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La montagne

Quelle que soit l’activité pratiquée (alpinisme, trek, balade à pied, à raquette ou à ski...), “être” en montagne répond à une envie de nature. Simple contemplation ou dépassement de soi ? Seul ou avec des compagnons ? Peu importe. Instants uniques qui se mesurent sur une échelle émotionnelle intense et forte. Instants éphémères au regard des millions d’années des temps géologiques et tectoniques qu’il aura fallu pour édifier cette montagne.
photo montagne chine lac

La naissance des reliefs ou l’orogénèse des montagnes

Relief isolé ou faisant partie d’un ensemble – un massif montagneux – de petite taille ou d’altitude vertigineuse, les montagnes sont le fruit des lents mouvements tectoniques de la croûte terrestre, dans laquelle elles puisent leurs racines :

  • Quand une plaque océanique passe sous une autre plaque (océanique ou continentale), on parle d’une zone de subduction. Les Andes, les montagnes Rocheuses, subissent cette poussée.
  • Une zone de collision entre deux plaques continentales engendre elle aussi des massifs montagneux : c’est le cas des Alpes, du Caucase et de l’Himalaya...
  • Ailleurs, le contrecoup de ces collisions produit un massif intracontinental. L’Atlas de l’Afrique du Nord en est un bel exemple.
  • Lorsque la plaque se “déchire”, des montagnes peuvent se former en bordure de la cassure. C’est le cas autour du rift africain.
  • Enfin, les volcans construisent leur propre relief par une montée du magma durant les éruptions. L’exemple le plus proche de nous étant la chaîne des Puys du Massif central.

La croissance des montagnes

De nos jours, les plaques lithosphériques continuent à s’entrechoquer. Et l’on peut mesurer la croissance des montagnes. Elle est de l’ordre de quelques millimètres par an ; environ dix millimètres pour l’Himalaya ; un ou deux millimètres pour les Alpes. Le Nanga Parbat, au Pakistan, se soulève particulièrement rapidement (près de un centimètre par an). Ces “poussées” ne sont pas toujours régulières : elles se font généralement par à-coups.

Montagnes éternelles ?

Aussitôt formées, les montagnes sont assaillies par l’érosion qui les modèle, les transforme, les rabote... L’érosion est d’autant plus active que la montagne est haute. Les glaciers, la neige, l’eau, le vent, le gel sont les principaux sculpteurs des reliefs de nos paysages.
Fractures, glissements, éboulements... Les montagnes vivent et disparaîtront dans un futur géologique abyssal.

Le monde des hauteurs

Heureusement pour nous trekkeurs avides de découverte, d’exploit ou de contemplation, la montagne ne peut se réduire à une définition géologique. La montagne peut être ici une frontière naturelle entre des ethnies, là un lieu d’exil pour les hommes.

Là-haut, il y a des mythes et des légendes : l’arche de Noé à l’Ararat, les sanctuaires des dieux à l’Olympe, le yéti du Tibet, le dahu des Alpes, les sorcières du mont Chauve en Ukraine, les génies des monts Hombori au Mali, les ermites du mont Fuji...
Là-haut, il y a des cultivateurs, des bûcherons, des éleveurs, des alpinistes... des hommes qui vivent de l’agriculture, du tourisme, et même de certaines industries.
Là-haut, la faune et la flore usent de stratagèmes afin de s’adapter à l’altitude, à la déclivité et au froid, laissant les scientifiques pantois devant une espèce endémique.
Là-haut, il y a le plaisir d’être au cœur de la nature et de partager un instant une aventure et une émotion avec ses compagnons.

Zéro absolu

Altitude de référence de toutes les montagnes du monde, le zéro absolu du marégraphe à Marseille est la référence mondiale de calcul de la hauteur de toutes les montagnes de la planète.
Le mont Everest –  8 848 mètres – remporte la palme : toit du monde.
Mais si l’on prend le socle comme référence d’altitude, c’est le Mauna Kea, à Hawaii (4207 m), qui obtient le prix, car il cache dans les flots de l’océan Pacifique plus de 5 000 mètres, soit une valeur absolue de 9 170 mètres de hauteur.
Et si notre base de calcul était le centre de la Terre ? La plus haute serait le Chimborazo (6268 m), dans les Andes équatoriennes, car la forme elliptique de la Terre ajouterait les 21 kilomètres de rayon à cet endroit !

La neige

Longtemps considérés comme de redoutables adversaires par les populations montagnardes, le froid et la neige, de la chute des feuilles aux premières pousses, isolaient chaque village du reste du monde, enfermaient les hommes dans la pièce commune que réchauffait le bétail.

On attendait alors patiemment, en se nourrissant de pain noir, de polenta, de chapati… la venue du printemps, que l’on tentait d’accélérer en épandant les cendres et le fumier sur le manteau neigeux.

A raquettes, en traîneau à chiens, en ski nordique ou de randonnée, ou même en crampons-piolets, l’hiver nous invite à retrouver le rythme d’une nature ralentie par le froid, loin des mines d’or blanc où l’on oublie trop souvent la peur des avalanches, le respect des paysages, de la faune, mais aussi la solidarité montagnarde.