué des bâtons avec des branches. Après on a répété, répété, même pendant les randonnées. On était hyper prêtes, bien synchro, tout… Et puis je sais pas ce qui s’est passé au moment du spectacle, j’ai tout mélangé ! Luna commençait à me dire ‘psitt ! mais non, c’est pas ça…’, mais avec le stress, j’étais perdue. Je me suis mise à rire, elle aussi, je n’arrivais plus du tout à m’arrêter et tout le monde a été pris d’un fou rire…

 

“Pablo nous a appris plein de trucs ”

En ce qui concerne les randonnées elles-mêmes, la présence des ânes semble avoir contribué à alléger les efforts... “Théus et Pilou étaient très câlins, ils portaient nos pique-niques et nos sacs. Le matin et le soir, on s’occupait d’eux, on les brossait et on leur mettait de l’huile essentielle de lavande pour éloigner les mouches et les taons.” Quant au guide, il n’est pas étranger non plus à la réussite de ce voyage… “Notre guide était super ! Il s’appelait Pablo. Et il nous a appris plein de trucs sur les fleurs, les étamines, le pollen, les différents types de sapins, les mélèzes… C’était une bonne révision de tout ce qu’on avait appris à l’école. Il nous expliqué aussi pourquoi il ne fallait rien jeter en montagne, même pas les restes d’aliments, pour que les animaux ne s’habituent pas à manger autre chose que ce qu’ils trouvent dans la nature…
A aucun moment, elle ne dira que “c’était dur”. Elle mentionnera encore un petit exploit, “un 3 000 mètres, qui était en option, mais on l’a fait !”, et sera catégorique sur ce qui reste le plus agréable au cours de n’importe quelle randonnée : “les pauses… avec les petits gâteaux qu’on nous avait donnés au début...”. Alors on a confié un secret à Julia : les grands l’avouent rarement, mais c’est souvent ce qu’ils préfèrent aussi…  
 

L’œil de la maman

Magali, la maman de Julia, a évidemment vécu ce voyage à hauteur d’adulte. “Pour moi, les nuits en refuge font partie des meilleurs moments. C’est une très bonne manière de sortir du quotidien.  ‘Aller à la douche’, par exemple, dans un lieu qu’on ne connaît pas, c’est déjà devoir partir à la recherche de la salle de bains, on n’est plus du tout dans la contrainte… Ça permet aussi de découvrir la vie en communauté, avec le plaisir et les efforts que cela nécessite. Au-delà de ça, les voyages en famille sont aussi l’occasion de montrer aux enfants que le monde des adultes n’exclut pas l’entraide... Et une manière assez simple et assez saine d’observer un peu comment ‘fonctionnent’ d’autres familles également, de relativiser sur certains points de crispation, et parfois de repartir avec quelques bonnes idées… Quant au fameux sommet à 3 000 mètres, il représentait un petit challenge, et le relever toutes les deux ensemble, c’était un joli moment de partage.