Italie

Au centre du monde pendant 700 ans, la péninsule italienne est riche d’un glorieux passé antique. Les nombreux centres artistiques ont, au fil des siècles, cultivé le “beau” et le rayonnement de l’Italie se poursuit encore de nos jours. Au-delà de l’art, la gastronomie italienne profite d’une réputation qu’elle n’a pas usurpé.
La nature aussi est exceptionnelle, des sommets de la chaîne alpine septentrionale aux volcans méridionaux, des sentiers parfumés dominant les eaux limpides des abysses bleutés aux îles rivalisant de beauté. Villes classées au charme envoûtant, haltes dans les charmants villages typiques... des itinéraires exaltants vous emmènent sur les traces de la culture italienne et du beau !
Une découverte intimiste et originale pour goûter l’art de vivre à l’italienne !
Randonnées en Italie

Repères

Population

60 millions d’habitants.

Superficie

301 268 km2 (incluant Sicile et Sardaigne).

Capitale

Rome.

Villes principales

Milan, Florence, Turin, Naples, Pise, Catane.

Iles

Capri, Ischia, les Eoliennes (Lipari).

Lacs

Lac Majeur, lac de Côme.

Points culminants

Monte Bianco di Courmayeur (Alpes, 4 730 m), Etna (Sicile, 3 323 m), Corno Grande (massif du Gran Sasso, Abruzzes, 2 912 m).

Langue officielle

Italien.

Religions

Catholiques (87,8 %), musulmans (1,4 %), juifs (1,2 %).

Décalage horaire

Idem France. UTC/GMT : + 1 h.

Géographie

L’Italie, péninsule du sud de l’Europe de l’Ouest, est connue pour sa forme de botte. Bordée par la mer Ligure et la mer Tyrrhénienne à l’ouest, le canal de Sicile au sud, la mer Ionienne et la mer Adriatique à l’est, les Alpes au nord, elle partage des frontières avec la France, la Suisse, l’Autriche et la Slovénie. Deux Etats sont englobés dans son territoire, le Vatican et Saint-Marin. L’Italie possède une enclave en Suisse, la localité de Campione, sur les rives du lac de Lugano.
Le territoire italien est très accidenté : la plaine représente seulement 23 % du territoire, la montagne, 35 %, et les collines, 42 %. Deux grandes chaînes de montagne structurent la péninsule : les Alpes, au nord, avec le point culminant du pays dans le massif du Mont-Blanc, et les Apennins qui courent depuis la côte Ligure jusqu’à Reggio di Calabria. Une seule grande plaine alluviale : celle du Pô, d’environ 45 000 km².
Située sur la ligne de contact des plaques africaine et européenne, l’Italie est sujette aux tremblements de terre et possède quatre volcans actifs : l’Etna, le Vésuve, le Vulcano et le Stromboli.

Climat

Du fait de sa position géographique, l’Italie présente un climat tempéré, avec de fortes variations du nord au sud dues aux écarts de latitude, aux reliefs et à l’influence de la Méditerranée. Etirée sur 10 degrés de latitude, l’Italie connaît, du nord au sud, une forte augmentation des températures et une baisse des précipitations. Ainsi, alors que la moyenne des températures hivernales avoisine 0 °C à Turin, elle est d’environ 10 °C en Sicile. Les précipitations sont deux fois moins abondantes au sud qu’au nord.
L’été : hors des Alpes et du climat montagnard, il fait très chaud, la randonnée est possible en partant tôt le matin. Cette saison est idéale pour la baignade.
Le printemps et l’automne : hors des Alpes et du climat montagnard, ce sont les saisons optimales pour découvrir l’Italie à pied, et profiter de ses magnifiques paysages.  
 
Températures moyennes (sous abri) en °C :

 

janv.

fév.

mars

avril

mai

juin

juil.

août

sept.

oct.

nov.

déc.

Turin
Piémont

1

4

9

13

18

22

24

23

19

13

7

3

Milan Lombardie

3

5

9

13

17

22

24

24

19

9

7

4

Florence Toscane

10

12

15

19

23

27

31

31

27

21

15

10

Olbia Sardaigne

8

12

16

21

27

28

33

35

30

25

18

13

Naples Campanie

13

13

15

18

23

26

29

30

26

22

17

14

Catane
Sicile

16

16

18

20

24

28

32

32

29

25

20

17


Économie

L’Italie est la sixième puissance économique du monde. L’agriculture oppose un secteur exportateur situé dans les plaines irriguées, spécialisé dans les légumes, les fruits, et des productions traditionnelles telles que blé, riz, maïs, betterave, vigne, à une agriculture traditionnelle et peu compétitive pratiquée dans les montagnes et les îles. L’élevage, bovin au Nord, ovin dans l’Italie péninsulaire et insulaire, ne couvre pas les besoins du pays. Le secteur industriel s’appuie sur des entreprises variées : grands groupes publics, puissantes entreprises privées comme Fiat, nombreuses petites et moyennes entreprises souvent très compétitives fournissant des produits d’exportation de haute valeur ajoutée : électronique, bureautique, chaussures, confection, industries du luxe. Les industries traditionnelles, sidérurgie, construction navale, mais aussi automobile et raffinage, sont aussi très compétitives. Les activités commerciales et de services occupent près de 60 % des actifs. La richesse du patrimoine historique et la beauté des paysages attirent chaque année plus de 45 millions de touristes.
La géographie économique se décompose en trois zones. Le nord-ouest, fortement développé, produit près de la moitié des richesses nationales ; ce pôle industrialisé possède un haut niveau de vie et s’organise autour de trois villes principales : Gênes, Milan, Turin. Le Mezzogiorno (sud et îles) est marqué par un lourd retard économique ; les activités se concentrent dans les plaines littorales tandis que l’intérieur reste en marge. Entre ces deux zones est apparue une troisième Italie, dynamique, qui s’ordonne autour de Venise, Bologne, Florence, Rome ; l’industrie s’y développe fortement et le tourisme y représente une ressource importante.

Société

L’Italie a longtemps été un pays de forte émigration, en direction essentiellement des Etats-Unis et de l’Australie (fin du XIXe - début du XXe siècle), puis de l’Europe du Nord-Ouest (après la Seconde Guerre mondiale) ; ainsi, entre 1875 et 1925, près de 10 millions d’Italiens ont émigré (la moitié d’entre eux seulement rentrèrent dans leur pays), puis encore 8 millions après 1945. Parallèlement, le pays a connu, dans l’immédiat après-guerre, et jusqu’aux années 1970, un vaste mouvement de migration interne, du sud vers le nord. Aujourd’hui, la péninsule n’est plus une terre d’émigration. En revanche, l’Italie est devenue un pays d’immigration. Avec 8 000 kilomètres de côtes, elle est en effet l’un des pays les plus accessibles pour les immigrés clandestins qui fuient la misère ou la guerre.
Avec une densité moyenne de population de 195 habitants par km2, l’Italie est l’un des Etats européens les plus densément peuplés. Environ les deux tiers des habitants résident dans une ville. Dans le Nord, la plaine du Pô est très densément occupée et les villes du Piémont, de la Lombardie et de la Vénétie forment un tissu urbain homogène qui s’étend de Turin jusqu’à Venise. La côte ligure est extrêmement peuplée, de Savone à La Spezia en passant par Gênes. Dans le centre et le sud de l’Italie, le peuplement est plus épars. La population se regroupe autour de quelques grandes agglomérations (Rome, Palerme ou Naples), mais des zones entières de la Calabre, de la Sicile et de la Sardaigne sont vides.
L’Italie est ponctuée de métropoles régionales (Turin, Gênes, Bologne, Florence, Palerme, Naples), même si les fonctions de niveau national sont partagées entre Rome, la capitale politique, et Milan, la capitale économique. Il existe également tout un réseau de petites villes très dynamiques, souvent héritières d’un riche patrimoine historique (Padoue, Vérone, Pise ou Sienne).
Les Italiens sont des croyants fervents et, dans chaque ville, le duomo – du latin domus, le domicile (de Dieu) –, est un lieu sacré tant par la dévotion que les habitants lui portent que par les nombreuses fresques ou prouesses architecturales qui rendent souvent le monument unique.
Rappelons que le Vatican, Etat indépendant et demeure des papes, est enclavé dans la ville de Rome.

L'histoire du pays

Dès la préhistoire, une mosaïque de peuples sont présents dans la péninsule. Les Grecs occupent progressivement, à partir du VIIIe siècle avant J.-C., les côtes sud-orientales. Les Etrusques apparaissent également au VIIIe siècle avant J.-C.. Si leur puissance est relativement brève, leur civilisation laisse des témoignages artistiques remarquables et influence profondément la religion et les institutions romaines. Les Romains, qui fondent la république de Rome en 509, entreprennent, du IVe au IIe siècles avant J.-C., la conquête progressive de la péninsule et imposent une unité. Le latin s’affirme comme moyen unique d’expression de la pensée. Auguste, devenu empereur en 27 avant J.-C., s’efforce d’effacer les traces des guerres civiles, restaurant la sécurité et le réseau routier, agrandissant et embellissant les villes. A la culture des céréales, se substituent celles de la vigne et de l’olivier, et surtout une extension des pâturages à moutons et des friches, dans le cadre des latifundia constitués au profit des grands propriétaires romains. Dans cette Italie épuisée économiquement et isolée politiquement, les tenants de la romanité païenne mènent un ultime et inefficace combat contre le christianisme ; longtemps persécutée, la nouvelle religion triomphe au IVe siècle à Rome, siège de la papauté, et à Milan, où saint Ambroise dicte ses volontés à l’empereur Théodose. En 330, Constantin inaugure officiellement la nouvelle capitale de l’Empire, Constantinople (fondée sur le site de l’ancienne Byzance), désormais rivale de Rome.
En 395, à la mort de Théodose, l’Empire romain est définitivement partagé entre l’Empire d’Orient (dont la capitale est Constantinople) et l’Empire d’Occident (avec Rome pour capitale). L’Empire d’Orient, ou Empire byzantin, durera jusqu’à la fin du Moyen Age. Mais l’Empire romain d’Occident, dont Ravenne devient la capitale en 402, est durement frappé par la poussée des Barbares. Bientôt, l’Empire d’Occident se réduit à l’Italie qui subit à son tour l’assaut des invasions : les Goths d’Alaric, les Huns avec Attila... En 489, le roi des Ostrogoths, Théodoric, obtient de l’empereur d’Orient Zénon le gouvernement de l’Italie, dont il devient le maître absolu. Ses successeurs ne peuvent empêcher la reconquête byzantine (535-553) ; l’Italie devient une province de l’Empire gouvernée par Constantinople. En 568, les Lombards, venus des rives de l’Elbe et que les Byzantins affaiblis ne peuvent repousser, s’installent en Italie du Nord puis du Centre et du Sud, et restaurent la monarchie à la fin du VIe siècle. Vainqueur, Charlemagne se proclame roi des Lombards et se fait couronner à Rome par le pape Léon III en 800. Il attribue à son fils Pépin le titre de roi d’Italie. Dans l’administration du royaume, les influences orientales sont plus fortes que celles des Francs. Le commerce avec l’Orient se poursuit, tandis que Venise centralise les produits orientaux. Après le partage de l’Empire de Charlemagne, la féodalité naissante anéantit les pouvoirs traditionnels. La couronne royale d’Italie et le titre impérial sont disputés entre des seigneurs incapables de repousser les Hongrois ou les arabes et berbères musulmans. En 962, le roi de Germanie Otton Ier, qui s’est emparé du trône d’Italie, se fait couronner empereur à Rome par le pape Jean XII. Ainsi naît le Saint Empire romain germanique, qui unit le sort de l’Italie à celui des rois de Germanie.
A partir d’Otton Ier, la plupart des rois de Germanie sont hantés par le voyage d’Italie, qui leur permet de se faire sacrer empereurs. Dès le Xe siècle, Pise et Gênes profitent des croisades pour s’assurer l’exclusivité du commerce entre l’Orient musulman et l’Occident chrétien, rivalisant avec Venise, qui garde le monopole des rapports avec Constantinople. Les villes de l’intérieur, Trévise, Brescia, Crémone, Pavie, bénéficient de la renaissance du grand commerce, dont elles tiennent les routes terrestres. L’industrie apparaît (la soie à Lucques, la laine à Milan). La banque devient une spécialité de la Lombardie (Asti, Chieri, Novare, Plaisance) ou de Sienne, qui gèrent les finances du Saint-Siège. Dès le XIe siècle, la classe des marchands lutte contre l’évêque seigneur de la ville. La cité est administrée par un collège annuel de consuls recrutés chez les petits nobles et les négociants. Seule Venise voit le triomphe d’une aristocratie qui se ferme aux parvenus. Au XIIIe siècle, la guerre civile s’installe dans la majeure partie de l’Italie. Dans chaque ville, deux factions politiques s’affrontent : les gibelins, partisans de l’empereur, et les guelfes, partisans du pape.
Frédéric II appartient à la dynastie souabe des Hohenstaufen, mais il est avant tout italien et se consacre au gouvernement de son royaume de Sicile et à l’unification de l’Italie ; cependant il échouera devant l’hostilité du pape. Le fils naturel de Frédéric II, Manfred, garde la Sicile et, en s’appuyant sur le parti gibelin, prend pied en Toscane. Mais Charles d’Anjou (frère du roi de France Louis IX), appelé par le pape qui espère trouver en lui un vassal dévoué, bat et tue successivement Manfred, en 1266, et le prétendant gibelin Conradin, en 1268, puis soumet la Sicile. Le nouveau roi de Sicile, et le parti guelfe, dominent dès lors Rome et la majeure partie de l’Italie. Les communes et les villes consolident leur indépendance au XIIIe siècle et deviennent des foyers de la culture et de l’économie européennes. Les grands ports de la péninsule sont le siège d’une intense activité marchande. La création de colonies vénitiennes et génoises dans le monde gréco-byzantin permet l’accumulation de richesses à Gênes, Florence, Venise et Milan.
Les luttes politiques entre l’Empire germanique et la papauté ont attisé les rivalités entre, d’un côté, les grands marchands et, de l’autre, le “peuple” qui réclame des places dans les conseils des villes. Ces luttes aboutissent au remplacement du collège des consuls administrant la cité par un podestat qui devient souvent “seigneur” de la ville. Lorsque les podestats arrivent à se constituer une armée de métier, devenant ainsi des condottieri, ils peuvent fonder une véritable dynastie. Au XIVe siècle, chaque cité italienne cherche à agrandir son territoire au détriment de ses voisines et des guerres opposent Pise et Florence, Milan et une ligue de plusieurs cités de Toscane alliées au pape, Gênes et Venise.
La Savoie, qui accroît ses possessions piémontaises, devient un duché en 1416. Grâce au commerce méditerranéen et à l’accumulation de richesses, l’Italie connaît une relative prospérité qui favorise l’essor de l’humanisme et de l’art, riches bourgeois et princes se comportant en mécènes généreux. Les papes du XVe siècle sont également des amateurs éclairés d’art et de belles-lettres. C’est l’heure de la Renaissance. Mais l’Italie, malgré sa richesse, repose sur des bases politiques fragiles ; des ligues se forment et se détruisent, la papauté abandonne sa politique globale en Italie et le Sud reste aux mains de dynasties étrangères. Dans le Nord, malgré la paix de Lodi, signée en 1454 entre le pape, Venise, Florence et Milan, les luttes entre cités oligarchiques et princes continuent.
Au cours des guerres d’Italie (1494-1559), la péninsule devient le champ de bataille où s’affrontent Français avec Charles VIII, qui se fait couronner roi de Naples en 1495, Espagnols sous l’autorité de Maxilimien Ier de Habsbourg, puis Charles Quint. La domination espagnole dure plus d’un siècle. En dépit des guerres, l’Italie, au début du XVIe siècle, continue d’être le foyer d’une intense activité artistique (Michel-Ange) et intellectuelle (Machiavel). Seuls échappent à cette domination Venise, en déclin, et le duché de Savoie. L’influence de la France est plus importante au siècle de Louis XIV, les princes italiens cherchant à secouer la tutelle étroite de l’Espagne. Turin, capitale des ducs de Savoie, est alors dans l’orbite de Versailles. A la fin du XVIe siècle, les grandes découvertes amènent un changement des voies commerciales, ce qui conduit au déclin de Venise et de Gênes, tandis que Florence perd son premier rôle en Europe comme place bancaire. La monarchie espagnole, affaiblie à la mort de Charles II, perd ses possessions italiennes au cours de la guerre de la Succession d’Espagne (1701-1713). Les traités d’Utrecht et de Rastatt attribuent à l’empereur Charles VI de Habsbourg le Milanais, Naples, la Sardaigne et Mantoue. Le duc de Savoie reçoit la Sicile (avec le titre royal), qui sera échangée en 1718-1720 contre la Sardaigne.
Le XVIIIe siècle italien est une période de calme relatif. Un éveil national se prépare, notamment par l’introduction de réformes par des princes éclairés. La maison de Savoie est à la tête de ce mouvement. Mais les grands propriétaires fonciers, bourgeoisie du Centre et du Nord et aristocratie latifundiaire du Mezzogiorno, développent leur puissance, marquant ainsi les limites des réformes. Fin du XVIIIe siècle, dans toute l’Italie, l’Ancien Régime s’effondre et la féodalité est abolie. En février 1798, les Français, qui occupent Rome, proclament la République romaine et, en 1799, la République parthénopéenne sur les Etats continentaux du roi de Naples, qui se réfugie en Sicile. En décembre, le Piémont est annexé à la France après référendum. De retour d’Egypte, Bonaparte, devenu Premier consul, redresse la situation grâce à une campagne de reconquête marquée par la victoire de Marengo sur les Autrichiens, En 1800. La France récupère le Piémont, la Ligurie et la Lombardie. En 1805, la République italienne devient le royaume d’Italie, dont Napoléon, devenu empereur, ceint la couronne. Seules échappent au contrôle français la Sardaigne et la Sicile.
En 1814, la chute de Napoléon entraîne l’effondrement du régime français en Italie et consacre la réorganisation de l’Europe effectuée au profit de l’Autriche. En 1820, une révolution libérale éclate à Naples, en Sicile, des soulèvements populaires se produisent, une insurrection se déroule au Piémont ; les insurgés sont écrasés et la répression s’abat alors sur toute l’Italie. A la tendance révolutionnaire de Jeune-Italie succède une doctrine plus réformiste, le Néoguelfisme, développée par Vincenzo Gioberti en 1843. Elle préconise la création d’une fédération italienne sous la direction du souverain pontife. En 1846, un nouveau pape, Pie IX, de renommée libérale, entreprend des réformes qui le rendent très populaire. Dès janvier 1848, une sanglante émeute anti-autrichienne éclate à Milan. En Sicile, Palerme se soulève après des manifestations à Naples. Dans ce climat, les insurrections de Milan et de Venise obligent les troupes autrichiennes à se retirer dans les quatre places fortes : Mantoue, Peschiera, Legnago et Vérone. Des gouvernements provisoires sont constitués à Venise, Parme, Modène, Reggio et Plaisance. L’armée piémontaise pénètre en Lombardie. En Toscane, le grand-duc doit s’enfuir. Au Piémont, Charles-Albert  entre en campagne, mais son armée est écrasée ; il abdique alors en faveur de son fils, Victor-Emmanuel II. La plupart des villes lombardes déposent les armes, et, dans toute la péninsule, l’ordre ancien est rétabli. Mais le Piémont-Sardaigne s’affirme comme le seul Etat capable de cristalliser les aspirations des Italiens. Victor-Emmanuel II appelle pour présider son premier gouvernement Massimo d’Azeglio et s’engage à rester fidèle à la monarchie constitutionnelle. L’arrivée de Cavour comme président du Conseil, en 1852, prouve que le Piémont s’engage dans une voie nouvelle, qui rallie les milieux d’affaires italiens. Au traité de Turin, en 1860, la France reçoit Nice et la Savoie. La même année, l’expédition des Mille, organisée par Giuseppe Garibaldi avec l’aide occulte de Cavour, permet aux volontaires sardes (les Chemises rouges) d’occuper la Sicile, puis de rentrer à Naples. Garibaldi rencontre Victor-Emmanuel auquel il fait allégeance. Les Deux-Siciles, les Marches et l’Ombrie sont rattachées au royaume de Piémont-Sardaigne. Le premier Parlement italien, réuni à Turin, confère à Victor-Emmanuel et à ses successeurs le titre de roi d’Italie. Il reste à compléter l’unité par l’acquisition de Venise et de Rome, où le pape, sous la protection des troupes françaises, demeure maître.
A la suite du départ des Français, lors de la chute du Second Empire, le général Cadorna prend Rome qui est proclamée capitale du royaume. Seules les provinces de Trente et Trieste restent sous domination autrichienne. La droite au pouvoir depuis 1870 se rend impopulaire, notamment par sa lutte anticléricale et sa politique fiscale. Elle est battue aux élections de 1876, et la gauche, où dominent partisans de Mazzini et de Garibaldi, arrive au pouvoir.
En 1878, Victor-Emmanuel II et le pape Pie IX meurent et sont remplacés par Humbert Ier et Léon XIII. En 1900, Humbert Ier est assassiné par un anarchiste.
Après l’avènement de Victor-Emmanuel III, l’Italie retrouve son équilibre sous l’autorité pratiquement incontestée de Giovanni Giolitti pendant 14 ans et connaît une phase de prospérité. L’industrie se concentre avec le développement de nouveaux secteurs (sidérurgie, mécanique, textile, chimie) et l’électrification partielle du pays. L’agriculture se modernise avec l’introduction de la culture intensive et de productions plus spécialisées. Favorisée par l’apparition d’un courant nationaliste, l’expansion coloniale est reprise. Giolitti se rapproche de la France et annexe en Libye la Tripolitaine et la Cyrénaïque. Si en 1914 l’Italie se déclare neutre, suite à un traité secret conclu entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie, l’Italie déclare la guerre à l’Autriche, puis à l’Allemagne. Au traité de Saint-Germain-en-Laye, en 1919, l’Italie reçoit le Trentin, le Haut-Adige jusqu’au col du Brenner et, au traité de Rapallo avec la Yougoslavie en 1920, Trieste et l’Istrie. Cependant, Fiume (aujourd’hui Rijeka) est érigée en ville libre, et Rome doit en expulser ses occupants. De plus, la côte dalmate, jadis vénitienne, et les possessions allemandes ou turques d’outre-mer échappent à l’Italie. Les Italiens déçus expriment leur rancœur à l’égard des Alliés. La guerre a coûté à l’Italie quelque 500 000 morts et un million de blessés.
Face aux grèves qui se multiplient, les anciens partis politiques italiens sont rapidement dépassés. En 1919, un ancien instituteur devenu journaliste militant socialiste, Benito Mussolini, fonde à Milan un groupement fasciste, les Faisceaux de combat, connus sous le nom de Chemises noires. En 1921, est fondé le parti communiste italien (PCI). Devant les occupations d’usines et la progression des communistes, les grands propriétaires et les industriels accordent des aides financières au mouvement fasciste qui reçoit par ailleurs le soutien des classes moyennes en formation, menacées également par la mobilisation ouvrière dans les campagnes et dans les villes. Aux élections de 1921, 25 fascistes, dont Mussolini, sont élus au Parlement, et, lors de la grève générale de 1922, les fascistes lancent une série d’actions violentes qui brisent le mouvement. Mussolini est chargé par Victor-Emmanuel III de former un gouvernement.
Après deux années à réduire l’opposition, le Premier ministre Mussolini instaure, à partir de 1925, une dictature qui durera jusqu’en 1943. De nombreux opposants émigrent à l’étranger. La presse est muselée, les grèves sont interdites. S’appuyant sur un parti unique (PNF, créé en 1921), sur le culte du chef et l’exaltation nationaliste et corporatiste, le Duce (le “Guide”) met en place un pouvoir qui a l’ambition de transformer le pays et la vie quotidienne des Italiens. L’ensemble de la société est encadrée dans toutes ses activités, au travail aussi bien dans ses loisirs. Le sport comme le cinéma et les rassemblements de masse sont des outils de propagande dans la bataille idéologique. Toute la jeunesse italienne est embrigadée dès l’âge de 6 ans dans des formations de type militaire. L’Etat encourage les familles nombreuses par des aides publiques, tandis qu’il interdit l’émigration. De 1929 à 1945, le pays voit sa population passer de 38 millions à 45 millions d’habitants. Cette politique dirigiste se traduit également par un effort particulier en matière de grands travaux (autoroutes, assèchement des zones marécageuses transformées en terres agricoles) qui suscitent l’adhésion de la population. En 1937, après s’être alliée avec Adolphe Hitler (axe Rome-Berlin, 1er novembre 1936), l’Italie de Mussolini apporte son soutien militaire à Francisco Franco en Espagne. Elle occupe l’Albanie en 1939.
L’Italie n'entre en guerre cependant contre la France que le 10 juin 1940. L’opération italienne contre la Grèce échoue en 1940. En Russie, après la bataille de Stalingrad (septembre 1942 - février 1943), les contingents italiens effectuent une retraite vers la Roumanie. En juillet 1943, l’armée italienne est incapable de résister au débarquement anglo-américain en Sicile. Mussolini est arrêté en 1943, sur ordre du roi Victor-Emmanuel III, et le gouvernement signe un armistice avec les Alliés. Mais les Allemands résistent et le roi doit quitter Rome avec ses ministres. Mussolini, libéré par les Allemands, proclame la République sociale italienne, satellite de l’Allemagne qui se livre à une sanglante répression contre la Résistance. La ligne de défense établie par les Allemands entre Pise et Rimini – qui coupe en deux le pays – est enfoncée par les Alliés en avril 1945, tandis que les partisans imposent aux Allemands une capitulation signée le 29 avril. La veille, Mussolini a été exécuté.
Les forces politiques en présence en Italie au lendemain de la guerre ont en commun leur opposition au fascisme, mais divergent sur la mise en œuvre du système politique. La Démocratie chrétienne s’affirme comme la principale force de gouvernement. Les élections constituantes de juin 1946 confirment la prédominance de DC, du parti communiste italien (PCI) et du parti socialiste italien (PSI). Le 2 juin, les Italiens se prononcent par référendum pour la république. La Constitution, qui entre en vigueur le 1er janvier 1948, est largement inspirée par la Démocratie chrétienne, qui y introduit sa conception de l’autonomie locale et de la décentralisation des pouvoirs. Durement touchée par la guerre, l’Italie doit se tourner vers l’étranger pour se lancer dans une politique de reconstruction, notamment avec l’aide des crédits américains fournis par le plan Marshall. Parallèlement, l’Italie doit accepter en 1947 un traité de paix aux conditions particulièrement dures : cession à la Grèce du Dodécanèse et à la Yougoslavie de Zara, de l’île de Pelagosa et de l’Istrie, sauf Trieste, confiée à l’ONU. Le Haut-Adige devient région autonome, et les frontières franco-italiennes sont rectifiées. L’Italie abandonne tous ses territoires d’outre-mer (Ethiopie, Erythrée, Somalie, Libye).
Les élections de juin 1953 marquent la fin de l’ère De Gasperi. Se succèdent alors des formations diversement orientées. Dans les années 1960, la situation sociale se dégrade. La hausse des loyers, des tarifs de chemin de fer et des impôts au début de 1963 déclenche des grèves massives. Les élections sont marquées par une forte progression du PCI. En 1964, une série de mesures d’austérité est décidée pour faire face à la crise économique et financière. Le deuxième cabinet Moro doit adopter un plan de stabilisation. En outre, la coalition souffre de l’opposition sourde de l’aile gauche des socialistes. La stabilité gouvernementale est remise en question par les élections générales de 1968 : le parti socialiste unifié n’obtient que 91 sièges, l’ensemble de la droite recule, tandis que l’extrême gauche connaît un succès notable. La violence politique, apparue au lendemain des grandes grèves de 1969, se poursuit ; des groupes armés révolutionnaires (Brigades rouges, Noyaux armés prolétariens) et les autonomes relaient le terrorisme fasciste. En 1978, le président de DC, Aldo Moro, est enlevé, puis assassiné. La situation économique se détériore, tandis que le terrorisme fait de nombreux morts. En outre, le gouvernement doit affronter une nouvelle vague de revendications syndicales dans un climat lourd de défiance à la suite de la révélation de nombreux scandales touchant les milieux officiels. Après un nouvel attentat de l’extrême droite en 1980, en gare de Bologne (85 morts), un tremblement de terre fait plus de 3 000 morts et quelque 300 000 sinistrés en Italie du Sud, provoquant une crise politique. A partir de 1981, le nouveau gouvernement Forlani lutte contre le terrorisme et mène une politique d’austérité, mais les divergences entre les ministres socialistes et démocrates-chrétiens paralysent son action. Bettino Craxi forme en 1983 le premier gouvernement italien à direction socialiste, avec toutefois une majorité de ministres démocrates-chrétiens. Le gouvernement Craxi parvient, malgré l’opposition des communistes, à engager un certain nombre de réformes destinées à lutter contre l’inflation, notamment la suppression de l’échelle mobile des salaires. Mais si l’économie italienne connaît une certaine reprise, la balance commerciale continue à se dégrader, et la lire, à se déprécier. Au début des années 1990, la scène politique italienne semble solidement contrôlée par la DC et le parti socialiste de Craxi. Mais trois facteurs vont bouleverser le paysage politique italien : l’effondrement du bloc soviétique, l’opération “Mains propres” et le traité de Maastricht. Cette période est marquée par la crise de plus en plus profonde qui touche l’Etat italien. Des réformes institutionnelles s’imposent, mais les partis n’arrivent pas à se mettre d’accord pour les introduire. L’Etat se trouve également confronté au développement du crime organisé (à Naples, en Sicile et dans les Pouilles), qu’il ne parvient pas à enrayer. En 1992, les juges anti-Mafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino sont assassinés à Palerme. Ces assassinats témoignent de l’impossibilité pour l’Etat de contrôler une partie du territoire national et du dysfonctionnement de l’administration publique. L’Italie entre dans une phase de grande fragilité, dans laquelle les gouvernements se succèdent à un rythme rapide, tandis que beaucoup de dirigeants politiques et d’entrepreneurs sont accusés de corruption et emprisonnés.
L’homme d’affaires Silvio Berlusconi se présente devant le pays à la tête du mouvement de centre droit qu’il vient de créer, Forza Italia ; il s’allie avec des dissidents de l’ex-DC (qui a repris le nom de Parti populaire italien) et avec Alliance nationale (issue du MSI, néofasciste). Les résultats électoraux permettent à cette coalition de centre droit de former un gouvernement dirigé par Berlusconi. Mais, affaiblie par des dissensions internes, cette coalition doit céder la place, en janvier 1995, à un gouvernement de transition, composé de techniciens et dirigé par le libéral modéré Lamberto Dini. Celui-ci engage un programme de réformes avant d’être bientôt contraint de démissionner, faute de pouvoir s’appuyer sur une majorité suffisante. Un gouvernement de centre gauche est constitué en 2000 par Amato. Mais cette fragile coalition doit aussitôt faire face aux attaques répétées de l’opposition, qui réclame des élections anticipées. Divisé et incapable de se renouveler, le centre gauche assiste avec impuissance au retour de Berlusconi. Ce dernier a entamé sa reconquête du pouvoir dès le milieu des années 1990, après son premier et bref passage à la tête du gouvernement (avril-décembre 1994), conclu par une sortie peu glorieuse sous la pression des enquêtes judiciaires. Pendant quatre années, le magnat de la communication s’est employé à transformer son mouvement Forza Italia en un véritable parti. Désormais chef de file de l’opposition, il Cavaliere constitue, au sein du Pôle des libertés (devenu en 2000, la Maison des libertés), une alliance regroupant, outre Forza Italia, l’Alliance nationale de Gioanfranco Fini, mais également la Ligue du Nord d’Umberto Bossi, élément très controversé en raison de ses positions xénophobes et sécessionnistes. La Maison des libertés remporte les élections législatives de 2001, s’assurant la majorité absolue tant à la Chambre des députés qu’au Sénat. Ces élections font apparaître une bipolarisation de la scène politique italienne, les grands partis se consolidant au sein des deux coalitions, au détriment des petits partis charnières.
Formé en 2001 après de longues tractations, le gouvernement Berlusconi est, à l’image de sa coalition, l’un des plus à droite que la péninsule ait connus depuis l’avènement de la République en 1946. Sous la houlette du Cavaliere, qui s’engage à changer l’Italie, le gouvernement s’emploie avec zèle à élaborer une série de mesures, essentiellement destinées à servir les intérêts privés de Berlusconi et de ses proches. Largement controversées, ces lois poussent dans la rue en 2002 les girotondi (rondes citoyennes) qui dénoncent le “gouvernement de l’illégalité”. Dans la lutte contre le terrorisme, l’Italie, à l'instar de toute l’Union eurpéenne, se place aux côtés des Etats-Unis. D’incessantes polémiques agitent la coalition gouvernementale et paralysent son action. Tiraillée entre les exigences contradictoires de ses partenaires – notamment sur le projet de fédéralisme soutenu par la Ligue du Nord mais contesté par l’Alliance nationale et les centristes de l’Union des démocrates-chrétiens et du Centre –, la majorité de Berlusconi échoue ou tarde à faire adopter les réformes promises : ainsi la réforme de la fiscalité se réduit à une baisse des impôts de 6,5 milliards d'euros pour 2005 arrachée au prix d’infinies tractations qui ont mis en péril la coalition ; l’application de la réforme du régime des retraites, vivement contestée, est différée à 2008. Après avoir essuyé une série de revers électoraux aux élections locales partielles de mai-juin 2003 puis aux élections européennes et locales de juin 2004, la coalition enregistre une cuisante défaite lors des régionales partielles d’avril 2005. Poussé à la démission (avril 2005), Berlusconi forme un nouveau gouvernement au sein duquel Forza Italia se voit renforcé. Toutefois, l’avenir du gouvernement-bis à peine formé est obscurci par une crise économique qui frappe durement l’Italie. Dans la perspective des élections législatives de 2006, Berlusconi s’autoproclame candidat unique du centre droit à sa propre succession. En décembre, il fait modifier la loi électorale – qui revient au scrutin proportionnel avec une prime accordant la majorité absolue de sièges à la coalition gagnante – et conclut, à deux mois de l’échéance, une alliance électorale avec le mouvement Alternative sociale, fondé en 2004 par la petite-fille du Duce, Alessandra Mussolini. Tout au long de sa campagne électorale, comme durant son mandat, il Cavaliere n'a de cesse d’attiser les divisions au sein de la société italienne, jouant sur les peurs multiples (précarité, délinquance, immigration, augmentation de la fiscalité) de ses concitoyens et réactivant la méfiance envers la gauche. Evitant la déroute que lui prédisaient les sondages, sa coalition de centre droit, la Maison des Libertés, parvient au seuil de la victoire, qui lui échappe de justesse ; l’Union, la coalition de centre gauche rassemblée autour de L’Olivier et emmenée par Romano Prodi, obtient la prime prévue pour la coalition gagnante et dispose d’une confortable majorité à la Chambre des députés. Conforté par les résultats de Forza Italia, qui demeure le premier parti italien, Berlusconi refuse dans un premier temps de reconnaître sa défaite et exige un nouveau décompte des voix. Le 19 avril, la Cour de cassation confirme la victoire – aussi étroite soit-elle – de l’Union. L’Union, rassemblée autour de L’Olivier de Prodi, est une coalition de neuf partis, hétéroclite et divisée, uniquement liée par la volonté d’empêcher le retour de Berlusconi. Elle parvient à maintenir une politique budgétaire de rigueur qui satisfait aux critères européens du pacte de stabilité, à mettre en œuvre plusieurs réformes libérales et à créer, malgré l’opposition du Vatican et des centristes, les dico (droits et devoirs des personnes vivant ensemble). Sur le plan extérieur, Prodi affirme vouloir replacer l’Italie au centre de l’Europe. A l’automne 2007, tandis que le gouvernement Prodi tente de sauver sa fragile coalition, on assiste à une recomposition des forces politiques. Au centre gauche, sous la direction de Veltroni, le maire de Rome, à la suite de la fusion des Démocrates de gauche (DS) et de La Marguerite (issue en 2002 de L’Olivier autour de Rutelli) naît le parti démocrate (PD), tandis qu’au centre droit, Berlusconi annonce la création du Peuple de la Liberté (PDL), issu du regroupement de son mouvement Forza Italia, d’Alliance nationale, et de divers groupes démocrates-chrétiens, libéraux et centristes, ces forces étant destinées également à se fondre dans un nouveau parti. Enfin, Refondation communiste, les Verts, le parti des Communistes italiens et la Gauche démocratique s’allient de leur côté dans La Gauche-L’Arc-en-ciel.
Malgré la rapidité de ces réalignements, les élections de 2008 sont marquées d’emblée par une simplification des clivages politiques. Le PD veut désormais se passer de l’alliance avec la gauche communiste et les écologistes pour se présenter comme la seule alternative crédible à Berlusconi. Au terme d’une campagne électorale sans éclat mais apaisée, Berlusconi et le Peuple de la Liberté l’emportent largement. Cette victoire sans appel est amplifiée à l’issue du second tour des élections municipales et provinciales partielles, avec, en particulier, l’élection retentissante à la mairie de Rome de Gianni Alemanno, candidat du Peuple de la Liberté.
Issu du parti communiste, Veltroni a résolument opté pour un recentrage de la gauche italienne, mais il n’a probablement pas eu le temps nécessaire pour convaincre. Toutefois, dans cette lente transition vers une IIe République tant attendue, des questions essentielles demeurent irrésolues. Les deux camps, qui ont désormais l’ambition de se restructurer autour de deux grands partis, doivent concilier des traditions politiques et idéologiques divergentes, voire opposées – catholiques et laïques, centralisatrices et régionalistes, libérales et nationalistes.

Dans les mois qui suivent sa formation, prônant une accélération et une simplification du travail législatif recourant largement à cet effet au décret-loi, le quatrième gouvernement Berlusconi prend un certain nombre de mesures d’urgence. Parmi les domaines prioritaires figurent en bonne place la sécurité publique et le contrôle de l’immigration tandis qu’au plan économique les restrictions budgétaires s’accompagnent d’une “rationalisation” de l’administration publique. Confronté à la crise financière et économique internationale, le gouvernement doit pourtant réévaluer ses dépenses à la hausse, creusant davantage le déficit budgétaire et aggravant la dette publique. Face à ce champion de la politique-spectacle et au Peuple de la Liberté – qui fusionne en mars 2009 avec l’Alliance nationale du président de la Chambre Gianfranco Fini –, l’opposition de centre gauche ne parvient toujours pas à se relever de sa défaite de 2008.
L’image de Silvio Berlusconi semble aussi se ternir auprès de son électorat le plus conservateur et les relations avec l’Eglise catholique se tendent. Mais, pour déjouer un hypothétique déclin et dans l’attente des élections régionales de 2010, le président du Conseil use de ses armes favorites. En 2010, à l’issue des élections dans 13 des 20 régions du pays – marquées par une assez forte abstention – la Ligue du Nord d’Umberto Bossi fait une percée sans précédent en Vénétie, en Lombardie et au Piémont. A l’échelle nationale, l’écart global entre le centre gauche et le centre droit se resserre. Le gouvernement du Cavaliere est désormais très fragilisé. Alors que Berlusconi doit de nouveau affronter la justice (pour une affaire de mœurs), les élections municipales et provinciales partielles de 2011 constituent un sérieux revers pour le président du Conseil. En juin, le Premier ministre est également désavoué à l’occasion de quatre référendums abrogatifs d’initiative populaire qui atteignent tous le quorum nécessaire pour être validés : près de 55 % des inscrits se rendent ainsi aux urnes, et rejettent massivement plusieurs textes législatifs sur la privatisation et le tarif de l’eau, la construction de centrales nucléaires et le “légitime empêchement” permettant aux ministres de ne pas comparaître devant la justice. Reconnaissant la défaite mais rejetant avec son assurance habituelle les appels à sa démission en provenance de l’opposition, le Cavaliere semble désormais fortement déstabilisé. Prise à son tour dans la tourmente de la crise des dettes souveraines, l’Italie est placée sous la pression des marchés. Face à cette défiance croissante quant à la solvabilité et la gouvernabilité du pays, Berlusconi, sommé par ses partenaires européens de faire adopter de nouvelles mesures d’austérité et de relance et ne pouvant désormais plus compter sur une majorité absolue au parlement, se résigne à démissionner. Nommé président du Conseil, l’économiste Mario Monti forme un gouvernement resserré, composé exclusivement d’experts dans leurs responsabilités ministérielles respectives. Dès le mois de décembre, un premier train de mesures d’urgence est adopté : baptisé Salva Italia, le programme a pour ambition de rétablir un quasi-équilibre des finances publiques dès 2013, réparti entre baisse des dépenses, augmentation des recettes et appui à la croissance.
Au plan intérieur, la politique menée est acceptée – avec résignation pour certains –, par une grande partie des Italiens et reçoit l’appui des partis politiques majoritaires. Un nouveau mouvement populiste, le Mouvement Cinq étoiles (M5S) mené par le comique Beppe Grillo, a fait irruption dans la vie politique. Le retour sur la scène politique de Berlusconi et la décision du PDL de retirer son soutien au gouvernement entraînent finalement la démission de Mario Monti, qui décide de s’engager dans la bataille électorale à la tête d’une coalition de petits partis centristes, catholiques et libéraux. Son gouvernement continue d’expédier les affaires courantes dans l’attente du scrutin.
Les élections anticipées de 2013 se soldent par le succès retentissant du M5S de Beppe Grillo. Axant son discours sur un rejet de la “partitocratie” et de ses compromissions, mais aussi de l’UE, de ses “diktats” et des mesures d’austérité, prônant une démocratie citoyenne participative, son mouvement parvient à capter des voix en provenance de la gauche et de l’extrême gauche ainsi que de la droite. L’autre surprise de ce scrutin historique est la résistance notable du PDL et de Silvio Berlusconi qui, malgré les diverses procédures judiciaires engagées contre lui, refait surface, s’affichant comme la victime d’une persécution politique.
Dans cette situation de blocage où les trois grandes forces politiques se neutralisent mutuellement, les discussions pour former une coalition s’avèrent infructueuses et une majorité claire ne peut être dégagée. Chargé de former le gouvernement, Pier Luigi Bersani se heurte notamment à l’intransigeance du M5S et finit par renoncer puis par démissionner de la direction du PD, alors que ce dernier se déchire à l’occasion de l’élection par les grands électeurs du président de la République dont le mandat est arrivé à son terme. Faute d’une majorité pour les différents candidats, ce n’est qu’au sixième tour de scrutin que le président sortant Giorgio Napolitano, seule personnalité consensuelle, accepte de se représenter pour tenter de sortir le pays de la crise institutionnelle et reçoit un large soutien.
Enrico Letta, numéro 2 du PD et issu de la gauche démocrate-chrétienne, parvient alors à former un gouvernement de coalition. Il est cependant évincé par Matteo Renzi, qui parvient à le remplacer en 2014. Un gouvernement de coalition similaire au précédent est alors formé. La flexibilisation du marché du travail, la diminution de la pression fiscale et la réduction de la dépense publique sont parmi les principaux objectifs du gouvernement sur le plan économique, tandis que l’abolition du pouvoir exorbitant du Sénat est au cœur de la réforme institutionnelle. Deux ans après son intronisation, le gouvernement Renzi présente un bilan en demi-teinte. Dans un contexte de timide reprise économique (1 % après trois ans de récession), les élections municipales partielles de 2016, marquées par la présence de nombreuses listes civiques locales, se soldent par une percée de ces dernières et du Mouvement 5 étoiles qui remporte notamment les mairies de Rome et de Turin.

Bon à savoir

Informations pratiques

Le café italien est réputé. Lequel choisir ?
Le caffè est la boisson nationale. Les Italiens en boivent toute la journée. En Italie, le café ne représente pas plus que le fond de votre tasse ! Demandez un caffè lungo pour avoir celui qui ressemble le plus au café français. Les Italiens, eux, le boivent ristretto (serré). Quant à ceux qui l’aiment avec une touche de lait, demandez un machiatto ou un capuccino avec de la mousse de lait. Sachez que pour obtenir votre café, il faut parfois d’abord le payer à la caisse, puis le récupérer au comptoir avec le ticket reçu en échange du règlement.
 
A goûter absolument
— En Toscane, les bruschette (tranche de pain avec tomate grillée au four), les cantucci, les vins gallo nero.
— Dans le Sud italien, les arancini, les salades de poulpes marinés à l’huile d’olive et au citron, les canolli et le célèbre limoncello (liqueur de citron).
— Quelques spécialités du golfe de Gênes : le pesto (basilic, sésame, olive et ail) ; de Rome : carciofi alla giudea (artichauts à la juive), caponata di melanzana (ratatouille acidulée). Sans oublier les tomates et les salades romaines, les fromages italiens, les produits de la mer et la charcuterie.
Retenir que les Italiens se targuent d’avoir la meilleure cuisine du monde !

Une histoire de pizza
Le mot pizza apparaît en 997, désignant une galette. C’est à Naples, au XVIe siècle, que son sens actuel sort du four. La pizza (au pluriel pizze) était alors liée au travail du boulanger et permettait de s’assurer de la bonne température du foyer. La bianca, la blanche, enduite de crème ou de saindoux, fait place, à partir du XVIIIe siècle, à la rossa, la rouge, nappée de sauce tomate. En juin 1889, pour honorer la reine Marguerite de Savoie, le pizzaiolo Raffaele Esposito, de l’illustre pizzeria Pietro e Basta Così, à Naples (actuellement pizzeria Brandi), élabora une pizza aux couleurs du récent drapeau de l’Italie unifiée, vert, blanc, rouge : basilic frais, fromage de mozzarella, tomates. Ce plat, la pizza Margherita, devint l’un des préférés de la reine, assurant ainsi la popularité des pizze auprès des Italiens.

Peut-on se baigner facilement en Italie ?
La baignade éventuelle, en mer ou dans les lacs, est possible en activité libre, sous votre propre responsabilité. Une surveillance professionnelle est mise en place sur certaines plages publiques. Au printemps, la fraîcheur de l’eau limite le bain de mer, tandis que, dès l’été, c’est un réel plaisir qu’il est possible de pratiquer jusqu’en automne.

Electricité
Tension électrique : 220 V, 50 Hz. Les prises sont de type français.

Que doivent prévoir les amateurs de photos ?

Pour les appareils numériques, prévoyez une autonomie suffisante, car il n’est pas toujours possible de recharger les batteries, notamment dans les refuges d’altitude.

Comment se faire comprendre ?
La langue n’est pas un souci, en Italie. Les guides Allibert, quand ils ne sont pas parfaitement polyglottes, ont des notions de la langue du pays qui leur permettent de s’adapter à toutes les situations.

Quelques mots utiles
Apprendre quelques mots clés vous permettra de gagner le respect de vos interlocuteurs et de rendre plus agréables vos échanges avec les Italiens. Alors n’hésitez pas à utiliser les expressions suivantes :
Bonjour : salve. Bonsoir : buona sera. Au revoir : ciao (prononcer “tchao”).
Excusez-moi : scusi.
S’il vous plaît : per favore. Merci : grazie (prononcer “gratcié”).
Oui : si. Non : no.
Je vous en prie : prego.
Comment vas-tu ? : come stai ?
Eau : acqua.
Vous pouvez demander à votre guide comment les prononcer, votre voyage n’en sera que plus riche. Et puis souriez, c’est souvent le meilleur moyen d’avoir de bons contacts ! 

Bibliographie

Sites Internet
http://fr.wikipedia.org/wiki/Italie.
http://www.routard.com/guide/code_dest/italie.htm.
 
Guides, essais, littérature
Civilisation des villas toscanes, Carlo Cresti et Massimo Listri, éditions Place des Victoires.
Histoire de l’Italie, Pierre Milza, éditions Fayard.
L’Art à Milan, Enrica Ballarè, éditions Hazan.
L’Art dans les grands musées de Florence, Anna Mazzanti, éditions Hazan.
La Divine Comédie, Dante Alighieri, éditions Flammarion.
Les Etrusques, Dominique Briquel, collection Que sais-je ?, éditions PUF.
L’Histoire de l’Adriatique, Pierre Cabanes, préface de Jacques Le Goff, éditions du Seuil.
La Renaissance à Florence, Richard Turner, éditions Flammarion.
Les Villes d’Italie (vers 1150-vers 1340), Patrick Boucheron, éditions Belin.
Palais de Florence et de Toscane, Carlo Cresti, Claudio Rendina, Massimo Listri, éditions Place des Victoires.
Sienne et le sud de la Toscane, Damien Wigny, La Renaissance du Livre.
Sicile, Melo Minnella, Giovanni Francesio et Enzo Russo, Citadelles et Mazenod.
Villas sur les lacs italiens, Elisabeth Helman-Minchilli, Simon McBride et Denis-Armand Canal, éditions Place des Victoires.
Voyage archéologique en Italie, Furio Durando, éditions Gründ.

Tourisme responsable

Une histoire de passion

— Dans les Alpes
L’association Sentiers croisés rassemble des professionnels du trekking et de la randonnée. Unis par les valeurs du tourisme responsable, par une passion commune de notre métier et de la nature, nous avons choisi de créer et de produire ensemble certains circuits, dont ceux que nous vous proposons dans les Alpes italiennes.
Réseau, dont un relais est implanté au cœur du pays, Sentiers croisés nous permet, par des échanges continus d’informations, un travail collectif et la mise en commun de moyens, d’assurer votre entière satisfaction.

— Ailleurs en Italie
C’est Bellodissea et Alexandre qui concoctent tous les circuits. Ils ont toujours à cœur de découvrir de nouveaux itinéraires, chaque fois plus originaux et moins fréquentés, et de vous faire apprécier de façon authentique l’art de vivre italien... et aussi la cuisine. Fins gourmets, ils n’ignorent pas l’importance de la gastronomie dans la découverte d’un pays, c’est particulièrement vrai pour l’Italie ! Loin de faire l’impasse sur les sites majeurs, nos circuits empruntent des itinéraires plus intimistes, pour aborder les régions convoitées et incontournables.

Le respect des us et coutumes

Les coutumes ont une place très importante et rythment la vie et le quotidien des Italiens. La famille joue un rôle primordial. Les fêtes, qu'elles soient religieuse ou profane (comme le carnaval), sont très nombreuses.

Voici quelques conseils lorsque vous voyagez en Italie
— Respectez l'espace personnel de vos hôtes, adaptez-vous aux usages de la culture locale.
— Photographier des personnes repose sur un échange, assurez-vous de leur accord.
— Respectez les lieux de culte que vous visitez, portez une tenue vestimentaire adaptée et acceptez de ne pas y pénétrer lorsque cela est interdit ou lors de certaines cérémonies.

Ces précautions favorisent les échanges.

La préservation de l'environnement


La faune
Au nord, vivent sangliers, chevreuils, blaireaux, lapins sauvages et lièvres, chamois, bouquetins, mouflons et marmottes, ainsi que de nombreux oiseaux, dont le milan, le faucon pêcheur et diverses espèces de hérons. Les cours d’eau lombards sont peuplés  de truites, anguilles, tanches, esturgeons, brochets.
Au sud, on trouve de nombreux oiseaux migrateurs et marins comme la mouette, les oies et les canards sauvages, mais aussi des rossignols, des hérons, des rapaces (faucon des marais, milan), des hérissons et d’imposants porcs-épics ; les fouines, loirs, blaireaux, putois, belettes et renards sont assez courants. Le loup est présent en Campanie et dans les Abruzzes, qui abritent aussi des ours et des cerfs. La Basilicate abrite une espèce rare de cigogne noire, tandis qu’on peut apercevoir des dauphins au large des côtes calabraises.

La flore
Aujourd’hui, un peu plus d’un cinquième du territoire est recouvert de forêt.
Dans les Alpes, les conifères (mélèzes, sapins, pins sylvestres) succèdent aux hêtres, chênes, châtaigniers au fur et à mesure que l’on prend de l’altitude ; puis au-dessus de 2 500 mètres, ce sont les zones d’alpages. Palmiers et cyprès bordent les grands lacs du nord. Au sud, la végétation devient méditerranéenne avec les chênes verts, chênes-lièges, pins parasols, eucalyptus, cactus,  la garrigue et le maquis. Les pentes des Apennins sont cultivées de vigne, oliviers et amandiers, avant de laisser la place aux des forêts de hêtres. Agrumes et vignes sont cultivés en Sicile et en Sardaigne.
 
Pour conserver ce patrimoine naturel d'exception :
— Respectez la réglementation en vigueur dans les parcs régionaux et nationaux.
— Evitez de rapporter des souvenirs qui font partie du patrimoine naturel et de prélever des objets archéologiques ou culturels à valeur historique.
— N'approchez pas la faune de trop près ; il ne faut pas oublier que nous sommes seulement invités dans son propre territoire. Lire notre conseil de guide "La faune de montagne" > ( https://www.allibert-trekking.com/197-respect-faune-montagne
— Pensez toujours à ramasser vos papiers, mouchoirs, mégots, etc.  
— Evitez de laisser les déchets difficile à recycler (tels piles, lingettes, plastiques) dans les zones rurales ou les petits villages qui ne disposent pas de filière de recyclage. Rapportez-les dans les grandes villes ou ramenez- les avec vous.
— Dans le cadre d'une démarche responsable, évitez l'achat de bouteilles en plastique. Nous vous conseillons de prévoir une gourde personnelle que vous pourrez remplir.
— Lorsque vous disposez d'une climatisation individuelle, nous vous recommandons de l'arrêter systématiquement lorsque vous quittez la chambre, pour éviter une surconsommation énergétique.
— Si vous dormez en refuge, consultez notre conseil de guide sur les règles de vie dans les refuges : https://www.allibert-trekking.com/199-regles-refuges

Nous vous invitons par ailleurs à télécharger la charte éthique du voyageur :
https://www.allibert-trekking.com/231-agir-pour-un-tourisme-responsable.

Comment réduire votre empreinte

Comment réduire votre empreinte carbone ?
Vous pouvez participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre en versant le montant de la compensation des émissions de CO2 liées à votre vol sur le site du GERES : http://www.co2solidaire.org/fr/component/hob_co2/?view=calculateur.
A titre d'exemple, voici le montant de la compensation pour un vol aller et retour vers l'Italie : Paris - Catane, 22 € ; Paris - Venise, 10 € ; Paris - Naples, 16 € ; Paris - Palerme, 18 € ; Paris - Rome, 13 €.