Bosnie-Herzégovine

Les paysages champêtres sont ponctués d’adorables bourgades nichées au pied de châteaux médiévaux et entaillés de gorges où coulent des rivières impétueuses. Dans les centres historiques réhabilités de Sarajevo et Mostar, les édifices anciens reconstruits côtoient les cafés tendance.
Un pays à atmosphère singulière, à la rencontre de l’Orient et de l’Occident, issue des histoires ottomane et austro-hongroise sans oublier l’accueil humble et chaleureux de ses habitants !
Voyages et randonnées en Bosnie-Herzégovine

Repères

Population

3,8 millions d’habitants.

Superficie

51 197 km2.

Capitale

Sarajevo.

Villes principales

Mostar, Tuzla, Zenica.

Point culminant

mont Maglic dans les Alpes dinariques (2386 m).

Langues officielles

Bosniaque, Croate, Serbe.

Religions

musulmans (40 %), orthodoxes (31 %), catholiques (15 %).

Décalage horaire

par rapport à la France, pas de décalage horaire.
UTC/GMT : +1 h.

Géographie

Pratiquement sans accès à la mer, la Bosnie-Herzégovine se répartit en quatre ensembles nettement individualisés : le tiers septentrional, qui comprend la Posavina, plaine alluviale sur la rive droite de la Save, la Bosnie centrale, qui forme un ensemble montagneux atteignant 2 300 mètres d’altitude aux confins monténégrins, le haut karst de Bosnie et d’Herzégovine, qui s’étend d’ouest en est en plis parallèles à la côte adriatique, et la basse Herzégovine, karstique également. Tournée vers l’Adriatique, la région ne dispose pourtant que d’une façade maritime insignifiante de 21 kilomètres. A l’orée des montagnes, sur la Neretva, Mostar est le chef-lieu historique. Seule grande ville, la capitale Sarajevo doit sa fortune à ses fonctions administratives et militaires. Le siège dévastateur qu’elle a subi de 1992 à 1995 a paradoxalement projeté la ville dans la sphère de la mondialisation.

Climat

Méditerranéen le long de la mer Adriatique, le climat est continental à l’intérieur ; les hivers sont froids et les étés chauds, dans les montagnes la neige peut subsister de novembre à avril ; le printemps est une saison agréable car la campagne est verdoyante et fleurie.
Vers Mostar, le climat est doux l’hiver (5 °C de moyenne) et très chaud en été (jusqu’à 35-40 °C). A Sarajevo, situé à 650 mètres d’altitude, et à Banja Luka, au nord-ouest, les hivers sont assez froids, d’autant que les vents y sont puissants, et les étés chauds, avec des températures atteignant fréquemment 30 °C et même davantage. Reste que, en soirée, le mercure a vite fait de redescendre...

Économie

Pays marginalisé pendant des siècles, la Bosnie n’a commencé à être mise en valeur qu'à partir de l'époque habsbourgeoise, fin du XVIIIe début du XIe siècle : bois, sel gemme, fer. Le régime communiste développe un combinat sidérurgique en Bosnie centrale. Quoique faisant partie des républiques pauvres de Yougoslavie, la Bosnie connaît à partir des années 1970 une prospérité unique dans son histoire, dont l’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Sarajevo en 1984 est le symbole. La guerre de 1992-1995 l’a ruinée. Depuis les accords de Dayton (1995), qui ont entériné une partition de fait de la Bosnie-Herzégovine sur des bases ethnico-religieuses, le pays vit sous perfusion internationale et s’attelle, aujourd’hui, à sa reconstruction.
L’agriculture contribue pour 8 % au PIB, les produits principaux sont le blé, le maïs, les fruits, les légumes et le bétail. Le pays dispose de peu de ressources (un peu de fer et de charbon). Le secteur industriel compte pour 27 % au PIB : produits métalliques, industrie du bois, produits chimiques, fabrication de machines et équipements électromécaniques, textile et chaussures. Le secteur tertiaire représente 65 % du PIB.

Société

La population de la Bosnie-Herzégovine est d’une grande homogénéité ethnique : ses habitants descendent des mêmes ancêtres et parlent la même langue (couramment appelée serbe, croate ou bosniaque, et, scientifiquement štokavien). En revanche, trois identités nationales se sont élaborées, qui épousent les clivages religieux (héritage du système ottoman des millet) : Serbes orthodoxes, Croates catholiques, Bosniaques musulmans. Leur proportion est passée, entre 1971 et 2004, de 37 à 31 % pour les Serbes, de 21 à 11 % pour les Croates, de 40 à 54 % pour les Bosniaques. Cette évolution tient au fait que les Serbes et les Croates de Bosnie ont souvent dirigé leur exode rural vers les centres industriels extérieurs à la république, à la différence des musulmans. Territorialement, les trois groupes nationaux étaient très imbriqués jusqu’en 1992. Restée longtemps une société rurale traditionnelle, elle se rapproche depuis les années 1960 du modèle occidental.

L'histoire du pays

L'histoire
La Bosnie-Herzégovine fait partie de l'Empire romain, puis de l'Empire byzantin. Slavisée dès le VIe, elle est au Xe siècle l'objet des ambitions de la Bulgarie, qui impose sa suzeraineté. Les rois de Hongrie y établissent entre 1138 et 1463 leur suzeraineté. Les dissensions politiques et religieuses favorisent la conquête de la Bosnie par les Turcs. Conformément à la tradition de l'islam, l'Empire ottoman tolère les autres religions du Livre. Les non-musulmans sont cependant soumis au versement d'impôts spécifiques, en reconnaissance de la protection octroyée par le sultan, ce qui explique qu'un certain nombre de conversions pour des raisons fiscales, économiques et sociales. Les villes et le commerce se développent. Avec le recul des Turcs dans les Balkans au XVIIIe siècle, la situation de la Bosnie se dégrade. En 1875, à la suite d'une famine, une insurrection éclate en Herzégovine, s'étend à la Bosnie et provoque l'entrée en guerre des Serbes et des Monténégrins, et une intervention russe contre les Turcs. L'Autriche-Hongrie annexe complètement la Bosnie en 1908. Mais la domination autrichienne est mal acceptée. Le nationalisme se développe ; un mouvement de Jeunes-Bosniaques se forme et aboutit à l'assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand en 1914, cause immédiate de la Première Guerre mondiale.
Le 1er décembre 1918, les territoires de Bosnie sont intégrés au nouveau "royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes". Mais ce royaume ne reconnaît pas de frontières particulières à la Bosnie, ni de spécificité aux musulmans bosniaques qui doivent se déclarer soit serbes, soit croates. Afin de procéder à une centralisation du pouvoir, le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes se transforme en "Royaume de Yougoslavie". Ainsi, à partir de 1929, un nouveau découpage administratif du pays est mis en place, ignorant les revendications d'autonomie de l'Organisation musulmane.
En 1941, Belgrade est écrasée par les bombes de la Luftwaffe. La Yougoslavie royale est envahie. La capitulation signée, le roi et le gouvernement s'enfuient. Vaincu, le pays est rapidement dépecé. La Bosnie-Herzégovine est attribuée à l'Etat croate indépendant, dont Hitler confie le gouvernement à Ante Paveli, chef du mouvement ultranationaliste Oustacha, qui s'est développé en Croatie depuis 1929 contre l'autorité monarchique serbe. Le parti des Oustachi prône une politique fasciste et tente de gagner la bienveillance des musulmans de Bosnie, qu'il qualifie de "fleurons de la race croate". Il organise, en revanche, des conversions forcées, des expulsions et des massacres à l'encontre des Serbes. Entre l'automne 1944 et le printemps 1945, des combats dévastateurs ont lieu entre les partisans communistes de Tito, soutenus par les Anglais, et les forces allemandes, alliées aux Croates. Le 29 novembre 1943 est retenue comme la date officielle de la création de la République socialiste fédérative de Yougoslavie (RSFY). La Bosnie-Herzégovine devient une des six républiques de la Fédération yougoslave. Les trois peuples qui la composent, Serbes, Croates et musulmans sont considérés comme bosniaques. Une distinction essentielle est, dès l'origine, inscrite dans la Constitution entre "peuple" ou "nation" (narodnost) et "citoyenneté". Les "peuples" sont des "peuples constitutifs de la Fédération yougoslave" qui disposent, à ce titre, de "foyers nationaux" dans une ou plusieurs des Républiques. Ainsi, les Serbes disposent de foyers nationaux en Serbie, en Bosnie-Herzégovine et en Croatie. Cinq peuples sont retenus : les Slovènes, les Croates, les Serbes, les Macédoniens et les Monténégrins. A l'inverse, bien que très nombreux, des groupes comme les Italiens d'Istrie, les Hongrois de Vojvodine ou les Albanais du Kosovo et de Macédoine ne sont considérés que comme des "nationalités", puisqu'ils possèdent un berceau national hors de Yougoslavie. En Yougoslavie, la "citoyenneté" est une notion territoriale (on est citoyen de sa république de résidence), tandis que la nationalité désigne une appartenance ethnique. Sous Tito, les musulmans de Bosnie jouissent d'une position relativement privilégiée.
Un programme ambitieux de reconstruction et d'industrialisation est mis en place dans le cadre d'un plan quinquennal à partir de 1945. Une importante migration s'opère des campagnes vers les nouveaux sites industriels et  la Vojvodine, où se trouvent de grandes propriétés agricoles, nationalisées puis distribuées en petits lots par les communistes. Le régime titiste prône l'unité et la fraternité entre les peuples et combat toute résurgence du nationalisme. Il instaure aussi un système économique spécifique à partir des années 1950, marqué par l'autogestion et la notion de propriété sociale. Les entreprises appartiennent à ceux qui y travaillent. C'est en Bosnie que se trouvent les plus grandes entreprises, sur lesquelles s'appuie l'industrialisation massive. A partir des années 1960, d'importantes sociétés de construction bosniaques remportent de nombreux contrats à l'étranger, principalement au Moyen-Orient, concurrençant les sociétés occidentales. Mais, dans les années 1980, après la mort de Tito, des scandales financiers révèlent les faiblesses du système économique et politique. En 1990, de nouvelles forces politiques nationalistes se développent aux dépens des communistes et des partis "citoyens" (non ethniques). L'éclatement de la fédération yougoslave, en 1991, pose la question de la survie de la République de Bosnie-Herzégovine. Le président de la présidence collégiale A. Izetbegovi apparaît alors, avec le président macédonien Kiro Gligorov, comme l'un des derniers défenseurs de l'Etat fédéral. Le SDS de R. Karad¸i réclame soit le maintien de la Bosnie dans une Yougoslavie réduite, soit sa territorialisation sur une base ethnique. Finalement, après des mois de paralysie, le Parlement bosniaque adopte, en 1991, une déclaration de souveraineté. La Commission d'arbitrage de l'Union européenne exigeant un référendum d'autodétermination, celui-ci est organisé en 1992 : 62 % des inscrits et 98,9 % des suffrages - soit l'électorat musulman et croate - se prononcent en faveur de l'indépendance, les Serbes de Bosnie boycottent le scrutin. En 1992, le Parlement bosniaque proclame l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine.
Les Serbes de Bosnie entament le siège de Sarajevo et proclament une "République serbe de Bosnie", dirigée, depuis Pale, par R. Karad¸i, élu président. En quelques semaines, l'armée de la République serbe placée sous le commandement du général Ratko Mladi et assistée par les milices de Zeljko Raznatovi, alias "Arkan", et celles de Vojislav Šešelj, venues de Serbie, occupent 60 % du territoire bosniaque, à l'est et au nord. Elles se livrent à l'encontre des populations non serbes à de très nombreuses exactions (viols collectifs, exécutions sommaires, camps de détention, déplacements forcés). Malgré la vive émotion de la communauté internationale, aucune intervention n'est lancée pour empêcher les exactions des forces serbes. Il faut attendre juin 1992 pour que le Conseil de sécurité de l'ONU étende le mandat de la Forpronu (Force de protection des Nations unies déployée en Croatie) à la Bosnie-Herzégovine afin de permettre l'ouverture de l'aéroport de Sarajevo et l'acheminement de l'aide humanitaire.
Durant la guerre, le patrimoine islamique est gravement endommagé, les nationalistes serbes et croates détruisant systématiquement les mosquées dans les zones qu'ils contrôlent. La propagande serbe et croate stigmatise le "régime islamiste" en place à Sarajevo. Si ces accusations n'ont jamais eu de fondements, il est vrai que le président A. Izetbegovi est lié à des cercles spirituels islamiques professant une idéologie proche de celle des Frères musulmans. Des volontaires affluent du monde entier en Bosnie pour participer à un djihad ou pour s'engager dans des organisations humanitaires musulmanes. En revanche, cette greffe islamiste ne prend guère dans la société locale.
Les Serbes achèvent le "nettoyage" de la Bosnie orientale, où les Musulmans ne conservent que les enclaves de Gora¸de, ´epa et Srebrenica. Côté croate, le camp favorable au partage de la Bosnie l'emporte, et la proclamation, en juillet 1992, d'une "province autonome d'Herceg-Bosna" dans les régions sous contrôle croate provoque entre armées croate et musulmane, jusque-là alliées, des affrontements meurtriers pendant toute l'année 1993. Des négociations parallèles entre représentants musulmans et croates aboutissent en 1994 aux accords de Washington prévoyant la création d'une Fédération croato-musulmane, elle-même confédérée à la Croatie. Dans le même temps, la ville de Mostar, partagée en deux municipalités, l'une croate et l'autre musulmane, est placée pendant deux ans sous l'autorité administrative de l'Union européenne. Après une période de relative accalmie jusqu'au printemps 1995, les Serbes de Bosnie reprennent leurs bombardements sur les villes bosniaques, notamment Sarajevo, et font prisonniers 370 Casques bleus de l'ONU. Malgré la création d'une force de réaction rapide pour appuyer la Forpronu, ils parviennent à enlever l'enclave de Srebrenica, où les civils sont abandonnés et plus de 7 000 hommes froidement exécutés par les forces du général Ratko Mladi, puis le 26, l'enclave de ´epa, révélant ainsi l'impuissance de la communauté internationale à remplir ses engagements.
A partir du mois d'août, toutefois, la situation militaire se renverse, les Croates reconquièrent la quasi-totalité des fragments de leur pays occupés par les Serbes, les frappes aériennes massives sur les infrastructures bosno-serbes permettent aux armées croate et bosniaque de reprendre 15 à 20 % du territoire. Un cessez-le-feu véritable est signé en octobre, puis, en 1995, les présidents serbe S. Miloševi (représentant les Serbes de Bosnie), croate F. Tudjman et bosniaque A. Izetbegovi, réunis pendant un mois sur une base militaire aux Etats-Unis, concluent les "accords de Dayton". Un Etat de Bosnie-Herzégovine est créé, composé de deux entités - la Fédération de Bosnie-Herzégovine (représentant les territoires croate et musulman, soit 51 % du pays), et la Republika Srpska (RS, 49 % du territoire) - dotées d'institutions communes (présidence collégiale, Parlement, Banque centrale, etc.), mais disposant chacune de leur Constitution, de leurs forces armées et pouvant nouer des rapports privilégiés avec les Etats voisins, la Croatie et la République fédérale de Yougoslavie.
La nouvelle Constitution de la Bosnie-Herzégovine renomme les Musulmans Bosniaques ; la citoyenneté de la Bosnie-Herzégovine, se voit, quant à elle, désignée par le terme Bosanci, en français Bosniens. Les accords de Dayton mettent fin à une guerre dont le bilan est de l'ordre de 100 000 à 250 000 morts auxquels s'ajoutent 2,4 millions de réfugiés et de personnes déplacées. Ils définissent des principes tels que le retour des réfugiés et la liberté de circulation entre les diverses entités de la Bosnie. Or, malgré des tentatives pour l'unifier (introduction d'un mark convertible, interdiction de plaques d'immatriculation différenciées), le territoire demeure compartimenté en zones "ethniques".
Après trois ans de guerre, le visage de la Bosnie-Herzégovine est profondément modifié. Au recensement de 1991, sur une population de 4 365 000 individus, 43,7 % sont Musulmans, 31,4 % sont Serbes, 17,3 % Croates, 5,5 % se disent "Yougoslaves". Autrefois étroitement mélangées, ces communautés sont aujourd'hui regroupées dans de larges régions "ethniquement pures". 96 % de la population de la RS est serbe. Des 220 000 Croates présents sur le territoire avant le conflit, il n'en reste plus que 85 000. De même, 72 % des Bosniaques sont installés dans la Fédération croato-musulmane, et Sarajevo - qui se vantait d'être avant la guerre la "Jérusalem des Balkans", multiculturelle et multiconfessionnelle -, concentre désormais 85 % de Musulmans contre 49 % au début des années 1990. Les élections de 1996 renforcent dans chacune des communautés le pouvoir des nationalistes, dont deux au moins (Serbes et Croates) sont hostiles à l'unité du pays. Au terme de ce scrutin, le Bosniaque A. Izetbegovi, le Croate Krešimir Zubak et le Serbe Momilo Krajišnik sont élus à la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine. Arrivé en tête, A. Izetbegovi devient président de cette autorité exécutive et donc chef de l'Etat (pour deux ans). Biljana Plavši, successeur de R. Karad¸i - celui-ci ayant renoncé officiellement à ses mandats en juillet 1996, plus d'un an après son inculpation par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) pour génocide et crimes contre l'humanité -, est élue à la tête de la RS.
A la fin de 1996, le mandat du contingent international est renouvelé, l'Ifor laissant la place à la Sfor, force de stabilisation de la paix, investie d'une mission de dix-huit mois. Les élections générales de 1998 aboutissent à des résultats assez contrastés. Même si le succès de représentants plutôt modérés des trois communautés à la présidence collégiale semble encourageant, avec les victoires du Bosniaque A. Izetbegovi, du Croate Ante Jelavi et du Serbe ´ivko Radisi, en revanche, l'élection de l'ultranationaliste Nikola Poplašen à la présidence de la RS constitue un grave revers pour l'application des accords de Dayton.
Pour la première fois depuis dix ans, le pays se dote, en 2001, d'un gouvernement non nationaliste. Hormis cette timide évolution, ces élections consacrent la domination des nationalistes et soulignent la division d'un pays profondément marqué par la guerre. Après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, la traque des islamistes s'intensifie en Bosnie, l'islam local doit se réorganiser.
Les élections générales de 2002 - les premières à être organisées par les Bosniens eux-mêmes et non par les organisations internationales - consacrent, une nouvelle fois, sept ans après la fin de la guerre, la victoire des partis nationalistes. En janvier 2003, l'Union européenne prend le relais de la Minubh. Est réaffirmée l'idée que les Balkans ont vocation à rejoindre l'Union européenne, dès qu'ils répondront aux critères établis. Mais devant l'incapacité des hommes politiques bosniens à appliquer les dispositions de Dayton, Bonn utilise ses pouvoirs, attribués en 1997 au haut représentant pour licencier les politiciens et les fonctionnaires coupables d'obstructionnisme à l'égard du processus de paix et pour imposer, par décret, des décisions et des lois en cas de manque d'accord entre les parties. Si ces décisions arbitraires ont le mérite de poursuivre la mise en place des dispositions de Dayton, elles sont une violation de la souveraineté bosnienne et ne favorisent pas l'émergence d'une nouvelle génération d'hommes politiques bosniens efficaces et responsables.
En juin 2004, la RS reconnaît - pour la première fois depuis la fin de la guerre - le massacre, par les forces serbes bosniaques, de "plusieurs milliers de musulmans" à Srebrenica en 1995, sans évoquer toutefois la qualification de génocide.
A l'issue des élections de 2006, bien que de nouvelles formations politiques soient arrivées au pouvoir en lieu et place des formations nationalistes historiques, le débat politique n'a cependant pas évolué et le duel se résume, comme toujours à l'alternative entre l'unité et l'éclatement de la Bosnie-Herzégovine. Alors que le pays est frappé par une redoutable crise économique, fortement affecté par la fuite des cerveaux, et semble privé de perspectives politiques crédibles à court terme, sa classe politique est également affectée par une dérive affairiste.
Les blocages politiques récurrents ont conduit à repousser la fermeture du Bureau du haut représentant international annoncé pour 2007. L'Union européenne nomme le diplomate slovaque Miroslav Laják, un habitué des Balkans. Le nouvel homme fort de Sarajevo s'attèle immédiatement à négocier la réforme de la police, en suspens depuis trois ans. Les forces de police sont placées sous la responsabilité des deux entités qui constituent la Bosnie-Herzégovine mais des structures de coordination sont créées au niveau de l'Etat central. Malgré les quelques progrès enregistrés en 2008, les blocages politiques persistent. Dans le même temps, la crise économique aggrave la situation sociale. Ce blocage politique semble prendre fin début 2012 avec l'élection du Croate Vjekoslav Bevanda, au poste de Premier ministre, mais le rapport annuel de la Commission européenne d'octobre 2013 sur les progrès réalisés par le pays reste très sévère.
Cet immobilisme conduit à d'importantes manifestations en 2014. Alors que le chômage frappe 60 % de la jeunesse, elles témoignent d'une exaspération croissante face à l'inaction des élites, la corruption et la criminalité, les salaires impayés et prennent un tour violent avec de nombreux blessés et l'incendie de bâtiments publics. Mais, si ce réveil de la société civile tend à transcender les divisions ethniques, il s'enlise et ne parvient pas à ébranler l'inertie de la classe politique. Les élections d'octobre 2014 ne présagent aucun changement décisif, l'abstention (en hausse) facilite la reconduction des dirigeants en place - sortants ou de retour au premier plan - et des partis nationalistes. Ainsi, B. Izetbegovi est réélu. Dans la République serbe, le président M. Dodik est reconduit.
Ce n'est qu'en février 2015 que les partis parviennent à se mettre d'accord sur la désignation de Denis Zvizdi comme Premier ministre au niveau central. Prenant acte de l'incapacité des partis à s'entendre sur la réforme constitutionnelle, la Commission européenne assouplit sa position et demande désormais au nouveau pouvoir de s'engager fermement et prioritairement sur les réformes économiques et sociales. Un gouvernement de coalition est formé en mars, tant au niveau central et qu'à celui de la Fédération.

Bon à savoir

Informations pratiques

Les burek
Feuilletés de pâte garnis de fromage, de viande, de pommes de terre ou parfois de champignons. Les manger sans yaourt est absolument sacrilège !

Le raki
Pour trinquer, souhaiter la bienvenue, fêter un baptême, le saint local, un anniversaire et même un enterrement, les Bosniens ont gardé les bonnes vieilles habitudes des Yougoslaves, à savoir une tournée de raki, une eau-de-vie distillée à partir de toutes sortes de fruits. Chacune porte un nom différent : slivovica (prune), grozdova (raisin), jabukovaca (pomme), etc. Le raki ne fait jamais moins de 40° et atteint souvent 50° ou 60°

Le café
Le café incontournable. Il est servi à la turque, riche et épais. Laissez le marc se déposer. Le thé est peu présent.

Electricité
Tension électrique : 230 V, 50 Hz. Les prises électriques sont de type français.

Que doivent prévoir les amateurs de photos ?
Prévoir une autonomie suffisante, car il n’est pas toujours possible de recharger les batteries.

Quelques mots utiles
Le bosnien (bosanski jezik), parfois appelé bosniaque, est une langue indo-européenne de la branche des langues slaves. La Bosnie-Herzégovine a recours à l’alphabet latin.
Apprendre quelques mots clés vous permettra de gagner le respect de vos interlocuteurs, de faciliter et de rendre plus agréables vos échanges avec les Bosniaques rencontrés. Alors n’hésitez pas à faire l’effort d’utiliser les expressions suivantes :
Dobro jutro : bonjour.
Dobro vee :  bonsoir.
Laku no : bonne nuit.
Dovienja : au revoir.
Molin vas  : s'il vous plait.
Hvala : merci.
Da : oui -  Ne : non.
Vous pouvez demander à votre guide comment prononcer, votre voyage n’en sera que plus riche ! Et puis souriez, c’est souvent le meilleur moyen d’avoir de bons contacts !

Tourisme responsable

Le respect des us et coutumes

La Bosnie-Herzégovine est un pays qui revit, avec des cicatrices certes, mais qui se réapproprie ce qui a depuis des siècles fait son originalité : son multiculturalisme. La Bosnie-Herzégovine est le seul pays d'Europe où, dans une même rue, l'œil s'accroche encore successivement à un minaret, un clocher orthodoxe ou catholique, un mur de synagogue... Les confessions déclinent les diverses identités.

Voici quelques conseils pour respecter au mieux ces populations :
— Respectez l'espace personnel de vos hôtes, adaptez-vous aux usages de la culture locale
— Photographier des personnes repose sur un échange, assurez-vous de leur accord.
— Respectez les lieux de culte que vous visitez, portez une tenue vestimentaire adaptée et acceptez de ne pas y pénétrer lorsque cela est interdit ou lors des cérémonies. Retirez vos chaussures ou couvrez-vous la tête à l'entrée des sites religieux lorsque cela est demandé.

Ces précautions favorisent les échanges.

La préservation de l'environnement

La préservation de l'environnement
La faune et la flore foisonnent d'espèces rares et bien souvent protégées. Dans les plaines et les forêts, on note la présence de la martre, du cerf, du sanglier, du chevreuil, du renard, ainsi que du lièvre, de ramiers, de bécasses, de tourterelles et de cailles. En montagne, il est possible d'apercevoir des mouflons, le lynx et le loup sont aussi présents. On dénombre environ 5000 ours, bruns et gris. La montagne abrite également des espèces d'oiseaux rares, comme l'aigle impérial, l'aigle royal, l'aigle doré et fauve, le vautour fauve, le vautour d'Egypte et le faucon. Goélands, cormorans et ortolans peuplent le littoral. Grues cendrées, hérons, hiboux des marais, flamants habitent les marais.
Le hêtre et le chêne constituent les principales essences des forêts, avec le tilleul, le frêne et l'érable. Parmi les fleurs, citons la rose alpine brandis et l'iris bosnien. 

Pour conserver ce patrimoine naturel d'exception :
— Respectez la réglementation en vigueur dans les parcs régionaux et nationaux.
— Evitez de rapporter des souvenirs qui font partie du patrimoine naturel et de prélever des objets archéologiques ou culturels à valeur historique.
— N'approchez pas la faune de trop près ; il ne faut pas oublier que nous sommes seulement invités dans son propre territoire. Lire notre conseil de guide "La faune de montagne" > ( https://www.allibert-trekking.com/197-respect-faune-montagne )
— Pensez toujours à ramasser vos papiers, mouchoirs, mégots, etc.
— Evitez de laisser les déchets difficile à recycler (tels piles, lingettes, plastiques) dans les zones rurales ou les petits villages qui ne disposent pas de filière de recyclage. Rapportez-les dans les grandes villes ou ramenez- les avec vous.
— Dans le cadre d'une démarche responsable, évitez l'achat de bouteilles en plastique. Nous vous conseillons de prévoir une gourde personnelle que vous pourrez remplir.
— Lorsque vous logez chez l'habitant, économisez l'énergie.
— Lorsque vous disposez d'une climatisation individuelle, nous vous recommandons de l'arrêter systématiquement lorsque vous quittez la chambre, pour éviter une surconsommation énergétique.

Nous vous invitons par ailleurs à télécharger la charte éthique du voyageur :
https://www.allibert-trekking.com/231-agir-pour-un-tourisme-responsable

Comment réduire votre empreinte

Comment réduire votre empreinte carbone ?
Vous pouvez participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre en versant le montant de la compensation des émissions de CO2 liées à votre vol sur le site du GERES : http://www.co2solidaire.org/fr/component/hob_co2/?view=calculateur.
A titre d'exemple, voici le montant de la compensation pour un vol aller et retour vers la Bosnie-Herzégovine : Paris - Mostar ou Paris - Sarajevo, 16 €.