Tadjikistan

Le Tadjikistan est un pays d’histoire. Sa terre a vu la gloire des empires qui se sont succédé entre le Moyen-Orient, l’Asie centrale et l’Inde : la Perse achéménide, l’empire d’Alexandre le Grand et de ses successeurs séleucides, le royaume gréco-bactrien, les empires kouchan, hephtalite, arabe et finalement l’Union soviétique.
Petit pays enclavé d’Asie centrale, sans aucun accès à la mer, le Tadjikistan est dominé par une des chaînes de montagnes les plus hautes du monde, un paradis pour les randonneurs.
Voyages et randonnées au Tadjikistan

Repères

Population

8,2 millions d’habitants (62 % Tadjiks, 23 % Ouzbeks, 8 % Russes et Ukrainiens, Kirghiz et Turkmènes).

Superficie

143 100 km2.

Capitale

Douchanbé.

Villes principales

Khodjent, Kouliab, Kourgan-Tioubé.

Points culminants

pic Ismail Samani (pic du Communisme 7 495 m).

Langues

tadjik (off.), russe.

Religions

islam sunnite (90 %), minorité de chiites ismaéliens (dans le Pamir, 5 %), orthodoxie.

Décalage horaire

par rapport à la France, trois heures de plus d’avril à octobre, quatre heures de plus de novembre à mars. UTC/GMT : + 5 h.

Géographie

La géographie
Le pays a des frontières communes avec le Kirghizstan, au nord, la Chine, à l’est, l’Afghanistan, au sud, et l’Ouzbékistan, à l’ouest et au nord-ouest.
Le Tadjikistan est le plus petit pays de l’Asie centrale par la superficie. 93 % du territoire tadjik sont constitués de montagnes, et plus de la moitié du territoire se trouve à une altitude supérieure à 3 000 mètres. Les montagnes abritent de nombreux glaciers ; le plus grand, le glacier Fedtchenko, dans le Haut-Badakchan, a une superficie de 700 km2 et est le plus grand glacier au monde en dehors des régions polaires. La moitié orientale, qui forme la région autonome du Haut-Badakhchan, fait partie du massif du Pamir et possède de très hauts sommets : pic Ismaïl-Samani (7495 m), pic Lénine (7134 m). Trois chaînes parallèles appartenant aux Tian Shan occidentales séparent les terres basses du nord (vallée fertile du Fergana) et du sud (vallées du Kafirnigan et du Vakhch). Le réseau hydrographique s’articule autour de deux grands fleuves, le Syr-Daria et l’Amou-Daria.

Climat

Le climat
Au Tadjikistan, l’été, de mi-juin à septembre, est la meilleure période pour voyager, en évitant les chutes de neige et le froid intense. Le temps peut cependant être très variable avec alternance de périodes chaudes et orageuses et d’épisodes pluvieux.

Économie

L’économie
Au sud, les régions agricoles de Kouliab et de Kourgan-Tioube fournissent du coton de bonne qualité, des céréales, des fruits et des légumes, grâce à l’irrigation. Sur le Vakhch, alimenté par les abondants glaciers du massif du Pamir, le barrage de Nourek, l’un des plus hauts du monde, assure une abondante production hydroélectrique. Au secteur des services s’ajoutent des industries mécaniques (outillage), textiles et agroalimentaires. La gigantesque usine d’aluminium de Toursounzade s’avère aujourd'hui peu rentable, car elle dépend des importations. Au nord, la vallée du Zeravchan, isolée, important centre agro-industriel, est orientée vers la production textile (soie et coton). Le Haut-Badakhchan, au sud-est, bordant la Chine et l’Afghanistan, proche du Cachemire pakistanais, constitue un important passage pour la contrebande ; la population y pratique un peu d’élevage transhumant, mais la rudesse du climat rend le développement de la région difficile.

Société

La société
Depuis une vingtaine d’années, le pays connaît une explosion démographique et une population relativement jeune avec presque 40 % en dessous de l’âge de 20 ans. La population est avant tout rurale avec 24 % seulement d’urbains.
Quatre groupes ethniques forment la population : les Tadjiks, les Ouzbeks, les Russes et les Kirghizes. Le peuple tadjik, qui constitue un peu plus de la moitié de la population totale, est l’une des rares ethnies non turques d’Asie centrale. Proche des Iraniens, les Tadjiks parlent une variante du persan ; ils sont également présents en Afghanistan, en Ouzbékistan et même en Chine. Les populations du Haut-Badakhchan, dans le Pamir, confondues avec les Tadjiks par les Soviétiques, parlent d’autres dialectes du groupe iranien. Ensuite viennent les Ouzbeks (23 %), regroupés dans les villes et la vallée de Fergana. La population russe, massivement émigrée depuis l’indépendance (1991) et la guerre civile qui suivit, représente moins de 5 %.
La religion principale est l’islam sunnite.

L'histoire du pays

L’histoire
Dans l’Antiquité, l’actuel Tadjikistan appartient aux principaux empires qui se succèdent entre le Moyen-Orient, l’Asie centrale et l’Inde, tels la Perse achéménide, l’Empire d’Alexandre le Grand... Dès le Ve siècle, les tribus est-iraniennes, populations sédentaires des oasis, entrent en contact avec des nomades turcophones arrivés de haute Asie avec lesquels ils développent une complémentarité sociale et économique. Au VIIIe siècle, les invasions arabes entraînent la conversion de la majeure partie de la population à l’islam. Les siècles suivants, la région subit les conquêtes de Gengis Khan et Tamerlan, puis se stabilise sous la domination du khanat de Boukhara, gouverné par des dynasties turco-ouzbèkes. Les montagnes tadjiks, notamment le Pamir, sont fréquemment traversées par les caravanes de la route de la soie, dont l’expédition de Marco Polo. La langue et la culture persanes continuent de dominer les cités malgré la domination politique turque, contribuant à préserver l’identité ethnique tadjik. La deuxième moitié du XIXe siècle voit le Tadjikistan entrer dans la rivalité coloniale entre les Empires russe et britannique. La chute de Tachkent (1865), puis l’annexion du khanat de Kokand (1876), marquent l’avancée des troupes tsaristes en Asie centrale. Les révolutions russes de 1917 entraînent, comme dans le reste de la Russie, une féroce guerre civile. La résistance aux bolcheviks est surtout le fait des populations turcophones, derrière le dernier émir de Boukhara, libéré du protectorat tsariste.
Les Tadjiks regroupent l’ensemble des populations parlant le tadjik, villageois des montagnes ou citadins polyglottes ; les Ouzbeks désignent quant à eux un ensemble hétéroclite de tribus turcophones sédentarisées ou semi-nomades. La division ethno-territoriale de l’Asie centrale aboutit à la création en 1924 d’une république socialiste soviétique (RSS) d’Ouzbékistan, à laquelle est fédérée une RSS autonome tadjik. Le Tadjikistan accède au statut de RSS à part entière en 1929 avec Stalinabad (actuelle Douchanbe) pour capitale. L’impossibilité de faire correspondre groupes ethniques et territoires conduit au maintien d’une large communauté turcophone (25 % de la population) au Tadjikistan. La période soviétique est marquée par de vastes aménagements hydrauliques qui permettent d’étendre la surface agricole irriguée à plus d’un million d’hectares, voués majoritairement à la culture. A partir de 1985, le Tadjikistan connaît une période de liberté au cours de laquelle toutes les revendications sont permises : valorisation de l’islam, démocratisation politique, libéralisation économique.
Le Tadjikistan accède à l’indépendance en septembre 1991 à la suite de la dissolution de l’URSS. L’ancien premier secrétaire du parti communiste tadjik, Rakhmon Nabiev, est élu à la présidence de la République. L’exacerbation des revendications politiques, économiques et sociales éclate en mai 1992 en guerre civile, dont le clivage idéologique recoupe une rivalité régionale : le camp communiste, soutenu par Moscou, regroupe les nordistes de Khodjent et les sudistes de Koulab, tandis que les démocrates se concentrent dans la capitale, et les islamo-conservateurs issus de la région montagneuse de Gharm, au centre du pays. Dès décembre 1992, Nabiev est contraint de se retirer du pouvoir, cédant sa place à Emomali Rakhmonov, ex-directeur de sovkhoze de Kouliab, qui prend, avec son clan, le pouvoir. Sous l’égide de l’ONU, un accord de paix qui établit un gouvernement d’union nationale est signé à Moscou en juin 1997.
Les premières élections – présidentielle (novembre 1999) et législatives (février-mars 2000) – depuis la fin de la guerre civile sont respectivement remportées par Emomali Rakhmonov et son parti populaire démocratique. En mars 2000, la dissolution de la Commission de réconciliation nationale met officiellement fin au processus de paix et consacre la victoire de Rakhmonov, qui élimine progressivement tous ses opposants politiques et développe une gestion patrimoniale du pays. Réélu en 2006, Rakhmonov, grâce à une modification de la Constitution approuvée en 2003 lui permettant de rester à son poste jusqu’en 2020, est réélu en 2013.
En termes de politique étrangère, le Tadjikistan reste très lié à la Russie. L’Iran, malgré le clivage confessionnel, développe de nombreux projets de coopération dans les domaines culturel, médiatique et d’infrastructure. Après l’ouverture de voies terrestres, la Chine intensifie ses relations. Enfin, sa proximité avec l’Afghanistan lui confère une position à la fois stratégique et vulnérable. Outre l’implantation en décembre 2001 d’une base militaire française à Douchanbe dans le cadre de l’intervention alliée en Afghanistan, le pays passe des accords avec les Etats-Unis.

Bon à savoir

Informations pratiques

La nourriture
Les Tadjiks consomment de nombreuses soupes aux pois et au lait, ainsi que l'ochi siyo halav, un bouillon aux herbes. Le tuhum barak est un plat de savoureux raviolis farcis à l'oeuf et nappés d'huile de sésame. Le chakka est du lait caillé agrémenté d'herbes, qui se marie à merveille avec le pain plat. Le kutbol, délicieux plat campagnard composé de plusieurs couches de fatir (pain), de yaourt, d'oignons, de persil et de coriandre, nappées d'une sauce crémeuse, est en principe servi dans un bol en bois. Dans les yourtes tadjikes, thé, yaourt, barsook (bouchées de pâte frites) et kaimak (crème) sont servis en abondance. Avec un peu de chance, vous goûterez de l'oromo, pâte à la vapeur roulée à la viande et au beurre. Le shir chai est un bouillon salé de thé au lait de chèvre et au beurre.

Y a-t-il une tradition de marchandage ?

Les pays est musulman. Le marchandage fait donc partie intégrante de la culture. Il y a une très forte notion d’échange dans cette pratique. Nous vous conseillons de baisser le prix de 20 à 30 % en règle générale.

Electricité
Tension électrique : 230 V, 50 Hz. Prévoir un adaptateur pour les prises électriques.
 
Que doivent prévoir les amateurs de photos ?

Pour les appareils numériques, prévoyez une autonomie suffisante, car il n’est pas toujours possible de recharger les batteries.
 
Quelques mots utiles
Si le russe est toujours la langue du gouvernement et des académies, apprendre quelques mots clés en tadjik vous permettra de gagner le respect de vos interlocuteurs et de faciliter vos échanges avec la population rencontrée.
Vous pouvez demander à votre guide comment les prononcer… Votre voyage n’en sera que plus riche ! Et puis souriez, c’est souvent le meilleur moyen d’avoir de bons contacts !

Bibliographie


Guides

Asie centrale, Bradley Mayhew, 2011 Ed. Lonely Planet.
Asie centrale, La route de la Soie, Hervé Beaumont, Ed. Marcus, 2006
Asie centrale, Le petit futé, 2007
 
Récits, littérature
Chasses et explorations dans les Pamirs, Edmond de Poncins, Ed Montbel, 2006
Dans les montagnes d'Asie, Wilfred Thesiger, Hoëbeke, 2004.
L'Empire du vent, Stanley Stewart et Béatrice Vierne, Hoëbeke, 2004.
Djamilia, Tchinguiz Aïtmatov, Folio Gallimard, 2003.
Au fil des routes de la Soie, Chemins d'étoiles n° 11, Transboréal, septembre 2003.
La rumeur des steppes, de René Cagnat, Poches Payot , 2001
Longue marche, Tome 2 : Vers Samarcande : A pied de la Méditerranée jusqu'en Chine par la route de la soie
Longue marche, Tome 3 : Le Vent des Steppes : A pied de la Méditerranée jusqu'en Chine par la route de la soie Le vent des steppes
L'Asie centrale, histoire et civilisations, Fayard, Jean-Paul Roux, 1997
 
Ouvrages illustrés
Asie centrale, visions d’un familier des steppes, René Cagnat, Transboréal.
Huang Shan, Marc Riboud, Flammarion.
Carnets de steppes, à cheval à travers l’Asie centrale, Priscilla Telmont et Sylvain Tesson, Glénat.
Tadjikistan, Frederic P. Miller, Agnes F. Vandome et John McBrewster, Alphascript Publishing, (Paperback) 2010

Carte
Central Asia, 1/1 750 000, Gizi Map.
Central Asia, 1/1 750 000 de Nelles, 2011

Tourisme responsable

Nos actions de tourisme responsable

Les actions du tourisme responsable

Pour suivre toutes nos actions de tourisme responsable, rendez-vous sur notre site www.allibert-trekking.com/84-tourisme-responsable-equitable.htm.

Le respect des us et coutumes

Le respect des us et des coutumes
Terre d’échange et de passage, l’Asie centrale présente une grande diversité ethnique. Vous aurez l’occasion de croiser une multitude de visages différents : turcs, slaves, chinois, méditerranéens, etc.
La religion majoritaire est l’islam. Sur une souche islamique sunnite majoritaire, cette religion reprend de l’importance et de nombreux lieux du culte sont rouverts ou réaménagés. Toutefois il s’agit d’un islam très “laïc”. La consommation d’alcool et de charcuterie est autorisée. Les femmes ne sont pas voilées. L’Eglise et l’Etat sont séparés. Mais le brassage culturel est tel que de nombreuses autres communautés cohabitent : juifs, chrétiens russes orthodoxes, catholiques romains, baptistes et luthériens évangélistes et quelques bouddhistes.

Voici quelques conseils pour respecter au mieux ces populations et leurs cultures :
— Respectez l'espace personnel de vos hôtes, adaptez-vous aux usages de la culture locale.
— Photographier des personnes repose sur un échange, assurez-vous de leur accord.
— Dans les villages, préférez une tenue ample couvrant les épaules.
— Respectez les lieux de culte que vous visitez, portez une tenue vestimentaire adaptée et acceptez de ne pas y pénétrer lorsque cela est interdit ou lors des cérémonies. Retirez vos chaussures ou couvrez-vous la tête à l'entrée des sites religieux lorsque cela est demandé.
— Les attitudes démonstratives en couple sont perçues comme inconvenantes.
— Ne distribuez jamais de bonbons, stylos ou autres cadeaux, en particulier aux enfants, car ce comportement les incite à la mendicité, à abandonner l'école ou leur activité habituelle. Si vous souhaitez faire un don, il est préférable et plus utile de le faire auprès d'une organisation locale : association, école, dispensaire. Demandez à votre guide, qui vous indiquera le lieu le plus approprié.

Ces précautions favorisent les échanges.

Les conseils de Marie, responsable de nos voyages au Tadjikistan
— Evitez certains contacts corporels comme caresser la tête d’un enfant ou serrer la main d’une femme.
— Evitez de hausser la voix... question de dignité personnelle.

La préservation de l'environnement

La préservation de l’environnement
Le Tadjikistan possède une faune riche et variée typique des montagnes : grands mammifères – ours, léopards des neiges, loups, yaks, bouquetins, sangliers, etc. –  mais aussi des rapaces, comme l’aigle royal. Le mouton de Marco-Polo aux magnifiques cornes en spirale vit à plus de 4 000 m et est difficile à voir.
Au Tadjikistan poussent edelweiss, genévriers et de nombreuses autres plantes variées. Les immenses champs de coton s’étalent dans les vallées de l’ouest du pays, près de Douchanbé.

Pour conserver ce patrimoine naturel d'exception :
— Respectez la réglementation en vigueur dans les parcs régionaux et nationaux.
— Evitez de rapporter des souvenirs qui font partie du patrimoine naturel et de prélever des objets archéologiques ou culturels à valeur historique.
— N'approchez pas la faune de trop près ; il ne faut pas oublier que nous sommes seulement invités dans son propre territoire. Lire notre conseil de guide "La faune de montagne" https://www.allibert-trekking.com/197-respect-faune-montagne
— Pensez toujours à ramasser vos papiers, mouchoirs, mégots, etc.
— Evitez de laisser les déchets difficile à recycler (tels piles, lingettes, plastiques) dans les zones rurales ou les petits villages qui ne disposent pas de filière de recyclage. Rapportez-les dans les grandes villes ou ramenez- les avec vous.
— Portez une attention particulière à la gestion de vos déchets dans les campements, afin de ne pas dégrader l'environnement :
- respectez le tri proposé par l'équipe d'accompagnement ;
- brûlez le papier toilette utilisé dans son intégralité.
— L'eau nécessite un traitement, nous vous conseillons de la traiter avec des pastilles ou un filtre.
— Certaines régions que vous allez traverser abritent de nombreuses parcelles cultivées. Afin de préserver le travail des populations locales, ne quittez pas les sentiers et abstenez-vous de cueillir fleurs rares, fruits, etc.
— Lorsque vous disposez d'une climatisation individuelle, nous vous recommandons de l'arrêter systématiquement lorsque vous quittez la chambre, pour éviter une surconsommation énergétique.

Nous vous invitons par ailleurs à télécharger la charte éthique du voyageur :
https://www.allibert-trekking.com/231-agir-pour-un-tourisme-responsable.

Comment réduire votre empreinte

Comment réduire votre empreinte carbone ?
Vous pouvez participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre en versant le montant de la compensation des émissions de CO2 liées à votre vol sur le site du GERES : http://www.co2solidaire.org/fr/component/hob_co2/?view=calculateur.
A titre d'exemple, voici le montant de la compensation pour un vol aller et retour vers le Tadjikistan : Paris - Douchanbé, 54 €.