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Prévoir le mauvais temps sans météo

Avec un minimum de connaissances, il est possible de prévoir l'arrivée du mauvais temps. Le plus souvent, il est en effet généré par deux phénomènes prévisibles : le développement d’un cumulonimbus isolé ou le passage d’un front froid.
meteo montagne

Les cumulonimbus isolés

L’air froid des basses couches, réchauffé, s’élève comme une montgolfière. Plus le réchauffement est important et plus les couches supérieures sont froides, plus vite monte la “montgolfière” ! On parle alors d’air instable. Dans le cas d’air humide et très instable, un nuage cumuliforme (en forme de chou-fleur) apparaît dès que l’altitude de condensation est atteinte.
Si cet air chaud continue à monter, des grains de glace se forment. Alors que la base et le corps du nuage reste boursouflés, le sommet du nuage se transforme, s’étale en prenant, sous l’influence du vent d’altitude, un aspect lisse, filamenteux, d’un blanc éclatant. Il s’agit d’un cumulonimbus, le cauchemar des alpinistes et des aviateurs. Générateur de violents orages, de grêle, son extension verticale atteint, en été, jusqu’à 10 000 mètres (15 000 mètres, au niveau de l’équateur, là où l’atmosphère est plus épaisse). En son sein règnent des courants ascendants et descendants pouvant atteindre 100 km/h !

La venue de cumulonimbus est assez facile à détecter. Si, à partir de 8-9 heures solaires (10-11 heures en France, l’été), de petits cumulus commencent à se former, la prudence s’impose. Si, bientôt, ces nuages ont tendance à s’agglomérer et surtout à se développer verticalement, en forme de tours (on parle de forme castellanus), c’est le signe d’une instabilité forte en altitude. A l’inverse, les cumulus à faible développement vertical ne sont guère à craindre.
L’après-midi, ces tours deviennent de véritables forteresses au développement incessant, dont la base noircit fortement. Nous sommes au stade congestus : il est grand temps de descendre au refuge ou en vallée, si le nuage est à la verticale ou à proximité. Enfin, le stade cumulonimbus est atteint lorsque le sommet du nuage atteint le stade glaciaire avec son lot de rafales de grêle, d’éclairs… Trop tard pour descendre, il faut trouver un abri !

Le cummulonimbus

Souvent spectaculaire, le roi des nuages s’étend sur les trois étages atmosphériques, inférieur, moyen, supérieur, et s’autorise même de petites incursions dans la stratosphère. Si les origines du cumulonimbus sont multiples (convection d’une journée  estivale, conflit de masse d’air ou élévation brutale de l’air chaud sur les massifs montagneux), son arrivée annonce souvent l’imminence d’un orage.

Le front froid

L’arrivée d’un front froid est moins facile à détecter pour l’apprenti météorologiste. Il est pourtant aussi dangereux que les cumulonimbus isolés, car il peut être constitué d’une véritable chaîne de cumulonimbus qui continuent à s’activer la nuit tombée. L’énergie d’un front froid n’est plus constituée par la chaleur directe du soleil, mais par la confrontation de deux masses d’air : l’une chaude dans laquelle on se trouve et l’autre froide qui soulève cet air chaud et vient vers nous.

Voici les signes annonciateurs d’un front froid :

  • L’air est chaud (ex. 25 °C à Briançon) et assez humide (ambiance moite).
  • La visibilité n’est pas optimale alors que le ciel est dégagé.
  • Vers l’ouest, apparaissent en altitude des nuages hauts, cumuliformes, comme un lointain troupeau de moutons, mais aussi des nuages d’aspect fibreux et denses.
  • L’ensemble se déplace d’ouest en est. La vitesse de déplacement est souvent fonction de la violence de la perturbation.
  • Le vent chaud commence à forcir. Il vient du sud dans l’hémisphère nord, et du nord dans l’hémisphère sud.

Si tous ces signes sont réunis, il est fort à craindre que le front froid arrive dans les prochaines 12 heures. Rapidement, des nuages cumuliformes vont se former, malgré le soleil voilé.
Un front froid peut être extrêmement violent et générer d’importants dégâts en montagne par ses pluies torrentielles. Il est souvent suivi d’une brusque chute de température (proportionnelle à la violence du front), parfois de plus de 20 °C. Les plus fortes chutes de neige en montagne sont d’ailleurs dues à de tels fronts. Dans l’hémisphère nord, le passage du front froid est rapidement suivi par un fort et glacial vent du nord qui ramène le beau temps... Jusqu’au prochain front.
 

Les fronts chauds

Air chaud à l’assaut de l’air froid, ils sont moins à craindre en montagne.

- Ils se déplacent assez lentement.
- Ils sont facilement repérables avec leur avant-garde de nuages hauts en forme de fils, puis de voiles.
- Ils ne comportent pas de cumulonimbus et sont donc bien moins violents.

En revanche, lents de nature, ils peuvent installer le mauvais temps pour plusieurs jours…